vignette|200px|Armes de Nîmes
L'histoire de Nîmes commence au
Préhistoire À Nîmes, l’habitat humain le plus ancien que l’on ait découvert se situe au mas de Mayan et date du Néolithique, période durant laquelle les hommes sont devenus sédentaires. La fin du Néolithique voit l’apparition des sépultures collectives ; la région nîmoise est l’une des plus riches en mégalithes. On peut ainsi retrouver de nombreux dolmens et menhirs spectaculaires dans les garrigues gardoises et également à Nîmes même, avec le menhir de Courbessac, situé au nord de l'aérodrome. De plus, un habitat remontant à 1100 (âge du cuivre) a été découvert sur la route de Sauve dans Nîmes.
Antiquité
Époque préromaine thumb|La tour Magne.
La véritable origine de Nîmes remonte au Un peuple celte, les Volques Arécomiques, s'installe autour d'une source généreuse, au pied du mont Cavalier, au nord de la ville actuelle. À la même période, plusieurs peuples s’installent sur des oppida non loin de là. Les sites ne manquent pas autour de Nîmes. Les hauteurs des bords du Rhône, les gorges du Gardon ou encore les plateaux de la Vaunage sont investis par des peuplades agro-pastorales. Le mont Cavalier commence à être occupé de façon permanente et devient l’oppidum primitif à l’origine de Nîmes. La plaine est, elle aussi, habitée. Le célèbre buste du guerrier de Grézan (), exposé au musée archéologique de la cité romaine, en atteste. Les tombes à incinérations, les céramiques indigènes sont accompagnées par des poteries étrusques puis grecques qui marquent les premiers signes d’un commerce méditerranéen (notamment avec les Phocéens). Une douzaine de tombes a été trouvée à Nîmes. Les oppida de Nages et d’Ensérune deviennent organisés, l’espace urbain se précise aux . Le dieu Nemausus est adoré à la fontaine située au pied du mont Cavalier. Les Volques Arécomiques divinisent la Source, lui consacrent un sanctuaire. Petit à petit, les constructions primitives font place à des édifices en pierre sèche. Parmi eux, une tour haut perchée sur la colline, la tour Magne, sera plus tard transformée pour être intégrée aux remparts romains. En 218 , les Volques sont terrorisés par le passage d’Hannibal et de ses éléphants.
En 120 , les Volques, désormais à la tête d'un vaste territoire de 24 oppida accueillent sans résistance les légions de Rome. La Colonia Nemausa, la ville gallo-romaine est sur le point de naître. À partir de 118 , la Via Domitia reliant l'Italie à l'Espagne est construite et traverse la ville.
Époque romaine thumb|La Maison Carrée.
La romanisation de Nîmes commence véritablement au cours du Nîmes devient colonie de droit latin et se couvre de somptueux monuments. L'empereur Auguste (Octave) et ses successeurs en font une ville de promotion de la romanité en Gaule. Nîmes s'agrandit. La monnaie, frappée à Nîmes, célébrait une victoire en Égypte de légionnaires ayant obtenu des terres de la colonie nîmoise : en 31 , Octave défait à Actium la flotte d’Antoine et Cléopâtre et s’assure la mainmise sur l’empire, César Auguste est né. La monnaie (As de Nîmes), une des plus célèbres de l'Empire romain, est à l’origine des armoiries de la ville : un crocodile enchaîné à un palmier couronné de lauriers qui symbolise l’Égypte vaincue.
Au , Nîmes, étape idéalement située sur la Via Domitia qui relie Rome à l'Espagne, est à son apogée. On estime la population à près de habitants. L'enceinte nîmoise est alors longue de et englobe . Nîmes devient donc une importante ville de l'Empire romain et une des plus brillantes de la Gaule romaine et narbonnaise. L'empereur Antonin le Pieux, originaire de Nîmes y contribue encore. Cette période très prospère est illustrée aujourd'hui par de splendides monuments pour certains dans un état de conservation exceptionnel (parmi les plus beaux et les mieux conservés du monde romain) : l'amphithéâtre ou « arènes » d'une capacité de , la Maison Carrée, la tour Magne (ancienne tour gauloise réhabilitée par les Romains), le « temple de Diane » et les aménagements culturels autour de la source de la Fontaine, l'arrivée de l'eau au castellum divisorium grâce à la construction d'un aqueduc depuis Uzès sur dont le pont du Gard constitue l'élément le plus remarquable, etc. Deux portes romaines sont encore conservées : la porte d'Auguste et la porte de France.
