Le , ou cheval de Castillon, est une race de petits chevaux de selle montagnards et rustiques d'origine française, qui doit son nom au village de Castillon-en-Couserans et à la région du Castillonnais, en Ariège. Connu et décrit au début du , ce petit cheval a failli disparaître en parallèle de l'adoption croissante de la motorisation, entre autres par le croisement avec des chevaux de trait. Il est sauvegardé de justesse par quelques éleveurs durant les années 1980 et 1990. Reconnu par les Haras nationaux en 1996, il reste à faible effectifs. Une association d'éleveurs et le haras national de Tarbes se mobilisent pour sauvegarder et préserver cette race.

De robe bai-brun ou bai foncé, il est très proche du Mérens avec lequel il partage de nombreuses caractéristiques, mais nettement moins connu. C'est un bon cheval de loisir qui peut être monté en randonnée et attelé avec succès. Il vit principalement à l'extrémité sud-ouest de l'Ariège, dans les Pyrénées, dans un terroir éponyme caractérisé par la vallée du Lez, près de Saint-Girons. Son élevage s'est étendu à d'autres régions de France, notamment en Franche-Comté.

Dénomination Le Castillonnais doit son nom à la ville ariégeoise de Castillon-en-Couserans, en raison des foires et des marchés où ce cheval se vendait. Il est également appelé et , en référence à la vallée du Biros et à la ville de Saint-Girons, en Ariège, capitale du Couserans, où une grande foire aux chevaux se déroulait le lendemain de la Toussaint. Il peut aussi être nommé .., , ou , dans une autre vallée.

Histoire Origine Comme tous les chevaux domestiques modernes, il provient de la lignée dite DOM2, qui a émergé dans les steppes eurasiennes vers selon une vaste étude génomique publiée dans Nature..

Avec le Mérens, le Pottok, le Landais et les chevaux pyrénéens en général, le Castillonnais est souvent décrit comme un descendant des chevaux sauvages très anciens qui ont inspiré les peintures magdaléniennes comme celle de la grotte de Niaux, malgré l’inadéquation entre cette idée et le consensus scientifiqueLes études majeures parues dans les revues Science et Nature ont toutes conclu à l'absence de continuité entre les chevaux préhistoriques issus d'un territoire hors lignée DOM2, et les races de chevaux modernes. Le Castillonnais, pas plus que le Mérens ou le Landais, ne peut avoir d'ancêtres pyrénéens préhistoriques..

Selon la légende, ce cheval viendrait de Grèce, tout comme le costume traditionnel des Bethmalais qui se sont installés dans la même vallée. C'est un certain Jouanissou qui l'aurait ramené avec lui. Au cours du , cet homme serait revenu de Grèce après y avoir fait fortune, rapportant des chèvres, des juments, des étoffes et des femmes.. Une légende locale similaire rapporte que François chevauchait un animal lors de la bataille de Pavie, en 1525.

Au fil du temps, des croisements ont lieu principalement avec des chevaux ibériques, cependant l'isolement limite les échanges de reproducteurs. En effet, le berceau d'origine de ces chevaux est limitrophe d l'Espagne, loin des grands axes de circulation.

Du En 1861, Eugène Gayot et Louis Moll font l'éloge des chevaux pyrénéens pour les usages de la cavalerie légère, malgré leur physique qu'ils jugent ingrat :

À partir de la fin du , le Castillonnais est croisé avec le Breton, ce qui accroit sa taille et sa puissance. Ce cheval est étudié en 1908 par l'hippologue et président de la Société d'agriculture de l'Ariège Gabriel Lamarque, qui met en valeur la population chevaline autochtone.. Il décrit un effectif de juments très homogène, hautes d', de couleur bai-brune ou noire.

