L'aperception est la faculté à rassembler dans une unité de multiples petites perceptions inconscientes. Ce concept de philosophie a connu une grande postérité. Chez Leibniz, elle se produit grâce à une réflexion sur soi et s'identifie dès lors à la conscience. Kant va distinguer l'aperception empirique et l'aperception transcendantale.

Concept

Chez Leibniz Dans l'histoire de l'idéalisme allemand, la première définition de l'aperception est due à Leibniz.. Selon Pierre Osmo, qui se réfère à Yvon Belaval Yvon Belaval, « La réflexion » dans Y. Belaval, Études leibniziennes, Paris, NRF, 1976, ., c'est dans la dernière philosophie de Leibniz qu'« aperception » s'est orthographiée ainsi. L'aperception, étymologiquement ad-perceptio, comporte deux propriétés fondamentales : : Pour Leibniz, la perception est Leibniz, Principes de la Nature et de la Grâce, § 4.. Étant commune à toutes les monades et fonction d'un point de vue, c'est, selon Leibniz, Leibniz, Monadologie, § 14.. Ainsi s'analyse-t-elle . Le passage à l'aperception elle-même s'effectue ; l'aperception se produit .

Dans sa théorie des « petites perceptions », Leibniz différencie donc la perception et l'aperception. Les perceptions sont reçues par nos sens mais sont tellement infimes et continues que nous pouvons ne pas les apercevoir (consciemment). Leibniz donne l'exempleLeibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain, préface des multiples vagues dans la mer qui sont chacune nécessairement perçues, et pourtant la conscience n'a accès qu'au bruit d'ensemble de la mer, résultat de l'addition continue des petites perceptions. Il donne aussi l'exemple du bruit du moulin, que chacun aperçoit aisément, mais auquel on peut tellement s'habituer qu'il finit par être perçu (entendu) sans que nous en ayons encore conscience. La distinction entre les petites perceptions et l'aperception consciente est l'une des premières formulations des limites du champ de la conscience.

Chez Kant Pour Kant, l'aperception désigne l'unité de la conscience qui précède le contenu de nos intuitions sensibles, sans laquelle la représentation des objets serait impossible.

Kant distingue deux types d'aperception : l'aperception empirique : le "sens intérieur" qui fait connaître le "soi concret", affecté de sensations et de représentations (Kant rejoint ici la théorie de David Hume du soi comme faisceau de perceptions) ; l'aperception transcendantale ou pure : la conscience de soi qui accompagne la perception de tout objet, une ; cette aperception est nécessaire pour donner la .

Kant ne se demande pas pourquoi notre entendement est de telle nature : il se contente de la constater : cité par Georges Pascal.

Références

Bibliographie . .

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