L’acupuncture.. ou acuponcture (du latin médical du « » formé de acus, « aiguille », et punctura, « piqûre ») est une pseudo-médecine dont les origines historiques sont liées à la tradition médicale chinoise. L'acupuncture ne s'est pas construite sur le savoir scientifique et relève par conséquent de la pseudo-science : :. Son efficacité ne dépasse ainsi pas celle de l'effet placebo..

L'acupuncture consiste en une stimulation de zones précises de l'épiderme : les « points d’acupuncture ». Les techniques de stimulation des points d’acupuncture sont effectuées avec des moyens divers : des aiguilles le plus souvent, mais aussi d'autres moyens physiques (mécaniques, électriques, magnétiques, thermiques, lumineux) ou physico-chimiques, voire d'autres méthodes alternatives dangereuses (apipuncture, apithérapie avec des piqûres d'abeille)..

Le risque d'iatrogénie existe., notamment par la transmission d'agents pathogènes si les conditions d'asepsie sont insuffisantes. L'utilisation de l'acupuncture a été critiquée sur le plan éthique lorsqu'elle se fait au détriment de traitements efficaces..

La pratique de l'acupuncture est attestée depuis plusieurs millénaires en Asie (en particulier en Inde, en Chine, en Corée et au Japon), même si son succès a beaucoup fluctué avec le temps. Du fait de ses racines historiques, géographiques et culturelles et de ses conditions d’implantation en Occident, l’acupuncture n'intéresse pas seulement la médecine mais aussi l'anthropologie, l'histoire des sciences, l'épistémologie et la sociologie, et ce depuis son introduction en Europe au . L'UNESCO l'a inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité le .

Étymologie Le terme chinois usuel désigne à la fois l’acupuncture et la moxibustion.

Le terme du latin médical « » a été forgé au par le médecin hollandais Willem Ten Rhyne. Il est formé de acus, « aiguille », et punctura, « piqûre ».

La première référence européenne à l'« acupunctura » se trouve dans un traité européen sur la médecine chinoise écrit par un missionnaire français à la cour impériale de Pékin : Les secrets de la médecine des chinois consistant en la parfaite connaissance du pouls et envoyé de la Chine par un français, homme de grand mérite, publié à Grenoble en 1671 (Phillipe Charvys). L'auteur en est, peut-être, le missionnaire Jésuite Philippe Couplet..

Histoire Antiquité non chinoise En Inde, l’utilisation de l’acupuncture est mentionnée il y a environ dans l’Ayurveda (traité de médecine ayurvédique) et elle reste utilisée de nos jours en médecine traditionnelle indienne.

Plus d’un millénaire avant la Chine, on trouve en Égypte antique une description de conduits parcourant le corps et transportant divers fluides (sang, eau, air, mucus…). Les ruptures d’équilibre entre ces fluides étaient supposées être la cause de maladies.

Aux alentours de 1534 , le papyrus Ebers (), visible au , donne une représentation de canaux (appelés metu) dans lesquels circulent divers fluides :

Par ailleurs, une équipe scientifique de l’Université de Graz a découvert que Ötzi, l’être humain congelé et déshydraté découvert dans un glacier à la frontière entre l’Italie et l’Autriche, arborait des tatouages en forme de traits se rapprochant des points d’acupuncture. Neuf tatouages ont pu être reconnus et identifiés comme des points d’acupuncture... Cette découverte est toutefois soumise à controverse : comme le fait remarquer L. Renaut, « la pratique actuelle recense 670 points répartis symétriquement sur tout le corps humain, le long de 12 méridiens (ou canaux) bilatéraux et de deux méridiens axiaux. La surface du corps humain étant littéralement constellée de points d’insertion, on peut estimer comme dépourvu de toute espèce de signification statistique le fait que les tatouages d’Ötzi, longilignes et assez étendus, coïncident de temps à autre avec certains de ces points.. »

Premières traces de l'acupuncture chinoise vignette|droite|upright=0.8| Acupuncture : points et méridiens selon un dessin de l’époque de la dynastie Ming.

