Le château de Castelnau-Bretenoux situé sur le territoire de la commune française de Prudhomat, dans le département du Lot, est la forteresse médiévale, qui n'a jamais été assiégée, la plus imposante du Quercy. Il appartient à l'État, est affecté au ministère de la Culture et est ouvert au public par le Centre des monuments nationaux.

Localisation Le château se dresse à à l'est de Prudhomat, dans le département français du département du Lot. À ses pieds s'est établi un bourg castral depuis le ..

Historique vignette|400px|center|Vue d'ensemble. La construction du château s’est déroulée sur plusieurs siècles, du . Son origine remonte à Hugues de Castelnau, qui fait édifier une enceinte autour de son domaine. Il est l’ancêtre d’une lignée familiale très puissante, baronnie inféodée aux comtes de Toulouse et qui prospère dans une région riche en ressources agricoles.

De sa période médiévale, on retrouve le donjon carré et un logis seigneurial. Il fut ensuite réaménagé au pour s’adapter à l’artillerie naissante. Il sera pris par mais redeviendra propriété des barons de Castelnau à l’issue de la guerre de Cent Ans.

Famille de Castelnau La tradition veut que le sire de Castelnau, écuyer de , ait rapporté d'Afrique une relique insigne du roi, le bras droit, conservé dans un reliquaire (une pièce sur âme de bois constituée d'une main en cuivre sur un bras d'argent)L'analyse au scanner du reliquaire par Philippe Charlier révèle qu'il contient un fémur gauche, ce qui traduit une méconnaissance de l'anatomie humaine des personnes qui ont confectionné des reliques. documentaire Saint « Louis, le roi dispersé » de Dominique Adt, mars 2018, 12 min 30s.. En réalité, il s'agit plus probablement d'un cadeau apporté en dot en 1542 par Louise de Bretagne à son mari , baron de Castelnau..

vignette|gauche|Tour de l'auditoire.

La première mention d'un seigneur de Castelnau date de 860. La seigneurie de Castelnau est bordée par la vicomté de Turenne, le comté d'Auvergne, la baronnie de Gramat et la seigneurie de Saint-Céré.

Hugues de Castelnau est cité dans le cartulaire de Beaulieu en 1000-1108 comme présent à la donation faites pour l'église Saint-Gilles de Bonneviole. La charte permet de préciser à partir du don fait en 926 par Aytrude, veuve de Matfred et mère d'Étienne, père d'Hugues de Castelnau marié à Alpasie et père de Gerbert, Robert et BernardPublié par Maximin Deloche, Cartulaire de Beaulieu (en Limousin) : charte , imprimerie impériale, Paris, 1859 (lire en ligne).. Pour Guillaume Lacoste, ce Hugues de Castelnau est le fondateur du château de Castelnau-BretenouxGuillaume Lacoste, Histoire générale de la province de Quercy, tome 1, , J. Girma libraire-éditeur, Cahors, 1883 (lire en ligne)..

En 1031, le cartulaire de l'abbaye de Beaulieu signale Hugues de Castelnau qui est abbé laïc de Beaulieu et doit répondre des accusations des moines au concile provincial de Limoges. En 1076 il est question d'un autre de Castelnau, fils du précédent, qui fait des travaux de construction dans le château. Il semblerait que l'emplacement initial du château était plus proche de Bretenoux avant d'être construit sur le site actuel. En 1095, est excommunié par le pape .

En , départ pour la première croisade de l'armée du comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles, à la tête d'un certain nombre de ses milites et clientes : le vicomte de Turenne, père de sa future belle-fille, , Raymond d'Espère et plusieurs chevaliers des maisons de Béduer, Cabrerets, Cardaillac, Castelnau-Bretenoux, Castelnau-Montratier, Montpezat, Luzech, Pestillac, Saint-Cirq-Lapopie et Thémines.

En 1108, Bertrand de Saint Gilles, après avoir remis le comté de Toulouse à Alphonse Jourdain, son frère alors âgé de cinq ans, part en Palestine. Il amène avec lui de Gourdon, Géraud de Cardaillac, évêque de Cahors, Dieudonné de Barasc, seigneur de Béduer et Hugues de Castelnau-Bretenoux. Ces croisés partent en 1109 par Pise.

