InnsbruckLe nom traditionnel de la ville en français est Inspruck. Cf. p.ex. L'Encyclopédie de d'Alembert ou la première livre du chapitre de ou l'Italie de Madame de Staël (1807) (prononcé : en français et en allemand autrichien) est une ville autrichienne située dans l'Ouest du pays, dans une vallée au cœur des Alpes ; elle est la deuxième plus grande ville alpine après Grenoble. Elle est la capitale du Land du Tyrol, et est traversée par la rivière l'Inn.
Son nom vient du nom de la rivière lInn et du mot (« pont » en allemand) et signifie « pont de l'Inn ».
Elle est la cinquième ville d'Autriche par la population, après Vienne, Graz, Linz et Salzbourg. La ville comptait environ habitants en 2012, en 2021, avec l'agglomération.
Le dynamisme et le pouvoir d'attractivité d'Innsbruck dans la région sont en partie dus au tourisme (notamment de sports d'hiver), renforçant encore son rôle économique et culturel régional (Université, ville de congrès).
En 1964, la ville a reçu le prix de l'Europe. Elle a accueilli les Jeux olympiques d'hiver à deux reprises en 1964 et 1976 ainsi que les Jeux olympiques de la jeunesse d'hiver en 2012.
Géographie
Situation et relief La ville est située entre le massif Karwendel au nord et les premiers contreforts de la chaîne centrale des Alpes (Patscherkofel) au sud, à une altitude de .
Climat Innsbruck jouit généralement d'un climat tempéré, mais en partie alpin. Le phénomène météorologique du föhn est favorisé par l'orientation nord-sud du Wipptal : ce vent d'automne peut survenir en toutes saisons, mais plus souvent en automne. La vitesse du vent peut atteindre à Innsbruck et jusqu'à à Patscherkofel, à proximité.
Les mois les plus chauds sont les mois de juillet et août avec une moyenne de 18,1 et , les mois les plus froids de décembre et janvier avec -1,1 et en moyenne. Le mois de juillet, avec une moyenne de , affiche les précipitations les plus importantes, contre seulement pour février.
Hydrographie Le territoire de la commune d'Innsbruck est parcouru par les cours d'eau suivants :
Des affluents de la rivière Inn, qui traversent également la commune d'Innsbruck : Sulzenbach Gerold Bach (depuis Götzens) Lanser Bach Lohbach Höttinger Bach Fallbach Mühlauer Bach Tuffbach (Weissbach) Sill Viller Bach Weiherburgbach Les cours d'eau du massif Karwendel : Gleirschbach, qui se jette dans l'Isar Angerbach Les autres cours d'eau : Baggersee Rossau Großer Weiher Rapoldi-Weiher Kleiner Weiher
Villes limitrophes Ceci est une liste des communes qui partagent une frontière avec la commune d'Innsbruck. Toutes ces communes font partie du District d'Innsbruck-Land. Zirl Scharnitz Absam, Thaur, Rum Völs 100px Ampass, Aldrans Götzens, Natters, Mutters Schönberg im Stubaital, Patsch Lans
Économie
Innsbruck a un niveau de vie très élevé comme le reste des Alpes autrichiennes avec un produit intérieur brut (PIB) de américains par an et par habitant.
Histoire de la ville vignette|Une carte historique, datant d'environ 1890.
Préhistoire On trouve dans la région d'Innsbruck des traces de l'activité humaine du Néolithique.
Antiquité Les noms des lieux dont l'origine est antérieure à l'époque romaine ainsi que la présence d'urnes funéraires à Wilten, , Hötting et Mühlau remontent à . Dès l'an 15 avant notre ère, une route est construite sur le Brenner par les beaux-fils d’Auguste, Tibère et Drusus.
Moyen Âge C’est la voie nord-sud la plus importante de la région durant tout le Moyen Âge.
Au , la région est conquise par la Bavière et l’évêché est transféré du monastère de Säben à Bressanone : il faudra attendre 1964 pour que la ville d’Innsbruck soit élevée au rang de diocèse.
En 1187, le premier pont sur l’Inn est construit et un marché se développe grâce aux échanges avec l’abbaye de Wilten (confiée aux Prémontrés en 1128). La première mention en tant que ville remontre à 1237. Elle se nomme alors Innsprugg.