Le désir d’inscrire l’acupuncture dans une filiation très ancienne a fait considérer que l’existence d’instruments affûtés à l’âge de pierre. ou d’aiguilles d’os ou de bambou sous les Zhou (-) sont des preuves de l’ancienneté de cette pratique même si ces aiguilles ne servaient qu’à tenir les cheveux ou à drainer le pus des abcès..Toutefois, l’acupuncture actuelle utilise aussi des techniques de drainage, ..

La découverte en 1973 de quatorze documents médicaux dans une tombe nouvellement fouillée à Mawangdui () dans le Hunan a permis de complètement revoir l’histoire de la médecine chinoise. Les spécialistes. de ces textes établissent la chronologie suivante :

vignette|upright=0.8|Tracé des méridiens reliant les points d'acupuncture. Somme d'acupuncture et de moxibustion (针灸大成), dynastie Ming.|alt=|gaucheen 168 avant notre ère, époque de fermeture de la tombe de Mawangdui, aucune technique d’acupuncture n’était connue. Les textes de ces tombes montrent clairement que les traits typiques de la thérapeutique chinoise n’étaient pas encore établis sous les Qin (-) et le début des Han. En effet, s’ils décrivent les trajets des conduits à la surface de la peau et l’usage de la moxibustion, ils ne mentionnent jamais l’usage d’aiguilles d’acupuncture ; la première référence à l’acupuncture clairement datée se trouve dans les Mémoires historiques (le Shiji) de Sima Qian (-) compilées en Dans cet ouvrage, l’auteur décrit un médecin du nom de Chunyu Yi (-) accusé de mauvaise pratique thérapeutique pour avoir implanté des aiguilles sur des patients. Dans deux procès, en et , le médecin se voit obligé de démontrer l’intérêt thérapeutique de l’acupuncture à une époque où cette technique devait tout juste commencer à se répandre. On pourrait donc dater la naissance de l’acupuncture au milieu du avant notre ère. Elle s’imposera ensuite peu à peu comme la thérapeutique dominante de la médecine des correspondances systématiques ; le Huangdi Nei Jing (), l’ouvrage de référence sur l’acupuncture, les massages, la gymnastique et les drogues thérapeutiques, est donc en partie postérieur. Les textes sont hétérogènes, certaines parties pouvant dater de la fin des Royaumes combattants (- ) et d’autres du avant notre ère. De toute manière, il n’en existe pas de copie de l’époque Han et toutes les versions qui nous sont parvenues ont subi de nombreuses révisions au cours des siècles ; le Nanjing (), « le Classique des difficultés », unifie les points de vue disparates et parfois incohérents du Huangdi Nei Jing. L’ouvrage, composé entre le et le , expose méthodiquement le système conceptuel des correspondances systématiques sur lequel repose depuis environ deux millénaires la médecine traditionnelle chinoise.

Arrivée en Europe vignette|Acupuntura Japonum : planche d'équipement et points d'acupuncture, E. Kaempfer, av. 1716. L'acupuncture aurait été introduite en Europe au par Willem ten Rhijne, médecin hollandais de la Compagnie des Indes (1679) qui l'aurait découverte à Nagasaki au Japon où il séjourna pendant deux ans, ainsi que par Kæmpfer. Un siècle plus tard, Dujardin et Vicq d'Azyr relatent le procédé dans leurs ouvrages respectifs. Cependant, il semble que ce soit Louis Berlioz, le père du compositeur, qui, le premier, en ait tenté la pratique en France (1810), imité ensuite, malgré un certain scepticisme, par de nombreux médecins, dont Laennec. Par la suite, un réseau se crée entre acupuncteurs. parisiens (Saint-Louis, l’Hôtel-Dieu, la Pitié et la Charité). Ainsi, on commence à débattre sur la pratique. À partir de 1853, le consul Dabry et les docteurs Frederik Liubenstein et Jules Cloquet. participent à sa diffusion en Europe, mais ce n'est vraiment qu'à partir de 1927 qu'elle devient populaire grâce aux travaux du sinologue George Soulié de Morant qui étudia l'acupuncture durant son long séjour dans l'Empire du Milieu, et publia lors de son retour en France un imposant traitéGeorge Soulié de Morant, L'Acupuncture chinoise, Maloine, 1972..

