thumb|Le Laboratoire national de Hanford, qui n'est que l'une des parties du vaste complexe nucléaire militaro-industriel de Hanford, sur la rive du Columbia.
Le complexe nucléaire de Hanford, situé le long du Columbia au centre-sud de l'État de Washington, a connu plusieurs dénominations (Hanford Works, Hanford Engineer Works ou HEW, Hanford Nuclear Reservation, HNR ou Hanford Project).
Ce site, aujourd'hui contrôlé par le département de l'Énergie des États-Unis (DoE), est devenu en 1996 le plus grand site de stockage de déchets nucléaires (disent ERDFERDF : "[Environmental Restoration Disposal Facility Environmental Restoration Disposal Facility]", créé en 1996. et Hanford Challenge.) des États-Unis : le site a une superficie de environ, et stocke (au début du ) 1/3 de tous les déchets radioactifs du pays Blaine Harden, Dan Morgan (2007), "Debate Intensifies on Nuclear Waste". Washington Post: p. A02. 2007-06-02, consulté le 29 janvier 2007. avec également dans le sud du site, entre la Yakima et le Columbia qui se rejoignent dans cette zone, plusieurs centres de stockage de déchets et sources radioactives ne provenant pas du DoE et ayant pour origine Framatome ANP, PN service, Allied Technology Group Corporation et Perma Fix. La grande quantité de déchets radioactifs présente sur ce site est due au fait qu'il est aussi un ancien complexe industriel militaire (construit en 1943 en bordure de la ville de Hanford, déménagé pour l'occasion) initialement destiné au projet Manhattan pour lequel il a abrité le réacteur B, premier réacteur nucléaire au monde destiné à produire du plutonium de qualité militaire. pour la première bombe nucléaire, qui fut testée lors de l'essai atomique Trinity, et pour « Fat Man », la bombe utilisée lors du bombardement de Nagasaki au Japon.
D'abord ultra-secrète, cette production s'est poursuivie 46 ans sous le contrôle du département de la Défense, pour le compte du gouvernement fédéral des États-Unis et de l'armée. Or . De plus, après arrêt de la production, . C'est le plus grand chantier de décontamination et démantèlement au monde, qui mobilise aujourd'hui selon le DoE environ (notamment du groupe AREVAAREVA ; AREVA participe, pour le compte de la société WRPS, à l'assainissement et au démantèlement du grand site militaire de stockage de Hanford, aux États-Unis. », communiqué, avec vue aérienne du site, et à proximité des zones de culture irriguée, consulté 2013-02-27.) alors que le nombre d'ouvriers n'a jamais dépassé durant la construction Département américain de l'Énergie, Hanford Cleanup (Nettoyage du site de Hanford), consulté le 22 février 2013..
Lors de la guerre froide, le site accueillit neuf réacteurs nucléaires et cinq complexes de traitement du combustible usé supplémentaires, pour produire plus de plutonium pour la plupart des de l'arsenal nucléaire américain.. Les scientifiques du complexe réalisèrent alors de nombreuses percées et avancées technologiques, mais avec des procédures de sécurité et de traitement des déchets radioactifs qui se sont rétrospectivement révélées insuffisantes.
Depuis les années 1970, et après déclassification d'une partie des archives Gouvernement des États-Unis, moteur de recherche sur la base de données et d’images déclassifiées du site de Hanford., on sait que les activités du site de Hanford ont libéré de grandes quantités de gaz et de matières radioactives dans l'air, les sols et la rivière Columbia, menaçant la santé des riverains et l'écosystème..
Les réacteurs militaires sont stoppés depuis la fin de la Guerre froide, mais ils ont généré, en 2010, de déchets de haute activité qui demeurent sur le site., ce qui représente les deux-tiers du volume de déchets de haute activité du pays. qui avec les déchets du début du démantèlement (qui devrait durer plusieurs décennies) font de ce site le site nucléaire le plus pollué des États-Unis... Hanford abrite encore la centrale nucléaire Columbia et de nombreux centres de recherche et développement tels que le Pacific Northwest National Laboratory et le LIGO.