Le Castillonnais est utilisé pour la remonte militaire, pour tirer des diligences et par les paysans pour réaliser divers travaux agricoles.. Contrairement au Mérens, soutenu par un syndicat d'élevage efficace et puissant qui le fait bénéficier du , le Castillonnais n'est pas reconverti dans les années 1970. Ses effectifs diminuent jusqu'à sa reconnaissance officielle. Le Castillonnais a failli disparaître en raison de croisements d'absorption avec des races lourdes, victime du dépeuplement de l'Ariège et de la perte de ses utilisations traditionnelles dans l'armée, l'agriculture et les transports, en résultante de la motorisation. Dans Savage Frontier, Matthew Carr cite parmi les autres causes de la quasi-extinction des races de chevaux locales pyrénéennes la chasse, la construction de routes et de stations de ski, jusqu'à une prise de conscience à la fin du , qui mène à la création de programmes de sauvegarde.. Durant les années 1980, il ne reste qu'une cinquantaine de juments. Olivier Courthiade, l'un des éleveurs investis pour sa préservation, déclare que la cause principale d'absence de reconnaissance de la race est d'ordre administratif..

Actions de sauvegarde vignette|gauche|Cheval Castillonnais au salon SISQA (agroalimentaire et agricole) de Toulouse en 2009.|alt=Dans une stabulation paillée d'un hall d'exposition, un cheval bai se tient de dos de trois-quart, la tête vers un autre congénère au fond. Le conservatoire du patrimoine biologique régional de Midi-Pyrénées s'investit en faveur de cette race locale., en l'inscrivant à un programme de conservation génétique dès 1991.. L'Association pyrénéenne ariégeoise du cheval castillonnais (future « Association nationale du cheval castillonnais d'Ariège Pyrénées », ANCCAP) est créée l'année suivante, en 1992, avec le soutien du Haras national de Tarbes, du conseil général de l'Ariège et du conseil régional de Midi-Pyrénées.. Cette même année, le haras de Tarbes chargé de relancer la race effectue un comptage, et acquiert un étalon Castillonnais.

En 1996, date de création de son registre généalogiqueLes deux ouvrages de CAB International parus en 2002 et 2020 indiquent une ouverture du registre généalogique en 1980, ce qui ne concorde pas avec les informations officielles disponibles., le Castillonnais est reconnu officiellement comme par le ministère de l'Agriculture grâce aux efforts de quelques éleveurs. Il est intégré aux races de chevaux dont les éleveurs peuvent bénéficier de la « Prime aux races menacées d'abandon » (PRME), mise en place en France en 1997, d'un montant de 100 à 150 € en 2004..

En 1998, l'ANCCAP indique que 180 chevaux sont recensés ; cette même année, le Castillonnais est référencé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).. Une thèse caractérisant sa morphologie est publiée par le docteur en médecine vétérinaire Arnaud Roncière. Environ 20 élevages sont dénombrés en Ariège en 1999, quelques-uns dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales, pour une quarantaine de juments saillies et 7 étalons en activité, tous privés. Les Haras nationaux recensent ensuite un effectif d'environ en 2002.. En 2005 et en 2011, l'ANCCAP reçoit des subventions du conseil général pour réaliser sa mission de sauvegarde..

Description vignette|alt=Dans une carrière d'exposition, un cheval bai brun de profil se déplace au trot monté par une jeune fille les cheveux détachés.|Castillonnais bai-brun monté au trot au Salon international de l'agriculture de 2013, Paris, France. C'est un cheval de montagne rustique, que ses éleveurs recherchent d'extérieur harmonieux, typé selle de taille moyenne, avec de l'os, des allures amples et un caractère facile et sûr. Le Castillonnais est bien proportionné.

Morphologie

La race castillonnaise est restée peu homogène pendant sa reconstitution. Il est très proche du célèbre cheval de Mérens, dont il ne diffère que par la couleur de robe. Certains représentants de la race ont , avec une allure générale proche des chevaux ibériques. Les tissus sont recherchés fins et soyeux. La morphologie est généralement .

vignette|centre|upright=1.5|Morphologie du Castillonnais.|alt=Photographie d'un cheval marron et noir, légendée La fourchette de tailles va de , avec une moyenne estimée à selon le Guide Delachaux (2016), alors que Ravazzi estime cette taille de , et Daniel Babo de . La base de données DAD-IS indique cependant une moyenne de . Au contraire, Guillaume Henry estime que la fourchette de taille va de . Le poids va de .

