Igor Sergueïevitch Gouzenko (en russe : , ) est un transfuge soviétique né le à en Russie et mort le à Mississauga au Canada.
Fonctionnaire de l'ambassade soviétique à Ottawa (Ontario), il fait défection le en emportant avec lui prouvant l'existence de réseaux d'espionnage soviétiques au Canada. Cette défection, souvent désignée par l'expression « affaire Gouzenko », déclenche une crise qui marque les années d'après-guerre et la montée de l'anticommunisme canadien durant la guerre froide.
Affaire Gouzenko En 1943, Gouzenko travaille au service du chiffre de l'ambassade soviétique à Ottawa. C'est là qu'il découvre l'existence au Canada de plusieurs réseaux d'espionnage dirigés par le colonel Nikolaï Zabotine, un attaché militaire de l'ambassade.
Déçu par le stalinisme, Gouzenko décide de s'installer au Canada avec sa famille. Le , il quitte l'ambassade soviétique et se présente à l'Ottawa Journal, où il raconte son histoire. Jugeant l'affaire trop dangereuse, le journal local invite plutôt le démissionnaire à se rendre, le lendemain, au ministère de la Justice.
À la suite de l'événement, Gouzenko est poursuivi par la police secrète soviétique. Le , le gouvernement canadien accorde l'asile politique à Gouzenko et à sa famille. Pendant ce temps, l'affaire reste secrète, le temps que le gouvernement puisse accumuler des preuves.
Les révélations de Gouzenko conduisent à l'arrestation de militants communistes canadiens en 1946. Le député communiste Fred Rose est arrêté dans le sillage de cette affaire et accusé d'espionnage.
Les interrogatoires sont menés par la Commission royale d'enquête Kellock-Taschereau (une commission spéciale créée pour l'occasion) et les propos recueillis confirment l'existence d'un vaste réseau d'espionnage soviétique cherchant, notamment, à obtenir les secrets de la bombe atomique.
À la suite de l'affaire, Igor Gouzenko change régulièrement d'identité et vit avec sa famille dans la région de Toronto, sous la protection de la police. Il a été interrogé à la télévision en 1966, vingt ans après sa défection de l'ambassade soviétique. Lors de ses apparitions publiques, Gouzenko couvrait son visage d'un masque ou d'un sac perforé afin de dissimuler son identité.
Dans la culture
L'affaire Igor Gouzenko sert de trame au film de William Wellman (« Le Rideau de fer »), sorti en 1948, avec Dana Andrews dans le rôle d’Igor Gouzenko.
Igor Gouzenko a écrit des livres violemment antistaliniens, certains traduits en français comme La Chute d'un Titan (Plon, 1955).
Notes et références
Annexes Bibliographie Robert Bothwell, « Gouzenko, Igor Sergeievich », dans L'encyclopédie du Canada, Montréal, Éditions internationales Alain Stanké, vol. 2, 1987. Jacques Lacoursière et Hélène-Andrée Bizier, « Une affaire d'espionnage », dans Nos Racines, l'histoire vivante des Québécois, St-Laurent, Éditions Transmo, chapitre 133, 1980-1983. Reg Whitaker, « Espionnage à la russe », dans Horizon Canada, St-Laurent, Québec, Le Centre, vol. 112, 1984-1987.
Liens externes
« Gouzenko, une affaire d'espionnage », Archives de Radio Canada
Articles connexes Anticommunisme Communisme au Québec Renseignement Fred Rose (homme politique) Guerre froide Joseph Staline Union soviétique
Catégorie:Transfuge soviétique Catégorie:Histoire du Canada Catégorie:Guerre froide Catégorie:Affaire criminelle au Canada Catégorie:Affaire criminelle en Ontario Catégorie:Naissance en janvier 1919 Catégorie:Naissance à Rahatchow Catégorie:Naissance dans le gouvernement de Moguilev Catégorie:Décès en juin 1982 Catégorie:Décès à Mississauga Catégorie:Décès à 63 ans Catégorie:Mort d'une crise cardiaque