Le handball est un sport olympique introduit une première fois à l'occasion des Jeux de Berlin en 1936 chez les hommes uniquement dans le format à 11 joueurs et en plein air. Sous son format actuel (à 7 joueurs et en salle), il n'est réintroduit qu'en 1972 aux Jeux de Munich pour les hommes et entre au programme lors des Jeux de Montréal en 1976 pour les femmes.

La dernière édition, disputée à Paris en 2024 a été remportée chez les femmes par la Norvège et chez les hommes par le Danemark. La prochaine édition se déroulera à Los Angeles en 2028

Si les nations européennes ont toujours dominé la compétition, un basculement des nations dominantes de l'Est vers l'Ouest s'est produit à la suite de la chute du bloc communiste au début des années 1990, illustrée par la victoire de l'équipe unifiée à Barcelone en 1992. Seule la Corée du Sud est parvenue à contrecarrer la domination européenne, l'équipe féminine ayant été championne olympique à deux reprises (Séoul en 1988 et Barcelone en 1992) et ayant remporté 3 médailles d'argent tandis que les hommes ont atteint la finale à domicile en 1988.

La Russie, héritière de l'URSS et de l'équipe unifiée, est la nation à avoir remporté le plus de titres olympiques (7) et le plus de médailles (13) . En revanche, seule l'équipe féminine du Danemark est parvenue à remporter trois médailles d'or consécutives entre 1996 et 2004, même si aucune Danoise n'a remporté les trois titres. A contrario, l'équipe de Suède masculine est la seule équipe à avoir perdu trois finales de suite, entre 1992 et 2000, le titre olympique échappant ainsi à l'une des plus grandes équipes de tous les temps. Cette même année, le gardien Andreï Lavrov devient le premier handballeur à être sacré trois fois champion olympique avant d'être rejoint en 2021 par les Français Luc Abalo, Michaël Guigou et Nikola Karabatic puis en 2024 par la Norvégienne Katrine Lunde.

Description et historique Le handball, créé en Europe à la fin du , a fait une première apparition à l'occasion des Jeux olympiques de Berlin en 1936, dans son format à 11 joueurs sur gazon et en plein air. Sport de démonstration à toujours dans son format à onze, c'est à Munich en 1972 qu'il effectue son retour sous son format actuel, c'est-à-dire en salle et à sept joueurs. Si seul un tournoi masculin est disputé pour cette première édition à sept, une compétition féminine voit également le jour quatre ans plus tard à Montréal, à la différence près que le nombre d'équipes participantes n'est pas le même : si 12 nations se disputent le titre olympique chez les hommes, le tournoi féminin ne comporte que 6 équipes en 1976, avant de passer à 8 en 1988 puis à 10 en 2000 et enfin à 12 en 2008, devenant ainsi enfin l'égal du tournoi masculin.

Berlin 1936 : le premier titre pour l'Allemagne

Hommes Allemagne C'est seulement onze ans après le premier match international officiel (Allemagne - Autriche, en 1925, victoire des Allemands 6-3) que le handball fait son entrée aux Jeux olympiques. L'Allemagne nazie, arrivé au pouvoir quelques mois auparavant, avait tout fait pour intégrer ce sport au programme olympique, certains de la victoire facile de l'équipe nationale dans ce sport alors très peu développé hors d'Europe. Disputé dans un format aujourd'hui disparu de 11 joueurs sur gazon et en plein air, le tournoi regroupait six équipes. Si le tournoi est effectivement remporté facilement par l'Allemagne lors du dernier match devant , la victoire est finalement presque passée inaperçue dans le flot des médailles allemandes de ces Jeux, qui ont servi avant tout de propagande au régime d'Hitler. Les États-Unis, arrivée bonne dernière du tournoi, restera quant à elle dans l'histoire des tournois olympiques de handball pour n'avoir réussi à marquer que six buts dans toute la compétition.

Le handball, sport non-olympique de 1948 à 1968 Aux Jeux olympiques de Londres en 1948, le handball est le seul sport avec le polo à avoir été retiré par rapport à 1936.

Le , la commission exécutive du comité international olympique a reçu au palais de Mon Repos à Lausanne (Suisse) les délégués des fédérations internationales sportives à l'exception de trois dont la IHF.. Il est alors évoqué de n'admettre aucun nouveau sport pour les Jeux olympiques d'Helsinki en 1952. Finalement, est organisé en guise de sport de démonstration avec comme objectif une future inclusion du handball dans le programme olympique..

La Fédération internationale de handball devient membre de la Fédération des fédérations sportives internationales, fondée en 1957, et le handball a été déclaré officiellement sport olympique par décision du Comité international olympique.. Pourtant, le handball n'est pas intégré au programme olympique ni à Melbourne en 1956 ni à Rome en 1960, ni à Tokyo en 1964. À l'automne 1963, le CIO étudie les sports amenés à prendre part aux Jeux olympiques de Mexico en 1968 mais c'est un nouveau refus pour le handball..

C'est finalement le que le Comité international olympique a décidé, avec la majorité des deux tiers requise, d'inscrire le hand-ball au programme des Jeux olympiques de Munich en 1972..

Munich 1972 : l'Europe de l'Est installe sa domination

Hommes Le dernier championnat du monde de handball à onze a eu lieu en 1966, et c'est donc dans son format à sept joueurs et en salle que le handball fait son retour définitif au programme olympique.

Seul un tournoi masculin est disputé pour cette édition. Parmi les 9 premières équipes du championnat du monde 1970, seul le Danemark ne parvient pas à se qualifier pour le tour principal. Dans le groupe I, l'Allemagne de l'Est a battu la Tchécoslovaquie lors du tour préliminaire mais a ensuite été battue par l'URSS et doit donc laisser la première place et donc la finale aux Tchécoslovaques. Dans le groupe II, les deux premières places sont déterminées par la victoire surprise de la Yougoslavie 14 à 13 face aux champions du monde roumains.

