Marcel Remacle, né le à Namur (Wallonie) et mort le à Ohey (province de Namur), est un auteur belge francophone de bande dessinée humoristique, principalement connu pour les séries Le Vieux Nick et Barbe-Noire, Hultrasson et Bobosse.

Biographie Jeunesse et débuts professionnels Marcel Remacle naît le à Namur, en Belgique.. Il réalise sa scolarité à l'athénée de Namur, où il est un élève médiocre, même en dessin.. Ce qui ne l'empêche pas de s'intéresser très tôt à la peinture à l'huile. Dans sa jeunesse, il lit les périodiques L'Épatant et Pierrot, ainsi que des bandes dessinées comme Les Pieds nickelés et Félix le Chat. Le premier auteur qu'il aime est Hergé, plus tard, c'est Morris qu'il admire le plus, pour son sens du style et son habileté au pinceau. Après la Seconde Guerre mondiale, il décide d'arrêter l'école pour devenir coiffeur pour dames, afin de gagner de quoi vivre..

En 1946, il place son premier dessin dans la rubrique L'Esprit en Belgique du quotidien belge La Dernière Heure. sous le pseudonyme de Ted Smedley. Il devient alors et ses dessins sont publiés dans les magazines Le Moustique, Pourquoi pas ?, L'Âne roux ou encore En marche. De ses premiers cartoons, Marcel Remacle dit qu'ils sont réalisés d'instinct et sans influence d'un style en particulier.. Parallèlement, il doit continuer son métier de coiffeur, car ses dessins ne lui rapportent pas assez pour vivre. Il s'installe, chez ses parents, à Salzinnes, après un service militaire effectué au grade de caporal. En 1951, il rencontre sa future femme, Raymonde Vannemberck, avec qui il aura trois enfants. Pour l'épouser, il quitte ses parents pour emménager dans sa propre maison et inaugure son salon de coiffure.

Les débuts chez Dupuis En 1955, alors qu'il livre des dessins pour le journal Le Moustique, appartenant aux éditions Dupuis, il est remarqué par Charles Dupuis. Ce dernier le complimente, en lui disant qu'avec son talent il devrait pouvoir vivre de sa plume.. Il est donc engagé dans l'entreprise comme lettreur, avec comme mission pendant un an de réaliser les phylactères en langue flamande des différentes publications de Dupuis.. Ce travail lui permet de quitter le monde de la coiffure et surtout de faire la connaissance de nombreux futurs auteurs du journal Spirou comme Marcel Denis, Arthur Piroton, Louis Salvérius, Lambil et surtout Maurice Rosy qui dirige le studio de dessin. Il rêve de faire de la bande dessinée à temps plein et sa chance arrive avec la création par la famille Dupuis, d'un nouveau périodique baptisé Risque-Tout. Il y publie sa première histoire, un récit de quatre planches intitulé Le Mousquetaire, mettant en scène le personnage de Rouquinet, inspiré par le héros de comics Denis la Malice. Il doit alors se fondre dans le style graphique de la maison d'édition, tout en rondeur, dynamique et surtout caractérisé par le . Il dira que Morris, l'auteur de Lucky Luke, fut pour lui un .

Une première série : Bobosse La deuxième histoire de Marcel Remacle pour le périodique Risque-Tout met en scène un petit chien appelé Bobosse, menacé par la fourrière de Trifouillis-la-Jolie. Cette histoire de quatre planches est publiée dans le du . Marcel Remacle qui aime beaucoup les dessins de Raymond Macherot, qui anime à la même époque la série Chlorophylle dans Tintin, dira avoir probablement été influencé par lui pour créer Bobosse. Risque-Tout disparaît rapidement et le journal Spirou, en manque de séries animalières, récupère Bobosse. Le , dans le , après quelques gags publiés dans des numéros précédents, commence la première grande aventure de son héros en quarante planches. Intitulée La Forêt silencieuse, elle finit de paraître dans le du ., le synopsis est simple, Bobosse mène l'enquête pour retrouver des animaux capturés.

