Khaled Kelkal (en ), né le à Mostaganem en Algérie et abattu le à Vaugneray, est un terroriste islamiste algérien membre du Groupe islamique armé (GIA) et le principal responsable de la vague d'attentats commise en France à l'été 1995..

Jeunesse

Né le à Mostaganem en Algérie, il émigre en 1973 avec sa mère à Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise pour vivre avec son père Abdelkader, en France depuis 1969, ouvrier spécialisé dans une usine de Vénissieux, sa sœur et ses deux frères. Il habite aux Barges, avenue Paul-Marcelin, dans une HLM datant du début des années 1960..

Élève au collège Les Noirettes, il a un bon niveau scolaire qui lui permet d'être admis en seconde au lycée La Martinière Monplaisir de Lyon en 1988. En 1989, il passe en première F6 Chimie.. Il ne s'y sent pas à l'aise : ..

Il subit par ailleurs l'influence d'un frère aîné, Nourredine, condamné en 1990 à douze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Loire, et incarcéré à la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin) pour vol à main arméeFranck, Johnnanes, « L'avocat du frère de Khaled Kelkal réclame l'abrogation de son arrêté d'expulsion » sur Libération, 29 septembre 1995. Il se détourne alors de ses études et tombe dans la délinquance. En , il est interpellé, soupçonné d'avoir participé à trois reprises à des casses à la voiture bélier. Il est inculpé puis incarcéré pendant six mois à la prison Saint-Paul de Lyon.. Niant les faits, il est remis en liberté sous contrôle judiciaire en . Il ne peut alors se réinscrire au lycée.. Il est condamné le à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour complicité de vols à la voiture bélier. Deux mois plus tard, en appel, sa peine est portée à quatre ans de prison fermeKhaled Kelkal Itinéraire d'un terroriste, L'Express.fr, 26 septembre 1996..

Rencontre avec les milieux islamistes

Durant sa peine, Khaled Kelkal rencontre des religieux islamistes, apprend l'arabe et se radicalise.. Sa détention dure du au .. Il y rencontre un autre prisonnier surnommé « Khelif ». Ce dernier est un islamiste qui avait quitté la France pour échapper à la prison mais qui a été condamné à sept ans de détention après y être revenu. En prison, Khelif tente de recruter des Algériens en perdition pour commettre des actes terroristes en Algérie.

Contre l'avis du parquet, un juge autorise alors son placement dans une entreprise de bureautique et Khaled Kelkal obtient sa liberté conditionnelle. Il retourne à Vaulx-en-Velin et entreprend en une formation de conducteur d'appareils dans l'industrie chimique. Il apprend le Coran, fréquente la mosquée Bilel, dans le quartier de la Grappinière. et se lie aux milieux islamistes. Il fait la connaissance d'Ali Touchent, soupçonné d'être un agent recruteur des services secrets algériensFrance-Algérie, crimes et mensonges d'État, Lounes Agoun et Jean-Baptiste Rivoire, éditions La Découverte. (salarié mensuellement par , il échappera à toute arrestation ; et l'Algérie n'annoncera qu'un weekend de sa mort violente le dans un hôtel surveillé d'AlgerJosé Garçon, « L'intrigant parcours d'Ali Touchent, mort à Alger », Libération, 5 octobre 2002.). En 1993, celui-ci lui confie plusieurs missions en Algérie pour livrer des armes, de l'argent et des documents. Il en revient « fanatisé ». : . déclarera l'amie de Kelkal.

Terrorisme islamiste en France

Le , Khaled Kelkal est impliqué dans l'assassinat de l'imam Sahraoui, dans sa mosquée à Paris. Sahraoui est considéré comme un modéré par rapport au GIA . Le , il participe à une fusillade contre des gendarmes à Bron avec son ami Karim Koussa. Le , il est impliqué avec Boualem Bensaïd, dans le groupe qui pose une bombe à la station Saint-Michel - Notre-Dame de la ligne B du RER parisien. L'attentat fait huit morts et 117 blessés. Le , il est impliqué dans un autre attentat à la place de l'Étoile à Paris où une bombe blesse dix-sept personnes. Le , il est impliqué dans l'attentat raté contre la ligne TGV Paris-Lyon, où ses empreintes digitales sont relevées sur une bombe qui n'explose pas.. Malgré la traque dont il fait l'objet, Khaled Kelkal parvient à commettre encore deux attentats :

le , une bombe bourrée de clous heureusement défectueuse explose sur le marché Richard Lenoir dans le arrondissement de Paris et fait quatre blessés ;

le , une bombe placée dans une voiture garée en face d'une école juive de Villeurbanne fait quatorze blessés.

