Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, né le à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, est un économiste et homme d’État de la république démocratique du Congo. Il est président de l'Assemblée nationale de à sous le président Joseph Kabila puis de à sous Félix Tshisekedi. Il est aussi vice Premier ministre, ministre de l'Économie nationale de la RDC de 2023 à 2024 et directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi entre le et .
Ancien secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), il devient le directeur de campagne du président Joseph Kabila lors des élections de 2006 avant de tomber en disgrâce en 2009. En , Vital Kamerhe lance son propre parti politique, l'Union pour la nation congolaise (UNC) et se porte candidat à l'élection présidentielle du . Il remporte 7,74 % des suffrages et sa campagne est occultée par le duel entre le président sortant Joseph Kabila et son opposant Étienne Tshisekedi de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Vital Kamerhe a occupé divers postes dans plusieurs cabinets ministériels, dont ceux de Léon Kengo, Mushobekwa Kalimba wa Katana et du général Denis Kalume Numbi. Il est nommé commissaire général adjoint du gouvernement (AFDL) chargé des relations avec la MONUC. Plus tard, il devient titulaire en tant que commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs. Il a occupé ce poste jusqu’à sa nomination comme ministre de la Presse et de l’Information dans le gouvernement de transition en 2003.
Vital Kamerhe est une personnalité marquante et controversée de la période débutant avec la deuxième guerre du Congo, en 1998, et des divers processus de « paix » subséquents ayant établi durablement une guerre de prédation à faible intensité à l'Est du Congo. Le résultat en a été la guerre la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale avec plus de de victimes.. Après l'élection présidentielle de 2018 remportée par le Félix Tshisekedi, il est nommé directeur de cabinet du président Tshisekedi et est accusé de détournement. Il comparait le devant le tribunal, accusé de détournement des fonds du programme des du chef de l'État Félix Tshisekedi. Il est condamné à de prison en 2020 avant que le jugement ne soit cassé et qu'il soit acquitté en 2022.
Biographie
Vital Kamerhe est le fils de Constantin Kamerhe Kanyiginyi et d'Alphonsine Nemberwa Mwankingi. Ils sont d'origine shi de Walungu dans la province du Sud-Kivu. Vital Kamerhe est né à Bukavu le dans la province du Kivu.
Vital Kamerhe est marié à Hamida Chatur Kamerhe. Ensemble, ils ont .
Vital Kamerhe est un polyglotte qui maîtrise globalement les quatre langues nationales du Congo : le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba en plus de certaines langues étrangères. l'anglais.
Scolarité
Il commence ses études primaires à Bukavu puis à Goma dans la province du Nord-Kivu. Il les poursuit au Kasaï-Oriental à Ngandajika où il finira son école primaire. De 1973 à 1975, il fréquente l'Institut Sadisana (ancien collège Saint-François-Xavier) à Kikwit Sacré-Cœur, dans la province du Bandundu. Il est alors en troisième et quatrième scientifique, option Mathématiques-Physique. L'année suivante, la famille déménage à nouveau à Kananga (province du Kasaï-Occidental) pour une année avant de retourner au Kasaï-Oriental cette fois-ci à Mbuji-Mayi. Là, il obtient son diplôme d’État (diplôme de fin d'études secondaires) en 1980 à l'Institut Mulemba.
En 1980, il s'inscrit à l'université de Kinshasa. Il obtient un diplôme de licence en sciences économiques en 1987. Le , Vital Kamerhe défend sa thèse de doctorat en linguistique appliquée intitulée « Effects of political rhetoric (Political Discourse) on Economic Growth for Sustainable Development in DRC » à Hellenic American University (campus d'Athènes/Grèce)..
De 1987 à 1995, il est assistant chargé des cours à la faculté des sciences économiques à l'université de Kinshasa sous la supervision du professeur Nyembo. Après comme assistant, il fait ses premiers pas en politique au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social en 1984.
Entrée en politique Kamerhe affirme avoir fait ses premiers pas politiques dans l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Vital Kamerhe lui-même (lors d'une interview le ) fait remonter le début de son engagement politique à 1981, alors qu'il était à l'université en deuxième année du premier cycle (« graduat »), tout en se défendant de l'avoir été sous la bannière du Mouvement populaire de la révolution. En 1987, il aurait rencontré le maréchal Mobutu à Nsele, rencontre initiée par le Service d’action et de renseignements militaire, alors qu'en 1983 il avait rejoint les jeunes partisans de l'UDPS d'Étienne Tshisekedi.
À la fin de ses études, Vital Kamerhe rejoint les sphères mobutistes d'abord comme coordonnateur de la Cellule d’études de planification de l’Enseignement supérieur et universitaire de 1988 à 1989, puis comme conseiller économique et financier au ministère des Mines et Énergie de 1989 à 1990.
De 1991 à 1992, pas moins de quatre premiers ministres se succèdent. Vital Kamerhe occupe plusieurs postes de manière plus ou moins éphémère. Il devient conseiller au ministère des Mines sous le gouvernement de Jean Nguza Karl-I-Bond en 1992. Toujours en 1992 il devient conseiller financier au ministère des Postes, Téléphones et Télécommunication, tout en assumant la fonction de directeur des études de la Chambre de commerce franco-zaïroise. Durant cette période, d'après les propres dires de Kamerhe Vital Kamerhe confirme son nom Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi utilisé à l’université, au CSIS, [00:57:20 à 01:00:57], il abandonne son postnom (Lwa Kanyiginyi Nkingi) « pour des raisons médiatiques ».
De 1990 à 1995, il assure la fonction de président de la Jeunesse de l'Union sacrée de l'opposition radicale et alliés (JUSORAL)Le JUSORAL se présente comme le front anti-Mobutu derrière Étienne Tshisekedi de l'UDPS, bien que Vital Kamerhe évolue à l'aile « modérée » de Léon Kengo wa Dondo, un personnage clef du régime mobutiste mué pour la circonstance en « opposant » au régime..
