Edmond Borocco, né le à Colmar (Haut-Rhin) et mort le dans la même ville, est un homme politique français.
Toujours dans cette même ville, il épouse le Andrée Alice Jess (résistante). Ils sont domiciliés 29 rue de Rouffach à l'imprimerie familiale dont il est le directeur.
Il est résistant pendant la Seconde Guerre mondiale. Il dirige avec Joseph Rey des réseaux de résistants colmariens. Il est en liaison étroite avec les organisations similaires, dirigées à Mulhouse par Maître Lucien Braun, Achille Bey, Auguste Riegel et celle de Louis Bellini à Bollwiller.
Étant très généreux, on disait de lui que c'était le seul homme qui prêtait de l'argent alors qu'il n'en avait pas.
Il est le frère de Robert Borocco lui-même résistant.
Seconde Guerre Mondiale
1939 Il rejoint le corps expéditionnaire des chasseurs alpins en Norvège et participera à la bataille de Narvik.
Résistance
Réseau d'évasion Démobilisé, il reprend son poste de directeur de l'imprimerie Jess à Colmar. Avec l'aide de sa femme, il fabrique des faux papiers pour les prisonniers évadés et les Alsaciens réfractaires. Son équipe loge les fugitifs entre autres à Zimmerbach (Haut-Rhin) où officie l'abbé Paul Vuillemin. C'est Léon Acker, marchand de bières, qui profite de ses déplacements pour les convoyer vers les Trois-Épis, Labaroche ou les Basse-Huttes (Orbey/Haut-Rhin). Ils y sont pris en charge par les passeurs Marcel Maire, Paul Batôt et Paul Deparis qui les exfiltrent de l'autre coté de la frontière.
Réseau d'espionnage Il abandonne son action en faveur des évasions. Il s'engage dans le réseau de renseignements Uranus-Kléber des Forces Françaises Combattantes (FFC) sous la responsabilité de son frère Robert Borocco qui dirige le secteur de Colmar (Bas-Rhin). Son poste d'industriel lui permet de glaner de précieux renseignements sur l'économie et l'administration nazie en Alsace.
Détention Dans le cadre du démantèlement du réseau Uranus-Kléber, il est arrêté le à Colmar. Il est détenu à la prison du tribunal d'Offenburg (Allemagne). Il est jugé par le Volksgerichtshof (le tribunal du peuple) le à Strasbourg après que le tribunal militaire ait refusé le dossier le . Il est condamné par le juge Freisler à neuf mois de prison pour atteinte à la sureté de l’État. Il fait sa peine à Offenburg.
Pour atténuer les peines, Joseph Rossé (autonomiste) serait intervenu en faveur d'Edmond et Robert Borocco (inculpé en même temps que son frère) auprès des autorités allemandes et vichystes comme le laisse supposer la lettre de remerciement d'Antoine Borocco du .
Évasion Prévenu d'une nouvelle arrestation, Edmond Borocco se cache à Wittenheim (Haut-Rhin) grâce à Betty Acker. Avec l'aide de Jeanne Jenny, de Paul Winter, d'Auguste Riegel et par l'intermédiaire de la filière de Hagenthal (Haut-Rhin) il s'évade en Suisse en se cachant sous un train de charbon.
La libération Il s'engage dans le Groupe mobile d'Alsace (GMA) Suisse. Il a le grade d'Aspirant. Il est intégré à la compagnie du B.C.P. commandée par le Lieutenant Seither. Le B.C.P. est engagé en soutien du R.I. du côté de la centrale électrique de Seppois-le-Bas.
