Ipsen est un groupe biopharmaceutique français fondé en 1929, spécialisé en oncologie, en neurosciences, dans les maladies rares., ainsi qu'en santé familiale. L'entreprise réalise un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros (2024) et commercialise une vingtaine de médicaments dans 88 pays. Il réunit plus de dans le monde. IPSEN est l'acronyme de « Institut des produits de synthèse et d'extraction naturelle ».. Les activités actuelles du groupe sont davantage diversifiées qu'à l'origine.
Historique
thumb
En 1929, le docteur Henri Beaufour fonde les Laboratoires Beaufour à Dreux. Le premier produit commercialisé est la Romarène, médicament à base de romarin destiné au traitement des troubles digestifs, retiré du marché en 2011.
Dans les années 1950 et 1960, les Laboratoires Beaufour connaissent une phase d'expansion. En 1954, le groupe lance le citrate de bétaïne, notamment utilisé dans le traitement symptomatique des dyspepsies. Les deux fils d'Henri Beaufour, Albert et Gérard Beaufour, rejoignent l'entreprise.. Le groupe ouvre une usine à Dreux en 1961., et une autre à L'Isle-sur-la-Sorgue en 1965. Un centre de recherche ouvre au Plessis-Robinson la même année.
Dans les années 1970 et 1980, les Laboratoires Beaufour créent une filiale, Ipsen (1975), et se lance dans l'internationalisation de leurs activités. En 1976, l'entreprise ouvre un centre de recherche à Milford (Massachusetts) aux États-Unis.. En 1977, le groupe lance le Smecta (argile diosmectite, pansement gastro-intestinal et anti-diarrhéique).
En 1986, le groupe lance le Decapeptyl, utilisé pour traiter certaines pathologies influencées par les hormones sexuelles comme le cancer de la prostate, l'endométriose, le fibrome utérin ou la puberté précoce.
Dans les années 1990, le groupe diversifie son activité et poursuit son expansion internationale. En 1990, un centre industriel est créé à Signes, dans le Var. En 1992, le groupe ouvre une filiale en Chine.. En 1994, le groupe lance le Dysport (toxine botulique de type A destinée au traitement des spasmes musculaires) après acquisition de la société britannique Speywood (dénommée à l'époque Porton International).. La même année, le groupe ouvre une filiale en Russie. En 1995, le groupe lance la Somatuline, utilisée en cas d'hypersécrétion d'hormones de croissance (acromégalie) et dans les tumeurs neuro-endocrines, et en 1996, le Forlax.
En 2000, le décès d'Albert Beaufour, fils du fondateur et actionnaire majoritaire du groupe, déclenche « une longue bataille feutrée », remarque le magazine Forbes, pour la direction du groupe. Elle sera finalement remportée par les petits-enfants, Anne Beaufour et Henri Beaufour, lesquels recourent à des trusts enregistrés dans le paradis fiscal des Bermudes pour organiser leur succession..
En 2003, l'entreprise prend le nom d'IpsenIpsen succède à Beaufour Ipsen, usinenouvelle.com, 29 mai 2003, puis en 2005, est introduit à la bourse de Paris. sur Euronext. En 2004, l'entreprise inaugure une nouvelle unité de production de toxine botulique à Wrexham (Royaume-Uni). En 2007, l'entreprise établit un partenariat avec Galderma pour les produits à base de toxine botulique de type A en médecine esthétique. Par ailleurs, la somatuline obtient une autorisation de mise sur le marché (AMM) aux États-Unis pour le traitement de l'acromégalie.
En 2007, l'action Ipsen entre dans la composition de l'indice boursier SBF 120.
En 2007, le Dysport obtient une AMM américain dans certaines indications en médecine thérapeutique et esthétique. Le Décapeptyl en formulation 6 mois reçoit l'AMM dans neuf pays européens de l'Agence européenne des médicaments et est lancé en France.
En 2011, Ipsen annonce une nouvelle stratégie autour de plusieurs axes, dont un recentrage sur la médecine de spécialité, la recherche et développement et le développement international. En 2013, Ipsen acquiert la société britannique Syntaxin, leader dans l'ingénierie de la toxine botulique recombinante..