Décès et polémique

Depuis le début des attentats, le ministre de l'Intérieur est sur le pied de guerre. Jean-Louis Debré tient trois réunions quotidiennes avec la Police judiciaire, les Renseignements généraux, la Direction de la Surveillance du territoire. Le ., signalétiques représentant Khaled Kelkal sont diffusées dans toute la France. Khaled Kelkal est en cavale. Il est repéré le dans la forêt de Malval, dans les monts du Lyonnais, par des cueilleurs de champignons. Les gendarmes sont reçus par des tirs de fusil à pompe tirés par Karim Koussa, qui est blessé, tandis que Kelkal s'enfuit.

Le , Khaled Kelkal est localisé près de Lyon, au lieu-dit « Maison Blanche » à Vaugneray. Il est interpellé par une équipe de huit gendarmes, essentiellement membres de l'Escadron parachutiste d'intervention de la Gendarmerie nationale, et alors qu'il tente de résister un revolver à la main, il est abattu par les forces de l'ordre.

La mort de Kelkal est filmée par une équipe de télévision, des journalistes de M6 et France 2 ayant suivi les gendarmes à leur sortie rapide de la gendarmerie.. Les journaux de TF1 et France 2 se livrent à une débauche de sensationnalisme. Une polémique naît sur les conditions exactes de sa mort. Alors qu'il est à terre et blessé, un gendarme crie à l'un de ses collègues « Finis-le, finis-le ». Cependant, il semble que Kelkal, blessé aux jambes, continue à viser les gendarmes avec son arme de poingFaites entrer l'accusé : Saison 7 ep 03) Khaled Kelkal « Ennemi public ».

Le , Kelkal est enterré dans un caveau du cimetière de Rillieux-la-Pape..

Théâtre

En est créée par la Compagnie du Théâtre en Bransle une pièce de théâtre de François Durègne et David Psalmon, intitulée Moi, Khaled Kelkal inspirée de l'interview de Kelkal par le sociologue allemand Dietmar Loch.. En , l'affiche du spectacle est interdite par la municipalité de Mulhouse car jugée « de nature à choquer de nombreux Mulhousiens et à créer un trouble à l'ordre public ».. À l'automne 2006, Roger des Prés monte sa propre adaptation théâtrale intitulée Khaled Kelkal, une expérience de la banlieue coproduit par le Théâtre des Amandiers à Nanterre..

Musique Le rappeur français Rohff fait brièvement référence à Khaled Kelkal dans le titre Rohff vs L'État, extrait de l'album Le Code de l'honneur (1999) : « Armé jusqu'aux dents, jamais j'm'avoue vaincu, comme Khaled Kelkal, à mes trousses j'ai l'État, mon principal rival, entre nous y'a pas d'rapport amical, ça s'annonce radical, j'suis prêt à mourir pour ma cause, parce-que l'amour me recale, j'ai l'shaytan qui m'propose plein d'choses… »« Rohff – Rohff vs L'État : Lyrics », sur genius.com.

Le groupe Tandem y fait également référence dans le titre Vécu de poissard, extrait de l'album C'est toujours pour ceux qui savent (2005) : « Sache que j'n'envisage en aucun cas d'finir à la Khaled Kelkal »Paroles, sur genius.com. Deux ans plus tard, en 2007, Alkpote mentionne Khaled Kelkal dans Buvez!, un morceau de sa mixtape Sucez-moi avant l'album : « C'est des coups d'machette verbale, lyrical Khaled Kelkal ».

Bibliographie Salim Bachi, Moi, Khaled Kelkal, Grasset, , 136 pages..

Documentaires télévisés « Khaled Kelkal, Ennemi public » en , et dans Faites entrer l'accusé présenté par Christophe Hondelatte sur France 2. « Il y a 20 ans, les attentats de 1995 » le dans Secrets d'actualité sur M6. « Khaled Kelkal, la fabrique d'un monstre », un documentaire de Raphael Ruffier-Fossoul, le sur France 3.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Islamisme Liste d'affaires criminelles françaises depuis 1900 Terrorisme islamiste Guerre civile algérienne Groupe islamique armé Attentat du RER B à Saint-Michel Djamel Zitouni Rachid Ramda Boualem Bensaïd

Lien externe

Photo de Kelkal.

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