La première aventure de Bobosse est plutôt froidement accueillie par l'éditeur. Charles Dupuis n'est pas convaincu et le rédacteur en chef de Spirou, Yvan Delporte, trouve la série trop enfantine. Pour la redynamiser, il propose à Marcel Remacle de l'aider, en compagnie de Peyo, à écrire un scénario avec plus de gags et un rythme plus soutenu.. La seconde histoire, intitulée Les Évadés de Trifouillis, est publiée du au entre et . Si le scénario s'améliore et donne lieu à une histoire sans temps morts et comportant de nombreux gags, le dessin reste maladroit, notamment lorsqu'il s'agit de représenter les animaux. Marcel Remacle doit se résoudre au fait qu'il n'est pas un dessinateur animalier.

Reconversion dans la bande dessinée de pirates La déception de Charles Dupuis avec Bobosse est à la hauteur des espoirs qu'il avait placés en Marcel Remacle. Il envisage même de le renvoyer de chez Dupuis et il faut l'intervention de Maurice Rosy pour le faire changer d'avis. Décidant de s'occuper de lui pour que sa deuxième chance soit la bonne, Maurice Rosy remarque un jour que Marcel Remacle s'amuse à dessiner un peu partout des pirates. Il lui suggère alors d'en faire une série. La piraterie est un thème encore peu exploité dans la bande dessinée de l'époque et les rares séries précédentes sont loin d'avoir marqué le genre. Malgré ça, Dupuis n'hésite pas à commander une histoire en quarante-quatre planches, le format standard des albums, preuve que du côté de la direction la confiance est revenue. Le héros principal, baptisé Nick, est un vieux bonhomme à la longue barbe blanche, coiffé d'un foulard noir et habillé d'une chemise verte. Cette première histoire, intitulée Pavillons noirs, se déroule pendant l'âge d'or de la piraterie. Elle met en place la série, avec le héros Nick, à la vigie en début de récit, qui se rebelle pour prendre la tête de l'équipage qui doit combattre les pirates qui terrorisent les habitants des îles Aladouzes..

Pour sa seconde histoire, intitulée Le Vaisseau du Diable et publiée dans Spirou à partir de l'automne 1958, Marcel Remacle bénéficie des conseils de Morris, l'auteur de Lucky Luke.. Ce dernier lui recommande de travailler à l'instinct sans se poser de questions. Influencé par Morris, qui lui redonne confiance, Marcel Remacle change sa manière de dessiner en représentant ses personnages avec moins de rigueur, ainsi qu'en supprimant les détails superflus qui nuisent à la lisibilité de la planche et à la fluidité du récit. Ses progrès graphiques sont nettement visibles et l'empreinte de Morris sur Marcel Remacle restera visible jusqu'à la fin de sa carrière, notamment dans l'utilisation du noir pour transformer certains personnages et décors en simples silhouettes. Charles Dupuis, qui souhaite avoir ses dessinateurs au même endroit, lui demande de déménager à Bruxelles pour être à côté des bureaux de la maison d'édition et de la rédaction de Spirou, autre preuve qu'il considère désormais Marcel Remacle comme un auteur à part entière. Un peu plus d'un an après sa création, le Vieux Nick possède déjà, comme les autres héros du journal, sa figurine en latex articulé. Fruit d'une collaboration avec Morris, il est aussi adapté en jouet à monter, offert en supplément aux lecteurs de Spirou. La troisième histoire du Vieux Nick intitulée Les Mangeurs de citrons, est considérée comme l'une des meilleures de Marcel Remacle. Elle s'inspire de la mutinerie de la Bounty, pour y dénoncer les mauvais traitements et les conditions d'hygiène des marins de l'époque. Pour aérer ses planches et son trait, il passe de cinq à quatre bandes par planche, comme le lui a conseillé Morris.

