La bataille d'Arras est une offensive britannique, canadienne, australienne, néo-zélandaise et terre-neuvienne contre les troupes allemandes qui eut lieu à Arras en France du au pendant la Première Guerre mondiale.

Pendant une grande partie de la guerre, les armées ennemies sur le front occidental furent dans une impasse, avec une ligne continue de tranchées s'étendant de la côte belge à la frontière suisseAshworth, 3–4. L'objectif essentiel des Alliés à partir de début 1915 fut de percer les défenses allemandes en campagne et d'engager l'armée allemande numériquement inférieure dans une guerre de mouvementAshworth, 48–51. L'offensive d'Arras fut conçue pour parvenir à ce résultatAshworth, 55–56. Elle a été planifiée avec le haut commandement français, qui lança en même temps une attaque massive (l'offensive de Nivelle) près de quatre-vingts kilomètres plus au sud. L'objectif déclaré de cette opération combinée était de mettre fin à la guerre en quarante-huit heuresKeegan (London), 348–352. À Arras, les objectifs immédiats des Alliés étaient plus modestes : tenir les troupes allemandes loin du terrain choisi pour l'attaque française et prendre aux Allemands les hauteurs qui dominent la plaine de Douai.

Les premiers efforts furent axés sur une zone d'assaut relativement large entre Vimy au nord-ouest et Bullecourt au sud-est. Après de considérables bombardement, les troupes canadiennes progressèrent dans la région nord et furent en mesure de s'emparer de la crête stratégique de Vimy et les divisions britanniques placées au centre du dispositif furent également en mesure de faire des avancées importantes. C'est seulement dans le sud, où les forces britanniques et australiennes ont dû faire face à une défense en profondeur, que les assaillants ont obtenu des gains minimes. À la suite de ces premiers succès, les forces britanniques s'engagèrent dans une série d'opérations à petite échelle afin de consolider les positions nouvellement conquises. Bien que ces opérations aient généralement réussi à atteindre des objectifs limités, la plupart d'entre elles se sont soldées par un nombre relativement important de victimes.

Quand la bataille prit fin officiellement le , les troupes britanniques avaient fait des progrès importants mais n'avaient jamais été capables de réaliser une percée majeure.

On a pu tester à ce moment-là des tactiques expérimentales comme le tir de barrage roulant, les fusées percutantes et les tirs anti-batteries, en particulier pendant la première phase de la bataille et que des assauts bien préparés contre des positions fortifiées pouvaient réussir. Ce secteur est ensuite revenu à une situation d'impasse qui caractérisa la plupart de la guerre sur le front occidental.

Préambule Au début de 1917, Britanniques et Français tentaient toujours de parvenir à une percée stratégique sur le front occidental. L'année précédente avait été marquée par l'échec coûteux en vies humaines de l'offensive britannique le long de la Somme, tandis que les Français étaient incapables de prendre l'initiative en raison des intenses pressions allemandes à Verdun. Les deux confrontations avaient utilisé d'énormes quantités de ressources, tout en ne réalisant pratiquement aucun gain stratégique. Cette impasse renforça la conviction des chefs français et britanniques que, pour mettre fin à cette situation, ils avaient besoin d'une percée majeure. Cependant, si ce désir a été le principal moteur de cette offensive, le calendrier et le lieu ont été fortement influencés par un certain nombre de facteurs politiques et tactiques.

Contexte politique Le milieu des années de guerre a été une période capitale. Les gouvernements français et britanniques étaient sous la forte pression de la presse, des citoyens et des Parlements qui voulaient mettre fin à la guerreKeegan (London), 227–231. Les batailles des Dardanelles, de la Somme et de Verdun avaient fait de nombreuses victimes et il y avait toujours peu de chances de victoire en vue. Le premier ministre britannique, Herbert Asquith, démissionna au début de et fut remplacé par le « magicien gallois », David Lloyd George. En France, le président du Conseil Aristide Briand, avec comme Ministre de la Guerre le général (puis maréchal) Hubert Lyautey, était politiquement diminué et, peu après, en , démissionnaStrachan, 243–244.

Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis étaient sur le point de déclarer la guerre à l'AllemagneKeegan (London), 377–379. L'opinion publique américaine était de plus en plus irritée par les attaques intensives des sous-marins allemands sur des navires civils, à commencer par le naufrage du Lusitania en 1915 et cette irritation arriva à son comble avec le torpillage de sept navires de commerce américains au début de 1917. Le Congrès américain déclara finalement la guerre à l'Empire allemand, le , mais il fallut plus d'un an avant qu'une armée appropriée ne soit mobilisée, formée et acheminée vers la France.

Contexte stratégique Alors que les Français et les Britanniques avaient prévu de lancer leur assaut au printemps 1917, deux faits imprévus mirent leur plan en péril. D'abord, en février, l'empire russe refusa de s'engager dans une offensive conjointe, ce qui signifiait que la prochaine offensive allait être réduite à la seule attaque des forces françaises le long de l'Aisne. Ensuite, l'armée impériale allemande commençait à reculer et à consolider ses positions le long de la ligne Hindenburg, perturbant ainsi les prévisions de l'offensive française. En fait, lorsque les troupes françaises avancèrent dans leur secteur lors de la bataille d'Arras, elles ne rencontrèrent pas de troupes ennemies. Pour ces raisons, la poursuite de l'offensive posa question. Le gouvernement français de l'époque avait désespérément besoin d'une victoire pour éviter de graves troubles civils dans le pays mais les Britanniques se méfiaient de la procédure compte tenu de la situation en évolution tactique rapide. Toutefois, dans un entretien avec David Lloyd George, le commandant en chef français, le général Nivelle réussit à convaincre le Premier ministre britannique que, si ses troupes lançaient une attaque de diversion pour attirer les troupes allemandes loin du secteur de l'Aisne, l'offensive française ne pouvait que réussir. Il fut convenu que l'attaque française sur l'Aisne commencerait à la mi-avril et que les Britanniques feraient une attaque de diversion dans le secteur d'Arras environ une semaine avant.

