Le vœu de est un texte législatif soumis au Parlement de Paris et ratifié par le roi en 1638. Ce texte consacre le royaume de France, le roi et ses sujets sous la protection de la Vierge Marie. Il inclut un ensemble de promesses et d'actes de dévotions religieuses à effectuer par le roi et toute la population, essentiellement à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Vierge (le ).

Une tradition a associé ce vœu royal à la naissance (ou à la demande de naissance) du futur roi qui naquit le , c'est-à-dire dans les mois qui ont suivi le vœu de .

Historique Le contexte politique

Le contexte politique tant intérieur qu'extérieur du royaume de France est difficile dans les années précédents ce vœu solennel du roi. Si la guerre de religion avec les protestants est à peu près calmée après la paix d'Alès de 1629, plusieurs grands seigneurs ourdissent toujours des complots contre Richelieu, voire le roi lui-même. Le propre frère du roi, Gaston de France, conspire également contre lui, et son épouse, Anne, communique des secrets d’État à l'étranger.. Sur le front extérieur, la Guerre de Trente Ans qui ravage l'Europe voit un tournant dangereux pour la France : en 1634 les alliés de la France sont vaincus militairement obligeant la France à intervenir. Le , les troupes espagnoles descendent par le Nord-Est et franchissent la Somme. Le , la ville de Corbie tombe entre leurs mains. Paris est menacé. Le roi doit venir faire le siège de Corbie qu'il reprend en novembre..

Les étapes du vœu

Après 20 ans de mariage, le roi et la reine n'avaient toujours pas d'enfant, malgré plusieurs fausses-couches de la reine..

À la chapelle des Pénitents bleus de Toulouse (1632) vignette|200px|La nef et le chœur de la chapelle des Pénitents bleus. Marié à l'âge de en 1615, a en 1632. Il est le premier roi de France à être membre de la confrérie des Pénitents bleus. En 1622, il envoie l'évêque de Pamiers, d'Esparbès de Lussan, poser à Toulouse la première pierre de la nouvelle chapelle des Pénitents bleus (aujourd'hui sanctuaire Saint-Jérôme). Il y vient avec son épouse, le et, depuis la Tribune royale, fait un vœu solennel à la Vierge pour obtenir un successeur à la Couronne de France.

Aux Minimes d'Abbeville (juillet 1637) Le , Richelieu propose au Roi de faire installer une lampe perpétuelle, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en l'honneur de la Vierge Marie, pour qu'elle aide aux succès des armées françaises. Le roi répond très rapidementMaurice de Vaulgrenant cite deux courriers les 25 et 27 mai. au Cardinal, par écrit, qu'il souhaite réaliser ce vœu sans délais.

Les rapides succès militaires sur les frontières du royaume, sont interprétés par le roi et par le cardinal, comme une qui aurait ainsi permis de protéger la France dans cette période troublée par les invasions espagnoles, la préservant des incursions d'armées étrangères sur son sol...

L'élaboration du texte Le texte du Vœu s'ébauche . C'est Richelieu qui élabore et rédige une première version du texte. En l'ambassadeur de France à Rome connaît déjà l'essentiel du texte final. En novembre, c'est l'ambassadeur de Suède à Paris qui communique les grandes lignes du texte à son souverain, en raillant ce projet royal de soumission à la Vierge MarieLe royaume de Suède est protestant, et les habitants n'ont donc pas de dévotion particulière à la Vierge Marie.. En novembre, le texte est soumis au parlement de Paris et subit quelques modifications.

La procédure législative étant arrivée à son terme, le roi peut signer le texte le , depuis son château de Saint-Germain-en-Laye.

Les neuvaines à Notre-Dame de Grâces de Cotignac (27 octobre 1637) Le , un religieux augustin déchaussé, le frère Fiacre, pendant qu'il priait, a une révélation intérieure que la reine Anne d'Autriche devait demander publiquement trois neuvaines de prières adressées à la Sainte Vierge (une à Notre-Dame de Paris, une à Notre-Dame des Victoires, et la dernière à l'église Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac), et qu'alors, un fils lui serait donné.

