Ezéchiel du Mas, comte de Mélac, né vers 1630 à Sainte-Radegonde et mort le à Paris, était un général de Louis XIV et du marquis de Louvois, qui acquit une sinistre réputation au cours de la guerre de la Ligue d'Augsbourg.
Biographie Mélac choisit très jeune la carrière des armes et fut nommé en 1689 maréchal de camp. Chargé par Louis XIV de dévaster le Palatinat (« brûlez le Palatinat ! »), il fit systématiquement mettre à feu et à sang Mannheim, Heidelberg, Pforzheim, Spire (y compris sa cathédrale), Baden-Baden, Worms, Oppenheim, Durlach et plusieurs autres villes et villages. En tant que gouverneur militaire de Landau, il y défendit la forteresse contre les troupes du margrave de Bade, mais dut abandonner la place en 1702. Mélac démissionna ensuite de l'armée et se retira à Paris. Le roi lui octroya une pension considérable, dont il bénéficia jusqu'à sa mort le .
Rôle dans la guerre de la Ligue d'Augsbourg Les troupes de Mélac s'illustrèrent au cours de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697) par la brutalité avec laquelle elles ravagèrent de larges portions de l'électorat du palatinat du Rhin, les villes du Wurtemberg et de Bade. Ces actes consacraient la stratégie française de démantèlement des villes et de désertification des territoires envahis.
Dans l'ouest de l'Allemagne, le nom de Mélac reste depuis des siècles synonyme d'incendiaire meurtrier (« Mordbrenner »), et les habitants du Palatinat le maudissent. Il n'était pas rare, encore au , que les Allemands appellent leur chien Melac. L'insulte Lackel usitée dans le Palatinat remonterait également au nom de l'« Incendiaire ». thumb|upright|Mélac avec une torche incendiaire, œuvre du sculpteur Peter Lenk à Hirsau
États de service
Naissance vers 1630 à Sainte-Radegonde (Gironde), env. 15 km au sud-est de Libourne. 1664 : nomination au grade de lieutenant dans un régiment de cavalerie au Portugal. 1666 : nommé chef de compagnie. 1672 : sert dans les Flandres au début de la guerre de Hollande. 1675 : nommé Mestre de camp de Cavalerie. 1679 : nommé brigadier des armées, et gouverneur militaire de la place de Schleiden ( au sud-est d'Aix-la-Chapelle). 1686 : sert en Savoie sous les ordres du Maréchal Catinat. Avril 1688: muté à l'armée du Rhin sous les ordres du Maréchal Jacques Henri de Durfort comte de Duras. 1688 : épouse la fille du maréchal de Duras. Septembre 1688 : l'armée du Rhin pénètre sans déclaration de guerre formelleCe paragraphe est un résumé de l'article (cité ci-dessous dans les liens externes) paru dans l'hebdomadaire allemand Die Zeit le 6 mai 2005. L'auteur de l'article original est l'historien Michael Martin, directeur des archives municipales de Landau. Les assertions relatives aux événements de Pforzheim sont inspirées du livre : Becht: Pforzheim in der frühen Neuzeit, Pforzheimer Geschichtsblätter 7, Jan Thorbecke Verlag, Sigmaringen, 1989. sur les hauteurs dominant le Palatinat et sur la rive gauche du Rhin, et s'enfonce jusqu'en Bade. Les villes de Heilbronn, Heidelberg et Mannheim (le ) sont enlevées et les fortifications de Philippsbourg sont prises d'assaut. Pforzheim était occupée depuis le . Mélac stationne ses troupes à Heilbronn sous les ordres du maréchal Joseph de Montclar. Depuis Heilbronn il ravage ensuite les pays environnants, y compris Donauwörth, Marbach am Neckar et Schorndorf. Sur la fin de l'année il s'empare de Heidelberg, capitale de l'électorat du Palatinat, et de plusieurs bourgs le long du Neckar, dont Ladenburg. 1689 : incendie de Pforzheim le . Le les troupes françaises commandées par Mélac et le Comte de Tessé, obéissant aux instructions du ministre de la Guerre Louvois, prirent le château de Heidelberg, et le la ville elle-même fut incendiée (les habitants parvinrent cependant à éteindre la plupart des foyers, ce qu'un monument commémore aujourd'hui). Le ce fut le tour de Mannheim puis de Frankenthal, Worms, Spire et d'autres bourgs de la rive droite du Rhin. Le il fit bombarder le fort de Landskrone et la ville d'Oppenheim. Sur la rive droite du Rhin, les villes de Bretten, Maulbronn, Pforzheim, Baden-Baden, etc. connurent le même sort, bien qu'il ne soit pas plausible que Mélac ait pris part à toutes ces opérations. On estime que, dans le cas de Pforzheim, Mélac, en tant qu'officier général, fut directement responsable du bombardement de la ville le et de l'incendie de la ville le lendemain. 1690 : nommé Maréchal de camp. 1691 : mort de sa femme. 1693 : nommé Lieutenant général. Mélac est nommé au printemps comme commandant de l'importante citadelle de LandauLa maison qu'occupait Mélac à Landau fut aménagée par la suite en auberge, « Chez Mélac ». L'établissement, qui changea de nom en 1851 et fut rebaptisé À la couronne, est toujours en activité.. Depuis cette base, il terrorisa au cours des années ultérieures les régions environnantes, de la Rhénanie au Wurtemberg. En mai il se consacra à la seconde et ultime destruction de Heidelberg. 1697 : la paix de Rijswijk met un terme à la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Landau reste française et Mélac est confirmé comme gouverneur militaire de la place. 1702 : La guerre de Succession d'Espagne, dont le théâtre d'opération se déplace du Piémont à la vallée du Rhin, entraîne le siège de la forteresse de Landau par une armée du Saint-Empire dirigée par le margrave de Bade. Mélac et ses soldats parviennent à soutenir le siège pendant quatre mois (soit trente jours de plus que ce qui est considéré comme un siège ordinaire). Pour soutenir le moral de ses soldats, Mélac fit fondre les biens en or et en argent qu'il possédait, et en distribua les parts entre ses soldats pour leur solde. Il dut cependant capituler en septembre. Il obtint lors des pourparlers de pouvoir se retirer avec tous les survivants de la garnison et une partie de son artillerie. Il démissionna finalement de l'armée du Rhin et eut les honneurs de la Cour à Fontainebleau, où il fut récompensé de 30 000 livres de pension, mais sans autre gratification. 1703 : il se retire dans un appartement de la rue des Tournelles dans le futur de Paris avec quelques domestiques, et rédige son testament vers la fin du mois d'août. 1704 : Mélac meurt le .
Description par Saint-Simon dans ses Mémoires Dans ses Mémoires, Saint-Simon décrit ainsi le comte de MélacMémoires de Saint-Simon. :
Mélac dans la littérature allemande Mélac est évoqué dans un roman de l'écrivain allemand Karl May, L'amour d'un Uhlan. Un poème de Gustav Schwab : Mélac, le général français La légende de la fille d'Esslingen raconte que cette ville, assiégée par les troupes françaises, fut préservée d'une destruction certaine par le sacrifice de la fille d'un pasteur qui se donna au général Mélac.
Notes
Liens externes
(de) Portrait du général Mélac dans le journal allemand "Die Zeit" Gravure d'un prospectus sur la guerre du Palatinat
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