Pendant cette période, il occupe plusieurs fonctions dans divers cabinets ministériels à un rythme aussi accéléré que lors des successions de gouvernements éphémères de 1991. En 1993, il est directeur du cabinet du ministère de l’Environnement, Tourisme et Conservation de la Nature (le Zaïre a eu deux gouvernements en 1993 : celui de Faustin Birindwa, par l'ordonnance présidentielle du , et le gouvernement Tshisekedi remanié par le décret ministériel du ). En 1994, il devient coordonnateur du cabinet du Premier ministre Kengo Wa Dondo, dans le septième gouvernement de la transition de Mobutu (ordonnance du ). Enfin, de 1994 à 1995, il est directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Mushobekwa Kalimba wa Katana au gouvernement remanié de Kengo wa Dondo.
Guerres du Congo et émergence politique de Kamerhe À l'issue de la première guerre du Congo en 1997, Laurent-Désiré Kabila arrive au pouvoir avec son mouvement, l'Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).
En 1997, le président Laurent-Désiré Kabila confie au général Denis Kalume Numbi la tâche de mettre en place le « Service national ». Cette structure paramilitaire rassemble des militaires et des civils, avec pour objectif la production agricole, la formation des jeunes aux métiers et une formation militaire de base.
Au déclenchement de la deuxième guerre du Congo en , Vital Kamerhe fait connaissance de Joseph Kabila, lors de la défense de l'aéroport de Kinshasa.
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Laurent-Désiré Kabila est assassiné et Joseph Kabila accède à la présidence de la république. Le nouveau président amorce alors des démarches pour lancer des négociations avec les adversaires du Congo : le « Dialogue intercongolais ». Vital Kamerhe est nommé commissaire général du Gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands-Lacs, un poste stratégique alors que la deuxième guerre du Congo s'enlise dans une guerre à faible intensité, centrée à l'Est de la République.
Au terme du Dialogue intercongolais, Vital Kamerhe obtient le poste de ministre de la Presse et de l'Information de la Transition de 2003 à 2004..
Présidence de l'Assemblée nationale
Le à Kinshasa est fondé le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dont Vital Kamerhe est nommé Secrétaire général le avec comme mission d'organiser la campagne de Joseph Kabila pour le scrutin présidentiel de 2006. Le vendredi , le lendemain de la promulgation de la loi électorale, Vital Kamerhe présente au public un livre, Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila, dans lequel il fait l'apologie de Kabila. .
En , il est élu président de l’Assemblée nationale de la république démocratique du Congo.. Le , Léon Kengo Wa Dondo (né Léon Lubicz) se présente comme candidat indépendant au poste de président du sénat. Il bat, contre toute attente Léonard She Okitundu, candidat de l'AMP, la coalition majoritaire au pouvoir.
Après quoi, seul le gouvernement cédé à Antoine Gizenga du Parti lumumbiste unifié (Palu) lors de la formation de la coalition dirigeante échappe au clan d'ascendance rwandaise. Par contre ce gouvernement officiel est fortement affaibli par la mise en place, autour de la présidence, d'un gouvernement « parallèle »., avec des ministres ayant un pouvoir décisionnel plus élevé que ceux du Gouvernement officiel.
Une opération armée conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) était prévue entre le et le . Cette opération secrète du nom de code (notre unité) avait été négociée par le président congolais Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul KagameCartes sur table les quatre vérités du général james Kabarebe à partir de l'Ouganda.
Vital Kamerhe exprima publiquement son opposition et critiqua le fait qu’une entrée au Congo de l’ex-armée ennemie n’ait pas été discutée au Parlement. À l'instigation de l'entourage de Joseph Kabila, le , le vice-président de l'Assemblée nationale Christophe Lutundula et la questeur adjointe Brigitte Kalama présentent leur démission au bureau du secrétariat de l'Assemblée nationale. Acculé, Vital Kamerhe démissionne le ..
Selon un câble diplomatique de l'ambassade américaine daté de la même année, une lutte de pouvoir opposait le président Joseph Kabila et Vital KamerheCâble du diplomate américain.. Le document fait un portrait au vitriol de Vital Kamerhe : .
Élections de 2011
droite|vignette|Concert pour la candidature de Vital Kamerhe à l'élection présidentielle, en novembre 2011.
Le , Évariste Boshab succède à Vital Kamerhe à la présidence de l'Assemblée nationale. Le , Vital Kamerhe démissionne du PPRD et de l'Assemblée nationale et fonde son parti : l’Union pour la nation congolaise (UNC)..
Deux jours plus tard, il retourne dans son fief du Kivu. Pour l'occasion, Vital Kamerhe déclare : « Je suis venu dire à la population de Goma que j’ai menti en 2006 ».. .
Le , Vital Kamerhe publie ses réflexions aux éditions Larcier.. Dans un message destiné à l'Occident, l'économiste plaide que la RDC a un rôle stratégique à jouer.
À l'issue du congrès de son parti tenu à Kinshasa, il est investi comme candidat à l'élection présidentielle du . En outre, 447 candidats de l'UNC briguent les au parlement pour les élections législatives.. Le nouveau mode de scrutin pour la présidentielle ne comportant cependant qu'un seul tour, Vital Kamerhe prône l'union de l'opposition contre Joseph Kabila, sans pour autant annoncer son désistement. Le président de l'UDPS, Étienne Tshisekedi, refuse aussi de céder sa place..
La campagne électorale de 2011 est entièrement dominée par le duo Joseph Kabila, le président sortant d'un côté, et Étienne Tshisekedi de l'autre côté, occultant les autres candidats.