En 2014, l'entreprise participe à la création d'un laboratoire commun avec le CNRS , le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives et l'université Rennes-I, dans le but de concevoir et développer des peptides hormonauxhttp://www.ipsen.com/wp-content/uploads/2014/11/20-11-2014-CP-Ipsen-CNRS-laboratoire-commun-ARCHIPEX-FINAL.pdf..
En 2016, le Dysport Injection est autorisé aux États-Unis dans le traitement de la spasticité des membres inférieurs de l'enfant âgé de deux ans et plus.
En 2016, Ipsen prend en licence le cabozantinib d'Exelixis qui obtient la même année l'AMM pour le traitement en deuxième ligne du carcinome avancé du rein. En , Ipsen annonce l'acquisition de certains actifs de Merrimack Pharmaceuticals, notamment Onivyde, destiné au traitement du cancer du pancréas et de l'ovaire, pour 1 milliard de dollars France's Ipsen to buy Merrimack's pancreatic cancer drug, assets in $1 billion deal, Reuters, 9 janvier 2017..
En 2019, Ipsen acquiert le laboratoire Clementia Pharmaceuticals, basé à Montréal et spécialisé dans les maladies osseuses rares (notamment sur le traitement), pour 1,3 milliard de dollars.... Clementia apporte à Ipsen un médicament-candidat, le palovarotène, contre une maladie génétique rare, la fibrodysplasie ossifiante progressive. Les essais cliniques sont lancés puis interrompus aux États-Unis en 2020 en raison d'effets secondaires sur les enfants. La molécule n'est pas approuvée par l'autorité de régulation. qui lui donne néanmoins un statut prioritaire en 2021.. Ipsen retire sa demande d'approbation à la FDA en 2021..
En , Ipsen annonce se séparer de sa division santé familiale après avoir entamé des négociations exclusives avec le laboratoire français Mayoly Spindler.. Cette vente pourrait lui rapporter 350 millions d'euros..
En , Ipsen rachète ImCheck Therapeutics pour 350 millions d'euros, auxquels s'ajoutent différents paiements ultérieurs liés à des objectifs. Cette startup de Marseille, spécialisée dans l'utilisation de l'immunothérapie contre le cancer, développe ICT01, un anticorps qui se fixe sur le récepteur Butyrophiline-3A (BTN3A) qui intervient dans la leucémie aigüe myéloïde (LAM), ce qui permet d'activer les lymphocytes T γ9δ2. Ce médicament a été désigné comme par la FDA et par l'AEM en 2025. Un traitement associant Blinatumomab et γ9δ2 a en effet été prouvé plus efficace que avec un seul des deux composants.
Controverse En mars 2022, Ipsen a annoncé la suspension de certaines activités promotionnelles en Russie, y compris la publicité et la participation à des congrès non scientifiques. L’entreprise a décidé de ne lancer aucun nouvel essai clinique dans le pays. Malgré l’invasion russe en Ukraine, Ipsen continue de servir les patients en Russie, en maintenant la disponibilité de ses médicaments existants.
Données financières +Données financières en millions d’eurosAnnée20172018201920202021202220232024Ventes totales1,908.72,224.82,576.22,576.22,643.33,025.03,127.53,400.6 Variation vs l’année précédente – aux taux de change réels21.1%16.6%15,8%3.5%10.7%14.4%3.4%9.9% Marge opérationnelle courante20.8%29.7%30,4%32,0%35.2%36.9%32.0%32.6% Employés5,4005,7005,8005,7005,7005,7005,2005,300
Actionnariat Détention du capital social d’Ipsen (% du capital total) au 31 décembre 2025. +Nom% total du capitalFree float40,08 %Beech Tree26,03 %Highrock26,03 %Treasury shares1,70 %FinHestia4,58 %Autres actionnaires inscrits0,94 %Salariés0,29 %Administrateurs (autres)0,28 %
Médicaments
En oncologie Le cabozantinib (Cabometyx) est prescrit dans le traitement du cancer du rein avancé de l’adulte ayant reçu au préalable une thérapie ciblant le facteur de croissance de l’endothélium vasculaire. Le développement et la commercialisation du cabozantinib est assuré par Exelixis et Ipsen, qui concluent un accord exclusif de licence en 2016.. Le Comité des médicaments à usage humain, comité scientifique de l’Agence européenne du médicament, émet un avis favorable., suivi d'une approbation de la Commission européenne.. Lors du congrès de l’European Society for Medical Oncology (ESMO) sont présentés les résultats positifs de l’étude de phase 2 “CABOSUN” comparant le cabozantinib au sunitinib chez des patients atteints de carcinome avancé du rein non précédemment traité... En 2018, la Commission européenne approuve le Cabometyx (cabozantinib) 20, 40, 60 mg en monothérapie dans le traitement du carcinome hépatocellulaire chez les adultes précédemment traités par sorafénib.. Cette décision ouvre la voie de l’accès au marché de Cabometyx pour cette indication dans les 28 états-membres de l’Union européenne, ainsi qu’en Norvège et en Islande.