Un nouveau personnage appelé Barbe-Noire En 1960, les éditions Dupuis publient, à quelques mois d'intervalle, les deux premières histoires du Vieux Nick en album. Le premier album, Pavillons noirs, est longtemps interdit de vente en France, car selon la censure il diffuse une image positive de la piraterie. Dans le quatrième récit du Vieux Nick, intitulé L'Île de la main ouverte et publié à partie du du , Marcel Remacle crée dès la première planche, le personnage de Barbe-Noire. Le surnom de ce personnage est inspiré d'un pirate du , mais rien dans son caractère ne laisse penser à la moindre ressemblance entre les deux. La référence du personnage de Marcel Remacle est plus à trouver du côté de Joe Dalton pour son côté colérique et hargneux, puis au fil des épisodes à Averell Dalton pour sa bêtise..

Marcel Remacle devient l'une des vedettes du journal Spirou. Il est mis à l'honneur par un article que lui consacre Robbedoes, l'équivalent néerlandophone de Spirou, où il est notamment question de sa documentation. En effet, Marcel Remacle ne lit pratiquement que des livres sur la marine, surtout à voile, alors qu'il n'a jamais fait de long voyage à travers les océans. Pour le du spécial vacances, il se voit confier par Morris, la réalisation d'une histoire parodique en deux planches intitulée Rapt au Far West, mettant en scène les Dalton. Marcel Remacle parvient à copier le style de l'auteur de Lucky Luke à la perfection, au point de tromper la vigilance des lecteurs de Spirou.

L'année 1960 est riche pour Marcel Remacle, puisqu'il publie aussi son premier mini-récit dans le du . Lancés quelques années auparavant, les mini-récits permettent aux auteurs débutants de pouvoir commencer dans le métier avec un premier projet sérieux. Il n'est pourtant pas rare que certains auteurs plus expérimentés s'y essayent pour changer un peu de la routine que représente leur série respective. Son premier mini-récit a pour titre L'Îlot mouvant et ne sort pas du registre maritime qui commence à caractériser les histoires de Marcel Remacle. Durant les cinq années suivantes, il publie au total neuf mini-récits de trente-deux planches chacun. Quatre sont repris pour être publiés dans le huitième album dans la collection « Gag de Poche ». Marcel Remacle figure même dans le mini-récit du , intitulé L'Encyclopédie Spirou et réalisé par Yvan Delporte.

La cinquième histoire du Vieux Nick, Les Mutinés de la Sémillante, est publiée du () au (). Marcel Remacle y crée un nouveau personnage qui marque la série : le grand-père de Barbe-Noire. Ce vieillard, que Barbe-Noire appellera toujours , aide son petit-fils à s'évader du bagne où ce dernier a été enfermé à perpétuité après avoir été capturé par le Vieux Nick. Le pirate perdra rapidement sa férocité et formera désormais avec son grand-père un duo comique : c'est Bon-Papa qui devient le leader du duo, administrant généreusement des baffes à son petit-fils chaque fois que celui-ci ose défier son autorité. Ces gifles constituent un comique de répétition dans lequel la série baigne jusqu'à la fin. La personnalité de Barbe-Noire évolue désormais au fil des épisodes, au point de devenir celle d'un parfait imbécile.

À noter deux épisodes où Bon-Papa ne figurera pas : Dans la gueule du dragon et L'Or du « El Terrible » , sans doute parce que dans ces deux histoires, le scénario exigeait un Barbe-Noire redoutable et donc plus intelligent.

Parallèlement à sa série Le Vieux Nick, Marcel Remacle écrit en 1961 un scénario de la série Tif et Tondu pour Marcel Denis. Ce dernier a repris Tif et Tondu l'année précédente après le départ de Will pour le journal Tintin. Ce récit intitulé Ne tirez pas sur « Hippocampe » !, le second dessiné par Marcel Denis, est publié dans Spirou du au . Marcel Remacle n'hésite pas à ridiculiser les personnages, en faisant de Tif un gaffeur complètement imbécile et de Tondu un alcoolique déprimé. Les gags et les situations rocambolesques se succèdent sur fond de sous-marin volé par une bande de pirates. Cette reprise n'est pas considérée comme une réussite par Dupuis, qui décide d'y mettre fin après cet épisode, sans jamais publier en album les deux histoires produites par Marcel Denis..

Un auteur à gags