Les , officiellement connus comme les , ont lieu à Sapporo au Japon du 3 au . C'est la première fois dans l'histoire des Jeux d'hiver que ceux-ci sont organisés par une ville de plus d'un million d'habitants, mais également la première fois qu'ils se tiennent en dehors de l'Europe et des États-Unis, bien que la ville de Sapporo ait auparavant reçu l'organisation des Jeux de 1940, finalement annulés en raison de l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit des deuxièmes Jeux olympiques attribués au Japon après ceux d'été à Tokyo en 1964. L'ensemble des sites de compétition, construits spécialement pour l'occasion, se situent à moins de quinze kilomètres du centre-ville de Sapporo, à l'exception des pistes de ski du mont Eniwa, situées à une trentaine de kilomètres.

Les Jeux rassemblent de , soit moins que le précédent record établi à Grenoble quatre ans plus tôt. Les athlètes se mesurent dans dix disciplines qui regroupent un total de officielles, comme en 1968. Les Philippines et le Taipei chinois effectuent leur première participation aux Jeux d'hiver, tandis que la Corée du Nord et la Belgique, absentes à Grenoble, les retrouvent. Six pays présents en 1968 ne participent pas aux Jeux de Sapporo.

L'Union soviétique finit en tête du classement des nations en remportant seize médailles dont la moitié en or. Le Japon, pays hôte, reçoit trois médailles dont le premier titre olympique d'hiver de son histoire lors de ces Jeux, de même que l'Espagne et la Pologne.

Sélection de la ville hôte

En 1936, les Jeux olympiques d'hiver de 1940, qui doivent être les cinquièmes de l'ère moderne, sont attribués à Sapporo. Dans le même temps, la ville de Tokyo se voit confier l'organisation des Jeux d'été la même année. Mais en , après l'éclatement de la guerre sino-japonaise, le Japon renonce à l'organisation des deux évènements.., qui sont même définitivement annulés après le début de la Seconde Guerre mondiale.

Encouragé par l'attribution des Jeux olympiques d'été de 1964 à Tokyo, le Comité olympique japonais envisage une candidature pour l'accueil des Jeux d'hiver quatre ans plus tard. Plusieurs villes souhaitent supporter la candidature japonaise et c'est finalement Sapporo qui est choisie. Pour autant, lors du vote d'attribution des Jeux olympiques d'hiver de 1968, la ville ne reçoit que six voix, soit le quatrième total des six candidates et c'est finalement Grenoble qui sort vainqueur du vote.. La ville entend dès lors se porter candidate pour obtenir les Jeux d'hiver de 1972 et mène une campagne publicitaire active, notamment pendant les Jeux d'été de Tokyo 1964 lorsque plusieurs personnalités, parmi lesquels Avery Brundage, le président du Comité international olympique, sont invitées à Sapporo. Trois autres villes sont candidates : Banff au Canada, Lahti en Finlande et Salt Lake City aux États-Unis. Le vote a lieu pendant la session du à Rome, le . Sapporo est élue dès le premier tour avec un total de sur 62. C'est la première fois que les Jeux d'hiver sont organisés en dehors de l'Europe et des États-Unis et c'est également la première fois qu'ils ont lieu dans une ville d'au moins un million d'habitants...

Organisation Comité d'organisation Le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de Sapporo (COOS) est mis en place le , trois mois après le vote du . Il se compose d'un conseil, d'un comité exécutif et d'un secrétariat, et devient une fondation d'utilité publique le . Kogoro Uemura, vice-président puis président de la Fédération des organisations économiques japonaises, est élu au poste de président du comité d'organisation. Neuf comités spéciaux sont créés pour les sports, les installations, les installations connexes, le dessin, la technologie scientifique, les communications et les transports, la médecine et l'hygiène, la presse, et les cérémonies. L'empereur du Japon Hirohito est désigné patron des Jeux..

Au niveau national, un Conseil préparatoire des Jeux olympiques d'hiver de Sapporo, directement présidé par le Premier ministre et composé de plusieurs membres des divers services gouvernementaux est mis en place dans le but de coordonner les activités des différents départements administratifs sollicités dans l'organisation des Jeux et l'aménagement des installations olympiques. Par ailleurs, un ministre d'État chargé des Affaires olympiques est nommé. Michita Sakata assure cette fonction de à , laissant la place à Shinichi Nishida jusqu'en puis à Motosaburo Tokai jusqu'à l'ouverture des Jeux. Une organisation de coopération comprenant la Diète, les services gouvernementaux, la préfecture de Hokkaidō et la municipalité de Sapporo est mise en place..

Aspects financiers vignette|alt=Photographie d'un tremplin de saut à ski lors d'une compétition.|Le tremplin d'Ōkurayama est entièrement reconstruit pour les Jeux (photographie datant de 2007). Le coût des Jeux de Sapporo s'élève à de yens, dont de yens alloués à l'administration des Jeux et de yens pour la construction des installations sportives. Cette dernière somme, ce qui concerne les installations permanentes, est partagée entre l'État, la ville de Sapporo et le Comité d'Organisation. L'État japonais dépense à lui seul de yens pour la reconstruction du tremplin d'Ōkurayama, de l'anneau de patinage de vitesse, de la piste couverte et du site des épreuves de biathlon de Makomanai. La construction du tremplin de Miyanomori, des patinoires de Tsukisamu et Mikaho, des pistes de slalom et slalom géant du mont Teine et de la piste de luge de Fujino sont pris en charge par la municipalité de Sapporo, pour un montant total de de yens. Enfin, le comité d'organisation dépense de yens pour la construction des pistes de luge et de bobsleigh du mont Teine, de la piste de descente du mont Eniwa et du site des épreuves de ski de fond de Makomanai. À cela s'ajoute le coût des installations temporaires sur les différents sites, pris en charge par le Comité d'organisation, pour un montant de de yens..