Le frère Fiacre rapporte que cette intuition est confirmée par une le , la Vierge lui redisant que la reine aurait bien un fils si elle faisait exécuter ces prières. Le religieux obtient un entretien avec la reine, qui, une fois informée, mandate le frère pour réaliser ces trois neuvaines. Les neuvaines sont débutées le .. La reine l'envoie à Cotignac pour y conclure ses neuvaines qui se terminent le suivant...

Neuf mois plus tard, le , naît à Saint-Germain-en-Laye....

Dès le mois de , la reine, certaine d'être enceinte, envoie le frère Fiacre à Cotignac pour y prier et obtenir que l'enfant naisse sans problème. Le , le roi signe le . À sa naissance, le jeune Louis reçoit comme prénom (en plus de son prénom Louis) , ce qui signifie ..

Tradition du Vœu lié à la naissance du fils attendu Une thèse a été relayée et défendue par de nombreux orateurs et même des historiensMaurice de Vaulgrenant qui conteste cette thèse ne cite aucun non, mais indique juste que . Nous pouvons citer Louis Manaranche dans son article dans Le Figaro ()., que le fameux aurait été prononcé en remerciement de la grossesse de son épouseLa grossesse de la reine était connue depuis le mois de janvier. Anne d’Autriche après vingt-trois ans de mariage, ou simplement pour demander un héritier mâle..

M. de Vaulgrenant conteste avec vigueur cette hypothèse arguant que la rédaction de la consécration est antérieure à la grossesse de son épouse, et que nulle part dans le texte il n'est fait mention d'une demande, ou d'une reconnaissance pour la naissance du futur Louis XIV. Youness Bousenna, semble également abonder en ce sens lorsqu'il écrit dans un article du journal Le Monde que du retable de la cathédrale de Paris [représentant le vœu de Louis XIII] , sans avoir de lien avec la naissance désirée de Louis XIV..

Le vœu de du Le texte qui a été soumis et adopté par le Parlement de Paris est finalement signé par le Roi le , en son château de Saint-Germain-en-Laye. Ce texte, ratifié par le parlement, figure dans le Recueil des anciennes lois françaises. du juriste Isambert.. Pour Maurice de Vaulgrenant, ce texte .

Par ce texte, déclare et de consacrer le royaume de France à Notre-Dame Pour le texte complet, se reporter à qui le reproduit en intégralité..

Pour rendre visible et garder la mémoire de ce vœu, instaure les processions du (fête de l'Assomption de la Vierge) durant lesquelles les sujets devaient prier Dieu et la Vierge pour les heureux succès du roi. En outre, chaque église épiscopale du royaume se devait, dans la mesure où l'église elle-même n'était pas sous le patronage de la Vierge, de consacrer sa chapelle principale à la Reine des Cieux. promet enfin d'élever un nouveau maître-autel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, avec une sculpture de la Pietà, devant laquelle lui-même sera représenté lui remettant son sceptre et sa couronne. Il demande également que chaque jour de l'Assomption à l'issue de la prière des vêpres, se tienne une grande procession solennelle (avec tous les notables et officiers de la ville), tant dans les cathédrales du royaume, que dans les églises paroissiales et les monastères.

Quelques mois plus tard, les troupes espagnoles contre-attaquent dans le nord de la France, le roi se rend à Abbeville avec Richelieu pour défendre la ville menacée. Le , dans l'église d'Abbeville, la fête religieuse est , et lors de la messe solennelle, le roi y consacre son royaume à la Vierge...

Le maître-autel de Notre-Dame de Paris vignette|240px|Maître-autel (Nicolas Coustou), statues de (Guillaume Coustou) et de (Antoine Coysevox). Décédé prématurément cinq ans plus tard, le roi n'a pas le temps de matérialiser la deuxième partie de son vœu concernant Notre-Dame de Paris. C'est son fils qui le réalise plus de soixante ans après.

