L'expression est issue d'une déclaration de Napoléon Bonaparte en 1802. Elle désigne les institutions civiles créées à cette époque.

Circonstances de la déclaration Cette phraseAntoine-Clair Thibaudeau, Mémoires sur le consulat: de 1799 à 1804, , Baudouin, 1827, Adolphe Thiers, Histoire de la révolution française, volume 10, , fut prononcée le (18 floréal an X), lors de la discussion relative au projet de loi sur la Légion d'honneur, au Conseil d’ÉtatAntoine Claire Thibaudeau, Consulat et Empire, tome 2, , cité par Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, volumes 37 à 38, Firmin Didot frères, 1866, , :

Masses de granit : institutions solides créées par Napoléon Bonaparte Ces grandes institutions destinées à bâtir la France moderne constituent l'œuvre civile de NapoléonLe Consulat et l’Empire : 1799-1815, site de l'académie de Caen Fondation Napoléon : le Conseil d'État, institué le (22 frimaire an VIII) par la Constitution de l'an VIII, « chargé de rédiger les projets de lois et les règlements d'administration publique, et de résoudre les difficultés qui s'élèvent en matière administrative » (article 52 de la Constitution)Site du Conseil d'État, « Histoire du Conseil d'État » ; la Banque de France, fondée le ; le préfet, institué le (loi du 28 pluviose an VIII), représentant de l’État dans le département ; le Concordat, traité signé le entre Napoléon et le pape Pie VII pour organiser la religion catholique en France ; depuis 1905, il n'est plus en vigueur qu'en Alsace-Moselle ; les lycées, créés le (11 floréal an X) ; six ans plus tard, en 1808, on en comptait trente-cinq répartis sur tout le territoire français ; l'ordre national de la Légion d’honneur, créé le (29 floréal an X), décoration récompensant un fait militaire ou un fait civil d’exception ; le franc germinal, créé le (loi du 17 germinal an XI) et qui durera jusqu'au ; le livret ouvrier, créé par Louis XVI mais rendu obligatoire par Napoléon le et qui ne sera aboli qu'en 1890 ; le Code civil, publié le (30 ventôse an XII), recueil de lois organisant la vie des individus dans la société, souvent qualifié, selon la formule de Locré (reprise et popularisée par le doyen Carbonnier), de véritable « constitution civile de la France »Pierre Noual, « Sur les traces de la "Constitution civile de la France" » en raison de sa permanence (en plus de deux cents ans, la France a ainsi connu onze ConstitutionsSite du Conseil constitutionnel, « Les Constitutions de la France » , sans compter le régime pétainiste, mais un seul Code civil) ainsi que les quatre autres codes napoléoniens ; la Cour des comptes, instituée le et chargée de surveiller les comptes publics.

De toutes ces institutions, seuls le livret ouvrier et le franc germinal ne sont plus en vigueur en France deux siècles plus tard, preuve de la pérennité de ces « masses de granit ».

La loi du 28 pluviôse de l’an VIII (), relative à l'administration territoriale et créant les préfets, est considérée comme une des lois essentielles de la période napoléonienne, une de ces « masses de granit ». Napoléon Bonaparte veut faire des grains de sable des masses de granit qui seront les piliers de la république : les grains de sable représentent l’état de la République alors dévastée par la récente disparition des anciennes lois et la création de nouvelles lois souvent contradictoires. Il y a ainsi une forte insécurité juridique. Les masses de granit doivent donc construire la République tandis que le Code civil est l’une de ces masses.

Les masses de granit doivent réorganiser et unifier la France en reprenant les idées de la Révolution : liberté, égalité, propriété. Par ces masses de granit, Bonaparte confirme la fin de l'ordre ancien, renversé en 1789 ; il établit un nouveau droit, une nouvelle monnaie et la paix intérieureCatherine Cassagne, Hélène Sadowski, Marcel Spisser, Robert Steegmann, Jean Vassort, Jean-Luc Villette, Histoire, classe de seconde, livre du professeur, éditions Hachette, et .

Napoléon III y fait référence, sans employer directement l'expression « masses de granit », dans sa proclamation placée en tête de la constitution du 14 janvier 1852 : « Puisque la France ne marche depuis cinquante ans qu'en vertu de l'organisation administrative, militaire, judiciaire, religieuse, financière, du Consulat et de l'Empire, pourquoi n'adopterions-nous pas aussi les institutions politiques de cette époque ? Créées par la même pensée, elles doivent porter en elles le même caractère de nationalité et d'utilité pratique »Site du Conseil constitutionnel, « Constitution de 1852, Second Empire » .

Deux siècles plus tard, on constate que Josiane Séguela, service éducatif des archives municipales de Toulouse, août 2011, .

Dans l'historiographie napoléonienne, cette expression, souvent reprise notamment par les enseignantsJean Sévillia, Napoléon vu par son petit-neveu,Le Figaro Magazine, 27 novembre 2009 .., exprime la solidité de l'œuvre civile de Napoléon Général Michel Franceschi, Les « masses de granite » de l'historiographie napoléonienne, octobre 2008 .

La fondation Napoléon indique que ces masses de granit ..

L'historien Louis Madelin consacre une partie de son ouvrage Le Consulat et l'Empire à l'étude de ces « masses de granit ». La première était la Légion d'honneur : .

Masses de granit : élites politiques Les institutions ayant donné la part belle aux « notables », l'expression « masses de granit » a pris le sens d'élites politiques. On la retrouve ainsi dans le programme de l'enseignement de l'Institut d'études politiques de Lyon (IEP) : Les « masses de granit » de la société française.. Elle est aussi utilisée dans ce sens par des historiensJean-Luc Chappey, Les Archives littéraires de l’Europe (1804-1808) : Un projet intellectuel et politique sous l’Empire, in Cahiers de l'Institut d'histoire de la Révolution française, , .

Bibliographie « Les masses de granit : Napoléon et l'héritage institutionnel de la Révolution », Revue Défense nationale, , L. Bergeron et G. Chaussinand-Nogaret, « Les masses de granit. » Cent mille notables du Premier Empire , Paris, Touzot, 1979, 122 pages, commenté in Revue des annales (Économies, Sociétés, Civilisations), 6, 1980, ,

Notes et références

Catégorie:Napoléon Bonaparte