Une est un traitement médical prescrit par un médecin (généraliste ou spécialiste) qui se déroule dans un établissement thermal sur trois semaines (en France), au cours desquelles le patient est traité pour son affection par les eaux minérales naturelles des sources thermales et par leurs produits dérivés (gaz, boues…). Héritière d'une pratique remontant à plusieurs siècles, l'efficacité thérapeutique de la cure thermale divise le corps médical et reste de faible niveau de preuveévaluation impossible selon INSERM 95 ANAES 96 et CNAM 92 réfutant l'étude de 87. L'ensemble des techniques et savoirs mis en œuvre lors d'une cure thermale s’appelle la crénothérapie. La cure thermale s'inscrit dans le cadre général du thermalisme, c'est-à-dire l'exploitation commerciale de cette activité.

La tradition de la médecine thermale est très forte en Europe. Elle existe également en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc), au Moyen-Orient (Israël, Jordanie)Association Pour la Lutte Contre le Psoriasis et au Japon. Les cures thermales sont également pratiquées en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis, au Canada ainsi qu’en Amérique du Sud.

En France, la quasi-totalité des établissements thermaux est regroupée au sein du Conseil National des Exploitants Thermaux (CNETh), qui œuvre à la reconnaissance et à la valorisation de la médecine thermale et de ses acteursCNETh-A propos du CNETh.

Cures thermales dans le monde thumb|left|Plombières, affiche de 1931 par Jean d'Ylen faisant la promotion de la station thermale française de Plombières-les-Bains. L’Europe est un continent de traditions thermales : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les pays de l’Est et la France sont des pays comparables du point de vue de l'histoire thermale. Ces pays partagent les mêmes types d’eau, les mêmes soins et un personnel thermal (médecins thermaux, agents hydrothérapeutes et masseurs-kinésithérapeutes) similaire.

Cependant, si l’offre est comparable, le statut des établissements thermaux et les niveaux de prise en charge des soins diffèrent d’un pays à l’autre. Dans certains pays par exemple, certains établissements thermaux sont considérés comme des établissements de santé et d’autres non, certains ont le droit de pratiquer des soins de suite (soins de rééducation après une hospitalisation), d’autres non.

En Espagne, par exemple, c’est l’Assurance Vieillesse qui prend en charge les cures thermales. En France, les cures thermales sont remboursées par la Caisse d’Assurance Maladie. Il n’existe pas, à ce jour, d’offre générale commune à tous les pays européens. Ces disparités existent également au niveau de la recherche. La phrase du professeur Christian-François Roques résume la situation : « la recherche thermale est européenne mais la recherche européenne thermale reste à construire »Fédération Thermale et Climatique Française-La dimension européenne du thermalisme

La recherche thermale s’appuie en effet sur quelques instituts universitaires dédiés et les études réalisées sont souvent publiées dans la presse scientifique européenne, principalement anglo-saxonne. Il n’existe pas aujourd’hui d’organisme européen reconnu en matière de recherche scientifique, ni de journal européen de la médecine thermale, par exemple. Des programmes de coopération transnationale voient le jour, comme le projet TERMAREDProjet TERMARED, qui vise à stimuler le développement du secteur thermal dans le terroir du sud-ouest européen. Au niveau international, la Fédération Mondiale du Thermalisme et du ClimatismeSite de la Fédération Mondiale du Thermalisme et du Climatisme regroupe 14 membres et œuvre au développement du thermalisme dans le mondeCNETh-Le thermalisme est-il reconnu également à l’étranger ?.

Le traitement Il existe deux types de traitement par les eaux thermales : l’hydrothérapie externe, qui consiste en bains, en douches, en applications de boue, en pulvérisations, ou encore en massages : l’hydrothérapie interne, ensuite, comprenant notamment la cure de boisson, mais aussi l’aérosolthérapie, avec par exemple l’inhalation d’eau pulvérisée.

L’application de soins Hydrothérapie externe : Douches (chaude, froide, au jet, haute pression), Bains (gazeux) : en baignoire aérobain, hydrobain, carbogazeux, Application de boue (illutation), Kinésithérapie (piscine, massages sous eau thermale), Pulvérisations ; Hydrothérapie interne : Aérosolthérapie (vapeurs thermales : inhalation, aérosol, injection et vaporariums), Les douches, générales, à pression, filiformes, nasales, locales.

Les pathologies traitées droite|vignette|300px|Répartition des types d'affections traitées par le thermalisme thérapeutique en 2008.

Les cures sont indiquées pour des maladies chroniques, en accompagnement d’un traitement classique ou en prévention de complications de certaines maladies.

La médecine thermale est préconisée pour diverses pathologies : certains processus dégénératifs, les allergies ou les maladies immunologiques telles que l’asthme, les dysfonctionnements métaboliques, ou encore les affections douloureuses comme l’arthrose, les rhumatismes et les sciatiques, etc.

Une cure thermale peut être utilisée en complément de traitements « classiques » ou peut, dans certains cas, être prescrite en première intention pour le traitement de maladies chroniques ou de séquelles cicatricielles.