Au , Nîmes est évangélisée par saint Baudile et subit des invasions barbares successives qui ralentissent l'essor de la cité antique. Au , l'arrivée et l'installation des Wisigoths met fin à la prospérité de la cité antique.
Moyen Âge Haut Moyen Âge thumb|La cathédrale de Nîmes.
Les Wisigoths effectuent un premier raid sur Narbonne en 413 avant de nouer une alliance avec l'Empire romain. Ils s’installent à Toulouse, capitale de leur nouveau royaume et deviennent maîtres du sud de la France en 462. Les sept cités du Languedoc donnent une nouvelle appellation à la contrée à l'ouest du Rhône : la Septimanie. Les Wisigoths transforment l’amphithéâtre romain en forteresse dans laquelle ils construisent un château. Aux , la région est disputée par les Francs et les Wisigoths. Nîmes est sous tutelle wisigothe tandis qu’Uzès fait partie du royaume franc. En 672, Nîmes soutenue par les Francs, se révolte contre Wamba, roi des Wisigoths qui assiège et reprend la cité l’année suivante. En 719, les musulmans franchissent les Pyrénées et conquièrent la Septimanie. Ils prennent Nîmes en 725Jean Flori, L'Islam et la Fin des temps: l'interprétation prophétique des invasions musulmanes dans la chrétienté médiévale, Seuil, 2007, p. 169. , comme en témoignent les sépultures exceptionnelles découvertes dans la ville en 2007En 2016, une analyse génétique de squelettes provenant de trois tombes musulmanes découvertes à Nîmes en 2007, réalisée par Gleize et al., a montré qu'il s'agissait de personnes originaires d'Afrique du Nord, appartenant à l'haplogroupe paternel E-M81 très fréquent au Maghreb. Ces personnes étaient âgés respectivement de 20 à 29 ans pour l'un, d'une trentaine d'années pour le deuxième, et de plus de 50 ans pour le troisième. Selon l'Inrap « L’ensemble de ces données suggère que les squelettes découverts dans les tombes de Nîmes appartenaient à des soldats berbères enrôlés dans l’armée omeyyade durant l’expansion arabe en Afrique du Nord ». Pour Yves Gleize, l'auteur principal de l'étude, « l'analyse archéologique, anthropologique et génétique de ces sépultures du début de l'époque médiévale à Nîmes fournit des preuves matérielles d'une occupation musulmane au dans le Sud de la France », 3 tombes musulmanes, les plus anciennes de France, découvertes à Nîmes, Sciences et Avenir, 26 février 2016, Gleize et al. 2016, Early Medieval Muslim Graves in France: First Archaeological, Anthropological and Palaeogenomic Evidence, Published: February 24, 2016 DOI: 10.1371/journal.pone.0148583 , remontent la vallée du Rhône, paraissent à Lyon et pillent Autun. , leur passage sera plutôt pacifique : ils respectent les lois, l’administration et l’église représentées par les comtes et les évêques. En 752, les musulmans sont définitivement chassés de NîmesDominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Nîmes - Gard 2014 Petit Futé, Petit Futé, 2014, p. 26. .
