Voyage en Italie () est un film franco-italien réalisé par Roberto Rossellini, sorti en 1954.
Synopsis
Un couple britannique, Alexander et Katherine Joyce, voyage en Italie pour vendre la maison napolitaine dont il a hérité à la mort de « l'oncle Homer ». Leur relation s'étiole et, après leur arrivée à Naples, ne fait que s'envenimer. Alexander est constamment caustique et Katherine, blessée, lui répond de plus en plus sèchement, ce qu'elle s'empresse de regretter. Katherine visite seule Naples (le musée archéologique avec la collection Farnèse) et ses environs (Cumes, la Solfatare), s'attendrissant sur les couples napolitains et les femmes enceintes, pendant qu'Alexandre part à Capri rejoindre son amie Judy. À son retour, au cours d'une nouvelle dispute, le couple décide de divorcer, ce qu'Alexander prend à la légère alors que Katherine est dévastée. Cette décision brutale rend d'autant plus bouleversante leur visite au site archéologique de Pompéi, un ami insistant pour qu'ils assistent à la découverte d'un corps.
Dans une scène où le véritable directeur des fouilles de l'époque, Amedeo Maiuri, joue un rôle de figurant, ils assistent à la mise au jour d'un couple de pompéiens, grâce à la technique du moulage de plâtre. L'apparition lente et savamment orchestrée du couple antique uni pour l'éternité constitue un choc pour Katherine et ouvre une amorce de dialogue avec son mari. La fin du film les réunira « miraculeusement » lors d'une procession en l'honneur de San Gennaro.
Fiche technique Titre original : Titre français : Voyage en Italie Titre alternatif français : L'amour est le plus fort Réalisation : Roberto Rossellini Scénario : Vitaliano Brancati, Roberto Rossellini, partiellement inspiré d'une histoire d'Antonio Pietrangeli, New Vine Décors : Piero Filippone Costumes : Fernanda Gattinoni Photographie : Enzo Serafin Cadreur : Aldo Scavarda Son : Eraldo Giordani Montage : Jolanda Benvenuti Musique : Renzo Rossellini Production : Adolfo Fossataro, Alfredo Guarini, Roberto Rossellini Directeur de production : Marcello D'Amico Sociétés de production : Italia Film (Italie), Junior Film (Italie), Sveva Film (Italie), Les Films Ariane (France), Francinex (France), SGC (Société générale de cinématographie, France) Sociétés de distribution : Titanus Distribuzione (Italie), Gamma Film (France), Les Films sans frontières (France), Fine Arts Films (États-Unis) Pays de production : , Langues originales : anglais, italien Format : 35 mm — noir et blanc — 1.37:1 — son monophonique Durée : 79↔97 minutes Dates de sortie : Italie : France : Classifications CNC : tous publics, Art et Essai (visa d'exploitation délivré le ) Affiche : Boris Grinsson (France)
Distribution Ingrid Bergman : Katherine Joyce George Sanders : Alexander Joyce Maria Mauban : Marie (créditée Marie Mauban) Anna Proclemer : la prostituée Paul Muller : Paul Dupont Leslie Daniels : Leslie Harris Tony La Penna : Tony Burton Natalia Ray : Natalie Burton Jackie Frost : Betty María Martín Bianca Maria Cerasoli : la signora Notari, une amie de Judy Adriana Danieli : une amie de Judy Lyla Rocco : la signora Sinibaldi Lucio Caracciolo : un invité du duc di Lipoli Marcello Caracciolo : un invité du duc di Lipoli Paolo Carola : un invité du duc di Lipoli
Production Genèse Extrait de l’autobiographie d’Ingrid Bergman coécrite avec , Ma Vie (My Story), Éditions Fayard, Paris, 1980, 600 pages, . : Ingrid Bergman :
Tournage Début des prises de vue : Source : BiFi.. Intérieurs : studios Titanus (Italie). Extérieurs dans la région de Campanie (Italie) : Amalfi, Capri, Cumes, Maiori, Naples, Pompéi, Pouzzoles. Alan Burgess : Ingrid Bergman :
Chansons Chansons napolitaines interprétées par Giacomo Rondinella
Réception critique Ingrid Bergman et Alan Burgess : En dépit d'une sortie très discrète dans les salles françaises, les critiques des Cahiers du cinéma, dont François Truffaut, apprécient ce film et le distinguent comme le premier film moderne. Selon Rivette, il est l'exemple que le cinéma français doit suivre sous peine de mort. Dans son texte Lettres à Rossellini, Rivette explique que ce film est moderne car : — Exemplaire, — Proche de l'essai littéraire ou l'esquisse qui rappelle la modernité dans les autres arts, — Est une production réelle de son temps, tant dans son contenu que sa forme, — Est un film intime, amateur, familial, improvisé et personnel, ce qui le rapproche de la modernité en littérature ou en peinture par exemple, — Refuse le drame et le récit au profit de la latence, — Refuse le psychologisme, — Est en lien avec cette esthétique du direct propre à la télévision, — Propose une nouvelle forme de jeu dramatique.
Analyse La mise en scène et le rythme du début annoncent que le film ne progressera pas selon les règles de la fiction classique. Le couple commence par s'arrêter pour procéder à un changement de conducteur, avant de se trouver bloqué par un troupeau de bufflonnes. À une fourche que fait la route, la caméra, qui pivote vers la droite, semble résister au choix que fait le conducteur de tourner à gauche.
Postérité Jean-Luc Godard rend hommage à ce film avec Le Mépris. Martin Scorsese évoque ce film et ses impressions dans Mon voyage en Italie. Dans Etreintes brisées, Pedro Almodovar a incorporé une scène du film, celle où Katherine Joyce découvre avec émotion des amants enlacés et figés par la lave du Vésuve à Pompéi. Sophie Letourneur reprend le titre du film et lui rend hommage dans Voyages en Italie.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Liens externes
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