La Commission internationale de juristes (CIJ) est une organisation non gouvernementale internationale (ONGI) de défense des droits de l'homme créée en 1952Yves Madiot, Droits de l'homme, , Masson, 1991, . La Commission est composée d'un groupe permanent de 60 éminents juristes (magistrats et avocats), comprenant des membres de la haute magistrature de l'Australie, du Canada, et de l'Afrique du Sud. L'ancienne commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme et présidente d'Irlande, Mary Robinson, présida la commission de 2008 à 2010 et en , Pedro Nikken, qui fut président de la Cour interaméricaine des droits de l'homme, lui succéda .

La Commission est soutenue par un secrétariat international ayant son siège à Genève, en Suisse, et géré par des avocats établis à partir d'un large éventail de compétences et de traditions juridiques. Le Secrétariat et la Commission s'engagent dans un travail de plaidoyer et des politiques visant à renforcer le rôle des avocats et des juges dans la protection et la promotion des droits de l'homme et la primauté du droit. En outre, la CIJ compte des sections nationales et des sociétés affiliées dans plus de . Compte tenu de la nature juridique du travail de la CIJ, l'adhésion à ces sections provient principalement de personnalités de professions juridiques : avocats, juges, professeurs de droit et étudiants en droit Phom Soudhasa, Commission internationale de juristes, .

La commission a été financièrement soutenue par la CIA jusqu'en 1967, de façon si secrète que la plupart de ses membres et responsables l'ignoraient. En 1970, Niall MacDermot succéda à Seán MacBride et mit fin à son soutien par la CIA, la menant plus tard, grâce à la qualité juridique et factuelle de ses rapports de missions sur le terrain, parmi les premières organisations internationales non-gouvernemenrales (OING) travaillant dans le monde pour la promotion et la protection des droits de l’homme.

Elle a un statut consultatif au Conseil économique et social des Nations unies, à l'Unesco, au Conseil de l'Europe et à l'Organisation de l'unité africaine Tibet: Human Rights and the Rule of Law, International Commission of Jurists, Geneva, December 1997. Quatrième de couverture.

Histoire Origines Née au front idéologique du Berlin divisé par la Seconde Guerre mondiale, la CIJ fut fondée en mémoire de l'avocat d’Allemagne de l'Ouest Walter Linse qui, avec le Theo Friedlander, révélait les violations des droits de l'homme commises dans la zone soviétique. Le , des agents secrets d'Allemagne de l'Est l'enlevèrent et le livrèrent au KGB. En dépit d'une pétition signée par citoyens de Berlin et l'appel public du chancelier de la République fédérale d'Allemagne Konrad Adenauer pour sa libération, le Linse fut exécuté à Moscou le sur « accusation d'espionnage » HISTORY OF THE INTERNATIONAL COMMISSION OF JURISTS, ICJ.. Cet événement conduisit un groupe d'avocats à fonder une organisation vouée à la défense de droits de l'homme se basant sur la primauté du droit. C'est en 1952 que fut convoquée la conférence fondatrice de la Commission internationale de juristesHoward Tolley, , et 298E. H. Cookridge, Gehlen; spy of the century, Random House, 1972, : LIST OF COMMISSIONERS ICJ.

Financement de 1952 à 1967 Dans un livre publié en 1994, The International Commission of Jurists, Global Advocates for Human Rights Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists, Global Advocates for Human Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1944., le professeur Howard B. Tolley Jr. explique comment la formation de la CIJ a été financée en secret par la CIA en tant qu'instrument de la guerre froide, à l'insu de la majorité de ses responsables et membres. La CIA fut derrière l'organisation d'un congrès inaugural à Berlin, afin de lutter contre l'association internationale des juristes démocrates (AIJD) Richard Pierre Claude, compte rendu de Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists: Global Advocates for Humam Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994, in Human Rights Quarterly, August 1994 : .Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists: Global Advocates for Humam Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994, in Human Rights Quarterly, August 1994 : . Si la formation de la CIJ a tout d'abord été financée par la CIA par l’intermédiaire de l’American Fund for Free Jurists, le rôle de cette centrale était inconnu de la plupart des membres et responsables de la CIJ..

Yves Dezalay (influencé par Pierre Bourdieuhttps://web.archive.org/web/20090504103034/http://atheles.org:80/editionsducroquant/horscollection/rencontresavecpierrebourdieu/index.html.) et Bryant G. Garth rapportent que des juristes américains, dont Allen Dulles, président du Council of Foreign Relations et directeur adjoint de la CIA, et John J. McCloy, décidèrent de créer et de financer des organisations internationales dans le but de contrer l’AIJD, contrôlée pendant la guerre froide par l'Union soviétique, en défendant les principes juridiques en vigueur à l'Ouest et en organisant la lutte contre toutes les formes d'injustice dans les pays communistes : .

Le financement par la CIA fut révélé publiquement en 1967. L'organisation y a survécu après une période de réforme sous la direction du secrétaire général Seán MacBride, et grâce au financement de la Fondation Ford

En 1970, Niall MacDermot succéda à Seán MacBride et en resta secrétaire général jusqu'en 1990. MacDermot a extrait la CIJ de son association délicate avec la CIA, la hissant au premier rang du mouvement international relevant des droits de l’homme Iain Guest, Behind the disappearances: Argentina's dirty war against human rights and the United Nations, University of Pennsylvania Press, 1990, , ..