La Gaule est alors aux mains des Francs et les Mérovingiens ne s’occupent guère de la région. La France est ravagée par la famine et les épidémies et les rois fainéants ne contribuent guère à redresser la situation, selon Éginhard. Le pouvoir est détenu par les maires du palais dont le plus illustre est Charles Martel. Ce dernier écrase les Sarrasins en 732 à Poitiers et ses troupes déferlent sur la Septimanie qui est mise à sac en 738. Nîmes est incendié et tombe en 754. Radulf, un comte franc s’installe dans le château des arènes de Nîmes qui ne possèdent plus l’opulence de l’époque romaine. La porte d’Auguste devient une forteresse, le site de la Fontaine est donc entièrement déserté. La ville connaît un important déclin. À la suite de la dislocation de l’Empire de Charlemagne en 833, le Languedoc voit la création de nombreuses abbayes. Tandis que le pouvoir religieux assied son autorité, les seigneurs laïcs deviennent de plus en plus puissants. Nîmes passe sous l’autorité des comtes de Toulouse en 892. Les invasions sont toujours menaçantes, les Hongrois conquièrent Nîmes en 924.
En juillet 987, Hugues Capet est couronné roi. Les Capétiens s’installent dans un pouvoir tout théorique. La France est morcelée en douze principautés, elles-mêmes divisées en territoires dans lesquels les châtelains sont les maîtres absolus. La féodalité est même reconnue héréditaire au . En 1096, le pape demande non pas au roi mais au comte de Toulouse de conduire la première croisade en Terre Sainte. À Nîmes, après de nombreuses luttes de pouvoir, les chevaliers des arènes prêtent serment au croisé. En 1194, la ville se dote d’une nouvelle enceinte défensive. En 1198, le pouvoir est exercé par les quatre Consuls qui siègent alors dans la Maison Carrée. Grâce à la vigne, à l'olivier et à l'élevage du mouton, les échanges commerciaux redémarrent. Et là encore, la source intervient. Ses eaux qui courent à travers la ville vont au cours des prochains siècles amener la prospérité aux tanneurs, teinturiers et marchands d'étoffes.
Moyen Âge tardif thumb|La « maison romane » de Nîmes.
Après la conquête capétienne qui suivit la croisade des Albigeois de 1209, Nîmes fut incorporée à la France et incluse dans la sénéchaussée de Beaucaire, qui se composait des vigueries suivantes : Aigues-Mortes, Alès, Anduze, Bagnols-sur-Cèze, Beaucaire, Lunel, Nîmes, Roquemaure, Saint-André (Villeneuve-les-Avignon), Saint-Saturnin-du-Port, (Pont-Saint-Esprit), Sommières, Uzès, Le Vigan et Meyrueis, Montpellier, et les bailliages du Gévaudan, du Velay et du Vivarais. En 1215, Simon de Montfort, chef d’une alliance de seigneurs du nord de la France, se rend maître de Nîmes. En 1226, Louis IX est couronné, il n’a que douze ans, c’est donc sa mère Blanche de Castille qui exercera le pouvoir jusqu’à la majorité du roi. C’est finalement Saint Louis qui parviendra à affirmer le pouvoir royal dans la région devenant ainsi le Languedoc. En 1248, le roi s’embarque à Aigues-Mortes non loin de Nîmes, pour la Terre Sainte. En 1263, les dominicains puis, en 1278, les marchands lombards s’établissent à Nîmes.
La fin du voit les persécutions des juifs qui sont finalement largement expulsés de Nîmes en 1306. En 1309, le pape gardois Clément V s’installe à Avignon (cité proche de Nîmes) tandis qu’en 1348, la terrible épidémie de peste noire fait périr le tiers de la population du Languedoc. Alors que la France est en guerre contre les Anglais (guerre de Cent Ans), la région tente de panser les plaies des calamités naturelles : épidémies et conditions climatiques désastreuses. La guerre de Cent Ans ne concerne guère le Languedoc, sauf peut-être par la levée des taxes imposées par la rançon phénoménale exigée par les Anglais pour libérer le roi Jean le Bon (1360). À la fin du , le château royal est construit sur les ruines de la Porte d’Auguste. Puis, les Lombards surchargés d’impôts décident de partir. De nombreuses épidémies de peste ravagent les villes. Les rats envahissent Nîmes en 1480. La fin du siècle annonce la Renaissance avec la création des premières industries textiles nîmoises.
Époque moderne Guerres de religion vignette| Nîmes, d'après Sebastian Münster, 1569 thumb|La tour de Constance à Aigues-Mortes où étaient emprisonnées les protestantes.