Le Parti du progrès (, abrégé en FrP) est un parti politique norvégien. Le parti s'auto-identifie traditionnellement comme libéral-classique. ou libertarienJens Rydgren (2013). Class Politics and the Radical Right. Routledge. p. 108. mais il est généralement positionné à la droite du Parti conservateur et il est considéré comme le parti le plus à droite des partis représentés au Parlement de Norvège. Il est libéral sur le plan économique et conservateur sur le plan social, et est souvent décrit comme modérément populiste de droite mais cette catégorisation est contestée à la fois par des universitaires et l'opinion publique.... Ces dernières années, le parti contient une faction national conservatrice grandissante.
Le Parti du progrès est officiellement un parti libéralEn réalité, en Norvège, il est d'usage de distinguer les « libéraux » centristes () des « libéralistes » plus à droite sur l'échiquier politique (). Le Parti du progrès s'identifie lui-même, dans le préambule de son programme, comme « ». qui milite pour la baisse des impôts, le libre marché et la déréglementation de l'économie. Il souhaite également la mise en place de limites plus strictes contre l'immigration. En matière de politique étrangère, il prône une plus forte coopération avec l'OTAN, les États-Unis et Israël ainsi qu'un contrôle plus important de l'aide publique à destination des pays en développement. Il est socialement et culturellement conservateur. Enfin, il préconise la décentralisation de l'État.
Actuellement dirigé par Sylvi Listhaug, le parti a remporté 16,3 % des suffrages et 29 sièges au Storting, le parlement norvégien, lors des élections législatives de 2013. Depuis ces élections, il est le troisième parti de Norvège, après avoir été de 2005 à 2013, le second parti du pays et le premier parti d'opposition. Il fait partie de la coalition au pouvoir avec le Parti conservateur à partir des élections de 2013 et jusqu'au ..
Histoire Création Le Parti du progrès a été créé le à l'occasion d'un discours de Anders Lange à Oslo. Ce dernier souhaitait que ce soit davantage un mouvement de protestation qu'un véritable parti politique. La contestation qu'il incarnait était dirigée contre le niveau, selon lui inacceptable, des impôts, des subventions et de la réglementation, ainsi que contre l'interventionnisme économique et la social-démocratie de « l'État nounou » Samfunnet er en stor frase !, discours de Anders Lange, Oslo, . Consulté le 30 juin 2008..
Le parti s'appelait à l'origine Anders Langes parti til sterk nedsettelse av skatter, avgifter og offentlige inngrep, ce qui signifie « parti d'Anders Lange pour une forte réduction des impôts, des taxes et de l'interventionnisme public ». Il était couramment appelé « Parti d'Anders Lange », abrégé en ALP. C'est le qu'il prit son nom actuel de Parti du progrèsHistorique de Fremskrittspartiet - Le Parti du Progrès, site officiel du Parti du progrès. Consulté le 30 juin 2008..
Pour sa première élection législative, en , le parti rassemble 5 % des suffrages et obtient quatre sièges au Storting.
Présidence de Carl I. Hagen Après la mort de Anders Lange en , deux personnes vont successivement diriger le parti durant une courte période : Eivind Eckbo de 1974 à 1975 et Arve Lønnum de 1975 à 1978. Mais l'année 1977 constitue une année noire pour le Parti du progrès avec seulement 1,9 % des voix aux élections législatives et aucun élu au Storting. Ces mauvais résultats conduisent à l'élection de Carl I. Hagen à la tête du parti, lors d'un vote au congrès de 1978 à Oslo.
Carl I. Hagen restera président du Parti du progrès jusqu'en 2006. Sous sa direction, le parti deviendra le deuxième plus important mouvement politique de Norvège.
Libertarien en économie, Carl I. Hagen a été le premier politicien norvégien à plaider pour le démantèlement du fonds souverain créé pat l’État afin de placer les revenus des hydrocarbures pour financer le niveau de vie et de protection sociale des générations suivantes..
