Le judo se pratique en France à partir des années 1930 grâce à la venue de maître japonais de la discipline qui enseignent dans quelques clubs.

Les premières compétitions nationales on lieu dans les années 1940, le judo s'organise et la Fédération est créé en 1946. Le judo ne compte à cette époque que quelques milliers de judokas.

La pratique du Judo en France est organisée par la Fédération française de judo et disciplines associées, elle met en place sa méthode d'enseignement, définit et valide la hiérarchie des ceintures noires (grade ou dan), met en place les championnats nationaux, sélectionne les membres des équipes de france, participe aux instances internationales.

Les clubs et licenciés, de plus en plus nombreux, sont accompagnés dans le développement de la discipline par les professeurs de judo reconnus dès 1955 par un diplôme d'État. Par ce professionnalisme des enseignants, le modèle éducatif de la formation de l'individu en judo est à l'époque dominant.

Le judo devient un sport olympique, d'abord en démonstration, en 1964 à pour les hommes et en 1988 pour les femmes.

La France se distingue par son palmarès olympique en judo, figurant à la deuxième place derrière le Japon, créateur de la discipline.

Plus de sont enregistrés en France dès 2015, ce qui est fait la quatrième discipline sportive en nombre de licenciés.

Histoire Le ju-jitsu est pour la première fois mentionné dans un article de la Revue des deux Mondes publié 1895. Il s'agit d'une traduction du Glimpses of unfamiliar Japan de Lafcadio Hearn par Crosnier de Varigny. La première introduction au grand public est l'œuvre de Yves Le Prieur. Alors conseiller militaire à Tokyo, il suit des cours au dojo de Jigorō Kanō. De son expérience il publie en 1911 le livre Judo, Manuel de jujutsu de l'école Kano à Tokyo..

En 1933, Jigoro Kano tient sa première conférence sur le judo en France.

vignette|Jigorō Kanō, fondateur du judo kodokan

Moshe Feldenkrais rencontre Jigorō Kanō à l'occasion de conférences données par le fondateur du judo lors de deux séjours en France en 1933 et 1934. il contribue à introduire le Judo en France....

Michel Brousse, historien du judo (nommé 8eme Dan en 2025), indique dans un entretien pour RFI : .

En 1935, Mikinosuke Kawaishi, alors dan, quitte Londres pour venir enseigner le judo en France et ouvre son premier dojo.

Passionné par ce sport, Feldenkrais fonde le le Jiu-Jitsu Club de France, dont Jigorō Kanō est le président d'honneur (Moshe Feldenkrais et Paul Bonét-Maury Vice-présidents, Frédéric Joliot-Curie Secrétaire Général, Biguart, Charles Faroux...). Les pionniers du Judo en France sont des intellectuels, chercheurs ou journalistes. Mikinosuke Kawaishi assure la direction technique du Jiu-Jitsu Club de France.

thumb|gauche|Séance de présentation de Jiu-Jitsu du . Rang 1 de G à D : Charles Faroux, Irène Joliot-Curie, Jean Zay. Rang 2 de G à D : Jean Andrivet, Mikinosuke Kawaishi et Moshe Feldenkrais

Mikinosuke Kawaishi renomme le « Jiu-Jitsu-Club de France » en « Judo-Club de France ».

Alors qu'au Japon seulement deux ceintures de couleurs sont en usage (blanche et marron), Mikinosuke Kawaishi importe et adapte l'innovation britannique des ceintures de couleurs que nous connaissons aujourd'hui. Il propose un enseignement particulier du judo basée sur une nomenclature et une classification des techniques facilitant leurs apprentissages que l'on nomme méthode Kawaishi.

Les premiers championnats de France de Judo se tiennent à la salle Wagram, à Paris, le . Jean de Herdt est vainqueur devant Jean Beaujean.

Pendant la guerre, Mikinosuke Kawaishi poursuit son œuvre d'introduction de la pratique du Judo en France malgré l'entrée en guerre du Japon, qui l'obligera à regagner son pays en 1944, peu avant la fin du conflit.

En , Mikinosuke Kawaishi confie, à Jean Beaujean et Jean de Herdt, la direction du Judo français en son absence.

La Fédération française de judo est fondée le . Son premier président est Paul Bonét-Maury.

