vignette|upright=0.8|alt=Blason bleu avec trois fleurs de lys jaunes, une onde blanche et un lambel blanc|Blason du Loiret, créé vers 1950 par Robert Louis, dessinateur héraldiste officiel de la commission des sceaux et armoiries de l'État et officiellement adopté par le Conseil général du Loiret et la Commission d'héraldique urbaine du Loiret le . L'histoire du Loiret, en tant qu'entité administrative, commence le par un décret de l'Assemblée constituante, qui entre en vigueur quelques mois plus tard, le . Il est constitué à partir d'une partie des anciennes provinces de l'Orléanais et du Berry. Mais l'histoire du territoire du département du Loiret est bien plus ancienne.
De nombreux sites attestent un peuplement très ancien de l'actuel territoire loirétain, où des hommes ont vécu dès le Paléolithique. Les peuples celtes des Carnutes et des Éduens s'installent dans la région au cours de la Tène, développant artisanat et commerce. La romanisation consécutive à la guerre des Gaules est rapide et permet notamment le développement d'un réseau de voies de communication autour de Cenabum, d'agglomérations secondaires et notamment de villes d'eaux comme Sceaux-du-Gâtinais et de fermes et dans les campagnes.
Vers 451, les Huns envahissent la région mais sont repoussés devant Orléans. Puis les Francs arrivent jusqu'à la Loire. Clovis, devenu chrétien, entre à Orléans qui devient, à sa mort, capitale d'un royaume franc dont le premier roi est Clodomir. Une période de paix et de prospérité suit sous le règne de Charlemagne. Jusqu'à , Orléans fait figure de capitale. Peu à peu les rois agrandissent leur domaine. Successivement le Gâtinais, la seigneurie de Montargis, le comté de Gien, la seigneurie de Beaugency sont réunis à la couronne. Quatre sacres ont ainsi lieu dans la région en 848, 879, 987 et 1108.
Aux , la guerre de Cent Ans dépeuple et ruine les campagnes ; elle prend fin dans la région par le siège d'Orléans et la victoire de Patay grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc. Le est quant à lui marqué par une renaissance architecturale et des lettres mais aussi par la Réforme qui voit Orléans s'ériger en capitale du protestantisme puis le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Au sont réalisés de grands travaux comme le canal de Briare, le canal d'Orléans, les premières levées de Loire. Ils sont suivis au par d'autres comme le pont George-V à Orléans. Le territoire de l'actuel département du Loiret fait alors partie de la généralité d'Orléans, créée en 1558.
Après les disettes de la fin du , la Révolution est l'occasion de grands espoirs, avec la création d'un nouveau cadre administratif, le département. Le est marqué par une succession de régimes politiques et, à partir du Second Empire, par une période de prospérité économique reposant sur la production agricole – céréales en Beauce, vigne en val de Loire – l'évolution des moyens de transport, à savoir la marine de Loire ; viennent ensuite le chemin de fer et de nouvelles industries.
La Première Guerre mondiale puis la Seconde Guerre mondiale meurtrissent durement le département qui, occupé, est aussi le siège d'une résistance vive. Cinq villes subissent d'importants dommages : Orléans, Gien, Sully-sur-Loire, Châteauneuf-sur-Loire et Saint-Denis-de-l'Hôtel. Après la période de reconstruction, le Loiret, situé aux portes de Paris, est un des départements qui bénéficient le plus des grands changements des Trente Glorieuses. Sa population augmente de 19 %. Grâce au développement d'un maillage de voies de communication modernes et aux bénéfices de la décentralisation, le Loiret connaît l'installation de nombreuses entreprises utilisant notamment des techniques de pointe avant de subir les effets de la crise économique du début du . Préhistoire
Paléolithique vignette|alt=Photo d'une plaquette en calcaire gravée, représentant une tête de cheval|Plaquette en calcaire gravée, représentant une tête de cheval, trouvée à Cepoy (L : ) ; vers - ans. Les premières traces de présence humaine sur le territoire de l'actuel Loiret remontent au Paléolithique inférieur (environ de à ans avant notre ère). De nombreux bifaces de type acheuléen ont été trouvés dans le val de Loire sur les plateaux de Briare et Gien et sur les sablières de Châteauneuf-sur-Loire et de Saint-Denis-de-l'Hôtel, mais aussi dans l'est du département aux abords du Loing, par exemple à Nargis ou à Dordives...
Au cours du Paléolithique supérieur, marqué par l’apparition progressive des conditions climatiques actuelles, des chasseurs-cueilleurs du magdalénien se concentrent sur la vallée du Loing, avec par exemple les gisements de la Pierre-aux-Fées et des Pâtures Blanches à Cepoy, ou du Choiseau et de la Maison Blanche à Fontenay-sur-Loing. Le gisement de la Pierre-aux-Fées, découvert en 1972 au cours d'extraction de sable et situé à au nord de Montargis, est un gisement magdalénien remarquable, tant pour le Loiret que pour le sud du Bassin parisien. Un fragment d'une plaque de calcaire gravée représentant une tête de cheval y a en particulier été découvert. D'une part cette pièce accrédite la thèse d'une subsistance grâce à la chasse des chevaux, d'autre part elle témoigne d'une qualité artistique remarquable.. Il peut également laisser supposer l'existence de pratiques rituelles, sans toutefois en apporter formellement la preuve..