En France, 12 orientations thérapeutiques ont été définies par la Sécurité sociale pour les cures thermalesSite du CNETh-Indications thérapeutiques afin éventuellement de bénéficier d'une prise en charge financièreSite de Mutuelle.com - Conditions et déroulement de la prise en charge d'une cure thermale : Affections bucco-linguales : parodontopathie, aphtose ; Troubles du développement de l’enfant : énurésie ; Neurologie : séquelles motrices, vasculaires, parkinsoniennes, sclérose en plaques, fibromyalgie ; Maladies cardio-artérielles : artérite, syndrome de Raynaud ; Psychiatrie : troubles anxiodépressifs, trouble anxieux généralisé, état de stress prolongé, troubles du sommeil, sevrage de psychotropes, somatisation ; Affections urinaires : calculs rénaux, infections urinaires chroniques, insuffisance rénale légère ; Maladies digestives et troubles du métabolisme : colopathie, surpoids, obésité, affections du foie, de l’estomac, de la vésicule ; Gynécologie : douleurs de l’appareil urogénital, troubles hormonaux ; Dermatologie : eczéma atopique, psoriasis, brûlures et cicatrices, lichens, suites de traitement contre le cancer ; Phlébologie : séquelles de phlébite, insuffisance veineuse (varice, douleur, ulcère), lymphoœdème ; Voies respiratoires et ORL : rhinites, pharyngites, asthme, allergie, sinusite, otites ; Rhumatologie : arthrose, cervicalgie et lombalgie chroniques, fibromyalgie, séquelles traumatiques et postopératoires, spondylarthrite, polyarthrite.

Le suivi médical En France, les soins sont prescrits par un médecin thermal à l'arrivée dans la station thermaleSite du CNETh-Arrivée dans la station thermale. Le patient (dit « curiste ») est suivi pendant toute la cure et trois visites médicales sont recommandées durant le séjour, voire davantage si l’état du patient le nécessite.

Les cures thermales comprennent 3 semaines de soins. Cette durée permet notamment de provoquer une rupture avec l’environnement habituel du curiste. Les établissements proposent d’ailleurs, en complément des soins thermaux, des actions de sensibilisation et de prévention portant notamment sur l'hygiène de vie afin de permettre au curiste d’apprendre à mieux vivre avec sa maladie Site du CNETh - L'éducation thérapeutiqueSite de mutuellefr - Cure thermale et prévention en santé.

Différences entre cure thermale et thalassothérapie La thalassothérapie a essentiellement une visée préventive. Elle utilise uniquement l’eau de mer et les produits de l'environnement marin (algues, boue marine). Le principe préventif de la thalassothérapie est basé sur les oligo-éléments, les vitamines, les sels minéraux.

Sur le plan de la réglementation, la thalassothérapie ne bénéficie d'aucune prise en charge par l'Assurance Maladie, bien que les soins soient surveillés médicalement Site du CNETh-Idées reçues sur le thermalisme.

Le thermalisme, lui, affiche essentiellement une visée curative. Lors d'une cure thermale, le curiste est sous la surveillance d’un médecin généraliste et les soins qu’il reçoit sont dispensés par des spécialistes (kinésithérapeutes, hydrothérapeutes, infirmiers…). Le thermalisme utilise des eaux minérales aux caractéristiques chimiques naturelles censées traiter des pathologies spécifiques. Une partie des soins est prise en charge par l’Assurance Maladie.

La cure thermale dans le système de santé français Norme de qualité de l’eau En France, s’il existe plusieurs types d’eaux, toutes les sources sont en revanche soumises aux mêmes conditions de reconnaissance, d’agrément et de contrôle. L’eau thermale doit être vierge de toute bactérie pathogène, de sa source jusqu’à son lieu d’utilisation. La plupart des établissements thermaux français proposent aujourd’hui des installations et des soins respectueux des standards de qualité définis par la profession (normes Afnor). Les soins thermaux peuvent être suspendus en cas de détection de bactérie pathogèneSite d'eurothermes-Des eaux sous haute surveillance.

En 2010, le CNETh a lancé une démarche de certification Aquacert dans les stations thermales. Ces audits visent à garantir la sécurité et l’hygiène des équipements. Ils s’appuient sur un référentiel reprenant fidèlement les exigences sur le plan du « système certifiable » édictées à l'issue des travaux ayant réuni la Direction Générale de la Santé, la Haute Autorité de Santé, les consommateurs, les exploitants et les experts de la profession AES-Certification - Aquacert.

La prise en charge par la Sécurité sociale en France Depuis 1947, les cures thermales sont prises en charge par la Sécurité sociale, selon une grille de soins adaptée à chaque pathologie.

Chaque établissement de soins est agréé dans le traitement d’une ou plusieurs orientations thérapeutiques (en général 2) et tous sont conventionnés par la Sécurité Sociale. Seules les cures de 18 jours prescrites par un médecin sont rembourséesService-Public.fr - Prise en charge d'une cure thermale.

Les soins de cure et le forfait de surveillance médicale (frais du médecin thermal) sont pris en charge à hauteur respective de 65 % et 70 %, parfois 100 % (dans le cadre de situations particulières comme les affectations de longue durée par exemple) par la Sécurité sociale Intérêts privés - Cure et remboursement. La Sécurité sociale rembourse, en fonction des revenus du curiste, une partie des frais de transport (voiture, train ou avion pour les personnes habitant les DOM-TOM) et partiellement l'hébergement.

Les cures « libres » De nombreuses stations thermales ont développé, en parallèle aux cures traditionnelles, des cures libres médicalisées, des séjours de remise en forme, ou de bien-être (cure mal de dos, sevrage tabagique, jambes lourdes…), d'une durée de quelques jours à une dizaine de jours (minicures). Ces cures libres ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale.

Évaluation des bénéfices de la cure thermale L'efficacité thérapeutique des cures thermales et de la balnéothérapie en général fait l'objet d'un débat scientifique. En particulier dans le contexte français, un des rares pays où sont remboursées les cures thermales par la Sécurité sociale. En France, le débat se porte autour de la notion de service médical rendu (SMR) qui est le critère principal menant à la décision des autorités de santé de rembourser ou non un traitement.

Évaluation de l'efficacité des cures thermales Évaluation indépendante