Les Jeux olympiques d'hiver de 1936, officiellement connus comme les olympiques d'hiver, ont lieu à Garmisch-Partenkirchen en Allemagne du 6 au . Selon une règle non officielle du Comité international olympique, le pays hôte des Jeux d'été peut également organiser les Jeux d'hiver la même année et, en 1931, après l'attribution à la ville de Berlin des Jeux olympiques d'été de 1936, Garmisch-Partenkirchen est choisi parmi trois villes allemandes pour accueillir les Jeux d'hiver. Après leur accession au pouvoir en 1933, le chancelier Adolf Hitler et le Parti nazi décident d'utiliser les Jeux olympiques comme outil de propagande à la gloire du Troisième Reich et pour montrer la grandeur de la nation allemande. Il s'agit d'une avant les Jeux d'été, encore plus marqués par les aspects politiques. Des fonds sont débloqués pour organiser les Jeux d'hiver .
Un mouvement demandant le boycott des Jeux se développe aux États-Unis et en Europe du fait de la politique intérieure répressive et des mesures antisémites mises en place par les Nazis, mais peu de personnalités s'y montrent sensibles. Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Six pays participent pour la première fois : l'Australie, la Bulgarie, l'Espagne, la Grèce, le Liechtenstein et la Turquie. Dix-sept épreuves officielles réparties en quatre sports sont disputées, dont trois apparaissent pour la première fois aux Jeux olympiques : le combiné chez les hommes et chez les femmes en ski alpin et le relais masculin en ski de fond. De plus, deux compétitions sont au programme en tant que sports de démonstration : la patrouille militaire, ancêtre du biathlon, et l'eisstock, qui est proche du curling.
L'athlète le plus médaillé de ces Jeux est le Norvégien Ivar Ballangrud, qui remporte trois médailles d'or et une d'argent en quatre courses de patinage de vitesse. Sa compatriote Sonja Henie devient la seule athlète de l'histoire à gagner un troisième titre olympique en patinage artistique. La délégation norvégienne est également première au tableau des médailles des nations avec quinze récompenses dont sept en or, devant l'Allemagne et la Suède.
Contexte Sélection de la ville hôte En 1931, le Comité international olympique (CIO) attribue les Jeux olympiques d'été de 1936 à la ville de Berlin. Selon une règle non officielle du CIO, le pays hôte des Jeux d'été peut également organiser les Jeux d'hiver la même année. Les Allemands prennent trois sites en considération : Garmisch et Partenkirchen, Schreiberhau (actuellement Szklarska Poręba en Pologne) ainsi que Braunlage et Schierke. Ils choisissent finalement Garmisch et Partenkirchen, qui possèdent des infrastructures et suffisamment de personnel qualifié pour accueillir un événement de cette importance. Ces deux localités sont proches du plus haut sommet d'Allemagne, la Zugspitze, ce qui garantit un enneigement suffisant qui a manqué aux Jeux olympiques d'hiver de 1932 organisés à Lake Placid aux États-Unis. Le fait que le site soit situé en Bavière, dans laquelle se situe le quartier général du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, se révèle sans doute déterminant dans ce choix. Le CIO se réunit pour sa à Vienne en Autriche pour désigner la ville hôte des Jeux d'hiver de 1936. Saint-Moritz en Suisse et Montréal au Canada sont également candidates, mais les membres du CIO ne votent pas pour elles car la candidature allemande fait valoir son droit officieux d'organiser les Jeux d'hiver en plus des Jeux d'été.
Politique Quand les Jeux d'été sont attribués à Berlin en 1931, les Jeux d'hiver sont considérés comme un événement beaucoup moins important. Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (Parti nazi) prend le pouvoir en 1933 quand son leader, Adolf Hitler, est nommé chancelier du Reich. Ce parti est initialement opposé au mouvement olympique pour des raisons politiques et idéologiques mais change de position quand le ministre de la Propagande Joseph Goebbels reconnaît le potentiel en matière de politique internationale des Jeux olympiques. Le parti nazi s'assure que les Jeux d'hiver de 1936 soient les plus grandioses de l'histoire pour glorifier la nation allemande et pour montrer que l'Allemagne sera un site adéquat pour les Jeux d'été malgré le régime politique oppressant. Les Jeux sont un événement à la gloire d'Adolf Hitler et de son parti et servent de avant les Jeux d'été.
Devant les persécutions des Juifs et des opposants au parti que font les Nazis, un mouvement demandant le boycott des Jeux se développe aux États-Unis et en Europe. Le CIO, qui n'ignore pas ces persécutions, n'écoute pas ces protestations. Aucun pays ne boycotte les Jeux mais deux personnalités, Philippe de Rothschild et Jean Rheims, refusent d'y participer.
Les organisateurs allemands prennent conscience qu'un seul incident pourrait accentuer les mouvements de boycott et mettre en danger les Jeux d'été de Berlin. Ils font donc retirer tous les signes d'antisémitisme présents sur les routes reliant Munich et Garmisch-Partenkirchen ainsi que dans ces deux localités ; des panneaux mentionnant sont soustraits à la vue du public à la demande du président du CIO. Les démonstrations publiques d'antisémitisme sont contenues pour garder un climat hospitalier et donner une image positive du pays. Les organisateurs contrôlent également l'image des Jeux via la presse internationale. Les journalistes étrangers ne peuvent pas prendre de photos, et le comité d'organisation écrit des bulletins d'informations et met en place des séances d'informations pour les journalistes qui écrivent des articles plutôt favorables aux Jeux.
