Au , le nombre d'habitants de la région de Lorraine était estimé à , soit 3,8 % de la population de la France métropolitaine. Le rythme de croissance démographique de la région est un des plus faibles du pays (+ 0,17 % par an depuis 1999). Il est avant tout dû au solde naturel (+ 0,27 % par an), le solde migratoire étant négatif (- 0,10 % annuellement)INSEE - Enquêtes annuelles de recensement 2004-2006 . vignette|droite|250px

Évolution de la population L'évolution démographique de la Lorraine reflète en grande partie son histoire et celle de la France.

Au début du , la population est essentiellement rurale, la natalité est élevée (surtout en Lorraine germanophoneDenis SCHNEIDER, L’impact de la frontière linguistique dans le département de la Moselle au (2013)), la mortalité est moins élevée qu'au cours des siècles précédents, et la population augmente régulièrement.

Le milieu du siècle marque un grand tournant. C'est le début de la révolution industrielle, dont le premier effet est l'exode rural. Les campagnes lorraines commencent donc à se dépeupler très fortement, comme partout en France. Mais rapidement, le développement industriel attire la population vers les centres urbains. Leur croissance, en Lorraine, va compenser les pertes du monde rural, et pendant plus d'un siècle la population va continuer à augmenter, en même temps qu'elle s'urbanise de plus en plus.

Cette croissance aura cependant quelques accidents liés à l'histoire. En 1871, de nombreux habitants des régions annexées par l'Allemagne choisissent de rester en France. Certains s'installent dans la partie de la Lorraine restée française, mais beaucoup quittent aussi la région, pour aller vers la région parisienne ou l'Algérie par exemple.

Pendant la Première Guerre mondiale, la Lorraine souffre considérablement. Les morts de la guerre et le déficit des naissances pendant 4 ans diminuent fortement le nombre des habitants. Il faut y ajouter le départ d'un certain nombre d'Allemands qui s'étaient installés en Moselle entre 1871 et 1918, et qui préfèrent retourner vers d'autres régions allemandes.

Le dynamisme est cependant rapidement de retour, dans l'euphorie des années folles. Mais avec la crise économique et démographique qui touche la France dans les années 1930, la population stagne à nouveau. La Seconde Guerre mondiale vient amplifier cette tendance, chassant temporairement de nombreux habitants.

Après la fin de cette guerre, la reconstruction et le retour de certains habitants ravivent à nouveau la croissance de la région, qui va se poursuivre pendant les Trente Glorieuses. Mais dans les années 1970, la crise revient. Les principales activités, l'exploitation minière et les industries lourdes qui en dérivent, sont durement frappées. Les centres urbains les plus industriels se dépeuplent, les campagnes continuent à stagner comme auparavant. Malgré les problèmes économiques de l'époque, et du fait de sa forte natalité, la Lorraine n'a subi qu'une faible perte de population entre 1982 et 1999 (de l'ordre de , soit moins de 0,4 %).

Dans les années 1990, les effets de diverses reconversions industrielles réussies dans la région commencent à se faire sentir démographiquement. Les villes qui ont retrouvé d'autres activités attirent à nouveau des habitants, et dans l'ensemble la Lorraine a réussi à stabiliser sa population. Depuis lors, le chiffre de la population s'est assez bien redressé, gagnant quelque en sept ans, de 1999 à 2006, soit près de par an. Ceci semble bien augurer du proche avenir, mais ne remet pas en question les projections officielles assez pessimistes à long terme, qui prévoient une forte diminution de la population d'ici à 2030. En effet la Lorraine se classe antépénultième dans le classement du taux d'accroissement démographique des régions françaises, juste devant la Champagne-Ardenne, sa voisine et la Martinique (voir : démographie de la France).

