Paul Magnette () est un universitaire et un homme politique belge francophone membre du Parti socialiste, né le à Louvain.

Professeur de science politique à partir de 1999, il rejoint le corps enseignant de l'université libre de Bruxelles en 2001. Il a écrit ou co-écrit une trentaine de livres.

Il apparaît sur la scène politique après les élections législatives de 2007, où il résout par sa médiation la crise au sein du PS de Charleroi. Il devient ensuite ministre wallon de la Santé, puis après quelques mois ministre fédéral du Climat et de l'Énergie. En 2011, il est nommé ministre fédéral des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement.

Il est élu bourgmestre de Charleroi et remporte une large majorité absolue au conseil communal au cours des élections d'octobre 2012. Désigné trois mois plus tard président du Parti socialiste, il démissionne du gouvernement fédéral. À la suite des élections régionales de 2014, il est investi ministre-président du gouvernement wallon à la tête d'une coalition avec le Centre démocrate humaniste, renonçant quelques mois plus tard à la direction du PS. Il s'illustre notamment par son opposition à l'accord de libre-échange CETA.

Renversé par une motion de censure en 2017, il retrouve pleinement ses fonctions maïorales, dans lesquelles il est réélu à l'occasion des élections d'octobre 2018. Il retrouve en la présidence du Parti socialiste après la renonciation d'Elio Di Rupo puis joue un rôle de premier plan dans la formation du gouvernement De Croo à l'été . En , devant l'échec du PS aux élections législatives et régionales, il décide de siéger à la Chambre des représentants et renonce à se représenter au maïorat de Charleroi.

Origines familiales et jeunesse Ses parents se rencontrent à Louvain durant leurs études puis déménagent à Charleroi, dans un quartier ouvrier de Marchienne-au-Pont. Sa mère, avocate, a toujours été engagée socialement. Son père, médecin, crée les premières maisons médicales. Avec des parents communistes, portés par les luttes de l’après-Mai 68, Paul Magnette grandit dans un milieu résolument politisé à gauche. Ils ont fondé ensemble “L’autre Maison” à Roux, un lieu où les plus défavorisés trouvent des médecins, des avocats, des kinésithérapeuthes, des infirmières.

Après la séparation de ses parents, Paul Magnette déménage à de nombreuses reprises dans les différentes entités de Charleroi, ce qui renforcera sa sensibilité carolo. Son père meurt précocement de maladie, à l’âge de 39 ans. Paul Magnette a alors 17 ans et est l’aîné de deux frères et une sœur.

Son premier engagement politique est sa participation en 1985 à la campagne « Touche pas à mon pote » de SOS Racisme.

Il hésite à entreprendre des études de journalisme, avant de se tourner vers les sciences politiques à l'université libre de Bruxelles. Il y obtient une licence en 1993. À la fin de son cursus, il consacre son mémoire, publié en 1995Paul Magnette, Pasolini : La passion politique (1995) ., au poète Pier Paolo Pasolini. Il poursuit ses études avec un doctorat et, en 1999, présente avec succès sa thèse de doctorat sur le sujet La citoyenneté et la construction de l'Europe.

Carrière académique Passionné de Tocqueville, il commence sa carrière dans l'enseignement lors de l'année académique 1999-2000 pendant laquelle il est professeur invité à l'IEP de Paris. Pendant l'année académique 2000-2001, il devient maître de conférence en science politique à l'ULB et est professeur invité à l'IEP de Bordeaux. Depuis l'année académique 2001-2002, Paul Magnette est professeur de science politique à l'ULB. Il est directeur de l'Institut d'études européennes de l'ULB de 2001 à 2007.

Il est également professeur invité à l'École supérieure Sainte-Anne de Pise entre 2001 et 2002, de l’université de Lausanne en 2005, et de l’Institut universitaire européen de Florence la même année. Une chaire Jean Monnet ad personam lui est attribuée en 2003. Il est membre de l’Académie royale de Belgique depuis 2013.

Spécialiste de la constitutionnalisation de l'Union européenne et des théories de la démocratie, il travaille sporadiquement sur le système politique belge et est régulièrement consulté par les médias sur des questions théoriques concernant l'Union européenneà titre d'exemple, il fut l'invité de Christine Ockrent sur France 3 en sa qualité de spécialiste à l'émission animée, France Europe Express, où il était question notamment à l'époque du référendum sur la Constitution européenne (diffusion le 15 juin 2004).. Il continue à échanger avec des universitaires sur ces questions, comme avec Thomas Piketty, et à donner des conférences consacrées à Pasolini Tocqueville ou encore Machiavel.

Paul Magnette est l’auteur et coauteur d’une trentaine de livres et d’une centaine de chapitres et articles scientifiques, notamment en collaboration avec Olivier Costa, Renaud Dehousse, Justine Lacroix, ou encore Kalypso Nicolaïdis.

Il tient pendant plusieurs années une chronique dans les journaux De Morgen et De Standaard.

Carrière politique Débuts au premier plan À la suite du mauvais résultat du Parti socialiste (PS) aux élections législatives de 2007, Paul Magnette est envoyé à Charleroi par le président du parti Elio Di Rupo alors que plusieurs échevins sont mis en cause dans des affaires politico-financières afin de « coordonner le PS », ce que le journal français Libération traduit par « remettre la fédération [socialiste] au carré ».. En quelques semaines, il obtient la démission des personnes mises en cause et met en place une coalition entre le PS, le Mouvement réformateur (MR) et le Centre démocrate humaniste (CDH) sous la conduite du nouveau bourgmestre Jean-Jacques Viseur..

Le suivant, il est nommé ministre wallon de la Santé, de l'Action sociale et de l'Égalité des chances à l'occasion d'un remaniement de la partie socialiste du gouvernement régional qui donne naissance au gouvernement Demotte .

