Mike Oldfield, né le à Reading (Berkshire), est un musicien multi-instrumentiste et auteur-compositeur britannique. Il est surtout connu pour son premier album studio Tubular Bells (1973), qui est devenu un succès critique et commercial inattendu et a lancé sa carrière tout en permettant l'essor de la société Virgin. Il est également connu pour sa chanson pop Moonlight Shadow, succès commercial dans les années 1980. Biographie Michael Gordon Oldfield naît le à Reading, dans le Berkshire (Angleterre). Il est le fils du Raymond Henry Oldfield, médecin au sein de la Royal Air Force, et de Maureen Bernadine Liston, une infirmière d'origine irlandaise. Il est le troisième d'une fratrie de musiciens : Sally Oldfield (née le ) fait une carrière d'auteure-compositrice-interprète, tandis que Terry Oldfield, (né le ) fait une carrière de compositeur. Un quatrième enfant, David, atteint de trisomie 21, meurt en bas âge. Mike Oldfield a eu sept enfants de différentes unions : Molly (née en 1979), Dougal (1981-2015), Luke (né en 1986), Greta (née en 1988), Noah (né en 1990), Jake (né en 2004) et Eugene (né en 2008). Enfance et premiers pas dans la musique L'enfance de Mike Oldfield est marquée par la toxicomanie de sa mère, qui fait de fréquents séjours en hôpital psychiatrique. Elle meurt en 1975. Son père, lui-même passionné de musique et issu d'une famille de mélomanes, lui achète une guitare dès l'âge de . Face aux nombreuses crises de folie de sa mère, Mike développe une personnalité maladivement introvertie et trouve refuge dans la pratique de la guitare. Il développe une technique de jeu toute personnelle en cherchant à imiter les guitaristes de musique folk britannique en vogue au début des années 1960 : John Renbourn et Bert Jansch notamment. Il s'inspire également du jeu de Hank Marvin le guitariste des Shadows, qu'il admire.
À l'adolescence, Mike Oldfield est guitariste dans quelques clubs folk, mais sa carrière débute vraiment lorsque, à , il forme le duo folk The Sallyangie avec sa sœur Sally Oldfield. Ensemble, ils sortent un album intitulé Children of the Sun en novembre 1968, chez Transatlantic. Mike forme ensuite un groupe éphémère avec son frère Terry. À cette période, il fait l'acquisition d'une Fender Telecaster blonde ayant appartenu à Marc Bolan. En , il rejoint en tant que bassiste et guitariste, l'ex-Soft Machine Kevin Ayers et son groupe, The Whole World, au sein duquel il fait la connaissance du compositeur avant-gardiste David Bedford, qui l'encourage à développer ses premières compositions.
La genèse de Tubular Bells À , Mike Oldfield commence à composer des bribes de ce qui devient Tubular Bells et enregistre une maquette avec un magnétophone Bang & Olufsen prêté par Kevin Ayers. Il bricole l'appareil de telle sorte qu'il parvient à réaliser des overdubs tout seul, ce qui lui permet de superposer le son de sa Telecaster, d'une basse Fender Precision, d'un orgue Farfisa et d'un xylophone, vraisemblablement un jouet pour enfants. À l'été 1971, il fait le tour des maisons de disques avec sa maquette, sans succès. La démo bouleverse Tom Newman, qui travaille au studio The Manor que monte le jeune entrepreneur Richard Branson qui est également en train de mettre sur pied un réseau de magasins de disques. Richard Branson propose à Mike Oldfield d'enregistrer son album pendant les heures de studio non louées et, dans un premier temps, il tente de trouver une maison de disques pour publier la musique du jeune guitariste, sans succès. C'est en 1972 que Richard Branson décide de créer son propre label et il propose à Mike Oldfield de figurer parmi les premiers artistes de Virgin. Il lui fait signer un contrat l'engageant sur dix albums, ce qui est par la suite source de litiges entre Oldfield et Virgin.
