Jean Fourquet, né le à Dole (département du Jura), mort le à Luvigny (département des Vosges), est un germaniste et un linguiste français. On lui doit un apport capital dans l'étude de la linguistique allemande en FranceJacques Bourquin, Galerie des linguistes franc-comtois, Presses Univ. Franche-Comté, 2003, ..
Biographie Jean Philippe Fourquet est issu d'une famille d'enseignant d'Arbois (Jura). Son père, Louis Fourquet, est enseignant de philosophie.
Durant la Grande Guerre, Jean Fourquet est brièvement mobilisé au sein du 30e régiment d'artillerie. En 1919, il est admis à l'École normale supérieure. En 1924, il est reçu, le premier, à l'agrégation d'allemand.
Il enseigne alors dans différents lycées, celui de Saint-Omer de 1924 à 1925, puis de Belfort et enfin de Nancy de 1927 à 1934Colette Cortès/André Rousseau, Catégories et connexions: en hommage à Jean Fourquet pour son centième anniversaire le , Presses Univ. Septentrion, 1999, .. Il occupe son premier poste de maître de conférences en 1934 à l'université de Strasbourg. Il y fait la rencontre de Lucien Tesnière, avec qui il sympathise et dont il éditera en 1959 le texte posthume, les Éléments de syntaxe structurale. Il soutient son doctorat d'État en 1938, avec une première thèse sur Wolfram von Eschenbach et le conte du GraalÉlisabeth Décultot, « Germanistik (études allemandes) en France », dans Dictionnaire du monde germanique, Élisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider (dir), Paris, Bayard, 2007, . et une deuxième sur L'ordre des éléments de la phrase en germanique ancien.
Il développe un cadre théorique très influencé par Tesnière, qu'il applique notamment à la syntaxe de l'allemand contemporain. Il apparaît ainsi comme un des pionniers de l'analyse de la phrase en groupes syntaxiques dans l'espace francophone, et joue un rôle important dans l'abandon de la notion d'inversion dans l'analyse syntaxique de l'allemand.
Après la Seconde Guerre mondiale, période où il échappe de peu à la déportation, il revient à Strasbourg jusqu'en 1955, année où il est élu à la SorbonneColette Cortès/André Rousseau, op. cit., .. Il y enseigne jusqu'en 1970 et exerce une influence déterminante sur la structuration de la linguistique germanique moderne en France. Il encadre par exemple la thèse de Jean-Marie Zemb, futur professeur au Collège de France, et a notamment comme étudiants les anglicistes Antoine Culioli et André Crépin. Dans le monde germanophone, Fourquet influence aussi l'école syntaxique est-allemande autour de Manfred Bierwisch à Berlin. En RFA, il a accompagné l'émergence d'une école de grammaire de dépendance animée par Ulrich Engel.
En-dehors de la linguistique, il a également beaucoup publié sur la littérature allemande du Moyen Âge.
Travaux de linguistique allemande Les travaux de Jean Fourquet s'inscrivent dans le cadre de la recherche française en linguistique allemande, laquelle, observe Marcel Pérennec en 2007, s'est beaucoup développée en France dans les dernières décenniesMarcel Pérennec, « Linguistique allemande en France / 2 — État des études en France », dans Dictionnaire du monde germanique, Dir: É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007, . D'après Pérennec, l'homogénéité foncière de celle-ci est : un tel modèle n'est pas fermé (comme dans les sciences dures) ; il s'agit plutôt d'un . Toujours d'après Pérennec, cette théorie connexionnelle . Inspirée de la notion originelle chez Lucien Tesnières, cette conception de la connexion a . Le signifié se trouve ainsi promu au rang d', ce qui fait .
Selon Roger Sauter, Jean Fourquet procède dans les à l'analyse critique de la grammaire générative de Chomsky ainsi que de la grammaire de dépendance de Tesnière, théories linguistiques qui curieusement et de manière contrastée sont en train de devenir prépondérantes en AllemagneRoger Sauter, « Linguistique allemande, contrastif », dans Dictionnaire du monde germanique, Dir: É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007, . Sur la base de nombreux exemples en allemand, il reproche à la grammaire générative la place particulière accordée au sujet dans la phrase découpée en sujet — prédicat. Et bien qu'il reconnaisse ses apports par rapport au générativisme, il critique chez Tesnière la primauté absolue du verbe de telle sorte que chaque membre de la phrase n'entre en connexion qu'avec lui seul ; il remet aussi en cause . Par contre, il va émettre , dont la tâche est de définir le contenu ou plutôt le . Ainsi se dessine « le système Fourquet » qui s'imposera à beaucoup de germanistes français, alors que l'écho de la « syntaxe sémantique » de Fourquet sera faible en Allemagne, en raison de la presque inexistence outre-Rhin de la recherche en signifié.
Honneurs
Jean Fourquet est membre de l'Académie des sciences de la RDA. Il préside la Société de linguistique de Paris en 1960. En 1969, Fourquet reçoit le prix frères Grimm de l'université de Marbourg et, en 1973, le prix Konrad Duden de la ville de Mannheim pour ses travaux sur la langue allemande en FranceColette Cortès/André Rousseau, op. cit., .. En 1983, il reçoit le prix Friedrich-Gundolf pour la diffusion de la culture allemande à l'étranger.
Prises de position
Fourquet faisait partie des signataires de la « déclaration commune des linguistes et des savants de littérature sur la réforme de l'orthographe » de 1998, dans laquelle environ d'Allemagne et de l'étranger exigeaient l'abandon de la réforme.
Publications Grammaire de l'allemand, Paris, Librairie Hachette, 1952. Wolfram D'Eschenbach et le conte del Graal. Les divergences de la tradition du conte de Chretien et leur importance pour l'explication du texte de Parzival - Puf Sorbonne, 1966 Das Werden des neuhochdeutschen Verbsystems. In: Ulrich Engel, Paul Grebe, Heinz Rupp (Hrsg.): Festschrift für Hugo Moser zum 60. Geburtstag, 1969. Prolegomena zu einer deutschen Grammatik. Pädagogischer Verlag Schwann, Düsseldorf (Sprache der Gegenwart, Band 7), 1970. Die deutsche Sprache in Frankreich. Bibliographisches Institut, Mannheim (Duden-Beiträge, Heft 41), 1974. Principes de métrique allemande, Paris, 1989. « Métrique » (art.) dans Élisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider (dir), Dictionnaire du monde germanique, Paris, Bayard, 2007, .
Travaux inédits
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs) Colette Cortès/André Rousseau, Catégories et connexions: en hommage à Jean Fourquet pour son centième anniversaire le , Presses Univ. Septentrion, 1999. Élisabeth Décultot, « Germanistik (études allemandes) en France », dans Dictionnaire du monde germanique, Élisabeth Décultot, Michel Espagne et Jacques Le Rider (dir), Paris, Bayard, 2007, .
Marcel Pérennec, « Linguistique allemande en France / 2 — État des études en France », dans Dictionnaire du monde germanique, Dir: É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007, Roger Sauter, « Linguistique allemande, contrastif », dans Dictionnaire du monde germanique, Dir: É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007,
Articles connexes Germanistique Allemand
Liens externes
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