Acte naissance Dossier légion d'honneur, dit Il porte aussi les prénoms de Dagobert et de Chrétien selon les sources. Nommé Georges-Léopold-Chrétien-Frédéric-Dagobert Cuvier, sa mère choisit de faire porter à son second fils le nom de Georges, qui était le nom de son premier enfant défunt. Mémoires du Baron Georges Cuvier, publiés en anglais par Sarah Lee et en français par Théodore Lacordaire, R. Fournier libraire, Paris, 1833, . "Georges Cuvier", in Louis-François Jéhan, Dictionnaire historique des Sciences physiques et naturelles, J.-P. Migne éditeur, Paris, 1857, . "Cuvier (Georges-Léopold-Chrétien-Frédéric-Dagobert, baron)" in Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Tome Cinquième, Paris, 1869, ., né le dans la principauté de Montbéliard et mort le à Paris, est un anatomiste français, promoteur de l'anatomie comparée et de la paléontologie au .

C'est un partisan scientifique notable du catastrophisme, théorie précurseure de l'évolution. Il est le descripteur de nombreux taxons fossiles, dont, parmi les plus connus, Palaeotherium, Pterodactylus, Megatherium et Mosasaurus (bien que ce dernier ne fût pas nommé par lui).

Biographie Origines et famille Né d'une modeste famille luthérienne de Montbéliard, il est le fils de Jean-Georges Cuvier (1715-1795), officier du régiment de Waldner, et de Clémentine Chatel (1736-1792) et le frère aîné de Frédéric Cuvier. Il épouse le Anne Marie Sophie Loquet de Trazay (1768-1849), veuve de l'ancien fermier général Louis Philippe Alexandre Duvaucel, marquis de Castelnau, guillotiné en 1794, dont elle eut quatre enfantsLes enfants de Louis Philippe Alexandre Duvaucel et d'Anne Marie Sophie Loquet de Trazay furent : Martial Duvaucel (né en 1786 - mort en ?) Thélème Duvaucel (née en 1788 - morte en ?) Sophie Duvaucel, femme de lettres (1789-1867) Alfred Duvaucel, marquis de Castelnau, naturaliste (1793-1824). Du mariage de Georges Cuvier et de Anne Marie Sophie Loquet de Trazay sont nés quatre autres enfants : trois enfants sont morts en bas âge, dont Georges (1807-1813) et Anne (1808-1812), et la quatrième Clémentine (1809-1827), morte à l'âge de 18 ans.

Éducation À la naissance de Cuvier, le territoire de Montbéliard est rattaché au duché de Wurtemberg où l’école est obligatoire. C'est la lecture de Buffon lors de ses brillantes études qui oriente la vie de Georges CuvierMémoires du Baron Georges Cuvier, publiés en anglais par Sarah Lee et en français par Théodore Lacordaire, R. Fournier libraire, Paris, 1833, . Georges Cuvier, , écrits en 1822-1823, in L.-F. Jéhan, Dictionnaire historique des Sciences physiques et naturelles, J.-P. Migne éditeur, Paris, 1857, .. Après avoir étudié au collège de Montbéliard, il s'inscrit en 1784 à lAcadémie Caroline de Stuttgart en Allemagne qui forme les cadres pour le duché de Wurtemberg, et où il est l'élève du botaniste Johann Simon von Kerner. C'est là qu'il acquiert la connaissance de la langue et de la littérature allemandes, reçoit des cours de sciences qui le passionnent mais aussi d'économie, de droit administratif ou de gestion forestière, qui vont l'aider dans ses fonctions futures d'administrateur.

Les premières activités scientifiques alt=Georges Cuvier, Cancre tacheté d'Amérique|gauche|vignette|Georges Cuvier, Cancre tacheté d'Amérique, du cabinet de l'abbé Marais, à moitié de sa grandeur naturelle, 1788. Bibliothèque municipale du Havre. En ligne sur Nutrisco. En 1788, il reprend le poste de précepteur d'un coreligionnaire auprès de la famille du comte d'Héricy, famille noble protestante de Caen en Normandie tenant salonRobert Patry, Une ville de province : Caen pendant la Révolution de 1789, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1983, . Sa fonction lui laissant du temps libre, il découvre les sciences naturelles en disséquant le chat ou le perroquet de la comtesse, les poissons et mollusques, en récoltant des fossiles et comparant des espèces vivantes. Il constitue à cette époque un important herbierVendu aux enchères, on en retrouve des parties au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, au Musée de Rouen et dans des collections privées.. Il passe les années de la Révolution française dans le pays de Caux en Normandie à Fiquainville où la famille d'Héricy s'est installée.

