L’histoire philatélique de la Sarre est liée à l'histoire postale de l'Allemagne, et à celle de la France, au lors des conquêtes de Napoléon, et au , à cause des conséquences des deux guerres mondiales.
De 1918 à 1935 et de 1945 à 1957, ce territoire connaît une administration française qui se traduit par la réalisation et l'impression des timbres-poste par les artistes et les imprimeries des postes françaises, jusqu'à ce que ce territoire rejoigne l'Allemagne par plébiscite en 1935 et par accord bilatéral, conforme au résultat d'un referendum en 1957. De 1957 à 1959, la gestion des thèmes des timbres est reprise par les autorités postales allemandes le temps d'une transition monétaire.
Depuis 1959, les timbres d'Allemagne fédérale sont employés dans ce Land.
Département français
thumb|right|Département de la Saar 1802
Le futur territoire du Land de Sarre est occupé par la France peu après la Révolution, de 1797 à 1814. Ce territoire et une autre partie de la Rhénanie prussienne sur la rive gauche de la Moselle constituent le département de la Sarre. L'administration postale a donc mis en place des marques postales linéaires sur le même modèle que celui de la Francevoir E. H. de Beaufond (1957)..
Pour la Sarre, le numéro de département est le 101 et le chef-lieu la ville de Trèves.
Le tableau ci-dessous donne la liste des bureaux de distribution et les marques postales utilisées. Celles qui ont la forme P 101 P sont réservées aux envois en port payé et celles avec la mention DEB (déboursé) pour les problèmes d'acheminement.
Ville Marque (exemple) Date CotationIndice logarithmique décrit dans Wikipédia:Cotation des objets de collection, pour une cotation plus précise voir : E. H. de Beaufond 1957 remarquesTrèvesDE TREVES1797 EV. TRIER1797 ETREVES1797 Een rouge101 TREVES1799 D, Een noir et en rouge,P. 101. P /TREVES 1797 Een rouge ou en noirDEB DE TREVES 1813 E2 largeurs différentesBirkenfeld101 BIRCKENFELD1811P. 101. P / BIRCKENFELD1809D. 101. B. / BIRCKENFELD1813FP. P / BIRCKENFELD1820D101 grattéPrüm101 PRUM 1810P. 101. P / PRUM1810Sarrebruck101 SARREBRUCK 1800D à E en rouge ou en noir, en noirP. 101. P / SARREBRUCK 1806 Een rouge ou en noirDÉBOURSÉ N°101 DE SARREBRUCK,1811F
Deux marques de service sont également utilisées : administration Centle du Dépt. de la Sarre ; Le Préfet du Dépt. de la Sarre.
Deux marques d'entrée en France sont également frappées en Sarre : ALLEMAGNE PAR SARREBRUCK ; A TAXER DEPUIS SARREBRUCK.
Constitution du territoire et mandat de 1920 thumb|right|En jaune, la Sarre-Palatinat (anciennement bavaroise) à l'intérieur de la Sarre (ancienne partie de la Rhénanie prussienne.
De 1920 à 1935, un territoire nommé Sarre est placée sous un mandat de la Société des Nations. La France fournit l'administration nécessaire et notamment le système postalDeutschland-Spezial 2002, tome 1 : 1849 à avril 1945, éd. Michel, 2002, page 620.. Le territoire de la Sarre est alors réparti entre la Rhénanie prussienne et le Palatinat rhénan bavarois (arrondissement de Sarre-Palatinat depuis 1974)Jacques Delafosse, Dictionnaire des émissions philatéliques, éd. Timbropresse, mai 2004, page 129..
Premiers timbres en mark thumb|right|Timbre allemand au type Germania surchargé début 1920. thumb|right|La seconde surcharge apparu ensuite, toujours en 1920. Début 1920, les premiers timbres portant mention de la Sarre sont des timbres de l'Empire allemand aux types Germania et Hôtel des postes, et de Bavière surchargés. La surcharge donnent le nom « SARRE » et raye le nom du pays imprimé d'une barre noire pour les timbres allemands et de trois traits parallèles pour les bavarois. Ces séries sont démonétisées dès le .