En 1363, la dernière comtesse du Tyrol, Margarete Maultasch, transmet la région au Habsbourg Rodolphe IV d'Autriche, l’Ingénieux. Son descendant le duc Frédéric (1402 à 1439) déplace sa résidence de Méran à Innsbruck en 1420. Puis en 1486 le palais impérial est mis en chantier.
Temps modernes Entre 1490 et 1519, Maximilien (1459-1519), empereur du Saint-Empire, prend le contrôle du Tyrol et Innsbruck, plus centraux que Vienne, devient sa résidence préférée : il y installe la chambre des finances et le gouvernement d’Autriche occidentale. À sa mort il se fera enterrer dans la chapelle du château construite entre 1553 et 1563 (son tombeau occupe les artistes de 1502 à 1586).
En 1538, dans une période de réchauffement diplomatique entre le Saint-Empire et la France, Charles Quint fit forger une armure aux mensurations de François Ier par le célèbre artisan Innsbruckois Jörg Seusenhofer. Cependant, la détente diplomatique fut de courte durée et l’armure resta sur place jusqu’à la prise de la ville par Napoléon Ier en 1805, qui la fit transférer aux Invalides.
Sous le règne du petit-fils de Maximilien, Ferdinand , frère de Charles Quint, fut fondé un collège jésuite en 1562, l'Akademisches Gymnasium Innsbruck. Celui-ci est le Gymnasium le plus ancien de l'ouest de l'Autriche et une des écoles les plus vieilles du monde germanophone.
Le Tyrol est ensuite confié à une branche cadette des Habsbourg. À la mort de Sigismond-François en 1665, la dynastie des Habsbourg du Tyrol s’éteint. Seule subsiste l'archiduchesse Claude-Félicité, nièce de Sigismond-François qui épouse en 1673 son cousin, l'empereur Léopold mais ne lui donne pas de descendance survivante et meurt prématurément en 1676. Le Tyrol retourne à l'Autriche.
L'empereur Léopold dissout la cour d’Innsbruck, mais donne une large autonomie à la province en lui donnant des gouverneurs proches de la famille impériale comme le duc Charles V de Lorraine époux de l'archiduchesse Eléonore-Marie, sœur de Léopold.
Époque contemporaine Après les invasions napoléoniennes qui donnent le Tyrol à la Bavière, il faut attendre 1815 pour que le Tyrol soit rendu à l’Autriche par le Congrès de Vienne. Innsbruck retrouve son statut de capitale du land en 1849 (à la place de Merano).
Entre 1858 et 1884 la ville est raccordée au réseau ferré européen. Dans son édition de 1879, le magazine Le Magasin pittoresqueArticle « Innsbruck, capitale du Tyrol », p. 129 (lire en ligne). l'évoque ainsi :
Les premières constructions d’installation de ski alpin sont mises en chantier en 1929.
Le , des unités de la 44 division du 6 corps de la 7 Armée américaine reçoivent la reddition de la ville. De 1946 à 1948 est édifié sur la place Landhausplatz le (« Monument de la Libération ») à l'initiative des forces d'occupation françaises en Autriche : le mémorial est dédié à ceux qui ont sacrifié leur vie pour la libération de l'Autriche de la dictature national-socialiste.
La ville organisera ensuite deux fois les Jeux olympiques : en 1964 et en 1976.
Démographie Innsbruck est la cinquième ville d'Autriche par la population, après Vienne, Graz, Linz, et Salzbourg : la ville regroupe environ habitants tandis que son agglomération abrite personnes. thumb|Évolution de la population de la ville d'Innsbruck Évolution de la populationAnnée Population 2005 117 180 2003 114 888 2001 113 392 1991 118 112 1981 117 287 1971 116 010 1961 100 695 1951 95 055 1939 81 710Année Population 1934 78 797 1923 70 240 1910 65 221 1900 49 727 1890 38 463 1880 32 157 1869 26 573 1500 ca. 5000
Politique À Innsbruck, le maire n'est pas élu au suffrage universel direct : il est élu par le conseil municipal.
Conseil municipal
Le conseil municipal de la commune d'Innsbruck comporte quarante membres. Les dernières élections ont eu lieu le .
Sénat de la ville Le Sénat de la ville comporte sept membres.