En 1112, de Castelnau, fils de , reçoit Géraud de Cardaillac, évêque de Cahors.

fait le siège du château qui dépend de , le fils de , et le force à capituler en 1159.

En 1178, la seigneurie de Saint-Céré est donnée à , vicomte de Turenne, par le comte d'Auvergne. Le vicomte de Turenne se trouve alors maître d'un territoire qui enserre la baronnie de Castelnau. La lutte entre les deux seigneuries va s'exacerber.

Le comte de Toulouse est le suzerain du baron de Castelnau, mais il transfère en 1184 à perpétuité au vicomte de Turenne l'hommage que lui doit le baron de Castelnau. Bernard de Castelnau cherche alors à se mettre sous la protection du roi de France Philippe II Auguste. Il lui rend hommage pour ses terres en 1211. La sœur de Bernard, Hélis, a épousé de Turenne.

Le conflit entre le vicomte de Turenne et le baron de Castelnau va conduire l'Église à intervenir. Le lien vassalique des Castelnau aux Turenne est confirmé le et accepté par le fils de Bernard, . Ce lien est confirmé en 1221 en présence des abbés de Tulle et de Martel. Le baron de Castelnau doit faire porter solennellement au vicomte de Turenne une redevance… d'un œuf.

En 1248, un baron de Castelnau prend la croix et accompagne à la septième croisade.

En 1277, le village de Bretenoux obtient du baron Guérin une charte communale.

En 1280, le baron de Castelnau réussit à obtenir de rendre hommage au roi de France. fait écrire dans un acte que « malgré les gens du roi d'Angleterre, les possessions des Castelnau ne pouvaient être mises hors la main du roi de France ».

de Castelnau épouse en 1293 Alasie de Calmont d'Olt.

Le roi confirme en 1308 l'acte de au profit du baron de Castelnau. Le Quercy va jouer un rôle important à la limite entre les domaines du roi de France et du roi d'Angleterre.

Famille de Castelnau-Calmont En 1315, (1294-1356) hérite des biens des Calmont d'Olt qui comprend les villes d'Espalion et de Saint-Côme et des domaines dans les diocèses de Rodez et de Cahors.

Il obtient la confirmation de l'hommage au roi de France en 1318. Il se marie d'abord avec Aigline Duèze, nièce du pape . Après la mort de sa femme en 1323, il se remarie avec Maralde de Canillac, sœur de Raymond de Canillac, archevêque de Toulouse. Il est fait prisonnier par les Anglais d'Henri de Lancastre en 1345 au cours du siège de Bergerac. Puis libéré contre rançon. La même année, il accorde une charte communale dans laquelle il est écrit qu'il veut renforcer les défenses du château.

En 1329, Pierre de Castelnau-Bretenoux, frère de est évêque de Rodez. En 1370, Bégon de Castelnau-Calmont, fils de , est évêque de Cahors.

Après la bataille de Poitiers au cours de laquelle meurt , le traité de Brétigny fait passer le Quercy sous suzeraineté du roi d'Angleterre en 1360. Son fils doit alors rendre hommage au roi d'Angleterre et accompagner en 1367 le Prince Noir dans son expédition en Castille. Dès 1369, de Castelnau-Calmont (1350-1395), fils de , est un fidèle du roi de France, . Il est successivement gouverneur de Guyenne et capitaine général en Languedoc.

Famille de Castelnau-Caylus En 1395, à la mort de de Castelnau-Calmont, les biens passent à son neveu, de Castelnau-Caylus (1419) fils d'Hélène de Castelnau, petit-fils d' et époux de Catherine de Roquefeuil (). Il rend hommage en 1396 au roi .

Lui succède Antoine de Castelnau-Caylus (1419-1465), nommé en 1442 lieutenant général du roi en Quercy.

Jean de Castelnau-Calmont est évêque de Cahors entre 1438 et 1460. Il réunit plusieurs fois les États du Quercy au château de Castelnau. Il prend la tête des troupes qui chassent les Anglais du Quercy.

Puis vient (1465-1505), fils d'Antoine, qui a été chambellan de et l'a soutenu dans sa guerre contre . Il a souhaité la construction de l'église de Castelnau. Édifiée par son fils Jacques, elle est devenue une collégiale à la suite d'une bulle du pape .