Tubular Bells sort le sous le numéro de catalogue V2001, quelques jours après le vingtième anniversaire de Mike. Il s'agit d'un album de musique instrumentale présentant un seul long morceau de rock symphonique sur chaque face du 33 tours. Tous les instruments ou presque sont joués par Oldfield, ce qui a nécessité, pour l'époque, des prouesses techniques lors de l'enregistrement. Richard Branson porte l'album auprès des médias anglais et le fameux disc-jockey britannique John Peel programme les deux faces complètes de l'album dans son émission de rock à la BBC. L'album connaît un très grand succès et devenir une des plus grosses ventes de l'histoire de la musique, ce qui est remarquable pour une musique purement instrumentale. La reprise du thème introductif en tant que thème principal du film l'Exorciste, quelques mois plus tard, amplifie ce succès, notamment aux États-Unis. En 1975, il reçoit un Grammy Award de la meilleure composition instrumentale pour ce thème.
Les années Virgin Soudainement riche et célèbre, mais toujours maladivement timide et sujet à des crises de panique, Mike Oldfield quitte Londres et part se réfugier dans une maison isolée, dans le Herefordshire, contrée rurale en bordure du pays de Galles, où il vit pendant deux ans. Les albums suivants de Mike connaissent un succès important, mais qui reste toujours bien en deçà de celui de Tubular Bells, dont les ventes se cumulent pendant des années, pour dépasser aujourd'hui les quinze millions d'exemplaires. Après Tubular Bells (1973) suivent Hergest Ridge (1974) et Ommadawn (1975), deux autres albums de rock progressif. En 1978, le double album Incantations, s'il reste dans la même veine progressive, étire plus longuement les thèmes répétitifs et en fait un album plus difficilement accessible. Sa parution s'accompagne d'un changement radical de l'apparence de Mike et de son comportement qui devient plus extraverti, évolution consécutive à une thérapie menée dans le cadre d'un séminaire EST.
Cette évolution entraîne également des changements profonds de sa musique : les albums suivants constitués de pièces plus rock, souvent plus courtes, et parfois de chansons pop (avec des chanteurs invités) sont promus par des tournées-marathon dans toute l'Europe. S'inscrivent dans cette période les albums Platinum (1979), en partie réalisé à New York, QE2 (1980), qui mêle vocodeur, rythmiques africaines et références celtiques avec Phil Collins à la batterie, Five Miles Out (1982) avec entre autres Carl Palmer et Paddy Moloney. Crises (1983) et Discovery (1984) s'éloignent des références folkloriques et proposent un son pop-rock efficace avec une plus grande part de synthétiseur. Crises marque également le retour de Mike au premier plan de la musique pop-rock : la chanson Moonlight Shadow, interprétée par Maggie Reilly, devient un tube international. Par ailleurs, Blue Peter, instrumental composé pour le programme britannique pour enfants du même nom en 1979, est aussi popularisé en Belgique en devenant le générique de Télétourisme à partir de 1981.
Dans cette période, Mike Oldfield réalise ses enregistrements de façon plus collective, en faisant intervenir d'autres musiciens sur des parties qu'il assurait auparavant lui-même (claviers, basse, guitare rythmique) et en partageant occasionnellement le rôle d'auteur-compositeur. S'il a tendance à renouveler régulièrement les musiciens qui l'entourent, quelques-uns tissent une relation musicale plus durable : le batteur français Pierre Moerlen du groupe Pierre Moerlen's Gong intervient régulièrement en studio et en tournées de 1973 (live BBC) à 1987 (Islands). Le batteur britannique Simon Phillips noue également une relation fructueuse avec Mike, avec qui il coproduit deux albums (Crises et Discovery). Du côté des interprètes vocaux, outre Sally Oldfield que l'on retrouve sur six albums de son frère, la chanteuse Maggie Reilly participe à cinq albums de Mike tout au long des années 1980.