Ministre fédéral Quelques mois plus tard, le , Paul Magnette intègre le gouvernement Verhofstadt III tout juste formé avec le titre de ministre fédéral du Climat et de l'Énergie, intégrant dans son portefeuille les questions liées à l'environnement et au développement durable. Il occupe également cette fonction au sein des gouvernements Leterme I, Van Rompuy et Leterme II.

Le , Elio Di Rupo annonce à Charleroi que Paul Magnette sera tête de liste du PS au Sénat pour les élections législatives anticipées du 13 juin 2010. La RTBF estime que cette investiture pourrait lui ouvrir la voie à la présidence du Parti socialiste en cas d'incompatibilité d'Elio Di Rupo.. Avec , il est le sénateur francophone le mieux élu, devançant largement les libéraux Armand De Decker et Louis Michel.. Lorsque Elio Di Rupo forme son gouvernement fédéral le , Paul Magnette devient ministre fédéral des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes..

Bourgmestre de Charleroi Premier mandat 2012-2018 vignette|Paul Magnette propose en 2013 de créer un poste de bouwmeester. Lors d'un vote de l'union socialiste communale le , Paul Magnette est investi à 92 % tête de liste aux élections communales de 2012 à Charleroi.. Le jour du scrutin, le PS retrouve sa majorité absolue avec 30 sièges sur 51 au conseil communal tandis que lui-même remporte , très loin devant le bourgmestre sortant Eric Massin.. Bien qu'il soit en mesure de gouverner seul, Paul Magnette souhaite maintenir la coalition sortante et parvient à s'entendre de nouveau avec le MR et le CDH, qui obtiennent chacun deux échevins, contre cinq pour le PS..

Lors de son premier conseil communal le , il présente un projet de ville centré sur la redynamisation des centres urbains historiques, la mobilité douce, le soutien à la culture comme levier de redynamisation et le renforcement de la nature en ville, confirmant son désir de relever ce qu'il appelle .

S’inspirant des expériences menées par les bourgmestres socialistes d’Anvers et de Gand, il crée la fonction de Bouwmeester communal, Charleroi Bouwmeester, le premier en Wallonie. Georgios Maïllis est nommé en 2013 et est reconduit pour un deuxième mandat en 2018 afin de mener une série de chantiers architecturaux et urbains mais aussi culturels et graphiques.

Un vaste projet de restructuration de la ville-haute, baptisé Charleroi District Créatif est lancé en avec l’appui Fonds européen de développement régional. Il vise à développer un campus de formation à tous les âges de la vie...

La ville-basse fait quant à elle l’objet d’un périmètre de remembrement urbain créant un quartier mixte de bureaux et de logements dans un très vaste périmètre, qui comprendra des tours résidentielles et la cité administrative, jouxtant la zone rénovée autour du centre commercial Rive Gauche. Ces deux projets font de la mue de Charleroi l’un des plus importants chantiers de rénovation urbaine d’Europe.

En , Paul Magnette présente le Plan CATCH Catalysts for Charleroi, coordonné par Thomas Dermine., visant la croissance de l’emploi dans la région de Charleroi d’ici 2025, et la création de 10 000 emplois sur le site réaménagé de Caterpillar à Gosselies, dont Paul Magnette a obtenu, au terme d’un long conflit avec la multinationale américaine, la restitution à titre gratuit afin d’en permettre le redéploiement. 10 ans après le départ de Caterpillar seul la société Hainaut Caravaning s'est portée aquèreur de 1,5 Ha sur les 93 ha du site.

Plusieurs secteurs sont développés ou renforcés comme les activités aéroportuaires et logistiques, l’industrie créative, le secteur digital, la santé, le Biopark, pôle d'excellence consacré aux différentes biotechnologies...

Il met en œuvre la réduction du temps de travail au sein de l'administration communale, instaure la gratuité des transports en commun pour les jeunes et des garderies scolaires, et la développe dans des cantines scolaires., qui seront alimentées à terme par les producteurs de la ceinture alimentaire de Charleroi Métropole.

Deuxième mandat 2018-2024 Il postule à un second mandat au cours des élections communales du 14 octobre 2018. Il y remporte , soit 33 % des suffrages préférentiels de la liste du PS.. Avec 41,3 % des voix, celle-ci conserve de justesse sa majorité au conseil communal, totalisant sur 51.. Après avoir tenté sans succès de constituer une alliance avec le Parti du travail de Belgique (PTB)., Paul Magnette conclut un accord de coalition avec Ecolo et la liste C+, issue du CDH.. Le bourgmestre reconduit s'attribue les compétences en matière de budget, de sécurité, d'aménagement, de nature en ville et de communication..

Il annonce que le renforcement de la présence de la nature en ville sera l'un des projets phare de sa nouvelle mandature, couvrant le redéploiement des berges de la Sambre, l’intensification des zones naturelles, et le développement d’une ceinture alimentaire dans le cadre de la métropole.

La municipalité met en place un conseil communal citoyen, des Conseils de participations et des Relais de quartier ou encore augmente les budgets participatifs. Dans le cadre des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, la commune décide en que chaque habitant recevra l’équivalent en monnaie locale, le Carol'Or, de 20 euros. Un total de 4 millions d’euros est débloqué, faisant du Carolor la monnaie locale la plus répandue d’Europe.

La ville adopte un plan genre qui vise à promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes dans l'ensemble de ses actions, via notamment la politique de recrutement et de promotion du personnel, la désignation d'une référente genre., l'analyse genrée du budget, des aménagements publics et des investissements, le soutien aux associations féministes et LGBTQIA+, la féminisation des noms de rue, la meilleure représentation des femmes dans le Musée des Beaux-Arts communal...