Le Collège des ceintures noires, instance supérieure regroupant toutes les ceintures noires de judo en France, est fondé en 1947 par Jean de Herdt et l'ensemble des pionniers du judo en France titulaires de ce grade. Jean Andrivet en est le premier présidentLes Pionniers du Judo Français de Claude Thibault, Éditions Budo, 2011, 494 pages, .

Mikinosuke Kawaishi revient en France dans l'année 1948, il est alors dan.

thumb| Mikinosuke Kawaishi (au centre) en présence du Champion d'Europe 1951, Jean de Herdt.

En 1950, Mikinosuke Kawaishi est assisté par Shozo Awazu, , dan, venant du Japon.

Le nombre de pratiquants passe d'une cinquantaine en 1936 à plus de en 1956.

Shozo Awazu devient l'entraîneur des champions de l’équipe de France de l'époque (de Herdt, Levannier, Martel, Belaud, Verrier, Roussel, Cauquil, Pelletier, Laglaine, Zin).

thumb|Shozo Awazu à Paris, en 2003, (kyū-dan, ceinture rouge)

Quasi exclusivement parisien avant la Seconde Guerre mondiale, le judo s'implante en province après la guerre. En 1948, près des trois quarts des licenciés de judo sont originaires d'Île-de-France, et Paris rassemble à elle seule plus de la moitié des licenciés.

Quatre clubs de province comptent plus de : le Judo Club de Provence à Marseille, le Jiu-Jitsu Club de Bordeaux, l'AS Police de Toulouse et l'École militaire d'escrime et des sports de combats d'Antibes. En 1949, Jean Beaujean se rend au Japon pour, explorer les origines du judo, étudier ses techniques, il rentre en France en 1951 en qualité de délégué du Kodokan. Il rapporte avec lui une collection de films afin de permettre de mieux comprendre la technique des grands maîtres japonais. Il introduit les méthodes d'entraînement du Kodokan, provoquant un conflit avec Mikinosuke Kawaishi.

Dans les années 1950, le monde du judo français est marqué par deux crises, la première autour des divergences méthodologiques entre la méthode Kodokan et la méthode Kawaishi, la seconde portant sur la direction du judo en France entre le collège et la fédération.

Le , Mikinosuke Kawaishi tenta de retirer le grade de ceinture noire à Jean Beaujean et Roger Duchêne et de les expulser du Collège, en raison de leur soutien à la méthode Kodokan en France. Les membres du collège rejetèrent majoritairement ses propositions. Se sentant désavoué, Kawaishi décida alors de se retirer des instances du CCN.

Un club de Toulouse propose aussi à l'extrême fin des années 1940 de passer à la méthode Kodokan et se détache de la fédération. Les Toulousains font appel aux maîtres japonais et l'un d'eux Ichiro Abe se déplace en France dès novembre 1951, Il a et est Dan du Kodokan.

thumb|Ichiro Abe en 2009, 10e dan

Ichiro Abe renforça en France le rayonnement du Judo Kodokan autour de professeurs et judokas réputés comme Pierre Roussel(c.n. n°45), Jacques Belaud(c.n. n°42), Luc Levannier(c.n. n°36) ou encore Guy Pelletier(c.n. n°7).

En 1952, Yves Klein se perfectionne au Japon. Il y pratique le judo et en particulier les Katas à l’Institut Kōdōkan de Tokyo où il devient ceinture noire  Dan, grade du Kodokan qu’aucun Français n’a atteint à cette époque. Ce grade du Kodokan n'a pas été reconnu à son retour par la Fédération française de judo.

Des clubs parisiens décident de couper leurs liens avec la fédération et forment le l'Union Fédérale des Amateurs de Judo Kodokan. En avril 1956, l'Union est intégrée à la fédération ; La méthode kodokan représente alors 12 % des licenciés pour 18 % des clubs.

La seconde crise des années 1950 est liée à la séparation du Collège National des Ceintures Noires (CNCN voir collège des ceintures noires, créé en 1947) de la fédération FFJDA. Le CNCN est composé en majorité de professeurs de Judo.