Jumelage . . Innsbruck partage avec cette ville une partie de son histoire. Les deux villes possèdent un funiculaire. . . . . .
Infrastructure
Transports
thumb|250px|Le réseau de tramway et de trolleybus en 1996. La ville est reliée à l'Allemagne via l'autoroute A12 qui permet aussi de rejoindre le reste de l'Autriche en passant par Rosenheim. Cette autoroute permet aussi de traverser le massif de l'Arlberg (S16) pour gagner le Vorarlberg et par la suite le Liechtenstein et la Suisse. L'autoroute A13 se dirige vers le sud, traversant la chaîne alpine principale et reliant la ville à l'Italie et notamment le Südtirol. Le corridor A12-A13 entre la frontière austro-allemande et italo-autrichienne, en passant par Innsbruck, représente un corridor transalpin d'importance majeure qui connaît, par conséquent, une affluence importante, causant des problèmes de pollutions aérienne et sonore.
La gare centrale d'Innsbruck (en allemand : Innsbruck Hauptbahnhof) est l'une des gares les plus fréquentées d'Autriche. Il existe par ailleurs une seconde gare (Westbahnhof) pour le trafic régional.
La ville dispose d'un réseau de tramway et d'un réseau d'autobus, ainsi que d'un funiculaire urbain, le Hungerburgbahn, dont les stations ont été dessinées par l'architecte Zaha Hadid. Les trolleybus ont été supprimés en 2007.
L'aéroport de la ville, dont les origines peuvent être retracées jusque dans les années 1930, constitue aujourd'hui une infrastructure importante pour l'accueil des touristes, surtout pendant la saison hivernale. Il existe des liaisons régulières avec Vienne, Francfort-sur-le-Main, Londres et Berlin, ainsi que des liaisons saisonnières (charter) avec d'autres villes en Angleterre, Russie et, pendant l'été, plusieurs pays de la Méditerranée.
Éducation
Éducation secondaire La première école qui préparait ses élèves aux études supérieures est le Akademisches Gymnasium Innsbruck qui fut fondée en 1562 par les Jésuites. S'ajoutent aujourd'hui d'autres lycées et collèges qui font de la ville le point central de l'éducation régionale.
Éducation supérieure Innsbruck est une ville universitaire depuis le et abrite aujourd'hui les institutions suivantes :
Université d'Innsbruck Université de médecine d'Innsbruck Management Center Innsbruck
Religion La ville est le siège d'un diocèse, qui englobe l'ouest et le centre du Tyrol, jusqu'à la rivière Ziller, ainsi que le District de Lienz. Jusqu'en 1964, ce territoire faisait partie du diocèse de Brixen, dans le Trentin-Tyrol du Sud, aujourd'hui en Italie.
Les églises remarquables sont indiquées dans la section "Culture, architecture".
Personnalités
Josefine Brunner (1909-1943), résistante contre le nazisme, assassinée. Diana Budisavljević (1891-1978), personnalité de l'aide humanitaire. Johanna Piesch (1898-1992), mathématicienne et physicienne née à Innsbruck. (1993-), joueuse de tennis professionnelle bulgare née à Innsbruck.
Culture, architecture
Hofburg La Hofburg est une ancienne résidence impériale et royale de l'Autriche-Hongrie, située au cœur de la ville d'Innsbruck. Il abrite un musée, et en particulier une grande salle des fêtes avec les portraits de Marie-Thérèse d'Autriche, de son mari et leurs 16 enfants, dont Marie-Antoinette épouse de .
Musée d'art populaire tyrolien Le musée ethnographique Tiroler Volkskunstmuseum est situé dans un ancien couvent du , juste à côté de la Hofkirche. Il présente au rez-de-chaussée une importante collection de crèches de Noël ; au premier étage, des meubles, pièces à vivre reconstituées, collections de cloches de vaches, peignes à carder, maquettes des différentes fermes tyroliennes, etc., et au deuxième étage, une précieuse collection d'art religieux populaire, des armoires et lits peints, costumes traditionnels et folkloriques.
Hofkirche Juste à côté du musée se trouve la Hofkirche d'Innsbruck, église qui fut édifiée sous Ferdinand pour abriter en particulier le mausolée de l'empereur d'Autriche Maximilien .
Mausolée de l'empereur Maximilien