Alfred Léon Gérault, dit Gérault-Richard, né le à Bonnétable (Sarthe) et mort le à Fréjus (Var), est un journaliste et homme politique socialiste français, qui fut député de 1895 à 1898 puis de 1902 à 1911.
Biographie
Issu d'une famille de paysans, il est d'abord menuisier au Mans, puis à Paris, où ses chansons paysannes et socialistes lui valent une certaine réputation dans le quartier de Montmartre. Le communard Prosper-Olivier Lissagaray lui ayant offert un poste à La Bataille, il commence à contribuer aux journaux progressistes, en particulier à La Petite République, dont il devient rédacteur en chef en 1897. Il se bat en duel contre l'écrivain Dick de Lonlay lors de l'épisode boulangiste. gauche|vignette|256x256px|Gérault Richard (droite) et Jean Jaurès (gauche) vers 1895 photographiés par Nadar. En 1893, il fonde Le Chambard socialiste, mais une attaque personnelle contre le président Jean Casimir-Perier lui vaut un séjour en prison d'un an en 1894, à l'issue d'un procès où il est défendu par Jean Jaurès.. En , il est élu député socialiste du XIII arrondissement de Paris, et se rend à Carmaux (Tarn) lors des grèves de la fin 1895, avec Jean Jaurès et Arthur Groussier. Il y fait l'objet d'une enquête pour entrave à la liberté du travail, abandonnée par la suite. De à , il dirige La Petite République socialiste. Mais Jean Jaurès, qui co-dirige avec lui ce quotidien, fonde L'Humanité en 1904 et se sépare de Léon Gérault-Richard. Les divergences idéologiques entre les deux hommes se manifestent encore en 1905, quand Gérault-Richard refuse de faire partie de la SFIO, en particulier à cause des thèses antipatriotiques de Gustave Hervé cautionnées par JaurèsCharles Péguy, Œuvres en prose complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1992, note 1 de Robert Burac, page 1520.. Il est violemment attaqué dans quatre articles d’André Morizet parus en première page de L’Humanité, en , sous le titre « Un roman colonial ». Ces attaques autorisent Charles Péguy dans Notre Jeunesse, en , à fustiger envers Gérault-Richard .
Aux élections de 1898, Gérault-Richard est battu mais il est élu trois fois (1902-1906, 1906-1910, 1910-1914) en Guadeloupe, dans des conditions qui ne laissent aucun doute sur leur irrégularité. Il avait été intronisé par le député Hégésippe Jean Légitimus, lui-même élu en 1898. Craignant de ne pas être réélu en raison de sa politique d'entente capital-travail, Légitimus lui avait laissé la circonscription de Basse-Terre pour se faire élire dans celle de Pointe-à-Pitre. Ayant lâché Légitimus, Gérault-Richard parvint à renouveler son mandat grâce au contrôle exercé sur un gouverneur qui mit gendarmes et marins à son service. Le , durant une période de troubles à la Guadeloupe consécutifs au renouvellement de ce mandat, le gendarme Louis Dudragne sauve la vie de M. Le député, qui était en fuite à bord d'un train en direction de Capesterre, sous le feu des émeutiers. La réputation sulfureuse qu'il s'était acquise à Paris ne fut en rien rehaussée par la façon dont il défraya la chronique en Guadeloupe. En , il lance Messidor, repris en par Paris-Journal : sous sa direction, ce quotidien se consacre à la vie littéraire et artistique, avec la collaboration d’Alain-Fournier.
En 1901, il se bat en duel avec le royaliste Léon Daudet.
Gérault-Richard est l'un des rédacteurs de l’Histoire Socialiste : 1789-1900 publiée sous la direction de Jean Jaurès en 1901.
Sources
Notes et références
Liens externes
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