Géographie thumb|right|Carte montrant les zones principales du site de Hanford en 2000. La zone grise correspond au Hanford Reach National Monument.
Le site de Hanford occupe du comté de Benton, ce qui à titre de comparaison représente une surface égale à la moitié de celle du département français du Rhône.
Ce territoire est actuellement inhabité et interdit au public.
C'est une zone désertique qui reçoit moins de de précipitations par an, avec une végétation de type steppique. Le fleuve Columbia forme la frontière Nord et Est du site, sur près de .. Ce fleuve est le plus grand cours d'eau de la région Nord-Ouest Pacifique de l'Amérique du Nord par sa longueur, par la taille de son bassin versant et par son débit à l'embouchure (le plus important de tous les fleuves nord-américains se jetant dans le Pacifique), ce qui le rendait intéressant pour refroidir les nombreux réacteurs et la centrale nucléaire du site, et diluer les rejets chimiques et radioactifs.
Le site originel couvrait y compris des « zones tampons » dans les comtés de Grant et Franklin.. Certains de ces terrains furent rendus à l'exploitation privée et sont maintenant couverts de vergers et de champs cultivés. En 2000, le parc naturel du Hanford Reach National Monument fut créé sur de larges portions de ce territoire..
Le site a été divisé en trois parties aux fonctions différentes. Les réacteurs nucléaires situés le long de la rivière sont désignés comme « zone 100 ». Les installations chimiques sur le plateau central forment la zone 200. Et les installations diverses au sud-est sont désignées sous le nom de zone 300..
Le site est à la bordure nord-ouest d'une agglomération de dite « Tri-Cities » car constituée des trois villes de Richland, Kennewick et Pasco. Hanford est la principale zone économique de ces trois villes..
Contexte environnemental et écopaysager thumb|Paysage du « Plateau » vue du mont Rattlesnake. thumb| Remontée des saumons pour le frai (la reproduction), bief de Hanford, dans le fleuve Columbia, à proximité du réacteur H. Des chinooks bien plus nombreux et plus gros remontaient autrefois le fleuve, consommés par les populations amérindiennes autochtones (photo : DoE).
Une grande surface concernée par les activités militaires et industrielles a été fermée pour des raisons de confidentialité et de sécurité, mais seule une faible portion du site est effectivement utilisée.
Climatologie : Le climat est de type continental avec hivers froids et neigeux et étés chauds et secs (avec microclimat aride). Le Plateau central a subi de 1945 à 2001 en moyenne 5 tempêtes de poussières par an Hanford-site.pnnl.gov, There have been an average of five dust storms per year from 1945 to 2001.. En raison des risques de dispersion du panache de pollution en cas d'accident, il existe un réseau météorologique spécialement réservé au site, composé de 30 stations de surveillance à distance qui transmettent des données à la station de météorologique de Hanford par radiotélémétrie toutes les 15 minutes.
Hydrogéologie : Le site lui-même a fait l’objet d’un état des lieux hydrogéologique publié en 1953 par Newcomb & Strand Newcomb RC & Strand R (1953), "Geology and Ground-Water Characteristics of the Hanford Reservation of the Atomic Energy Commission. USGS-WP-8, U.S. Department of the Interior, Geological Survey, Washington. sous l’égide de la Commission de l’énergie atomique des États-Unis, avec une mise à jour publiée 19 ans plus tard (1972) par les mêmes auteurs Newcomb, R. C. & R Strand (1972), "Geology and Ground-Water Characteristics of the Hanford Reservation of the Atomic Energy Commission. USGS Professionnal Paper 717, US Government Printing office, Washington..
