Le parc zoologique de Paris, anciennement parc zoologique du bois de VincennesJean de la Cerisaie, « Le parc zoologique du Bois de Vincennes vient d'être inauguré », La Nature, Soixante deuxième année, deuxième semestre, 2932, juillet 1934, p.30-32.Jacques Sorbets Le parc zoologique du Bois de Vincennes, dans L'Illustration du 28 mars 1936 (4.856), , familièrement appelé zoo de VincennesParc zoologique - autour de Vincennes, site de la mairie de VincennesLe zoo ouvrira à nouveau ses portes en 2014 sur paris.fr., est un parc zoologique français de , faisant partie du Muséum national d'histoire naturelle, situé dans l'ouest du bois de Vincennes, attenant au de Paris. Conçu en 1934, en complément de la ménagerie du Jardin des plantes, ce zoo a pour vocation l'observation du comportement animal en captivité et la reproduction d'espèces menacées pour être réintroduites dans leurs milieux d'origine.

Dès son ouverture, il est remarqué pour son grand rocher artificiel, haut de , décor emblématique visible de loin et par la suite intégré dans le logo du parc. Fin 2024, le parc présente animaux de 275 espèces : vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens) ou non (arthropodes, mollusques…)Plan de visite du parc zoologique de Paris, 2021, sur parczoologiquedeparis.fr..

Comme la ménagerie du Jardin des plantes et la réserve zoologique de la Haute-Touche, le parc zoologique de Paris a longtemps été géré par la chaire d'éthologie du Muséum ; lors de la réorganisation du Muséum en 2001, il fut rattaché au « département des jardins botaniques et zoologiques » et depuis 2017 au département « Adaptations du vivant » qui gère plus de animaux vivantsRapport d'activité 2017 ; section « Organisation », . Membre permanent de l'Association européenne des zoos et aquariums (EAZA), il s'engage dans la conservation ex situ en participant à des programmes d’élevage européens pour les espèces menacées (EEP), dont il en coordonne cinq. Il est également membre de l'Association mondiale des zoos et aquariums (WAZA).

En 2015, avec plus de visiteurs par an, ce zoo était l'un des cinq parcs zoologiques les plus fréquentés de France.

Histoire vignette|Enclos des girafes et des autruches, lors de l'exposition coloniale internationale de 1931.

En 1860, le directeur du Muséum national d'histoire naturelle Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, préconise la création d'une annexe à la ménagerie du Jardin des plantes, pour y étudier le comportement des animaux. Auparavant, le botaniste Gabriel Thouin - et ultérieurement le zoologue Edmond Perrier - envisagent deux sites pour cette extension. Soit le site voisin des halles aux vinsPlan d'extension de Gabriel Thouin - Plan d'extension d'Edmond Perrier par Léon-Louis Fillol - , soit le Jardin d'acclimatation, où selon les termes de la concession, ce sont des « animaux utiles » (pour la plupart domestiques) qui doivent être présentés. Une loi du accorde finalement au Muséum seize hectares du bois de Vincennes, parcelle que la Couronne venait de céder à la Ville de Paris. Le Muséum en fait une réserve végétale et animale (semis et élevages) mais le projet de zoo reste dans les cartons, faute d'argent.

A l'occasion de l'exposition coloniale de 1931, un « zoo temporaire » est ouvert pour présenter au public des « animaux exotiques ». Dirigé par Henry Thétard, il reçoit plus de cinq millions de personnes entre le et . Une fois l'exposition terminée, il est décidé d'installer un zoo définitif sur un autre site du bois de Vincennes, à l'emplacement actuel.

Liste des dirigeants 1934-1946 : Achille Urbain 1946-1976 : Jacques Nouvel 1976-1988 : François Doumenge 1988-1989 : Jean Rinjard 1990-1995 : Jean-Jacques Petter 1995-2000 : Maryvonne Leclerc-Cassan 2000-2006 : Claude-Anne Gauthier 2006-2007 : Bruno Lassalle 2008-2010 : Christine Morrier 2010-2012 : Thierry Le Bec (intérim) 2012-2017 : Sophie Ferreira Le Morvan Depuis 2018 : Pierre-Yves Bureau

Parc zoologique du Bois de Vincennes (1932-2008) vignette|Vue aérienne du zoo en 1934.

