Léon Frédéric né le à Bruxelles et mort le à Schaerbeek est un peintre belge.

Biographie Famille Léon (Léon Henri Marie) Frédéric, né rue de la Madeleine à Bruxelles le , est le fils d'Antoine Frédéric (1821-1903), joailler, et de Félicitée Joseph Dufour (1827-1890).. Le , il épouse à Schaerbeek Laurence Bastin, née à Binche le ..

Formation Fils d'un joailler, Léon Frédéric ne connaît pas de véritable vie de famille. La maison exiguë, où il habite avec ses trois frères et sa sœur, est envahie par l'atelier de bijouterie qui prospère au détriment de l'espace habitable. Dès lors, les enfants sont placés parfois bien loin à la campagne, ou dans une modeste pension. Peu avant ses six ans, Léon est envoyé chez une femme étrangère à la famille et demeurant à Uccle. Il est ensuite logé aux environs de Gand, à Melle, où il devient élève de l'Institut des Joséphites jusqu'à l'âge de ans. S'il ne s'y imprègne pas de l'esprit religieux inculqué par ses professeurs, l'adolescent acquiert une force indépendante et quelque peu sauvage.

Estimant que son instruction est achevée, son père le rappelle à Bruxelles, dans l'intention de lui faire apprendre un métier pratique. Il est destiné à entrer en 1871 comme apprenti chez le peintre décorateur Charle-Albert, mais sur les conseils d'Alexandre Robert, il est formé aux premiers éléments de l'art pictural par Jules Van Keirsbilck et suit les cours du soir à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. En 1874, il travaille dans l'atelier particulier de Jean-François Portaels. L'année suivante, l'atelier de Portaels ayant été détruit, il se cotise avec cinq ou six condisciples peintres pour louer un local, à la maison du Renard sur la Grand-Place de Bruxelles, où ils peuvent étudier le modèle vivant. Peu après les jeunes artistes s'installent rue du Moulin, où Ernest Slingeneyer vient les conseiller et corriger de temps à autre.

De 1876 à 1878, il prépare le prix de Rome belge auquel il échoue en raison de sa palette trop personnelle éloignée de l'art officiel, mais son père lui offre les moyens voyager en Italie toute une année de 1878 à 1879. À Florence, où il séjourne durant sept mois, il demeure avec son ami Julien Dillens. Les deux artistes, partageant les mêmes conceptions, travaillent ensemble. Son travail comprend ébauches constituant une synthèse du talent des maîtres toscans anciens. La présentation de ses triptyques témoignent de l'influence des primitifs italiens dans sa peinture..

Carrière De retour à Bruxelles, Léon Frédéric expose ses premières œuvres significatives Le Retour de l'enfant prodigue et Le Couronnement d'épines au Salon de Bruxelles de 1878. Il fait également ses débuts au sein du groupe artistique l'Essor qui réunit des tenants du réalisme. Il présente L'Agonie de Saint-François d'Assises au prix Godecharle de 1881, sans remporter la palme, mais qui lui permet de montrer l'originalité de son talent. Ensuite, il pratique un peu d'art décoratif chez Henri Baes. En 1883, il abandonne les sujets religieux au profit du réalisme naturaliste. Il est salué comme un peintre plein de promesses avec son tableau Les Marchands de craie, un triptyque ralliant le modernisme au génie des maîtres primitifs, et durant les années 1890, il devient un des peintres les plus populaires de Belgique, cité aux côtés de Constantin Meunier ou d'Eugène Laermans.

Le , le roi Albert accorde à Léon Frédéric le titre de baron.. Léon Frédéric meurt à Schaerbeek le , à l'âge de ans..

Son œuvre En 1882, il découvre l'œuvre du peintre naturaliste français Jules Bastien Lepage.

Son art est l'alliance d'un naturalisme maniéré avec la naïveté et la luxuriance du Quattrocento et des primitifs flamands, souvent exécutées sous forme de triptyques.

Le peintre des Marchands de craie relate avec une poésie touchante les visages, ceux des petits surtout dans leur timidité craintive ; l'un a la grosse tête, l'air bête, borné, un autre louche, ils sont tous malgré tout, même ces deux là, ravissants. C'est la poésie de la misère, de la résignation, du devoir silencieux, du courage.

vignette|center|upright=2|<center>Les Marchands de craie (1882-1883), triptyque : Les Marchands de craiemusées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Certains tableaux prennent la forme d'allégories ésotériques comme l’Intérieur d'atelier de 1882, au musée d'Ixelles. Ces œuvres suffisent à classer Léon Frédéric comme l'un des maîtres du courant symboliste belgeJean-Paul Bouillon, « Léon Frédéric », in : Encyclopédie Universalis (en ligne).. Elles annoncent certains thèmes surréalistes, comme le montre le volet droit du triptyque L'Eau, L'Eau dormante.

