L’ange de mer commun, l’ange de mer, l’angel, l’antjou, le bourget, l’anelot, le martrame ou mordacle (Squatina squatina), est une espèce de poissons cartilagineux sélachimorphes. C’est une espèce en danger critique d’extinction (UICN) classée dans la liste des 100 espèces les plus menacées au monde. En France, à Nice, la baie des Anges lui doit son nom. L'écrivain niçois Francis Gag (1900-1988) témoigne de l'extermination des anges de mer : les pêcheurs poussaient un charreton sur lequel gisaient ces poissons nommés en provençal pei ange (« poisson-ange ») précédé d'une pescairis (femme de pêcheur) qui criait Venés, venés vèire la marrida bestiassa que destrugue lou aret dòu paure pescadou ! (« Venez, venez voir la mauvaise bête qui détruit les filets du pauvre pêcheur ! ») : Francis Gag et Françoise Arnulf, Nice au fil des jours et des saisons, Éditions Alp'Azur 1985, , page 118..

Description et caractéristiques Ces poissons ressemblent à des raies en raison de leur forme aplatie, mais il s’agit bien de requins. En effet, leurs nageoires pectorales ne sont pas soudées à leur tête. La queue est effilée et surmontée de deux courts ailerons dorsaux arrondis. Les nageoires pectorales forment deux de part et d'autre du thorax - la tête est cependant séparée de cet ensemble, contrairement aux raies. Leur peau est brune avec des taches plus foncées, et la face ventrale est blanche. Leur taille est généralement comprise entre 1,5 et 1,8 mètres, mais le plus grand individu capturé à ce jour mesurait 2,44 mètres.

Habitat et répartition Il se rencontre au niveau du plateau continental des côtes du nord-est de l’Atlantique, du sud de la Norvège à l’ouest du Sahara et en Méditerranée, entre les latitudes N and N, à 150 mètres de profondeur.

Une population encore importante survit aux îles Canaries, et notamment à Lanzarote.

Biologie L’ange de mer se tient généralement à l'affût à demi-enterré sur le fond en attendant qu’une proie passe à sa portée. Il se nourrit de poissons osseux, de raies, de crustacés et de mollusques.

Reproduction L’Ange de mer commun est ovovivipare, c’est-à-dire que chaque fœtus se développe dans une poche séparée, en totale autonomie. Après 10 mois de gestation la femelle donne naissance aux petits anges, entre sept et vingt, qui sont dès lors totalement autonome.

Utilisation Selon Pline l'ancien (qui nomme déjà cet animal squatina dans son Histoire Naturelle), la peau de ce poisson, épaisse, rugueuse et couverte de denticules, était utilisée dans l'Antiquité pour polir le bois et l'ivoire.

Menaces et conservation Cette espèce est considérée par les halieuticiens comme en danger critique d'extinction depuis 2006 et classée dans la liste des 100 espèces les plus menacées au monde par l'UICN depuis le . Le nombre d'individus a diminué d'au moins 80 % ces 45 dernières années. Le déclin de l'espèce est majoritairement dû aux activités humaines, l'ange de mer étant souvent une victime collatérale de la pêche intensive, notamment au chalut.

Voir aussi Liste rouge de l'UICN (liste des espèces en danger critique d'extinction).

Liens externes

Terré dans le sable, cet ange de mer attend le meilleur moment pour attaquer

Références

Catégorie:Squatiniformes (nom scientifique) Catégorie:Squatinidae Catégorie:Poisson décrit en 1758 Catégorie:Poisson décrit par Carl von Linné