Le « Parc zoologique du bois de Vincennes » est conçu par le géologue Paul Lemoine, directeur du Muséum national d'histoire naturelle de 1932 à 1936, en accord avec la ville de Paris. Celui-ci l'avait imaginé bien avant sa nomination en tant que directeur du Muséum en .

Le parc est construit par Charles Letrosne, architecte des bâtiments civils et des palais nationaux, selon l'exemple du zoo de Hambourg de Carl Hagenbeck, un modèle innovant pour l'époque qui visait à présenter les animaux sans cages, sur des plateaux, dans des fossés et des enrochements de manière à ne pas les séparer du public par des barreaux. Les loges intérieures de nombreux animaux pouvaient aussi être visitées par le public. Le parc est inauguré le par le président de la République, alors Albert Lebrun.

vignette|L'éléphant de mer Goliath avec son soigneur et dresseur en 1936.

Très vite, il connaît un grand succès auprès des Parisiens, qui peuvent y admirer une faune originale et spectaculaire, dans un cadre plus naturel que celui des anciennes ménageries, et comprenant des espèces alors peu connues et encore jamais vues en captivité, comme l'éléphant de mer.

Ses installations lui ont permis d'héberger de nombreux animaux, surtout des grands mammifères. Le zoo a obtenu de grands succès dans la reproduction de l'éléphant d'Asie, de la girafe du Kordofan et de l'okapi, tous trois menacés d'extinction dans la nature, ainsi que d'une multitude de félins, d'ours, d'antilopes et de cervidés. Il a également présenté des espèces très rares en captivité, telles que le kouprey (un spécimen de 1936 à 1940, seul à avoir été élevé en Europe), l'éléphant de mer (le spécimen Goliath y a vécu une trentaine d'années), le rhinocéros indien et le panda géant. Deux mâles de cette espèce, offerts en 1973 par le Premier ministre chinois Zhou Enlai au Président Georges Pompidou, dans le cadre des relations diplomatiques entre la Chine et la France, y ont vécu ; l'un d'eux, Li Li, est mort peu de temps après son arrivéeLi li, le grand panda du Président Pompidou, sur le site du MNHN, consulté le 10 octobre 2016. ; l'autre, Yen Yen, y a vécu jusqu'à sa propre mort en 2000., soit 27 ans, ce qui représente une des plus longues durées de vie pour cette espèce en captivité.

Toutefois, le zoo n'a jamais présenté beaucoup d'espèces animales de petite taille, faute d'installations adaptées, et ce malgré la construction de quelques volières et l'ouverture d'une maison des lémuriens en 1986, où des groupes de lémuriens nocturnes, souvent rares, évoluaient dans une obscurité artificielle. Cette installation n'a jamais eu d'équivalent en France, et n'en a pas beaucoup ailleurs dans le monde.

À partir des années 1980, les installations du zoo, tels que les enclos et faux rochers constitués de treillis métalliques enduits de béton, qui avaient été conçus dans les années 1930 pour une durée de 50 ans, se sont trouvés dégradés par le vieillissement. Faute d'entretien, ils se sont effrités et sont devenus dangereux. Le Grand Rocher, symbole emblématique du parc, qui domine le bois de Vincennes, a alors été fermé plusieurs années. Conçu à l'origine pour abriter des animaux alpins, il fut surdimensionné pour recevoir deux réservoirs d'eau potable, les loges des mouflons, des escaliers et l'ascenseur le plus rapide d'Europe en 1934, avec une vitesse de à la seconde. En 1993, le gouvernement débloqua des crédits en urgence pour sa rénovation, tandis que d'autres installations furent fermées au public au début des années 2000, certains animaux (éléphants, félins, rhinocéros, ours) étant déplacés hors du zoo.

Le zoo de Vincennes voyait par ailleurs sa fréquentation diminuer depuis la fin du : visiteurs en 2005, contre en 2004, en 2003, en 1996, en 1991., en 1984 et en 1968.