Le CNCN se dote de sa propre fédération, Fédération Nationale de Judo Sportif, puis de 1965 à 1971 de la Fédération Nationale de Judo Traditionnel, FNJT (Président Jean-Lucien Jazarin, Trésorier Igor Correa Luna, Directeur technique Haku Michigami Shi-Han). La FNJT disparaît au moment de la réunification au sein de la FFJDA.

thumb|480px|Haku Michigami, : Directeur technique de 1965 à 1971 du Collège National des Ceintures Noires (CNCN) de la Fédération Nationale de Judo Traditionnel (FNJT).

La situation perdure pendant (1957-1971). La fédération avait tenté d'intervenir dans les règles d'obtention de la ceinture noire en la limitant à une simple épreuve de compétition. Un arrêté ministériel met fin au conflit.

En 1955, un diplôme d'État de professeur de Judo est créé(Point de référence initial de l'évolution des diplômes d'état des professionnels de cette discipline). Par ce .

La FFJDA met au point et fait la promotion de la progression française de Judo à la fin des années 1960, elle prendra la place peu à peu de la méthode Kawaishi dans les clubs.

Premières ceintures noires de France

Le tableau qui suit listeClaude Thibault, Les Pionniers du Judo français, Budo Éditions, 2011 les premières ceintures noires décernées par Maitre Kawaishi avant 1943 en France.

# Judoka Date Ordre retenu par leCollège des Ceintures Noires Date de naissance Date de décès Dernier grade 1 Moshe Feldenkrais - ✞ 2 Maurice Cottreau 1 ✞ 3 Jean de Herdt 1 bis ✞ 4 Henri Birnbaum 51 ✞ 5 Paul Bonet-Maury 2 ✞ 6 Robert Sauvenière 49 7 Charles Malaisé 3 ✞ 8 Jean Andrivet 4 ✞ 9 Roger Piquemal 5 ? 1954 ✞ 10 Jacques Laglaine 6 ✞ 11 Guy Pelletier 7 ✞ 12 Jean Beaujean 8 ✞

Moshe Feldenkrais n'a jamais figuré sur la liste établie par le Collège des Ceintures Noires car il était de nationalité britannique, il s'est toujours considéré comme ceinture noire française car il a pratiqué en France et a été nommé Ceinture Noire par Maitre Kawaishi à Paris.

Lors de l'établissement de la première liste par le Collège des Ceintures Noires, Jean de Herdt y fut inscrit en tant que "numéro 1". Le Collège s’aperçut alors que Maurice Cottreau avait été oublié. Après correction, il prit le numéro 1 et Jean de Herdt, le "numéro 1 bis".

Certains judokas ont été nommés Ceinture Noire avant la rédaction des cartes Collège des Ceintures Noires, ainsi Henri Birnbaum et Robert Sauvenière ont un numéro qui ne correspond pas à leur ordre chronologique.

Jean de Herdt est aussi le premier français à obtenir le ainsi que le .

En 1951, Madame Levannier est la première ceinture noire de France féminine.

Les plus hauts gradés Le grade ceinture blanche et rouge est le premier palier des hauts gradés de judo jujitsu. Pour cette raison, l’accès à ce grade et aux grades suivants est différent de l’accession aux grades de ceinture noire.

Le grade et les grades suivants ne sont pas attribués sur la base de présentation de candidature ou d’examen. C’est une sorte de promotion qui s’effectue après traitement direct par la commission spécialisée des dan et grades équivalents de la F.F.J.D.A des dossiers des gradés qui sont en ce grade depuis au moins dix ans.

Au-delà du judo le cercle des hauts gradés de la discipline judo jujitsu se resserre considérablement au point de pouvoir parler de champions de judo d’une façon nominative. Les grades, comme c’est le cas pour tous les hauts gradés du judo, ne sont pas décernés sur la base d’examen ou de compétitions mais d’une façon purement honorifique par la fédération française de judo ou par les instances internationales du judoAttribution des dans: 9eme dan judo sur Dan.fr.

En France, seuls dix-sept judokas, auxquels on peut ajouter deux judokas japonais exerçant en France, ont atteint le grade dont deux ont été nommés , auquel on doit ajouter Mikinosuke Kawaishi, pionnier du judo en France. Ils portent la ceinture rougeListe des Haut gradés sur ffjda.org :

# Judoka Date de naissance Date de décès Grade 1 Mikinosuke Kawaishi en 1975 2 Henri Courtine en 2007 3 Jean-Luc Rougé en 2023