Le , Cuvier est sollicité par l'administration révolutionnaire pour assurer la fonction de secrétaire greffier de la municipalité de Bec-aux-Cachois (rattachée à la commune de Valmont en 1825). Il est chargé de tenir le registre de la commune et de défendre les intérêts de ses habitants. De à , il est temporairement agent salpêtrier, chargé d'encadrer l'exploitation du salpêtre destiné à la fabrication de la poudre à canon. Il reprend sa charge de secrétaire greffier à la fin de l'année. Ces fonctions administratives ne lui laissent que peu de temps pour pratiquer l'histoire naturelle..

Il soumet ses notes au curé Tessier qui les communique à Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, professeur du nouveau Muséum national d'histoire naturelle à Paris, qui remarque les qualités du jeune hommePhilippe Taquet, , émission sur Canal Académie, 27 mai 2012.

Carrière à Paris Ses talents ayant été appréciés par Henri Alexandre Tessier, agronome, il est appelé à Paris en 1795 et se fait bientôt remarquer, soit par ses cours, soit par ses écrits (notamment ses Mémoires sur les espèces d'éléphants vivants et fossiles). Son savoir d’autodidacte et l’originalité de ses méthodes le font admettre au Jardin des plantes, au sein du tout jeune Muséum national d'histoire naturelle, créé en 1793 à partir de l'institution qui avait été le Jardin royal des plantes médicinales, jusqu'à la décapitation de . Au Muséum, Jean-Claude Mertrud puis Louis Jean-Marie Daubenton recherchent sa collaboration et l’introduisent à l’Académie des sciences.

En 1796, il est nommé professeur d'histoire naturelle à l'École centrale du Panthéon, actuel lycée Henri-IV.. La même année il occupe le poste de suppléant de Mertrud à la chaire d'Anatomie des animauxThierry Malvésy, , Bulletin des Amis du Muséum national d'histoire naturelle. , juin 2010, ; au Muséum national d'histoire naturelle et, à cette occasion, il publie ses cours donnés à l'école centrale du Panthéon sous la forme du Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animauxTableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux, 1797-1798 (numérisation de Gallica) (1797), ouvrage qui revoit l'ensemble de la classification des animaux et qui assure sa notoriété.

Aussi, en 1796, devient-il membre de l'Institut de France à l'Académie des sciences, où il devient secrétaire perpétuel pour les sciences physiques en 1803Georges Cuvier, Académie française, note biographique. La même année, en 1803, il se marie avec la veuve de l’ancien fermier général Duvaucel, guillotiné en l'an I. Aucun de leurs quatre enfants ne survit, et leur mort lui est très douloureuse.

En 1800, il est nommé à vie professeur au Collège de France (1800-1832)Pierre Flourens, Histoire des travaux de Georges Cuvier, édition, Paris, Garnier Frères Libraires-Éditeurs, 1858..

vignette|gauche|Jardin des plantes de Paris : le bâtiment à gauche est la maison de Cuvier, où il habita de 1795 à sa mort. Le bâtiment attenant, à droite, avec son fronton néoclassique triangulaire, est le « cabinet d'Anatomie comparée », de nos jours appelé le , que Cuvier obtint et organisa en 1802 et dont les collections furent transférées à la galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée en 1898.