Sur la liste des organisations indésirables en Russie Au printemps 2026, la Commission internationale de juristes est déclarée en Russie..

Développement et activités En 1952, la CIJ fut l'une des premières ONG à se consacrer de façon généraliste aux droits de l'homme ..

En 1958 la CIJ comptait des sections et affiliations nationales dans plus de International Commission of Jurists, Bulletin of the International Commission of Jurists, No. 8, December 1958..

En , la CIJ organise un congrès à Delhi où est adoptée la Déclaration de Delhi sur la primauté du droit..

En 1978, elle crée le « Centre pour l'indépendance des magistrats et des avocats » (CIMA)., qui œuvre pour promouvoir et protéger l'indépendance juridique et légale et l'impartialité..

En 1986, un groupe de spécialistes du droit international, rassemblé par la Commission, étudie les obligations des États signataires du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels M. Magdalena Sepúlveda, María Magdalena Sepúlveda Carmona, The nature of the obligations under the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, ..

En 1993, la CIJ participe à la Conférence mondiale sur les droits de l'homme Claude Emerson Welch, NGOs and human rights: promise and performance, . et à la fondation de la Cour pénale internationale. Puis, en 2006, elle participe à l'élaboration des Principes de Jogjakarta sur les droits des personnes LGBT dans le monde United Nations, Handbook on Prisoners with Special Needs, ..

Aujourd'hui, le groupe de la commission permanente se compose de 60 élus par les avocats de premier plan dans le monde et ses sections nationales et des sociétés affiliées opèrent dans plus de .

La CIJ est membre du jury du prix Martin-Ennals.

Prix La CIJ a reçu de nombreux prix internationaux. : En 1980, le premier prix européen des droits de l'homme attribué par le Conseil de l'Europe, En 1985, le prix Wateler de la Paix En 1989, le prix Érasme. En 1993, le prix des droits de l'homme des Nations uniesList of previous recipients. Le , le dalaï-lama a remis le prix Lumière de la vérité à Wilder Tayler, secrétaire-général de la CIJ Lamp for the Path Teachings in Fribourg, site du dalaï-lama, 14 avril 2013.

Rapports sur le Tibet En 1959, la CIJ a produit un rapport Tibet - New Report : "The Question of Tibet and the Rule of Law", 24 juillet 1959. concluant que les Tibétains étaient privés de leurs droits fondamentaux selon le droit international, et que la république populaire de Chine réprimait systématiquement et brutalement la liberté politique et religieuse au Tibet.

Ce rapport dresse liste des principales personnalités dont les témoignages sont produits. Il s'agit, pour les Tibétains, du Dalaï-Lama, du Panchen Lama, de Ngabo Ngawang Jigme, de Chaghoe Namgyal Dordjé, ancien gouverneur d'une province tibétaine, de Thenlo Thegy Gompa, sérviteur d'un marchand tibétain, et pour les Chinois, des généraux Tchang Kouo-houa et Fan Ming, et de Shirob Jalt-so, président de l'association bouddhiste chinoiseLa question du Tibet et la primauté du droit, Commission internationale de juristes, Genève, 1959, page 22..

En 1960, la CIJ a produit un second rapport concluant, que le Tibet était « à tout le moins un état indépendant de facto » avant 1951, que la république populaire de Chine l'avait illégalement envahi et qu'elle commettait un acte de génocide culturel contre le peuple tibétain ICJ Report on Tibet and China (excerpt) (1960), Commission internationale de juristes Tsepon W.D. Shakabpa, A Discourse on the Future of Tibet. ICJ Report on Tibet 1960, extraits, sur le site Tibet.com..

Mais aussi, dans ce rapport, la CIJ a estimé il n'y avait pas suffisamment de preuves de la destruction des Tibétains en tant que race, nation ou groupe ethnique par des méthodes susceptibles d'être considérées comme relevant du génocide selon le droit internationalRapport de la CIJ (1960), page 346 : .

Dans un second rapport intitulé « Violations continues des droits de l'homme au Tibet », publié en et fondé sur les comptes-rendus des réfugiés tibétains fuyant en Inde, la CIJ a dévoilé « la continuation de mauvais traitements de nombreux moines, de lamas, et d'autres personnalités religieuses, ayant pour résultat la mort par la torture excessive, les coups, la famine et le travail forcé… ». À la suite de ce rapport et d'un appel du dalaï-lama, la question du Tibet a été introduite sous la forme d'une nouvelle résolution à l'ONU soutenue par les mêmes pays qu'en 1961, auxquels se sont joints le Nicaragua et les Philippines Tibet: Human Rights and the Rule of Law, International Commission of Jurists, Geneva, December 1997..

En 1997, un rapport de la CIJ intitulé Tibet: Human Rights and the Rule of Law documentait l'augmentation récente de la répression chinoise au Tibet, et recommandait la tenue d'un référendum sous supervision de l'ONU, pour vérifier les souhaits du peuple tibétain en relation avec son droit à l'autodétermination Unrepresented Nations and Peoples Organization, UNPO yearbook 1997, contribuerait significativement à résoudre le conflit politique au Tibet Tibet: Human Rights and the Rule of Law, International Commission of Jurists, 1997. Tibet - ICJ urges Chinese Government to Permit Peaceful Protest in Tibet and Calls for International Investigation into Reported Human Rights Violations..

Rapport : « Cuba et la Primauté du Droit »