Alpha Andromedae (en abrégé α And), également nommée Alpheratz, est l'étoile la plus brillante de la constellation d'Andromède.

Nomenclature et histoire Par sa brillance, Alpheratz est logiquement l'étoile α d'Andromède. Mais, grâce à sa position, elle est aussi l'un des sommets de l'astérisme connu sous le nom de Grand carré de Pégase. À ce titre, Bayer lui avait attribué les deux désignations et ; cependant, ce dernier nom est désuet depuis la délimitation des constellations par l'Union astronomique internationale en 1930Bayer’s Uranometria and Bayer letters.

Alpheratz est le nom approuvé pour par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est, littéralement, l’arabe (), « le Cheval » (de) Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 132-133.. C’est en fait le nom (), nom donné à l’origine à comme le signale ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī (ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, p. 120 (fr.).. Comme ce nom figure sur l’astrolabe, notamment chez Maslama al-MağrītīRoland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 202., il n’est pas étonnant de le retrouver dans les textes latins sur cet instrument dès l’an mil, notamment mentichel et feraz, chez Llobet de BarceloneRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, pp. 190-191.. Ce second nom va être déplacé, notamment chez Jean de Londres (), qui donne alpheraz pour (de) Paul Kunitzsch, « Typ VI », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, p. 41. . Voilà qui est repris dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603), à propos de α And: Vmbilicum Equi […] communi Alpberas nomine (la)Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 20r.. Ce nom est noté par Richard Hinckley Allen (1899) , qui contribue à le populariserRoland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., p. 195..

. .

Sirrah est l'autre nom, bien plus authentique qu’Alpheratz, pour . C’est en effet, à l’origine, سرّة الفرس Surrat al-Faras, « l’Ombilic du Cheval », dans la figure de الفرس al-Faras, soit Pégase dans le ciel gréco-arabe. Relevé sur l’astrolabe par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī, puis notamment par al-Zarqālluh, l'Azarchel des LatinsRoland Laffitte, Le ciel des Arabes..., op. cit., pp. 198-203.</ref>, il n’est pas étonnant que l’on puisse lire chez Jean de Londres (): alpheraz, .i. equus et super vmbilicum eius<ref>(de) Paul Kunitzsch, « Typ VI », op. cit., p. 41.. Le nom paraît donc d’abord en latin, et il va falloir attendre que, dans sa traduction du () ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), Thomas Hyde (1665), le nom arabe apparaisse en transcription, sous la graphie ‘Sírra AlPháras‘. À partir de là, le nom entre dans les catalogues sous deux formes. Une première fois, par l’intermédiaire du philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796) qui retranscrit ‘sirrah el-pheras’, le nom est Sirra chez Johann Elert Bode (la) Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. X.. Quelques années après, Giuseppe Piazzi donne, directement à partir de Hyde cette fois, le nom Sirrah Giuseppe Piazzi, Præcipuarum stellarum inerrantium positiones mediæ ineunte sæculo XIX : ex observationibus habitis in specola Panormitana ab anno 1792 ad annum 1813, éd. Panermi : ex regia typ. militari, 1814, p. 171., relevé par Richard Hinckley Allen (1899) (en) Richard Hinckley Allen, Star-names and their meaning, op. cit., p. 35., qui contribue à le populariser (de) Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, op. cit., pp. 132-133.Roland Laffitte, Héritages arabes... , op. cit., pp. 195-196..

Caractéristiques physiques De magnitude 2,06, éloignée de la Terre d'environ 97 années-lumière, Alphératz est une étoile blanc-bleu, la plus brillante d'un groupe d'étoiles nommées « à mercure-manganèse ». Elle présente une abondance anormale de mercure, gallium, manganèse et europium dans son atmosphère et une sous-représentation inhabituelle d'autres éléments. On pense que cette anomalie est le résultat de la séparation des éléments sous l'effet de la propre gravité de l'étoile.

Environnement stellaire

Alphératz est une étoile binaire, composée de deux étoiles orbitant très près l'une de l'autre et qui ne peuvent être distinguées que par une analyse spectroscopique très fine. La plus grande des deux est à peu près 10 fois plus lumineuse que la plus petite et elles orbitent en 96,7 jours. La paire est environ 200 fois plus lumineuse que le Soleil.

Par sa brillance, Alphératz est logiquement l'étoile α d'Andromède. Mais, grâce à sa position, elle est aussi l'un des sommets de l'astérisme connu sous le nom de Grand carré de Pégase.

Repérage Alphératz est le plus brillant des quatre sommets du grand carré de Pégase.

Elle forme également avec Hamal du Bélier et Diphda de la Baleine le Triangle d'automne.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Constellation d'Andromède Catégorie:Binaire spectroscopique Catégorie:Étoile à mercure et manganèse Catégorie:Étoile variable de type Alpha2 Canum Venaticorum Catégorie:Étoile de type spectral BIV Catégorie:Étoile de type spectral AV Andromedae, Alpha Andromedae, 21 0015 000358 000677 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung Andromedae, W1