Le , soit un mois après la cérémonie d'ouverture et les messages de paix et de fraternité diffusés pendant les Jeux, Hitler ordonne à l'armée allemande d'envahir et de réoccuper la Rhénanie, violant les traités internationaux. Les persécutions contre les Juifs reprennent également après les Jeux. Le président du CIO Henri de Baillet-Latour déclarera tout de même en août, à propos des Jeux olympiques d'été de 1936 : . Les Jeux d'été auront donc lieu, sans boycott des nations malgré les protestations, et à nouveau à la gloire du Troisième Reich. Les Jeux d'été sont plus marqués par la politique que les Jeux d'hiver.
Organisation Comité d'organisation Le comité d'organisation est présidé par Karl Ritter von Halt, membre allemand du Comité international olympique depuis 1929. Son secrétaire exécutif est Peter von le Fort, du club de ski de Partenkirchen. Plusieurs membres des autorités, tels que les maires de Munich, Garmisch et Partenkirchen ainsi que des représentants du gouvernement, un officier et un duc sont membres du comité d'organisation qui commence son travail le . Après des tensions entre les autorités de Garmisch et de Partenkirchen sur la nomination de le Fort que l'office des sports du Reich considère comme des , les deux communes doivent fusionner en 1935. Un secrétariat général dirige le comité des finances et les bureaux responsables des conseils légaux, des relations avec les médias, de la vente des tickets et de publicité, et de la coordination du trafic. Des comités s'occupant des différents sports sont également constitués.
Aspects financiers Le ministre allemand de la Propagande fait débloquer des fonds spéciaux qui atteignent 1,1 million et la vente des billets d'entrée, des programmes, des badges et l'exploitation des sites sportifs rapportent 1,2 million. Les dépenses pour la construction des sites et de l'organisation atteignent au total de Reichsmarks. Le site le plus cher est l'Olympia-Kunsteisstadion, qui nécessite un investissement de . Le stade de ski et le tremplin de saut à ski coûtent et la piste de bobsleigh .
Communication et presse Le photographe Heinrich Hoffmann et le graphiste Ludwig Hohlwein sont nommés directeurs artistiques, ce dernier choisit des personnages totalement conforme à l'idéal fasciste ; plus tard, pour l'affiche officielle des Jeux d'été, il prit une thématique empruntée à la Rome antique.
Les Jeux sont couverts par de la presse écrite venant de différents, dont 193 Allemands. De plus, s'occupent de la diffusion d'émissions de radio vers . Seuls les photographes allemands ont l'autorisation de couvrir les Jeux.
Durant les dix jours de compétitions, les Jeux olympiques sont en une de toutes les éditions de la presse nationale.
Sponsoring Pour la première fois le CIO autorise un partenariat privé avec la société suisse Ovomaltine qui devient sponsor officiel. La boisson chocolatée est distribuée gratuitement aux athlètes et des panneaux publicitaires Ovomaltine émaillent les sites olympiques.
Nations participantes vignette|alt=Carte du monde des nations participants aux Jeux indiqués en vert et en bleu.|Vingt-huit nations participent aux Jeux. |upright=1.3 Vingt-huit nations envoient une délégation à Garmisch-Partenkirchen, pour un total de dont et . Avec onze pays et 394 athlètes de plus que lors des Jeux d'hiver de 1932 affectés par la Grande Dépression, cela constitue un record de participation à l'époque pour les Jeux d'hiver. Toutes les nations participantes en 1932 sont à nouveau présentes en 1936 et six pays font leur première apparition aux Jeux d'hiver : l'Australie, la Bulgarie, l'Espagne, la Grèce, le Liechtenstein et la Turquie.
Le nombre indiqué entre parenthèses est le nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays. Allemagne (55) Australie (1) Autriche (60) Belgique (27) Bulgarie (7) Canada (29) Espagne (6) Estonie (5) États-Unis (55) Finlande (19) France (28) Grande-Bretagne (38) Grèce (1) Hongrie (25) Italie (44) Japon (31) Lettonie (26) Liechtenstein (4) Luxembourg (4) Norvège (31) Pays-Bas (8) Pologne(20) Roumanie (15) Suède (32) Suisse (34) Tchécoslovaquie (22) Turquie (6) Yougoslavie (17)
Déroulement Calendrier Les Jeux se déroulent sur , du 6 au . Trois épreuves sont ajoutées au programme olympique : le ski alpin fait son apparition avec un combiné chez les hommes et chez les femmes, et un relais est disputé en ski de fond. Un total de assiste aux Jeux, soit plus que lors de n'importe quelle autre édition des Jeux d'hiver entre 1924 et 1968. Les personnes venues de l'étranger, touristes et athlètes compris, ne sont cependant que dont environ 700 arrivent de l'extérieur de l'Europe. CO Cérémonie d'ouverture ● Épreuve 1 Finale d'épreuve officielle (†) CC Cérémonie de clôture
+ Calendrier678910111213141516Épreuves Cérémonies CO CC — 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Bobsleigh ● 1 ● 1 2 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Combiné nordique ● 1 1 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Hockey sur glace● ● ● ● ● ● ● ● ● 1 1 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Patinage artistique ● ● ● ● 1 1 1 3 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Patinage de vitesse 1 1 1 1 4 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Saut à ski 1 1 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Ski alpin ● 1 1 2 20px|alt=|link=|class=skin-invert-image Ski de fond 1 1 1 3 Eisstock (‡) ● ● — Patrouille militaire (‡) ● —Nombre de finales/jour00111133232Total cumulé00123471012151717
† Le chiffre indique le nombre de finales qui se tiennent ce jour-là pour chaque sport.
‡ Ces compétitions sont des démonstrations.
Cérémonie d'ouverture vignette|alt=Adolf Hitler effectuant un salut nazi dans un stade|Adolf Hitler pendant la cérémonie d'ouverture, Henri de Baillet-Latour est au second plan (photo : Heinrich Hoffmann).