François Piétri né le à Bastia et mort le à Sartène (Corse), est un homme politique français.
Biographie
Jeunesse et études François Sampiero Marie Jourdan Piétri naît dans une famille aisée de notables : son père, Antoine Jourdan Napoléon Piétri, est avocat et conseiller de préfecture et sa mère, Clarinde Rose Brigite Gavini, est la fille du député Sampiero Gavini.
Né à Bastia, François Piétri passe son enfance à Alexandrie, où son père exerce les fonctions de conseiller légal du gouvernement égyptien.
Il poursuit ses études secondaires au collège Stanislas, à Paris, de 1895 à 1899. Il est lauréat du Concours général en 1897 et 1898. Il obtient une licence ès lettres en 1900. Il est diplômé de l'École libre des sciences politiques en 1903. Il est titulaire d'un doctorat en droit (1903).
Le à Paris , il épouse Antoinette Brocheton.
Parcours professionnel Avocat stagiaire à la cour d'appel de Bastia en 1902, il est admis en 1906 au concours de l'Inspection générale des finances. Chef adjoint du cabinet de la Présidence du Conseil en 1910, il démissionne de ce poste pour raisons personnelles en 1912..
Mobilisé comme sergent de réserve au 269e régiment d'infanterie le , il est promu sous-lieutenant au 226e régiment d'infanterie en puis lieutenant en . Il est commotionné par l'explosion d'un obus de 305 le à Verdun. Il est crédité d'une citation élogieuse à l'ordre de la division qui donne droit au port de la croix de guerre à cet Archives de Corse, 9 NUM 43/932, bureau de recrutement de Bastia, classe 1902, feuillet matricule n°932 de François Sampiero Marie Jourdan Piétri..
Le lieutenant François Piétri est toutefois détaché comme sous-directeur de la Poudrerie nationale de Vonges (Côte-d'Or) à compter du . Il est ensuite mis à la disposition du Ministère des Affaires étrangères à partir du pour occuper le poste de Directeur général des finances de l'Empire chérifien. Il est proposé pour la Légion d'honneur pour ses dans cet emploi par le Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères Alexandre Millerand en .
Il exerce toujours cette fonction lorsqu'il est fait chevalier de la Légion d'honneur le à Rabat par le général Hubert Lyautey, Résident général de France au Maroc.
Parcours politique François Piétri est élu député de Corse le , et siège à l'assemblée comme républicain de gauche. Il est réélu trois fois (le , le et le au sein du parti de l'Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants)Site de l’Assemblée nationale..
Homme politique et écrivain, François Piétri était également un sportif accompli : il est international à l'épée en 1921-1922, ce qui lui vaut par la suite de présider la Fédération nationale d'escrime et de faire partie du Comité international olympiqueSite de l’Assemblée nationale, citant une biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J. Joly) et aussi l'éloge biographique publié par M. Armand Massard, vice-président du C.I.O., président du Comité olympique français, au moment du décès de François Piétri..
Plusieurs années président du conseil général de la Corse (entre 1924 et 1940), directeur des finances du protectorat au Maroc au temps de Lyautey, François Piétri est plusieurs fois ministre dans l'entre-deux-guerres. Il commence comme sous-secrétaire d'État aux Finances du au dans le gouvernement Briand X, à l'époque finissante du cartel des gauches. Le 20 juillet, Édouard Herriot lui propose le portefeuille de ministre des Finances dans l'ultime gouvernement Herriot sous le cartel des gauches ; il refuse, sachant le gouvernement condamné.
Piétri ne retrouve plus de poste ministériel avant 1929. Il est nommé ministre des Colonies du au dans les gouvernements Tardieu I et Tardieu II. Dès le début de l'année suivante, il est nommé ministre du Budget du au dans les gouvernements Laval I, Laval II et Laval III. Il devient ministre de la Défense nationale du au dans le gouvernement Tardieu III.
Il s'ensuit une période de plus d'un an sans qu'il ne retrouve de poste ministériel. Il est à nouveau appelé comme ministre des Colonies du au dans le gouvernement Sarraut I.
Il devient ministre des Finances du au dans le gouvernement Daladier II, puis ministre de la Marine du au dans les gouvernements Doumergue II et gouvernement Flandin I, et encore ministre de la Marine du au dans les gouvernements Bouisson, Laval IV et Sarraut II.