Par ailleurs la situation reste très inégale. L'essentiel de la croissance démographique est désormais concentrée sur le sillon mosellan (Thionville, Metz, Toul, Nancy, Épinal), alors que le bassin minier (Longwy, Forbach), toute la partie ouest de la région (Meuse) et les hautes vallées vosgiennes sont encore en forte régression.

La population de la Lorraine a croit jusqu'en 2010.

En 2011 la courbe s'est inversée et la région perd désormais des habitants. Seuls les départements de la Moselle et de Meurthe-et-Moselle gagnent encore des habitants. Au contraire les départements des Vosges et de la Meuse continuent à se dépeupler.

Entre 2013 et 2014 seul le département de Meurthe-et-Moselle a gagné des habitants. Le département de la Moselle s'est légèrement dépeuplé.

AnnéePopulation au janvierdépartement deMeurthe-et-Moselledépartementde la Meusedépartementde la Moselledépartementdes VosgesTotal Lorraine180118511901193619461946196819751982199019951996199719981999200020012002200320042005200620072008200920102011201220132014Annéedépartement deMeurthe-et-Moselledépartementde la Meusedépartementde la Moselledépartementdes VosgesTotal Lorraine

(p) = provisoire Sources : INSEEINSEE - Estimation de population au janvier, par département, sexe et grande classe d'âge INSEE - Estimation de population au janvier, par région, sexe et grande classe d'âge - Quid 2003Quid 2003 : pages 821 et 870 à 873 et IAURIFIAURIF - Ressources documentaires .

Mouvement naturel de la population

Naissances et décès par département

Chiffres fournis par l'INSEELa population de la France en 2000 Naissances et décès par département et régionINSEE - Naissances vivantes et décès domiciliés par département et région (juin 2007)INSEE Lorraine - Démographie Société : l’augmentation des naissances, un atout pour demain (2007) .

Département 2000 2004 2005 2006 2011Naiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeNaiss.DécèsSoldeMeurthe-et-Moselle8.7976.2882.5098.6715.8562.8158.5426.2582.2848 7436 1252 6188 4996 2062 293Meuse2.4321.9914412.2871.9213662.1581.9911672 3992 0123872 1191 940179Moselle11 4748 9782 496Vosges4 5754 0435324.2643.8344304.3104.0252854 3993 8385613 8833 941 - 58Lorraine28.01321.2196.79427.19220.1697.02327.05821.0406.01827 62220 7706 85225 97521 0654 910

Fécondité par département

Le nombre moyen d'enfants par femme ou indice conjoncturel de fécondité a évolué comme suit pour chaque département et pour l'ensemble de la région :

DépartementFécondité1999INSEE - Indicateurs généraux de population par département et région Fécondité2000Fécondité2001Fécondité2002Fécondité2003INSEE - La population française en 2003 (septembre 2005) Fécondité2004INSEE - Situation démographique en 2005 (page 238) Fécondité2005Meurthe-et-Moselle1,641,701,711,671,641,71Meuse1,942,052,031,961,972,05Moselle1,641,721,741,741,721,77Vosges1,891,951,931,901,911,92Lorraine1,691,761,771,751,731,79France métropolitaine1,791,871,881,871,871,901,92

Le taux de fécondité de la France métropolitaine était estimé à 1,98 en 2006.

La Lorraine faisait partie dans les années 1950-1960 de ce qu'on appelait le "croissant fertile" par allusion à la fertilité des femmes qui y résidaientSud-INSEE l'essentiel (juin 2004 ) - carte du "croissant fertile" en page 2 . Ce croissant de haute fécondité, partait de Vendée et de Bretagne, remontait les côtes de la Manche vers le nord-est et contournait l'Île-de-France par le nord, englobant la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais, d'où il s'incurvait vers l'est puis le sud-est, passant par la Champagne et la Lorraine, puis s'infléchissait vers le sud et se terminait en Franche-Comté.