Œuvres dans les collections publiques

1882 : Intérieur d'atelier, musée d'Ixelles. 1882 : La Légende de Saint-François, triptyque, palais des Beaux-Arts de Lille. 1882-1883 : triptyque Les Marchands de craie ; volet gauche : Le matin ; centre : Midi ; volet droit : Le soir, Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. 1883 : Les Ramasseuses d'escarbilles, Liège, musée des Beaux-Arts. 1885-1887 : Les Âges du paysan : les garçons, Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. La chiffonnière, huile sur toile, Musée Charlier de Saint-Josse-ten-Noode. 1885 : Le Repas du laboureur, huile sur toile, Musée Charlier de Saint-Josse-ten-Noode. 1886 : Le Repas de funérailles, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de Gand 1888 : Les Boëchelles, Anvers, Musée royal des Beaux-Arts. vignette|redresse|Le Ruisseau (1890-1899), triptyque, Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.|alt=1890-1899 : Le Ruisseau, triptyque, Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. 1893-1894 : Les Quatre Saisons, Philadelphia Museum of Art. Cycle de quatre tableauxphilamuseum.org. : Printemps, 1893 ; Été, 1894 ; Automne, 1894 ; Hiver, 1894. 1895-1897 : Les Âges du paysan, Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : Les Fillettes ; Les Promis ; Les Mariés ; Les Vieux. 1895-1897 : Les Âges de l'ouvrier, triptyque, Paris, musée d'Orsay. 1905 : L'Enterrement du paysan, Liège, musée des Beaux-Arts.

Autres œuvres Titre Date Image ExpositionLa Légende de saint François - Triptyque1882170pxPalais des Beaux-Arts de LilleIntérieur de studio1882170pxmusée d'IxellesLes Âges du paysan - cycleEntre 1885 et 1887170px|Les Garçons

170px|Les FillettesBruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de BelgiqueLes Boêchelles1888170pxMusée royal des Beaux-Arts d'AnversAll Things Die, But All Will Be Resurrected through God's Love - Triptyqueentre 1893 et 1918170pxKurashiki, musée d'Art ŌharaNature ou AbondanceVers 1895170pxMusée d'Art de DallasLes trois Sœurs ou Les Éplucheuses de pommes de terre1896170pxNew York, Metropolitan Museum of ArtLes Âges de l'ouvrier - TriptyqueEntre 1895 et 1897170pxParis, musée d'OrsayAllégorie de la NuitVers 1900170pxMusée des Beaux-Arts de GandLe Goûter du laboureurVers 1900170pxMusée Charlier, Saint-Josse-ten Noode (Bruxelles)Allégorie de la FertilitéVers 1900170pxLocalisation inconnueL'Âge d'or : Triptyque Le Matin, La Nuit, Le Soir1900 -1901alt=|170pxLocalisation inconnueToilette du matin1904170pxLocalisation inconnueRhododendron en fleurs1907170pxMusée royal des Beaux-Arts d'AnversL'Annonciation douloureuse1927170pxLocalisation inconnueL'Aurore ou L'Aube arrachant les ténébres170pxLocalisation inconnueFragrance ou Fillette dans la roseraie1894170pxCollection privée, BelgiqueEnterrement d'un paysan170pxLiège, La BoverieAutoportrait170pxLocalisation inconnue

Honneurs Distinction le : distinction décernée par le roi Albert .

Toponymie La ville de Schaerbeek a dénommé une de ses artères rue Léon Frédéric. Le Monument à Léon Frédéric de Jules Lagae orne le parc Josaphat de la même ville.

Expositions « Un autre réalisme », Ornans, musée Courbet, du au .

Notes et références

Annexes

Bibliographie . . .

Liens externes

Dictionnaire des peintres belges, sur la base de données BALaT de l'Institut royal du patrimoine artistique.

Catégorie:Peintre belge du XIXe siècle Catégorie:Peintre belge du XXe siècle Catégorie:Peintre naturaliste Catégorie:Peintre symboliste belge Catégorie:Étudiant de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles Catégorie:Élève de l'atelier Portaels Catégorie:Grand officier de l'ordre de la Couronne Catégorie:Personnalité liée aux arts décorée de l'ordre de la Couronne (Belgique) Catégorie:Naissance en août 1856 Catégorie:Naissance à Bruxelles au XIXe siècle Catégorie:Décès en janvier 1940 Catégorie:Décès à Schaerbeek Catégorie:Décès à 83 ans