Aux élections législatives de 1989, le parti obtient 13 % des voix et vingt-deux représentants au Storting, ce qui en fait déjà la troisième force politique du pays. Il commence alors à émerger sur la scène politique locale. En 1990, Peter N. Myhre, membre du FrP et ancien dirigeant de l'organisation de jeunesse du FrP de 1978 à 1984, devient maire d'Oslo durant un peu plus d'un an Liste des maires d'Oslo, site officiel de la ville d'Oslo. Consulté le 30 juin 2008..
Cependant, lors des élections législatives de 1993, le score du parti retombe à 6,3 %, son niveau de 1983. Il obtient néanmoins dix élus au parlement. Après ces élections s'ensuivra une scission avec le départ en 1994, de quatre députés issus de l'aile libertarienne du parti, qui formèrent un groupe indépendant au Storting. Ils créent même une organisation, Fridemokratene, qu'ils tentèrent sans succès de transformer en parti politique.
Aux élections législatives de 1997, le Parti du progrès retrouve une pente ascendante en rassemblant 15,3 % des électeurs et redevient ainsi le troisième parti de Norvège avec vingt-cinq sièges au Storting.
Deux ans plus tard, lors des élections locales, Terje Søviknes, second vice-président du Parti du progrès, est élu maire de la ville de Os. Il devient donc le premier membre de ce parti à avoir été élu maire d'une commune norvégienne (si l'on excepte Peter N. Myhre). Dans le même temps, vingt membres de FrP sont élus premier adjoint de leur commune.
Lors des élections législatives de 2001, le Parti du progrès ne parvient pas à conserver l'avance dont les sondages le créditaient mais réussit à maintenir son niveau de 1997 : il obtient 14,6 % des voix et vingt-six députés au parlement. Ce score lui permet de faire tomber le gouvernement travailliste dirigé par Jens Stoltenberg. Il est remplacé par une coalition de trois partis, menée par le démocrate-chrétien Kjell Magne Bondevik. Cependant, cette coalition refuse de travailler avec le FrP car elle considère que les différences politiques qui les séparent sont trop importantes.
En 2002, le Parti du progrès progresse à nouveau dans les sondages et pendant une courte période, il devient même le parti le plus populaire de Norvège, avec une forte avance en . Les élections locales de 2003 constituent un succès pour le FrP : dans trente communes, il obtient davantage de voix que n'importe quel autre parti. Toutefois, il ne réussit à faire élire que treize maires. Le Parti du progrès participait aux élections locales depuis 1975 mais jusqu'alors, il n'avait fait élire que deux maires. Dans la ville de Os, là où il avait remporté sa seule mairie en 1999, le vote pour le Frp passe de 36,6 % en 1999 à 45,7 % en 2003. Le parti a gagné du terrain à travers tout le pays, mais davantage encore dans les villes où il disposait d'un maire ou d'un premier adjoint The Norwegian Progress Party : Building Bridges across Old Cleavages, Tor Bjørklund and Jo Saglie, Institute for Social Research, publié en janvier 2004. Consulté le ..
Exclusion des Démocrates En 1999 et 2000, le FrP bénéficiait d'un haut niveau de popularité en Norvège. Mais lors des élections législatives de 2001, ce soutien retomba au niveau de 1997, à cause d'une polémique mettant en cause le second vice-président du parti à l'époque, Terje Søviknes, qui était impliqué dans un scandale sexuel, ainsi qu'en raison de désaccords internes. Plusieurs élus populistes locaux d'Oslo et quelques parlementaires démissionnèrent du parti. De plus, certains populistes, surnommés alors les « solistes », ont été soit suspendus du parti, comme Vidar Kleppe qui fut suspendu durant deux ans, soit exclus, comme Jan Simonsen. Les « populistes » formèrent par leur suite leur propre parti appelé Démocrates de Norvège, avec Vidar Kleppe comme président et Jan Simonsen comme vice-président.