Aujourd'hui la partie nord-est du croissant s'est affaissée (Alsace et Lorraine surtout et partiellement Champagne) et ce croissant n'existe donc plus. Seul le nord-ouest de la France depuis la Vendée et la Bretagne jusqu'au Nord-Pas-de-Calais et aux département des Ardennes et de la Meuse, comprenant en plus l'Île-de-France, constitue actuellement la zone de plus haute fécondité du pays.

Tendances les plus récentes de la fécondité

Concernant la fécondité, les derniers chiffres disponibles concernent 2004. L'indicateur conjoncturel de fécondité de la région demeure nettement inférieur à ce qui est observé au niveau national (1,79, contre 1,90 pour la métropole). La Lorraine se trouve de ce fait au des régions françaises.

Si l'on compare la fécondité de la Lorraine à celle des régions voisines de l'est de la France, on constate que la région se classe légèrement devant l’Alsace (1,75), mais derrière la Bourgogne (1,83) et la région Champagne-Ardenne (1,85), et surtout très loin derrière la Franche-Comté (1,98)INSEE Lorraine - Démographie Société : l’augmentation des naissances, un atout pour demain (2007) - page 1. Un indice de 2,07 est nécessaire pour assurer le simple remplacement des générations.

Enfin, la hausse du nombre des naissances observée dans la région en 2005 et 2006, malgré une nette diminution du nombre de femmes susceptibles de procréer, implique une hausse assez importante de l'indice de fécondité lors de ces deux années (surtout en 2006), mais les valeurs de ces indices ne sont pas encore disponibles (en ).

Évolution démographique depuis 1962

Sources : INSEEINSEE Recensement de 1999 - Fiche profil - Evolutions démo 1962 - 1999

1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 2000 2004 2005 2006Population endébut de période2 194 1512 274 4412 330 8222 319 9052 305 7262.316.3492.331.5782.334.2452.339.000Naissances277 983284 865242 697265 906256 107Idem annuellement46 33040 69534 67133 23828 45628.01327.19227 05827 622Décès131 465159 158159 142173 036186 73821.08620.16921 04020 770Solde naturel146 518125 70783 55592 87069 3697.1267.0236 0186 852Solde migratoire -66 228 -69 326 -94 472 -107 049 -64 719 -2 228 -4 356Variation totale80 29056 381 -10 917 -14 1794 650Idem annuellement13 3828 054 -1 558 -1 7725174.8982.667

Contrairement à certaines idées, l'émigration en Lorraine n'est pas un problème récent, lié à la désindustrialisation des années 1980. Bien au contraire, elle sévissait déjà durant les années 1960 cependant fort prospères. La très haute natalité de l'époque masquait le phénomène. La démographie du pays a connu une période fort critique entre 1975 et 1990, lorsque l'émigration a culminé sous l'influence de la crise, et que simultanément la natalité s'effondrait. Depuis, l'émigration a fortement baissé, quoique toujours présente sous une forme fort atténuée.

Plus grave sans doute a été l'effondrement de la natalité et de la fécondité. Entre 1962 et 1968, on avait enregistré 46 000 naissances annuellement. Ces dernières années, depuis 1990, il en reste à peine 28 000, et même moins certaines années, soit une baisse de plus ou moins 40 % en une génération (28-30 ans en moyenne). La principale explication de ce phénomène est l'exode de très nombreux jeunes, qui n'ont donc pas fait d'enfants en Lorraine, mais ailleurs (en Île-de-France et dans les régions méridionales du pays avant tout) et ont participé ainsi à la hausse de la natalité d'autres régions, hausse constatée depuis le début des années 2000. Par ailleurs, les jeunes restés au pays ont adopté un comportement bien plus malthusien que leurs parents et leur fécondité s'est largement affaissée.

Mouvements de la population depuis 1999

Sources : INSEEINSEE - Estimation de population au janvier, par département, sexe et grande classe d'âgeINSEE - Mouvements de la population par département et région INSEE - Naissances et décès domiciliés par département.