Néolithique vignette|alt=Photo d'une maquette reconstitutant une ferme néolithique. Les toits sont en chaume|Reconstitution d'une ferme néolithique. À Échilleuses, six maisons de de long environ ont été découvertes. Après les derniers chasseurs-cueilleurs du Mésolithique de la station des Hauts-de-Lutz de Beaugency, les hommes se sédentarisent vers 5500 , au Néolithique. Les premiers agriculteurs n'occupent d'abord que les bords de rivière en terrasses ou les rebords de plateaux, fertiles et faciles à cultiver, comme à Échilleuses, à la frontière de la Beauce et du Gâtinais, site découvert en 1977.. Le site du Vieux Chemin d’Étampes, à Pithiviers, constitue aujourd'hui l'un des habitats néolithiques le plus ancien de la région Centre-Val de Loire.. Dans ces villages des premières communautés agricoles de France, on fabrique des outils et des armes en silex et en os. Plusieurs ateliers de haches ont été mis au jour comme ceux de Corquilleroy et Fontenay-sur-Loing, à l'occasion des fouilles de l'autoroute A19...
Les pratiques et rites funéraires évoluent tout au long du Néolithique. Les sépultures sont d'abord individuelles, comme celle trouvée à La Chapelle-Saint-Mesmin., puis sous dalle comme à Malesherbes ou Orville., puis à incinérations comme la nécropole des Canas à Varennes-Changy. et enfin collectives avec les dolmens.. De nombreux autres mégalithes, des menhirs, sont localisés dans le Nord-Est du département. Leur fonction, a priori cultuelle, n'a pas encore été formellement déterminée.
Protohistoire
Âge du bronze Vers le milieu du , les Protoceltes, venus des régions d'Europe centrale, introduisent en Gaule la métallurgie du bronze. Des nombreux tumulus qui leur sont attribués apparaissent en Beauce, aux confins du Loiret et du Loir-et-Cher et le long des vallées des Mauves autour de Baccon.. Ils sont suivis vers 1200 par la civilisation des champs d'urnes qui pratique le rite funéraire de l'incinération.. Des urnes ont été découvertes à Tigy, à Férolles., à Olivet., à Baule. et plus récemment à Courcelles, à l'occasion des fouilles en lien avec la construction de l'autoroute A19.. Entre Meung-sur-Loire et Saint-Ay, plusieurs dépôts d'armes remarquables datées du bronze final ont été découverts, traduisant des rituels de consécration pour les riches défunts...
Âge du fer La métallurgie du fer apparaît au début du Elle permet de forger des objets de taille plus puissants et coupants. Pendant un certain temps les armes et objets d'apparat sont encore en bronze, du fait des difficultés de travailler le fer.. Tout en continuant à incinérer leurs morts, les hommes renouent avec l'usage des tumulus, particulièrement avec les personnes de haut rang. Plusieurs tumulus « princiers » ont ainsi été découverts dans le Loiret. Le tumulus de la Butte des Élus sur la commune de Mézières-lez-Cléry est le plus impressionnant avec de diamètre pour de hauteur. Les objets découverts en 1836 comprenaient, outre deux épées en fer repliées, des fragments d'armure en bronze, des portions de chaînettes en bronze, des colliers et anneaux et un bracelet en or et en 1857 a été découvert un vase en bronze.. Une statue anthropomorphe en pierre découverte sur les pentes du tumulus de Lion-en-Sullias, lieu-dit La Ronce peut-être l'effigie d'un illustre aïeul, s'inscrit ainsi peut-être dans une sorte de culte des ancêtres.. La butte Moreau, ou tumulus de Reuilly, au nord de la commune de Mardié et le tumulus , sur la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois sont également deux tumulus princiers remarquables..
Épanouissement de la civilisation gauloise vignette|alt=Photo d'une pièce en bronze représentant une chouette, faisant partie d'un récipient à vin |La « chouette », « Les Pierrières ». Applique en bronze, découverte sur le site de la résidence aristocratique gauloise de Batilly-en-Gâtinais en 2006, probablement pièce d'ornementation d'un récipient vinaire. La civilisation gauloise s'épanouit pendant la période du second âge du fer, dénommée La Tène, à partir de 500 L'Orléanais est habité pour la plus grande partie par les Carnutes. Au nord-est, ils ont pour voisins les Sénons dont le territoire correspond au Gâtinais, tandis qu'à l'est, les Éduens sont maîtres du Giennois.. L'habitat est avant tout composé de fermes isolées. Des agglomérations non fortifiées, où dominent les activités artisanales, se développent au début du Cet habitat rural est de qualité et de richesse variables, des simples fermes aux véritables résidences aristocratiques. Les sites de La Pièce de Chameul à Chevilly. et des Pierrières à Batilly-en-Gâtinais., fouillés sur l'autoroute A19, illustrent cette diversité..
Les activités agricoles se caractérisent par le biais des cultures, céréalières notamment, et l’élevage de bétail. L’orge est la culture majoritaire tandis que les blés vêtus (engrain et amidonnier) diminuent au profit du blé nu. Le millet, majoritaire dans la première période, devient minoritaire à La Tène finale. La découverte de deux plantes rares, la gesse et le pastel des teinturiers, suggère par ailleurs des échanges commerciaux avec des zones plus méridionales..
Le druide est un personnage très important de la société celtique. D'après César, il y aurait eu chez les Carnutes un « lieu sacré » où se tenait, une fois par an, un grand rassemblement de druides et de leurs fidèles dont la localisation a fait l'objet de nombreuses controverses. Selon Jacques Soyer, une confusion s'est longtemps établie entre le désigné par César et une légendaire forêt des Carnutes qui aurait été située en Beauce du côté de Chartres ou de Vendôme. Il privilégie un lieu situé dans le Loiret, équidistant de Neuvy-en-Sullias, Bonnée et Bouzy-la-Forêt où ont été trouvés d'importants vestiges gallo-romains, à savoir Fleury-sur-Loire, où s'élève plus tard l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, l'un des hauts lieux de la chrétienté..