Forces en présence Trois armées alliées étaient déjà concentrées dans le secteur d'Arras. Elles étaient déployées, à peu près du nord au sud, comme suit : la commandée par le général Horne, la commandée par le général Allenby, la commandée par le général Gough. Le commandant britannique en chef était le Field Marshal Douglas Haig et le plan de bataille avait été conçu par le général AllenbyNicholls, 23. Exceptionnellement pendant cette guerre, trois divisions écossaises (toutes de la de terre) avaient été regroupées pour le début de l'attaque : - la écossaise du , la écossaise et la écossaise du d'armée. La composée largement d'Écossais fut également placée au milieu de leurs voisins écossais du Corps.

Face aux forces alliées se trouvaient deux armées allemandes : la Armée commandée par le général von Falkenhausen, , et la Armée du général von der Marwitz (qui se remettait d'une maladie contractée sur le front de l'Est). Les armées avaient été organisées en trois groupes - « Groupe Souchez », « Groupe Vimy », et « Groupe Arras » - déployées dans cet ordre du nord au sudNicholls, 39. Cependant, seules sept divisions allemandes étaient sur la ligne d'attaque; les divisions restantes étaient en réserve, afin de renforcer les premières ou de contre-attaquer au besoinNicholson, Chap. VIII..

Le général von Falkenhausen rendait compte directement au général Erich Ludendorff, chef opérationnel du Haut Commandement allemand (le Oberste Heeresleitung ou OHL). Le personnel de Ludendorff comprenait plusieurs officiers très novateurs et capables notamment le major Georg Wetzel, le colonel Max Bauer et le capitaine Hermann GeyerLupfer, Chap.1. Depuis , les adjoints de Ludendorff avaient mis au point des tactiques pour s'opposer aux nouvelles tactiques alliées utilisées dans la Somme et à Verdun. Bien que ces batailles se soient avérées extrêmement coûteuses pour les puissances alliées, elles avaient aussi sérieusement affaibli l'armée allemande. Au début de 1917, elle en était réduite à mettre en œuvre des tactiques de défense (« défense en profondeur ») ; un échec de Falkenhausen aurait eu des conséquences désastreuses pour l'armée allemande.

La bataille Phase préliminaire Le plan britannique fut mûrement préparé pendant trois mois, tirant les leçons des batailles de la Somme et de Verdun, l'année précédente. Plutôt que d'attaquer sur un large front, tout le poids de l'artillerie serait concentré sur un secteur relativement étroit de quarante kilomètres. Le plan prévoyait des bombardements pendant une semaine environ sur toute la ligne, avec des tirs beaucoup plus prolongés et intenses à Vimy pour affaiblir ses solides défensesNicholls, 30–32. Au cours de l'assaut, les troupes progresseraient en formation ouverte, en avançant par bonds afin de leur laisser le temps de consolider leur poste et de se regrouper. Avant de commencer à agir, il fallait une importante préparation en grande partie novatrice.

Mines et tunnels vignette|upright=1|Sortie des tunnels alliés à la carrière Wellington.À partir d', les Royal Engineers avaient travaillé sous terre pour construire des tunnels pour les troupes. La région d'Arras est calcaire et donc facilement excavée; sous Arras même se trouvait un vaste réseau (appelé les Boves) de grottes, de carrières souterraines, de galeries et de tunnels d'égouts. Les ingénieurs ont conçu un plan pour ajouter de nouveaux tunnels à ce réseau afin que les troupes puissent arriver au champ de bataille en secret et en toute sécurité. L'ampleur de ces travaux fut énorme. Dans un seul secteur, quatre compagnies (de chacune) ont travaillé sans relâche pendant d'affilée durant deux mois.

Finalement elles ont construit de tunnels classés en subways, réservés aux troupes à pieds mais dotés de rails pour des chariots de manutention poussés à la main destinés à amener les munitions sur la ligne de front et en ramener les blessés, et en railways, un système de métro léger. Juste avant l'assaut, le système de tunnel était devenu assez grand pour abriter ; il était doté de l'éclairage électrique fourni par sa propre petite centrale, de cuisines, de latrines et d'un centre médical entièrement équipé avec un bloc opératoireTunnellers in Arras 24 avril 2007"The Arras tunnels", NZ Ministry for Culture and Heritage février 2008. Le plus gros du travail a été fait par les Néo-Zélandais, dont les Maoris et les habitants des îles du sud-est du Pacifique du bataillon de pionniers de Nouvelle-Zélande et les Bantams des villes minières du Nord de l'Angleterre.

On a aussi construit des tunnels d'assaut, s'arrêtant à quelques mètres seulement des lignes allemandes, prêts à être brutalement ouverts par des explosifs au jour J. En plus de cela, on avait placé des mines traditionnelles juste sous la ligne de front, prêtes à exploser immédiatement avant l'assaut. Beaucoup n'ont jamais été activées de peur qu'elles n'abîment trop les terrains sus-jacents. Dans l'intervalle, les sapeurs allemands poursuivaient activement leurs propres opérations souterraines, recherchant des tunnels alliés pour les attaquer ou y poser des camouflets. Rien que parmi les Néo-Zélandais, il y a eu et de ce fait.