Nicolas Denisot (1515-1559) dit le « Conte d'Alsinois », était un poète français de la Pléiade, ami Pierre de Ronsard, Jacques Peletier du Mans, Jacques Tahureau et Rémy Belleau, tous originaires ou attachés au Mans, capitale de la Province du Maine.
Biographie Nicolas Denisot descendait d'une « ancienne et illustre famille du PercheH. de LA MAYNARDIERE, Poètes chrétiens du XVIe siècle, Paris, 1908, in-8°, p. 77. » fixée de longue date à Nogent-le-Rotrou. D'aucuns avancent que l'origine de la famille était anglaise, se référant à un parent de Nicolas, Philippe Denisot, qui se nommait aussi Adison ou AdamsonAbbé Godet, Nicolas Denisot, dans : Bulletin de la Société percheronne d'Histoire et d'Archéologie, t. VII (1908), n° 2, 15 avril HJ08, Bellême, p. 96.. Cette famille est attestée à Nogent dès le , puisqu'avant 1500, Jehan Denisot, l'ancêtre commun, avait épousé Hélène Durand à NogentH. Chardon, Scarron inconnu, Paris, 1903-1904, 2 vol. Voir l'arbre généalogique de la famille Denisot.. À cette époque la famille possédait le manoir de Poix Au lieu-dit le Plessis-Poix, dans la commune de Sainte-Céronne-lès-Mortagne, ce manoir construit par la famille du même nom au , devint la propriété des Denisot au . Ce fief relevait de la seigneurie de Soligny. E. Desvaux-MarteviIJ,e, Manoirs du Perche, op. cit., p. 41..
Les Denisot étaient nobles et portaient « trois épis de bled en champ d'azur ». Ils furent innombrables dans le Perche puis essaimèrent dans le Maine et l'Anjou aux .
Nicolas naquit au Mans où demeurait sa famille. Jehan Denisot l'Ancien, son père, était "licencié en loix". Jeune avocat, il avait quitté Nogent, sa ville nataleIl s'était souvenu de celle-ci en composant son épitaphe : « Or recevez l'Oraison lamentable, Que maistre Jehan Denisot jà passé, A Nostre-Dame à Nogent-le-Rotrou, A faict tel legs, à semblable charge où, Naissance prit Jésus pour tel partage, Luy donne es cieux tel héritage ». Elle était gravée sur une plaque de cuivre, au-dessus de sa tombe, dans l'église Saint-Pavin-de-Ia-Cité au Mans. , pour s'installer dans la capitale mancelle où il se maria deux fois. Il devint ensuite bailli d'Assé-le-Riboul (Les avis sont partagés : l'abbé Godet et CI. Jugé pensent qu'il s'agit d'Assé-en- Villerny, près de Nogent-le-Rotrou. D'autres recherches tendent à prouver qu'il s'agit plutôt d'Assé-Ie-Riboul, canton de Beaumont-sur-Sarthe.). Jean l'aîné de ses fils, né de Simone Moreau qui mourut peu après, était donc le demi-frère de Nicolas. Il suivit les traces de son père, fit une carrière d'avocat et fut nommé par la suite procureur au Mans. François, né du second mariage et l'aîné de Nicolas, fut d'église. Il pratiqua aussi la poésie, on a de lui quelques pièces. On sait qu'il fut abbé de La Périne et ensuite prieur d'Assé-le-Riboul.
Quant à Nicolas, troisième fils de Jehan l'Ancien, il naquit au Mans en 1515 du second mariage de Jehan. Il fit des études assez médiocres, suivant d'abord les Petites Écoles, tenues par des moines. Puis il continua probablement au collège Saint-Benoît fondé par Pierre CarbelinPierre Carbelin, né au Mans en 1480, était uu ancien professeur de Belles-Lettres au collège de Navarre et auteur d'un dictionnaire latin de proverbes (A. BOUTON, Le Maine ... , , 419).. Le collège était situé dans le quartier Saint-Pavin-de-Ia-Cité où demeuraient les DenisotDenisot et son ami Pierre Belon demeuraient « près la pierre de Tussé », lit-on dans une pièce de Denisot placée en tête de l'Histoire de la nature des Oyseaux de Pierre Belon, Paris, 1555, in-fol.. Nicolas avait compté parmi les élèves de François Briand, maistre des Écoles de Saint-Benoist en la cité du Mans. Celui-ci avait publié un recueil de Noëls en 1545, précédant ceux de Jean Daniel, de Lucas Lemoigne et de Barthélemy AneauC'est une plaquette in-4° découverte par H. Chardon à la Bibliothèque municipale de Bourg-en-Bresse. Cette publication de 31 feuillets faisait partie d'un recueil ayant appartenu aux Chartreux de Porbes de l'Ain. Elle comprenait 20 Noëls dont quatre notés à deux parties, chose rare à l'époque, plus quatre Histoires par personnages, c'est-à-dire quatre petits mystères..
Il est très important, afin de comprendre le goût de Denisot pour les chants religieux, d'insister sur le fait que ce dernier, élève intelligent et studieux, avait certainement bénéficié de l'amitié que François Briand ne manquait pas de lui témoigner. Denisot, jeune et enthousiaste, ne pouvait qu'admirer son maître avec les yeux et la fougue de l'adolescence. Et ceci ne laissa certainement pas d'influencer sa jeune imagination. Ses choix et ses œuvres, au long d'une courte vie si bien remplie, en disent assez long sur ce sujet. alt=Portrait de Louise Labé en Jeanne d'Arc, attribué à Nicolas Denisot|vignette|Portrait de Louise Labé en Jeanne d'Arc, attribué à Nicolas Denisot Dès l'enfance, Nicolas s'était lié d'amitié avec Jacques Peletier, dit du Mans, de deux ans son cadet et orphelin de mère. D'une remarquable intelligence, Pelletier fut, plus tard, surnommé le Docte. Cette amitié, riche tant au point de vue affectif que culturel, eut probablement une influence bénéfique sur notre poète. Suivit-il avec Jacques Tahureau les cours de l'Université d'Angers? Rien ne l'indique, ce qui pourrait expliquer la légèreté du bagage de Nicolas au seuil de sa vie d'adulte. Cependant celui-ci avait reçu au berceau le goût des lettres, héréditaire dans cette famille.
Quant à son pseudonyme de « conte d'Alsinois », il le prit assez rapidement comme nom de plume : c'était la mode et Nicolas sacrifia à l'usage. Il s’agit de son anagramme, page 1354..
Nicolas Denisot était également un peintre portraitiste amateur, un portrait de Louise Labé lui est attribué.
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Notes et références
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