De 1708 à 1725, Robert de Cotte remanie complètement le chœur de la cathédrale, masquant les six ogives de l'abside par des arcades en plein cintre revêtues de marbre blanc et rouge du Languedoc. C'est d'abord un somptueux maître-autel sculpté en marbre d'Egypte en forme de tombeau antique, richement décoré de chérubins de bronze doré et encadré par deux grands anges en adoration, le tout sur des dessins du sculpteur Vassé qui est édifié au fond du choeur. De part et d'autre, sont installés sur des piédestaux de marbre blanc ornés des armes de France les statues en orant de deux souverains: à droite, Louis XIII, par Guillaume Coustou, portant le manteau du sacre offre sa couronne à la Vierge Marie tandis qu'à gauche, Louis XIV, par Antoine Coysevox, portant également le manteau du sacre tend avec déférence sa main vers la Vierge. La statuaire est complétée par six anges de métal doré portant les instruments de la Passion et disposés sur des consoles adossées aux six pilastres de l'abside. Ces anges étaient l'oeuvre des sculpteurs Corneille Van Clève, Poirier, Simon Hurtrelle, Philippe Magnier et Anselme Flamen. Ce n'est qu'en 1723 que l'ensemble est achevé avec l'installation d'une pietà de Nicolas Coustou est placée derrière le maître-autel.

L'aménagement du choeur est complété par de hautes stalles en chêne ciré « à la capucine » évoquant la vie de la Vierge et qui pouvaient accueillir jusqu'à cent quarante quatre clercs. Elles sont l'oeuvre de Jules Dugoullon, sculpteur du roi. Ces stalles, étaient surmontées de huit grands tableaux évoquant la vie de la Vierge qui avaient, pour six d'entre eux, été offerts par le chanoine Antoine de la Porte. Le choeur reçoit enfin un pavement de marbres vert Campan et rouge du Languedoc, complété par des dalles de marbre blanc et noir posées en damier et portant aux pieds de l'autel les chiffres de Louis XIV et les grandes armes de France réalisées dans une marqueterie de marbres polychromes. Cet ensemble, d'une remarquable qualité d'exécution sera épargné par la Révolution par respect pour les arts.

Charles de La Fosse (1630-1716) réalise :

L'Adoration des Bergers (aussi appelée La Nativité), 1715 (musée du Louvre) ; L'adoration des Mages, 1715 (Louvre, Paris) ;

Louis de Boullogne (1654-1733) peint :

Le Repos pendant la fuite en Egypte, 1715 (musée des Beaux-Arts d'Arras) ; La présentation au Temple, 1715 (Louvre, Paris) ;

Jean Jouvenet (1644-1717) exécute :

La Visitation de la Vierge (Le Magnificat), 1716 (Notre-Dame, Paris) ;

Antoine Coypel (1661-1722) réalise :

Jésus parmi les docteurs, 1717 (chapelle des Pénitents Blancs, Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne)) ; L'Assomption de la Vierge, 1717 (œuvre perdue, mais dont le Louvre garde des dessins préparatoires) ;

Claude Guy Hallé (1652-1736), produit :

L'Annonciation, 1717 (Louvre, Paris).

Le jubé est démoli et les stalles de Charpentier et Dugoulon sont surmontées des huit tableaux dont un seul subsiste actuellement à Notre-Dame. C'est à l'occasion de ces travaux que l'on découvre, dans la fondation de l'autel, les quatre pierres du pilier des nautes.

Lors de la Révolution, une partie de cet ensemble, dont les reliefs des anges des écoinçons, ainsi que deux statues d'anges en bronze, est détruite. Remis en place lors de la Restauration, l'ensemble, réalisé par Robert de Cotte, est largement remodelé au par Eugène Viollet-le-Duc, ce dernier désirant ressusciter la cathédrale du Moyen Âge. Mais les statues de la Piéta et des deux rois sont conservées à leur place.

Si la cathédrale de Paris est ravagée par un incendie en 2019, les sculptures du retable ont échappé à la destruction..

Postérité du vœu de

Cette consécration fut confirmée par le , puis renouvelée par en 1738, à l'occasion du centenaire du vœu. A cette occasion, le roi écrit à tous les évêques du royaume pour exprimer de ce vœu.

Lors de la Révolution française, l'Assemblée législative abolit la consécration de la France à la Vierge, le . À la Restauration, la rétablit, en .

Sous la monarchie de Juillet, la célébration du vœu de est définitivement abolie par , en ..