L'aspirant Edmond Borocco s'illustre lors des combats du 26 au . De sa propre initiative, il prend la tête d'une patrouille de chasseurs pour récupérer les blessés du Régiment d'Infanterie (152 RI) dans une zone stratégique située à proximité du transformateur électrique près de la route nationale Seppois - Courtelevant (Haut-Rhin). Il ramènera plusieurs blessés. À ce titre, il sera décoré, ainsi que 11 de ses compagnons, de la croix de guerre. Citations Pour son action du , Edmond Borocco et 11 de ses compagnons reçoivent la citation suivante :« Dans l’après-midi du 27 novembre 1944 ont organisé volontairement une patrouille pour chercher des blessés d’un bataillon voisin qui avaient dû être abandonnés dans la zone occupée par l’ennemi (secteur transformateur électrique, route N463 de Seppois à Courtlevant). Alors qu’une patrouille envoyée dans le même but par une unité voisine avait dû se replier sous le feu de l’ennemi et subissant des pertes sans avoir pu accomplir sa mission, l’Aspirant Borocco et ses chasseurs n’hésitèrent pas à pénétrer profondément dans la zone dangereuse et réussirent à remplir la mission qu’ils s’étaient eux-mêmes donnée. Ont aussi fait preuve d’initiative et de courage et d’un esprit de camaraderie exemplaire. »
Capitaine Baumeister, Chef de bataillon
Il est cité à l'ordre de la division le : « Ancien chasseur alpin, plein de dynamisme et de bravoure, ne connaissant que son devoir de patriote français, a réalisé dès 1940 une filière de passage pour prisonniers de guerre français évadés des camps d'Allemagne. Membre du réseau Kléber comme chargé de mission de classe, a fait personnellement de nombreux passages de prisonniers français ou de réfractaires alsaciens. Après une détention de onze mois dans les geôles nazies, s'est évadé par la Suisse d'où il a rejoint les Forces Françaises de la Armée avec laquelle il a pris part aux combats de la libération du territoire. A toujours fait preuve d'une aptitude exceptionnelle au commandement, d'un enthousiasme et d'un dévouement sans limites. »Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre 1939-1945 avec étoile d'argent.
Distinctions Il est reconnu « Déporté résistant ». par décret du . avec étoile d'argent par décret du . (décret du ). . de par son statut de « déporté résistant ». Médaille de Norvège.
Vie politique
En résumé Edmond Borocco fut député gaulliste de la Première circonscription du Haut-Rhin sous la République, de 1958 à 1973. En 1972, il fit passer un projet de loi imposant la mise en bouteille obligatoire dans la région. Cette loi contribua beaucoup à faire du vin alsacien, un vin de renom. En 1973, Edmond Borocco subit de plein fouet le reflux gaulliste et la montée démocrate-chrétienne, étant battu par le candidat Réformateur - Centre Démocrate Justin Hausherr, proche de J.Rey. Il ne l'emportait alors qu'à Lapoutroie et Ste-Marie-aux-Mines.
Mandat municipal Entré au conseil municipal de Colmar en (R.P.F.), il fut réélu en 1947 et devint adjoint au maire jusqu’en 1953. Conseiller (U.N.R.) de 1953 à 1965, fut ensuite adjoint de 1965 à 1971. À nouveau membre (R.P.R.) du conseil municipal en 1977.
Mandats à l'assemblée nationale Mandat : Du au Département : Haut-Rhin Groupe : Union pour la nouvelle République Mandat : Du au Département : Haut-Rhin Groupe : Union pour la nouvelle République-UDT Mandat : Du au Département : Haut-Rhin Groupe : Union démocratique pour la V° République Mandat : Du au Département : Haut-Rhin Groupe : Union des démocrates pour la République
Député au Parlement européen Il obtint en 1966 un mandat de député au Parlement européen, où il fut vice-président de la commission des Finances puis de la commission agricole.
Notes et références
Bibliographie
DVD pédagogique.
Voir aussi
Articles connexes Robert Borocco Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945 Liens externes
Catégorie:Député du Haut-Rhin Catégorie:Député de la IVe législature de la Ve République Catégorie:Député de la IIIe législature de la Ve République Catégorie:Député de la IIe législature de la Ve République Catégorie:Député européen élu en France 1979-1984 Catégorie:Résistant français Catégorie:Résistant alsacien Catégorie:Résistant en Alsace Catégorie:Naissance en août 1911 Catégorie:Naissance à Colmar Catégorie:Naissance dans le district de Haute-Alsace Catégorie:Décès en juillet 1990 Catégorie:Décès à Colmar Catégorie:Décès à 78 ans Catégorie:Personnalité du Rassemblement du peuple français Catégorie:Personnalité de l'Union pour la nouvelle République Catégorie:Personnalité de l'Union des démocrates pour la République Catégorie:Personnalité du Rassemblement pour la République Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1987