Restauration et fermeture (2008-2014) vignette|upright|Le Grand Rocher en 2006, déjà restauré en 1993.En 2004, la dégradation des installations est si visible, que des élus se mobilisent. Laurent Lafon, maire de Vincennes et conseiller régional d'Ile-de-France, lance le « Mouvement de soutien populaire en faveur du zoo de Vincennes »Mouvement de soutien populaire en faveur du zoo de Vincennes (document PDF) sur http://www.vincennes.fr., liste des messages de soutien, une pétition qui recueille des milliers de signatures en vue d'attirer l'attention des ministres sur la nécessité de rénover le zoo, menacé de fermeture pour non-conformité. En , L. Lafon soulève à nouveau la question du devenir de l'établissement, dans une tribune du quotidien Le MondeLe Monde Tribune de Laurent Lafon, parue dans Le Monde du 19 septembre 2004, en ligne sur http://www.mairie-vincennes.fr.La Lettre du maire de Vincennes (newsletter.vincennes.fr, 26 octobre 2006). En , à l'Assemblée nationale, un député du Val-de-Marne, Patrick Beaudouin, interpelle à ce sujet François d'Aubert, Ministre délégué à la recherche« La dégradation progressive de ses équipements, donc de son fonctionnement, ont même conduit à envisager sa fermeture, temporaire ou définitive, ce qui a suscité une émotion légitime car cela signifierait la disparition d'une institution ancienne et d'un centre de recherche, d'information et de reproduction de renommée mondiale, déclara Patrick Beaudouin : voir Rénovation du zoo de Vincennes, mardi 7 décembre 2004, en ligne sur ..

Peu après, euros sont débloqués en urgence pour les travaux de première nécessité sur les réseaux de gaz et d'électricité et sur le rocher des girafes. En 2005, le Gouvernement consacre un million d'euros à l'accueil des animaux et du public et 1,2 million supplémentaires à la volière des lémuriens et à l'accueil de nouveaux pensionnaires. Cela permet de lancer la rénovation du zoo, qui débute au premier trimestre 2007. L'estimation du coût est chiffré entre 120 et 130 millions d'euros, pour une dépense finale de 167 millions. Ce plan de rénovation fait de l'établissement une « référence mondiale », comme l'affirme Allain Bougrain-Dubourg, président du comité scientifique.

Les fonds publics manquant, un partenariat public-privé est mis en place pour financer le chantier. Des acteurs privés (principalement Bouygues Construction et la Caisse d'épargne) assurent le financement à 94 % (soit 157 millions d'euros), en échange d'un loyer de 15 millions d'euros par an à verser pendant 25 ansChallenges, Le zoo de Paris change d'écosystème., correspondant approximativement au surcroît de recettes généré par l'augmentation des tarifs des entréesLoïc Chauveau : Le zoo de Vincennes fait peau neuve, in : Sciences et Avenir , avril 2014, .. Ce partenariat revient à reverser une partie des recettes du zoo public à des acteurs privés, mais n'affecte pas le statut et les missions du personnel et des chercheurs associés, ni les missions de service public du parc (recherche, protection des espèces).

Les travaux proprement dits durent deux ans et demi, les animaux étant déplacés pendant ce temps soit à l'intérieur du périmètre du zoo (girafes), soit dans d'autres établissements du Muséum comme la ménagerie du Jardin des plantes de Paris, le Centre d'écologie générale de Brunoy, le parc zoologique de Clères ou la réserve zoologique de la Haute-Touche à Obterre, soit encore dans d'autres zoos partenaires (Montpellier, Édimbourg, Dublin, Moscou...).

Renouveau vignette|Vue aérienne en 2018. vignette|Plan du Parc zoologique de ParisLe nouveau « Parc zoologique de Paris » ouvre au public le . C'est le seul zoo au monde à avoir été entièrement reconstruit. Est conservé l'entrée de Saint-Mandé, désormais fermée, le Grand Rocher, la volière des vautours et des îlots des primates de la zone Guyane-Madagascar.

Le week-end de réouverture du zoo du connait un fort succès avec une affluence de visiteurs ; billets avaient été pré-vendus en ligne.

Parc zoologique de Paris

Cinq biozones

Le nombre d'animaux a été porté à de 275 espèces, fin 2024Rapport annuel d'activité 2024 du MNHN, p. 39, site mnhn.fr..