L'arrivée du Front populaire l'écarte des responsabilités ministérielles. Comme député, Piétri vote en faveur de la création d'une École nationale d'administration telle que proposée par Jean Zay.
Il doit attendre le régime de Vichy pour être à nouveau nommé au gouvernement, comme ministre des Communications ( au , gouvernement Laval V).
Il succède à Philippe Pétain à l'ambassade française en Espagne, nommé par le gouvernement de Vichy de 1940 jusqu'à 1944. C'est à ce titre qu'il est condamné par contumace par la Haute Cour de justice à cinq ans d'indignité nationale, le . Le , une mesure de relèvement est prononcée par le Conseil supérieur de la magistrature en faveur de François Pietri. Radié de l'Ordre national de la Légion d'honneur en 1948 à la suite de sa condamnation, il est réintégré dans sa décoration par décret du président de la République René Coty en 1957.
Écrivain d'essais politiques et historiques, il reçoit en 1956 le grand prix Gobert de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre historique. Sa veuve, née Marie-Antoinette Brocheton, avait épousé en premières noces Pierre-Augustin Barrachin ; mère d'Edmond Barrachin, elle meurt en 1978, à 102 ans.
François Piétri faisait partie de ceux que l’on appelait à l'époque les philosémites (à l'instar de Charles Péguy - l'adjectif est peu employé de nos jours).
Il était notoirement dreyfusard, depuis sa jeunesse, dans un milieu social qui très fréquemment ne l'était pas.
Au début des années 1930, il est membre du Comité national de secours aux réfugiés allemands victimes de l'antisémitisme et du Comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés, dont il est ensuite président d'honneur.
Au cours de ses années à Madrid comme ambassadeur de France pendant la guerre, il a aidé de nombreux Juifs à fuir de France vers la zone libre d’Afrique du Nord via l'Espagne, notamment en en hébergeant momentanément à l'ambassade.
En 1962, il est candidat malheureux à l'Académie françaisehttps://calames.abes.fr/pub/#details?id=Calames-20260127111055794249..
Il a reçu la Francisque..
Distinctions
Publications L'antagonisme du Nord et du Sud de l'Italie, Paris, Chevalier & Rivière, 1906 Le Bilan de la Pacification marocaine, Paris, E.S.P., 1922 Finances et monnaies coloniales, Paris, Alcan, 1924 La Querelle du Franc, Paris, Hachette, 1928 Le Financier, Paris, Hachette, 1931 Justice et injustice fiscale, Paris, Tallandier, 1933 La Réforme de l’État au XVIII siècle, Paris, Éditions de France, 1935 — Il y en eut une édition espagnole : Barcelone, Juventud, 1944 Veillons au salut de l'Empire, Paris, Éditions de France, 1937 Lucien Bonaparte, Paris, Plon, 1939 — Prix Thiers de l'Académie française — Il y en eut une traduction espagnole : Barcelone, Juventud, 1942 La France et la mer, Paris, Flammarion, 1940 Lucien Bonaparte à Madrid, Paris, Grasset, 1951, Prix Paul Teissonnière de l'Académie française — Cet ouvrage fut préalablement publié en espagnol : Un Caballero en el Escorial, Madrid, Espasa Calpe, 1947 Mes années d'Espagne : 1940-1948, Paris, Plon, 1954 Napoléon et le Parlement ou, La dictature enchainée, Paris, Fayard, 1955 Hors du forum, Editions de Paris, Paris, 1957 L'Espagne du Siècle d'Or, Paris, Fayard, 1959 Pierre le Cruel : le vrai et le faux, Paris, Plon, 1961 Les princes de sang, illustré de planches hors-texte par Kostia Terechkovitch, Flammarion, 1962 Chronique de Charles le Mauvais, Paris, Berger-Levrault, 1963 Napoléon et les Israélites, Paris, Berger-Levrault, 1965
Hommage En 1931, le mont Pietri (sic) dans les îles Kerguelen prend son nom, donné en hommage par l'équipage du navire de la Marine nationale L'AntarèsGracie Delépine, Toponymie des Terres australes, éditions La Documentation française, Paris, 1973, , consultable sur www.archives-polaires.fr..
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Discours de François Piétri en mars 1933 au Trocadéro, que l'on trouve dans un recueil de discours que François Piétri a publiés dans son livre intitulé Hors du forum, éditions de Paris, 1957
Liens externes
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