Le pansexualisme (du grec : tout) désigne la doctrine qui veut que tout acte s'expliquerait par une motivation sexuelle inconsciente. Le mot dénonce l'explication par la libido de tous les phénomènes humains. Cette doctrine a parfois été attribuée à Freud, bien que ce dernier l'ait contestée.

Les « résistances émotionnelles » de Bleuler

Selon Gilles-Olivier Silvagni et Christian Godin, le terme a été inventé par Eugen Bleuler pour discréditer le freudisme, c'est-à-dire la théorie présentée par Sigmund Freud en 1905 dans les Trois essais sur la théorie sexuelle. Bleuler précise ainsi sa critique : On peut encore y lire encadré « Le mythe du pansexualisme » dans le livre La Psychanalyse Pour les Nuls de Gilles-Olivier Silvagni et Christian Godin, Edi8 - First Editions, 2012.

La désignation de pansexualisme créée par Eugen Bleuler fait suite à de nombreux échanges de courriers, Bleuler réclamant des preuves à Freud, et Freud répondant que le problème est une de BleulerSigmund Freud et Eugen Bleuler : l’histoire d’une relation ambivalente par Ernst Falzeder (rep 25 à 26.).

Dès , Bleuler adresse par courrier son ressenti à Freud sur son livre Trois essais sur la théorie sexuelle : il pointe un manque de détail et de preuve et précise . Il accorde néanmoins à Freud la possibilité qu'il dise juste : .

Puis Bleuler répond à Freud qui lui a manifestement parlé de résistance émotionnelle : « Je ne suis pas conscient d’une lutte – comme vous l’appelez – contre la théorie. Et je ne trouve pas de raison en moi pour une telle lutte… Toutefois, je ne sais pas encore en vertu de quoi ma résistance contre votre petit livre sur la sexualité… serait une résistance émotionnelle » (14.10.1905), et il renchérit dans le courrier suivant, après avoir relu les Trois essais : « Je crois encore que ma résistance contre certaines déductions n’est pas émotionnelle… Ce qui me manque, c’est le matériel à partir duquel vous avez tiré vos conclusions » (17.10.1905). et questionne « Où la résistance peut-elle se trouver, si c’est une résistance ? » (5.11.1905).

Freud persiste, en 1910, à dire à Bleuler : , et en 1912 : . Et Freud « prédit dans cette lettre que dans ces conditions, les "relations personnelles amicales" ne survivront pas entre lui et Bleuler ».

Polémique entre Jung et Freud

Le débat autour du concept de libido, en 1912, met le feu aux poudres. Par exemple, dans les rapports entre Jung et Freud, le cas de Daniel Paul Schreber, auteur des Mémoires d'un névropathe, exacerbe les différences de point de vue. Alors que Freud en fait une preuve de sa théorie, Jung explique qu'il ne peut pas le suivre dans cette voie : Jung à Freud, « lettre du 11 décembre 1911 », in ..

De son côté, Freud ne présente pas une divergence de point de vue et explique que .

Utilisations du mot En 1921, dans Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud reprend ce mot pour critiquer une confusion :

Simone de Beauvoir fait a posteriori un pont avec Sade en écrivant en 1955 : renvoie à la source : S. de Beauvoir, Faut-il brûler Sade ?, in Privilèges, 56-57.

Références

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