Le match pour la médaille de bronze entre l'Allemagne de l'Est et la Roumanie est donc une revanche de la finale du championnat du monde 1970. Si les Roumains avait alors eu besoin de deux prolongations pour écarter les Est-allemands, la différence s'est dessinée plus rapidement en faveur de la Roumanie (19-16, mi-temps 11-8). En finale, la Yougoslavie a rapidement creusé l'écart (4-0 à la ) pour terminer avec une avance de 7 buts à la mi-temps (12-5) qui ne sera jamais comblée par la Tchécoslovaquie qui s'incline finalement 16 à 21.

Montréal 1976 : carton plein pour l'Union soviétique

Hommes Femmes Au Canada, l'URSS remporte la médaille d'or chez les hommes comme chez les femmes. Le premier tournoi féminin est archi-dominé par les Soviétiques qui remportent tranquillement le mini-championnat qui oppose les six équipes présentes, avec cinq victoires et une moyenne de huit buts seulement encaissés par matchs.

Du côté des hommes, trois équipes terminent à égalité de points dans le groupe A et sont départagées à la différence de buts générale : l'Union soviétique retrouvera en finale la Roumanie, l'Allemagne de l'Ouest jouera pour la médaille de bronze tandis que le champion en titre yougoslave, qui s'est loupé dans son dernier match, devra se contenter du match pour la . En finale, les Roumains, quadruple champions du monde, font clairement figure de favoris face à des Soviétiques dont la meilleure performance était une quatrième place au Mondial 1967 puis aux JO de 1972. Mais l'équipe soviétique a réussi à très bien maîtriser le meneur de jeu Cristian Gațu et à limiter la réussite de Ștefan Birtalan qui ne parvient à marquer qu'à trois reprises alors qu'il avait jusqu'alors inscrit une moyenne de 6 buts par match. Ainsi, après 20 minutes, l'URSS avait déjà creusé l'écart (8-3), la mi-temps étant conclue sur un score de 10 à 6. Si la seconde période a été plus équilibrée, jamais le résultat final n'a été remis en cause et l'URSS d'Anatoli Evtouchenko remporte son premier titre sur le score de 19 à 15. Dans le match pour la médaille de bronze, la Pologne s'impose 21 à 18 aux dépens de l'Allemagne de l'Ouest grâce notamment aux 6 buts de Jerzy Klempel.

Moscou 1980 : en RDA, des heureux et des malheureuses

Hommes Femmes vignette|Les Soviétiques fêtent leur qualification en finale après leur victoire contre la Yougoslavie. Ces Jeux sont marqués par le boycott de certaines nations, mais les meilleures nations mondiales sont présentes à l'exception des Ouest-Allemands, champions du monde en 1978.

Dans le tournoi masculin, comme en 1976, les vainqueurs des poules se qualifient directement pour la finale, rendant les matchs de poule d'une importance capitale. Dans le groupe A, les Allemands de l'Est n'ont pas eu trop de mal à atteindre la première place. S'ils ont été tenus en échec par la Hongrie (14-14) lors de la deuxième journée, les Hongrois avaient déjà fait match nul face à la Pologne lors du premier match, de sorte que les Allemands ont leur destin en main. Le quatrième match de poule contre la Pologne a été serré (22-21), mais l'Allemagne de l'Est ne laisse pas passer sa chance face au Danemark (24-20) pour atteindre la finale tandis que la Hongrie jouera pour la médaille de bronze. En revanche, dans le groupe B, c'est un match à trois entre la Roumanie, l'URSS et la Yougoslavie : ces derniers remportent la première manche face aux Roumains 23 à 21 qui parviennent ensuite à renverser la vapeur 22 à 19 face à l'URSS après avoir pourtant été mené 15-9 à la mi-temps. Le dernier match entre les Soviétiques et les Yougoslaves est alors décisif : si les Soviétiques gagnent par quatre buts ou plus, ils se qualifient pour la finale. Si cette avance est atteinte dès le début de la deuxième mi-temps (13-9), les Yougoslaves reviennent à deux buts à sept minutes du terme du match (19-17) mais, grâce notamment aux 5 penaltys arrêtés par leur gardien , les Soviétiques s'imposent finalement 22 à 17 et se qualifient in extremis pour la finale tandis que, comme 4 ans plus tôt, la Yougoslavie doit se contenter du match pour la .

La finale oppose donc le tenant du titre soviétique à la RDA, seule invaincue lors des matchs de poule. Si l'URSS prend rapidement deux buts d'avance (5-3), les deux équipes restent au coude à coude : 10-10 à la mi-temps et 20-20 à la fin du temps réglementaire, les Soviétiques ayant égalisé à peine 22 secondes avant le coup de sifflet final. Si l'URSS marque le premier dans cette prolongation, la RDA enchaine par un 3-0 décisif pour remporter le titre olympique (23-22). Pour le dernier buteur allemand, , ce sont des Jeux olympiques plus que réussis puisque son frère Udo a remporté une médaille de bronze au lancer du poids et sa sœur a terminé quatrième au lancer du disque. Dans le match pour le bronze, les Roumains prennent rapidement une grande avance (9-4 à la puis 16-8 à la ), mais les Hongrois parviennent peu à peu à combler leur retard pour revenir à un but (18-17 à la ). Mais la Roumanie ne compte pas laisser filer cette troisième médaille olympique consécutive et s'impose finalement 20 à 18.

vignette|gauche|Les Soviétiques avec leur médaille d'or