La triptoréline (Décapeptyl) est un peptide composé de 10 acides aminés, analogue de la GnRH (Gonadotrophin Realeasing Hormone) qui agit sur l’hypophyse afin de diminuer la sécrétion de FSH (Hormone folliculo-stimulante) et de LH (Hormone lutéinisante) et de bloquer la sécrétion d’hormones sexuelles.
L'hexylaminolévulinate ou HAL (Hexvix) est un agent de diagnostic photodynamique. Il permet la détection des tumeurs de vessie en cytoscopie de fluorescence en complément de la cytoscopie conventionnelle en lumière blanche.
La Somatuline (Lanréotide) est un analogue de la somatostatine freinant l’hypersécrétion d’hormone de croissance (GH) dans l’acromégalie et réduisant les symptômes dus à l’hypersécrétion hormonale par les tumeurs carcinoïdes. Ce médicament, qui générait 40 % des recettes de la société en 2021, est désormais concurrencé par des formulations génériques en Europe et aux États-Unis..
Onivyde (irinotécan liposomal) est prescrit en association avec le fluorouracile (5-FU) et la leucovorine (LV), pour le traitement des patients atteints d’un adénocarcinome métastatique du pancréas après progression de la maladie à la suite d’un traitement à base de gemcitabine.
Tazverik (tazémétostat) est un inhibiteur de l’enzyme EZH2 (enhancer of zeste homologue 2) utilisé dans le traitement du lymphome folliculaire, qui est un cancer du système immunitaire, ainsi que du sarcome épithélioïde, un type rare et à croissance lente de cancer des tissus mous.
En mars 2026, Ipsen a volontairement retiré Tazverik® (tazémétostat) du marché à titre de mesure de précaution à la suite d’une réévaluation du profil bénéfice–risque du médicament.
En maladies rares L'IGF-1 recombinante (Increlex) est une hormone utilisée dans la prise en charge des enfants de petite taille présentant un déficit primaire sévère en IGF-I (PIGFD). La pathologie concernée est rare et le médicament a obtenu le statut de médicament orphelin.
Bilvay est un le traitement du prurit cholestatique chez les patients âgés de plus d’un an et atteints du syndrome d’Alagille (SAG), autorisé par la FDA en .
Iqirvo (élafibranor) est un agoniste oral des récepteurs activés par les proliférateurs des peroxysomes alpha/delta (PPAR-α/δ) indiqué dans le traitement de la cholangite biliaire primitive.Le médicament est approuvé aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA) et bénéficie d’une autorisation conditionnelle dans l’Union européenne pour les adultes présentant une réponse insuffisante à l’acide ursodésoxycholique (UDCA) ou une intolérance à ce traitement.
Sohonos (palovarotène) est un agoniste sélectif du récepteur de l’acide rétinoïque gamma (RARγ), développé pour la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP), une maladie génétique ultra-rare.
En neurosciences La toxine botulique (Dysport) est utilisée pour traiter des pathologies caractérisées par des contractions musculaires involontaires et gênantes (dystonies : blépharospasme, torticolis spasmodique, spasme hémifacial ; spasticité : spasticité du membre supérieur ou inférieur, déformation dynamique du pied équin). Ce médicament est également utilisé en médecine esthétique afin d'atténuer temporairement certaines rides.
En endocrinologie