Les et , sur de nouveaux timbres d'Allemagne aux mêmes types, est imprimée en surcharge le nom « SAARGEBIET » (région de la Sarre) sur la mention « DEUTSCHES REICH ». Le dernier timbre Germania surchargé est émis le et abaisse la valeur d'un 75 pfennig à celle de 20 pfennig.
Les premiers timbres fabriqués spécialement pour la Sarre sont émis entre le et le . Ils sont illustrés de monuments historiques et de paysages industriels locaux, dans un cadre décoré. Démonétisés le , une partie est surchargée à Paris pour resservir avec une nouvelle faciale, le reste est incinéré.
L'ensemble des timbres surchargés et de la série de 1921 sont démonétisés le à cause de l'introduction du franc français sous la forme du franc sarrois dans le territoire, même si le mark allemand est toléré jusqu'au .
Les émissions en franc Les paysages industriels ou culturels sarrois de 1921 se poursuivent pendant la période 1921-1934.
D'abord en typographie avec le cadre richement orné, les timbres représentent par exemple l'hôtel de ville de Sarrebruck, la tour de Mettlach, la vallée de la rivière Sarre, ainsi que pour l'industrie : un mineur au travail, un puits d'extraction du charbon, des moyens de transport de ce minerai. En 1922, ces illustrations sont réémises sur des timbres de dimension plus grande.
À partir de 1925, les timbres sont imprimés en héliogravure par Hélio-Vaugirard, à Paris. Le dessin est plus fin et les thèmes se diversifient. Les paysages restent avec des églises, des fontaines et des villages de la Sarre, ainsi qu'un puits de mine et une vue des hauts-fourneaux de Burbach.
Cependant, les deux premières séries à bénéficier de l'héliogravure sont religieuses (la pietà de la chapelle de Blieskastel) en et une émission à surtaxe au profit du Secours populaire (Volkshilfe) en . Sur les quatre timbres de cette dernière, sont montrés un aveugle et son chien guide, une infirmière soignant un malade, deux jeunes enfants buvant à une source, et une mère tenant son nouveau-né.
De 1928 à 1934, les séries de bienfaisance sont omniprésentes de 1928 à 1934 dans les nouvelles émissions, même si les séries de 1922 à 1927 sans surtaxe ne sont pas retirées de la vente. Les séries Volkshilfe sont imprimés sans surtaxe mais sont vendus plus cher que la valeur faciale postale. Elles sont omniprésentes de 1928 à 1934 : scènes de secours (une enfant aidant un mendiant aveugle, un homme offrant du pain à un nécessiteux, une famille dans la misère. Les scènes montrent la pauvreté et les actes de générosité et de charité nécessaires. Les images pieuses sont utilisées : la parabole du Bon Samaritain, saint Martin coupant son manteau en deux. En 1932, des vues touristiques portent la mention « VOLKSHILFE ». En 1934, la dernière série inédite utilise cinq statues de Luca Pozzi conservées dans l'église Saint-Louis de Sarrebruck pour représenter des problèmes (les soucis) et les sentiments positifs (amour, paix, consolation, abondance et vérité dans l'ordre des valeurs faciales. Le dernier timbre est d'inspiration religieuse : le gisant de la comtesse Élisabeth, comtesse de Nassau-Sarrebruck, en position de prière, conservé dans l'abbaye de Saint-Arnual.
En 1933, trois timbres sont vendus au double de leur valeur faciale pour venir en aide aux victimes de l'explosion d'un gazomètre à Neunkirchen : 68 morts, 190 blessés et les personnes sans-logis après l'effondrement de leurs maisons.
Les seuls timbres émis sans surtaxe après 1928 sont donc ceux de poste aérienne (Luftpost) émis en ( et 1 franc) et (60 c. et .), et un timbre de sur la Caserne Vauban de Sarrelouis en . Les timbres de 1928 montrent un Breguet XIV au-dessus de Sarrebrück et ceux de 1932 un Focke-Wulf A-17 décollant de l'aérodrome de Sarrebrück.
Les surchargés du plébiscite Le , deux mois et demi avant le plébiscite, tous les timbres encore en circulation sont surchargés de la mention « VOLKSABSTIMMUNG 1935 » (« plébiscite 1935») et sont les seuls vendus dans les bureaux de poste. Vingt timbres paysages, Volkshilfe ou aériens sont ainsi traités en novembre et les sept timbres de la série Volkshilfe de sont réémis ainsi le . La couleur et la position de la surcharge sont adaptés à leur graphisme.