En 1981, Mike déclare qu'il fera de nombreuses tournées jusqu'à ce qu'il puisse acquérir du matériel pour réaliser des vidéos. Son intérêt pour la vidéo était manifeste dès sa première tournée en 1979, où il projetait des images en arrière-plan de la scène. À partir de 1985, Mike cesse de monter sur scène et commence à s'impliquer dans la conception graphique et la vidéo. Il fait l'acquisition de matériel coûteux et, après s'être fait la main sur quelques vidéo-clips (Pictures in the Dark, Shine), il se lance dans le projet novateur d'un album vidéo. Il n'arrive cependant pas à le réaliser dans un délai raisonnable et la sortie de la vidéo The Wind Chimes se fait bien après celle de l'album audio Islands 1987 qui y était lié. Mike termine son contrat avec Virgin par trois albums inégaux : Earth Moving (1989) est une collection de chansons qui déçoit de nombreux fans, tandis qu'Amarok (1990) verse dans l'excès inverse avec une seule piste audio de proposant un instrumental inventif et déjanté. L'album est un échec commercial mais devient l'œuvre de référence pour de nombreux fans. Heaven's Open (1991) semble un album réalisé à la va-vite. Il a pour originalité d'être signé Michael Oldfield et de proposer cinq chansons qu'il interprète lui-même.
Les années Warner En 1992, Mike Oldfield signe un nouveau contrat chez Warner et publie Tubular Bells II, qui lui permet de revenir sur le devant de la scène en Angleterre, où Mike reste indissociable de son premier album. L'album est coproduit par Trevor Horn et les idées de ce dernier semblent marquer Oldfield durablement. Ses albums suivants font l'objet de moins d'empilements d'arrangements et d'une épuration de son style musical. C'est le cas sur The Songs of Distant Earth (1994), album initialement décrié par les fans de Mike Oldfield, mais qui a été ré-estimé positivement avec le temps. Suivent Voyager en 1996, Tubular Bells III en 1998, Guitars en mai 1999 et The Millennium Bell en novembre 1999, suivi par un concert exceptionnel à Berlin pour le passage à l'an 2000.
L'astéroïde (5656) Oldfield est nommé en son honneur en 1994.
En 2002, en sortant Tres Lunas, Mike voit enfin un premier aboutissement de son investissement dans l'univers de la vidéo, puisque le CD audio est accompagné d'un CD-Rom contenant un jeu 3D dans lequel figure de la musique inédite. Oldfield a proposé, en 2004, un autre jeu (Maestro) en téléchargement payant sur son site officiel, mais le succès commercial de ces deux productions ludiques n'a pas été au rendez-vous (quelques milliers d'exemplaires du jeu vendus seulement). Cette voie a été abandonnée depuis par le musicien. Depuis 2007, les jeux développés par Mike sont disponibles gratuitement sur son siteMaestro et Tres Lunas en téléchargement gratuit.
Le trentième anniversaire de Tubular Bells, en 2003, a été célébré par la parution de Tubular Bells 2003, qui est une réinterprétation et un réenregistrement de la partition originale. En parallèle, le Tubular Bells d'origine a fait l'objet d'une réédition remasterisée en multicanal sur formats DVD Audio et Super Audio CD en respectant le format quadriphonique d'origine.
Les années Mercury vignette|gauche|Mike Oldfield en 2006. En 2005, le double Light + Shade, paru chez Mercury Records ne semble pas avoir réconcilié Oldfield avec toute sa communauté de fans, les plus anciens n'approuvant pas son évolution, depuis 1998, vers des instrumentaux courts et influencés par les séquenceurs et la musique dance.
En 2006 et 2007, sa participation aux Night of the Proms allemandes et espagnoles consiste en la reprise de grands classiques : des extraits de Tubular Bells et Ommadawn, ainsi que Moonlight Shadow, To France et Shadow on the Wall(avec Roger Chapman).