La France est l'un des premiers pays à avoir établi des consultations hospitalières d'acupuncture (1932, Paul Ferreyrolles à l'hôpital Bichat), à inscrire l'acupuncture dans la nomenclature des actes médicaux et à assurer son remboursement par la sécurité sociale (1948), à organiser dans les facultés de médecine un enseignement d'acupuncture sous la forme d'un diplôme inter-universitaire (1987) et d’une capacité de médecine (2007). Toutefois, l'acupuncture en France est strictement réservée aux médecins et n'est pas considérée comme une spécialité mais comme une « orientation », qu'il est loisible de déclarer, sans aucun contrôle.

Aux États-Unis, l'acuponcture est célèbre surtout depuis un reportage sensationnaliste du New York Times en , reprenant le récit d'une délégation médicale américaine invitée en Chine pour observer les miracles de la médecine maoïste, témoins d'opérations à cœur ouvert sans anesthésie en réalité complètement truquées par le pouvoir communiste.

Époque moderne en Asie L'acupuncture tombe en désuétude pendant l'âge classique en Chine face aux progrès d'autres méthodes, et elle est même supprimée du programme du Collège médical impérial au .

Après la Révolution, Mao Zedong, d'abord opposé à cette méthode , finit par la réhabiliter, face à la pénurie de médecins, et en fait une pratique patriotique..

De nos jours, l'acupuncture occupe en Chine une large place dans la médecine pour un vaste éventail de pathologies, notamment dans les hôpitaux dont certains se sont vus transformés en hauts lieux touristiquesJean Clouzet et Monique Horwitz, Comment se soignent les Chinois aujourd'hui, Robert Lafont, 1980.. De colossales expériences ont été entreprises, pas toujours en accord avec les principes traditionnels orthodoxes, aboutissant à la multiplication des points situés hors méridiens, et à l'avènement de nouvelles techniques telles que l'analgésieJean Bossy, « Acupuncture, moxibustion, analgésie acupuncturale », Synthèse des travaux des symposia de Pékin, 1 - , Doin, 1980. par acupuncture.

Taïwan, où ont pu trouver refuge ceux des maîtres acupuncteurs qui ont échappé aux purges de Mao lors de son arrivée au pouvoir, reste un des hauts lieux de l'acupuncture traditionnelle.

Théorie traditionnelle Les bases théoriques Les cinq éléments Les cinq éléments wu xing désignent le bois, le feu, la terre, le métal et l'eau. Selon le Shuowen Jiezi dictionnaire de la dynastie Han, les cinq éléments wu xing sont l'expression de la transformation dynamique yin et yang sur la Terre.

Ces cinq éléments ou cinq mouvements wu xing sont en étroite relation avec les six énergies climatiques, les organes et viscère, méridien.

Les organes et viscères Les relations psychoviscérales (BenShen) vignette|Les cinq éléments chinois et leurs relations

Les benshen sont en étroite relation avec les cinq éléments et organes : bois - foie (hun) ; feu - cœur (shen) ; terre - rate (yi) ; métal - poumon (po) ; eau -rein (zhi). Ces cinq entités représentent des phases fondamentales du shen (l'esprit) : le shen est l'ensemble des activités mentales qui résident au cœur.. Shen désigne aussi les activités mentales spécifiques du cœur. Ce concept réfère entre autres à la conscience, la mémoire, la pensée et le sommeil ; Po est l'équivalent yin du hun. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme corporelle. Le po met en place les bases matérielles nécessaires à la vie, particulièrement durant la grossesse, où une partie du po de la mère est « transférée » à son enfant. Ce concept réfère entre autres choses aux sentiments, aux sensations, à l'instinct, à la respiration ;