Le , 90,8 % des voix se prononcent en faveur de la réintégration à l'Allemagne. Les derniers soldats sous mandat de la Société des Nations quittent la Sarre le .
Le , sans transition, sont mis en circulation en Sarre les timbres d'Allemagne.
Les timbres de propagande d'Allemagne
Le et le , en Allemagne sous régime nazi, sont émis deux séries de timbres militant en faveur du retour de la Sarre à l'Allemagne.
En août, un six pfennigs vert foncé montre deux mains brandissant un morceau de charbon de Sarre et un douze pfennig rouge orne du nom « Saar » l'aigle impériale debout au-dessus de la croix gammée.
L'émission de janvier est émise trois jours après la victoire du « oui » au plébiscite. Les quatre timbres portent la même illustration d'Emmy Glintzer : une femme allégorie de l'Allemagne embrasse une petite fille (la Sarre) dans ses brasD'après le catalogue Michel : « Die Saar kehrt zur Mutter Deutschland zurück. ».
1945-1957 thumb|right|Les quatre zones d'occupation en Allemagne et les limites des Länder. La Sarre est hachurée en bleu et gris. Après la capitulation allemande du , les zones d'occupation sont délimitées en juillet. Chacun des États occupants a la charge du service postal dans sa zone. Dans les zones américaines et britanniques, des timbres « Am Post Deutschland » sont déjà prêts ; dans la zone soviétique, l'initiative locale est de mise.
La Zone d'occupation française Pour pouvoir à nouveau bénéficier d'un service postal régulier, les Allemands de la zone française (zone nord : actuels Rhénanie-Palatinat et Sarre, et zone sud : sud du Bade-Wurtemberg actuel) attendent jusqu'au . À cette date, ils ont le droit d'envoyer des cartes postales dans la demi-zone française où il réside : zone nord ou zone sud. Le , l'usage est étendu à la lettre et aux imprimés toujours dans la demi-zone. Progressivement, en octobre, tout le courrier finit par circuler à l'intérieur de toute la zone française, puis des zones alliées. De fin août à , le paiement de la taxe d'affranchissement est certifié par la marque « Gebühr bezahlt » (tarif payé) sur le pli.
La France a refusé les timbres américains et en émet le avec la mention « ZONE FRANÇAISE ». Trois séries de timbres sont émis avec des valeurs en pfennig et mark. Les deux premières de petites valeurs (de 1 à 30 pfennigs) représentent les cinq blasons des régions concernées : Bade, Palatinat, Rhénanie, Sarre et Wurtemberg. Émis le , ils sont repris le avec de nouvelles valeurs. La troisième comprend des timbres de grand format sur des écrivains allemands : Johann Wolfgang von Goethe en , Friedrich von Schiller et Heinrich Heine le .
Ils sont retirés de la vente le puisqu'ils sont remplacés progressivement pendant l'année 1947 par des timbres spécifiques à chaque région, même si l'illustration est souvent identique : Bade (Baden), Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz) et Wurtemberg (Württemberg).
Sarre sous statut spécial : 1947-1959 Premières émissions Par contre, en Sarre, des timbres différents sont émis à partir du . Cette situation philatélique traduit le nouveau statut de la Sarre en tant qu'État sous protectorat de la France, dans l'attente d'un plébiscite. Comme entre 1920 et 1935, ce sont les dessinateurs, graveurs et imprimeries des postes françaises qui sont utilisés pour la réalisation des timbres de Sarre.
Entre janvier et , une série de vingt timbres illustrée de sept types est mise en circulation : un mineur pour les six petites valeurs (2 à 12 pfennigs), des métallurgistes pour les quatre suivantes (15 à 24 pf.), deux paysannes sur fond de paysage industriel (cinq valeurs de 25 à 50 pf.), la vieille tour de Mettlach (60, 75 et 80 pf.), un 84 pf. vertical de grand format à l'effigie du maréchal Ney natif de Sarrelouis et un 1 mark pour un méandre de la rivière Sarre.