Les dépenses liées aux Jeux sont notamment couvertes par les subventions de l'État, de la préfecture de Hokkaidō et de la ville de Sapporo, pour un montant total de de yens, de dons venant par exemple d'entreprises privées pour de yens, des revenus des droits de télévision pour de yens, ou encore de la vente de tickets pour de yens. Les distributions cinématographiques, la liquidation de propriétés et des sources diverses complètent l'ensemble des recettes.

Au-delà des dépenses strictement liées à l'organisation des Jeux, les autorités engagent un certain nombre de travaux publics, pour un montant total de de yens, parmi lesquels la modernisation du réseau routier, pour de yens, la construction de la première ligne du métro de Sapporo pour de yens ou encore le développement du parc hôtelier de la ville pour de yens..

Transports vignette|alt=Photographie montrant une rame de métro en fonctionnement de couleurs verte et blanche.|Le métro de Sapporo est créé spécialement pour les Jeux (photographie datant de 2006). Le Comité d'organisation collabore avec l'État du Japon, la préfecture de Hokkaidō et la municipalité de Sapporo pour améliorer les infrastructures routières de la région. Quarante-et-une routes sont construites ou améliorées pour relier entre eux les différents sites sportifs, les villages olympiques et les quartiers principaux de la ville. L'ensemble de ces travaux couvre un total de de voies. Parmi les principales réalisations, la première autoroute de la préfecture de Hokkaidō réservée aux voitures est notamment aménagée, de même que le métro de Sapporo, en partie souterrain, qui entre en fonctionnement le , deux mois avant l'ouverture des Jeux. Seul le premier tronçon de la ligne est construit avant l'évènement, traversant la ville en suivant un axe nord-sud sur une longueur de . Ce premier tronçon relie la patinoire de Mikaho aux différents sites de Makomanai en passant par les quartiers les plus peuplés de la ville. Sapporo devient ainsi la quatrième ville à se doter d'un métro après Tokyo, Osaka et Nagoya.. Par ailleurs, l'aéroport de Chitose est rénové et agrandi, de même que les pistes d'envol, tandis que celui d'Okadama, destinés aux avions de plus faible capacité, subit lui aussi quelques transformations..

Le Bureau des Transports mis en place pour les Jeux utilise environ , dont près de , et , pour assurer le transport des athlètes, des officiels, des journalistes, des invités et des employés, du au ..

Médias La couverture médiatique des Jeux de Sapporo est assurée par de la presse japonaise et internationale. Un Centre de Presse est construit à Kashiwagaoka, dans le district de Makomanai, à proximité du village olympique et de l'anneau de vitesse de Makomanai. Mis en service le , il se compose de trois bâtiments couvrant une surface de . Les journalistes internationaux sont logés dans les construits à cet effet, dont 230 à Kashiwagaoka et 110 à Midorimachi, tandis que les journalistes japonais sont logés à Sapporo dans deux immeubles de la ..

Le groupe audiovisuel japonais NHK est le diffuseur hôte des Jeux, chargé de produire les images et les services techniques aux organismes étrangers ayant acquis les droits de diffusion télévisée. Le groupe NBC débourse de dollars américains pour obtenir l'exclusivité des droits aux États-Unis. L'Union européenne de radio-télévision verse de dollars pour la diffusion dans trente-et-un pays d'Europe de l'Ouest tandis que l'Organisation internationale de radiodiffusion et de télévision paie un peu moins de pour la diffusion dans six pays d'Europe de l'Est. La diffusion au Canada est assurée par la société CBC, pour , et le groupe NBC International retransmet les Jeux au Mexique contre . Enfin, la NHK verse , portant le total des droits de retransmission télévisée à près de de dollars, un montant supérieur à celui atteint par les précédents Jeux d'hiver.. Comme à Grenoble quatre ans plus tôt, la diffusion des images à travers le monde est assurée par le biais du satellite Intelsat I..

Identité visuelle L'emblème des Jeux est conçu par Kazumasa Nagai. Choisi parmi les propositions de huit designers japonais, il compte trois parties : le soleil levant, symbole du Japon ; un flocon de neige, symbole de l'hiver ; et les anneaux olympiques accompagnés des mots « Sapporo'72 ».. Quatre affiches officielles dessinées par de célèbres artistes japonais sont imprimées à plus de chacune. En plus de l'emblème des Jeux, la première affiche contient un sommet enneigé et un ovale qui représente une patinoire. Les deuxième et troisième affiches présentent respectivement un skieur descendant une piste et une patineuse artistique, et les mots « Sapporo'72 » jaillissent en relief de la quatrième affiche.. En plus des affiches et des programmes d'information publique, cinq films sont réalisés pour assurer la publicité des Jeux avant leur ouverture..

Les pictogrammes sportifs utilisés pour les Jeux de Sapporo sont conçus par le graphiste Yoshiro Yamashita sur la base de ceux utilisés pendant les Jeux d'été de 1964 à Tokyo. Ils présentent des formes simples et schématisées, contenant peu d'éléments graphiques.. Des symboles particuliers sont également créés pour chaque installation sportive, ils sont l'œuvre de Shigeo Fukuda, créateur des symboles de l'exposition universelle de 1970 à Osaka.

Nations participantes vignette|alt=Carte du monde des pays participant aux Jeux olympiques de Grenoble.|Trente-cinq nations (en vert) participent aux Jeux de Sapporo.|upright=1.3