Progression récente Aux élections législatives de 2005, le Parti du progrès devint le second parti représenté au Storting, avec 22,1 % des voix et trente-huit sièges. En 2006, conformément à ce qu'il avait annoncé lors du congrès du parti de 2004, Carl I. Hagen abandonna sa fonction de président du FrP. Le , lors du congrès du Parti du progrès, Siv Jensen, première vice-présidente du parti et présidente du groupe parlementaire au Storting, est élu présidente du FrP.
En 2008, le FrP bénéficia d'une progression de son niveau de popularité. Il était ainsi crédité d'un soutien de 26,3 % en mars , sondage TNS Gallup. Consulté le .. L'augmentation des taxes sur l'essence et le gazole effectuée par la coalition rouge-verte à la tête du pays, avait contribué à un haut niveau des prix du carburant en Norvège. Cette décision politique avait accru la popularité du Parti du progrès qui militait pour une baisse de ces taxes« La hausse du prix de l'essence profite à la droite populiste norvégienne », Le Monde, . Consulté le juillet 2008. et selon un sondage réalisé en par le quotidien Verdens Gang, il recueillait un score de 27,8 %, alors que le Parti du travail, au pouvoir, atteignait seulement 26,7 % « Fosser frem på diesel-opprør : Siv nær statsministerstolen », VG, . Consulté le juillet 2008.. De plus, selon ce même sondage, une éventuelle coalition entre le Parti du progrès et le Parti conservateur, aurait recueilli 47 % des voix contre à peine 41 % pour la coalition rouge-verte.
Selon un autre sondage réalisé par Norstat pour NRK en , le FrP était devenu pendant un temps le premier mouvement politique de Norvège, avec 30,8 % de soutien contre 26,6 % pour son adversaire travailliste « Frp størst på ny måling », VG, . Consulté le .. Ce dernier a depuis rattrapé son retard. Ainsi aux élections législatives de septembre 2009, le Parti du progrès rassemble 22,9 % des électeurs contre 35,4 % pour le Parti travailliste Landsoversikt - Stortingsvalget, Kommunal- og regionaldepartementet. Consulté le 18 septembre 2009.. Le FrP réalise ainsi le meilleur score de toute son histoire et gagne trois sièges par rapport à 2005 mais cela reste insuffisant pour qu'une éventuelle coalition de droite, avec notamment le Parti conservateur, puisse disposer d'une majorité au Storting. La coalition de gauche, reconduite au pouvoir, détient en effet quatre-vingt-six sièges contre quatre-vingt-trois pour la droite« Le gouvernement de centre gauche conserve une courte majorité en Norvège », Le Monde, . Consulté le 18 septembre 2009..
Recul mais participation au gouvernement Lors des élections législatives de 2013, le FrP recueille voix soit 16,3 % des suffrages exprimés et 29 sièges au Parlement. Il redevient ainsi le troisième parti du pays. Malgré cet important recul (- et perte de 12 députés), il est question pour la première fois d'une entrée au gouvernement, aux côtés du Parti conservateur, du Parti populaire chrétien, du Parti du centre et de Venstre..
Les discussions aboutissent finalement à la formation d'une coalition gouvernementale composée de Høyre et du Parti du progrès et soutenue de l'extérieur par les petits partis politiques du centre-droit.. Le , sept membres du Parti du progrès sont nommés au gouvernement sur 18 ministres.. Siv Jensen devient ministre des Finances.
En , le Parti du Progrès annonce son départ du gouvernement de coalition pour protester notamment contre le rapatriement de Syrie d'une épouse de jihadisteRapatriement d'une femme de djihadiste: les populistes quittent le gouvernement norvégien, lefigaro.fr, 20 janvier 2020.
Direction du parti Anders Lange (1973-1974), fondateur Eivind Eckbo (1974-1975), président par intérim Arve Lønnum (1975-1978), président Carl I. Hagen (1978-2006), président, démission en 2006 Siv Jensen (2006-2021), présidente Sylvi Listhaug (depuis 2021), présidente
Résultats électoraux
Élections au Storting