Écologie : Paradoxalement, deux réserves naturelles relativement vastes entourent presque le complexe atomique de Hanford, bien qu'il soit considéré comme l’un des sites les plus pollués des États-Unis (pour la décontamination duquel le gouvernement dépense environ 2 milliards de dollars par an, avec déjà 43 millions de m de déchets radioactifs et 130 millions de mètres cubes de sol contaminé et de débris récupérés, mais pour certains stockés dans des cuves qui fuient Eric Johnson (2013), Radioactive waste leaking from six tanks at Washington state nuclear site, Communiqué Reuters, 22 février 2013, consulté le 26 février 2013.).
La zone de traitement des déchets est située au cœur d'un « plateau » intermédiaire couvert de buissons épars, lui-même situé au cœur d’une grande boucle du fleuve, et non loin (au sud-est) de la zone protégée du « Saddle mountain national Wildlife Refuge » (, créé en 1953 puis agrandie et devenue le « Hanford Reach National Monument » sous la présidence de Bill Clinton le , en lui adjoignant une nouvelle réserve naturelle (au sud-ouest) du complexe nucléaire State Parks , Saddle Mountain national wildlife refuge qui se trouve de l'autre côté du fleuve, au Nord.
La radioactivité peut être très élevée, mais serait à ce jour actuellement surtout confinée au sous-sol et localement concentrée. Paradoxalement, bien que considéré comme l’un des sites les plus radioactifs des États-Unis pour le sol et probablement le sous-sol, en surface le site a joué le rôle d’une réserve naturelle, alors que l’agriculture industrielle a prospéré aux abords du fleuve au nord et au sud grâce aux progrès de l'irrigation ; sur le site de Hanford, le paysage est resté relativement représentatif, et constitue même la principale surface relictuelle d’écosystèmes intacts de steppe arbustive pour le Bassin de la Columbia.
La réserve naturelle de « Saddle Mountain », avec ses 43 espèces de poissons (dont des espèces menacée de truite et saumon), 40 espèces de mammifères (dont cervidés et coyotes), 246 espèces d’oiseaux, 4 espèces d’amphibiens, 9 de reptiles et plus de 1500 invertébrés d’intérêt patrimonial répertoriés, donne une idée de la richesse écologique de la région.
Histoire du site de Hanford
Avant le Complexe nucléaire de Hanford thumb|Le lycée de Hanford avant que les habitants ne soient chassés par la construction du site. thumb|right|Le lycée de Hanford à l'abandon. thumb|Bassin de rétention et de refroidissement des eaux du système de refroidissement du « réacteur F » du complexe nucléaire de Hanford avant rejet dans le fleuve Columbia. thumb|Débuts de la « ville-champignon » de Richland, construite par le gouvernement pour héberger une partie du personnel du complexe nucléaire de Hanford.
Selon les données archéologiques, le confluent des rivières Yakima et Snake et du fleuve Columbia a longtemps été un lieu de rencontre pour les peuples autochtones
Les traces archéologiques de campements amérindiens remontent dans cette zone à près de . Les tribus et les nations Yakamas, Nez-Percés et Umatilla vivaient là de la chasse, de la pêche (notamment du saumon chinook et de la cueillette..
Les archéologues ont recensé une multitude de sites amérindiens incluant des "maisons semi-souterraines, des sites de chasse et de pêche et des complexes religieux" dont deux furent enregistrés dans le Registre national des lieux historiques en 1976 Hanford Island Archaeological Site (NRHP #76001870) and Hanford North Archaeological District (NHRP #76001871). (Voir aussi le site à caractère commercial National Register of Historic Places.).
Des Amérindiens ont vécu sur ce site jusqu'au , même quand des tribus furent transférées dans des réserves. Les Wanapums ne furent jamais envoyés de force dans des réserves et continuèrent à vivre le long du fleuve Columbia dans la zone des rapides de Priest jusqu'en 1943.
Ce secteur aride était encore occupé par plusieurs milliers d'Amérindiens lorsque Lewis et Clark passèrent en 1805. Les Européens-Américains commencèrent à s'installer dans la région vers 1860, initialement au sud des rapides de Priest.