Tête La tête est longue et proportionnée au corps. Son profil est rectiligne ou concave (camus), le plus souvent droit. Le front est large et plat. Les yeux sont recherchés d'expression douce, soulignés par des arcades sourcilières légères. Les naseaux sont ouverts.

Les oreilles sont petites et plutôt courtes, très poilues à l'intérieur et bien dessinées.

Avant-main, corps et arrière-main L'encolure est recherchée moyennement longue, bien orientée (sans forme renversée dite de cerf), et dotée d'une attache légère avec la tête, une encolure courte étant sanctionnée. L'épaule est recherchée relativement longue et inclinée, mais elle est souvent droite. Le poitrail est bien ouvert et profond. Le garrot, généralement peu sorti, doit être relativement sorti et se prolonger vers l'arrière. Le dos est large et bien soutenu, souvent long. Les flancs sont recherchés pleins et descendus, avec des côtes de forme ogivale.

Le rein est recherché bien attaché, large et musclé. La croupe est ronde et simple (non-double), une croupe double, tranchante ou courte étant sanctionnée.

Membres et crins vignette|Membres du Castillonnais.|alt=Pieds d'un cheval roux et noir, vus de dessous. Les avant-bras sont recherchés musclés, et les cuisses bien descendues. Les membres sont recherchés solides, bien articulés et trempés, avec des genoux larges. Ils tendent à être relativement épais. Les jarrets sont souvent clos. Les pieds sont larges, dotés d'une corne noire, très dure.

Comme chez le Mérens, les crins sont drus, rêches, abondants et parfois crêpelés (forme ondulée). La crinière peut être simple ou double, mais elle est préférée simple. La queue est très longue et recouvre le plus souvent entièrement les membres postérieurs.

Robe

Ce cheval peut avoir deux couleurs de robe, le bai foncé ou le bai-brun.. Le bai-brun (administrativement : « noir pangaré ») est la plus recherchée, avec des marques à feu sur les flancs et un . On trouve aussi le bai foncé, avec les mêmes marques. Chez les animaux prétendant à une inscription au registre généalogique à titre initial, la robe baie uniforme est interdite. Elle est tolérée chez des animaux issus de parents eux-mêmes Castillonnais.

Il possède souvent des reflets miroités. Des variantes peuvent apparaître avec les saisons, mais toutes les autres couleurs de robes sont exclues par le standard de la race. Un poulain qui naît noir ou plus généralement d'une autre robe que bai et bai-brun est exclu de la race castillonnaise.

L'organisme CAB International indique à tort (en 2002 et en 2020) que l'alezan serait une robe autoriséeSeul CAB International, organisme qui n'est pas situé en France, mentionne l'alezan comme autorisé. Toutes les autres sources dont le règlement officiel du registre généalogique excluent l'alezan..

La taille des marques blanches doit être limitée à un petit en-tête et une seule petite balzane.

Tempérament Le Castillonnais est réputé frugal, agile, résistant à l'effort et de caractère facile, grâce à la sélection effectuée par les paysans ariégeois. Lætitia Bataille le décrit comme vif et plein de personnalité. Familiarisé à la montagne dès son plus jeune âge, il possède un pied sûr. Il résiste à la fois aux intempéries pyrénéennes et à la chaleur.

Sélection vignette|gauche|Logo de l'Association Nationale du Cheval Castillonnais d'Ariège Pyrénées (ANCAPP).|alt=Logo représentant la tête d'un cheval bai de profil entouré d'un fond rond bleu et vert au-dessus duquel est marqué « le Castillonnais ».