En 1499, Jacques de Castelnau-Caylus a épousé Françoise de La Tour d'Auvergne, fille du vicomte de Turenne. La mariée amène en dot les seigneuries de Gagnac et Bétaille. Il rend hommage en 1505 au roi pour l'ensemble de ses fiefs. Il l'accompagne en 1512-1513 pendant les guerres d'Italie. Il est de retour à Castelnau en 1514, peu avant sa mort. de Castelnau-Caylus, second fils de , succède à son frère, mais il meurt sans descendance.

Le troisième fils de de Castelnau-Caylus a épousé Antoinette Guilhem de Clermont-Lodève. Il recueille les biens de la maison de Clermont-Lodève dont il prend le nom.

Famille de Castelnau-Clermont-Lodève vignette|Tour de flanquement et courtine protégées par une fausse braie. En 1530, à la mort de de Castelnau-Caylus, conformément au testament de , les biens et titres passent à Pierre Guilhem de Clermont-Lodève (1537), descendant de de Castelnau-Caylus. Il a épousé Catherine, fille de Pierre d'Amboise. Puis, le , il épouse au château de Castelnau, en présence de Jacques de Castelnau-Caylus, Marguerite de La Tour d'Auvergne (1572).

En 1502, François Guillaume de Castelnau de Clermont-Lodève (1480-1540), fils de Pierre Guilhem de Clermont-Lodève et de Catherine d'Amboise, sœur du cardinal Georges d'Amboise, devient archevêque de Narbonne. Il est le doyen du Sacré collège à sa mort en 1540.

En 1537, l'aîné des fils, Jacques, ayant abandonné son droit d'aînesse pour une vie ecclésiastique, c'est de Castelnau-Clermont qui hérite des titres. Il épouse en 1542 Louise de Bretagne-Avaugour. Il meurt en 1544, laissant un fils posthume . Après le décès de son mari, Louise de Bretagne-Avaugour, va être dame d'honneur d'Élisabeth de France, épouse du roi d'Espagne . se marie en 1565 avec Marguerite de Bernuy, riche héritière toulousaine. Fidèle catholique, il meurt pendant la prise de Cahors par les troupes d' en 1580. Louise de Bretagne a alors assuré l'éducation des quatre enfants de . Elle resta très attachée au château jusqu'à sa mort en 1608.

La baronnie passe à Alexandre de Castelnau-Clermont (1590-1621) qui va modifier les appartements. Il se rallie à en 1593. Il a reçu avec son épouse, Charlotte de Caumont, le poète François de Maynard qui évoque les fêtes données au château de Castelnau.

Le fils d'Alexandre, Gabriel-Aldonce, passe l'essentiel de sa vie dans son hôtel parisien. Il laisse la baronnie à son propre fils Louis-François, à sa mort en 1657. À la mort de Louis-François, son frère Louis Guilhem abandonne l'habit ecclésiastique et épouse Jeanne-Thérèse d'Albert, fille du duc de Luynes, Louis-Charles d'Albert. De cette union naît un fils, Constance de Castelnau. Le baron Louis Guilhem meurt en 1705 et son fils en 1715.

En 1715 après la mort du dernier Castelnau, le château ne sera plus entretenu et se dégradera pendant presque deux siècles. La Baronne de Castelnau Jeanne Thérèse Pélagie d’Albert de Luynes (1675-1756), épouse de Louis Guilhem disparu en 1705, hérite des possessions de la famille de Castelnau-Clermont à la mort de son fils Constance mort en 1715.

En 1720 elle vend les titres et les terres de Clermont-Lodève.

En 1756 elle lègue la baronnie de Castelnau et certains domaines à la famille d’Albert dont apparaît par succession, pour le domaine de Castelnau (environ et ) son neveu Charles Marie Paul André d'Albert de Luynes (1783-1839), duc de Luynes et de Chevreuse.

Le , un commissaire de la République commande « au ci-devant duc » d'Albert de Luynes de démolir le pont-levis et les tours du château et de remblayer les fossés. L'été suivant, le conseil général du département du Lot demande la destruction publique des actes établissant les droits féodaux. La mémoire collective a gardé le récit de pillages et d'incendies des archives des châteaux.

Les quinze propriétaires du château de Castelnau-Bretenoux de 1830 à 1930 vignette|gauche|redresse|Bras reliquaire de saint Louis, conservé dans le musée lapidaire. vignette|Levée du Christ, extrait du lapidaire.