À la mort de Mertrud, en 1802, Cuvier le remplace en tant que professeur titulaire à la chaire d'Anatomie des animaux. Cette dernière prend alors le nom de . Cuvier en sera le professeur titulaire jusqu'à sa mort en 1832. En 1802, dès qu'il est en poste, Cuvier obtient un bâtiment situé dans l'actuelle enceinte du Jardin des plantes et qui donne sur l'actuelle rue Cuvier. Ainsi, en 1802, sûr de son autorité, nouvellement assise sur la chaire qu'il vient d'occuper, Cuvier y installe son « cabinet d'Anatomie comparée ». En 1806 il décide d'ouvrir aux visites du public ce cabinet, qui devient la première galerie d'Anatomie comparée du Muséum. Constitué de deux ailes principales parallèles à la rue de Seine (actuelle rue Cuvier) et séparées par une cour intérieure, le bâtiment est d'abord connu comme , puis vers le milieu du comme pour finir par acquérir au le nom actuel de En 1898, soit 66 ans après la mort de Cuvier, un de ses successeurs à la chaire d'Anatomie comparée, le professeur Georges Pouchet, inaugure avec ses collègues Albert Gaudry (paléontologue) et Ernest Hamy (anthropologue) l'actuelle galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée. Mais l'ancienne galerie d'Anatomie comparée de Cuvier était de l'autre côté du Jardin des Plantes. C'était initialement un dépôt, atelier et office de la Régie des fiacres de Paris, acquis par le Muséum en 1795. Aménagée par Cuvier en 1802, ouverte au public de 1806 à 1886 et affectée à des laboratoires en 1898, elle n'a conservé qu'une des quatre ailes qui la constituaient auparavant : l'aile sud donnait sur le Jardin des Plantes et l'aile nord, où se trouvait l'entrée principale de la régie des fiacres, donnait sur la rue de Seine (de nos jours rue Cuvier). Des deux ailes perpendiculaires à la rue de Seine, celle attenante à la maison de Cuvier était appelée la tandis que l'autre, dont il ne reste que l'actuel amphithéâtre Rouelle, était limitrophe avec les abords de la Ménagerie. L'aile sud qui subsiste, rénovée au tout début du , a d'abord été connue dès le milieu du comme la (puis depuis le début du comme le ) en raison de la présence, dans la cour intérieure, d'une baleine naturalisée ; par la suite, un squelette de baleine et une baleine naturalisée (la même ou une autre) furent présentés allée d'Orbigny, côté Jardin, sous une verranda, devant l'ancienne galerie. Devenues vétustes, ces présentations furent démontées dans les années 1930 : le squelette entra dans les collections du laboratoire d'Anatomie comparée, au 55 rue Buffon, à l'exception des deux mâchoires inférieures qui, à la fin du , étaient encore visibles sous le porche du avant sa rénovation. Quant à l'aile nord, elle a été démolie pendant le premier tier du pour y inaugurer en 1939 un bâtiment contenant des laboratoires, l'actuel . Sources : Luc Vives et Cécile Colin-Fromont, Les Galeries d'Anatomie comparée et de Paléontologie, éditions du Muséum national d'histoire naturelle / éditions Artlys, Paris, septembre 2012 (réimpression de janvier 2015), photographies de Bernard Faye, , et archives Roger Viollet : ..

Cuvier devient membre étranger de la Royal Society le . Il devient aussi inspecteur des études, co-conseiller et chancelier de l'Université (1808), et remplit plusieurs fois les fonctions de grand maître. Il profite de cette position pour favoriser l'enseignement de l'histoire et des sciences.

Il est nommé en 1814 conseiller d’État, puis président du comité de l'intérieur, il se signale dans cette nouvelle carrière par une haute capacité, mais il se montre trop complaisant envers le pouvoir et consent à se charger de soutenir à la tribune des mesures impopulaires. Il est critiqué car ambitieux, il se fait de nombreux adversaires parce qu'il n'hésite pas à remettre en cause les thèses de savants renommés (comme Buffon ou Étienne Geoffroy Saint-Hilaire), mais il n'hésite pas non plus à aider financièrement des collègues dans le besoin17x17px : Georges Cuvier : portrait d’un savant controversé émission la Marche des sciences sur France Culture le 18 novembre 2010. Dans sa bibliothèque, il reçoit une fois par semaine, le samedi soir, des savants, des artistes et des écrivains comme Stendhal. Il ouvre également sa maison à des jeunes hommes méritants qu'il a distingués, tel Stéphane Ajasson de Grandsagne qui collabore activement avec lui à partir de 1827, notamment pour l'édition d'une nouvelle traduction de lHistoire naturelle de Pline l'ancien.