Le canton du Jura (JU), Cainton di Jura en franc-comtois, officiellement la République et Canton du JuraJura (canton), dans le Dictionnaire historique de la Suisse., est l'un des vingt-six cantons de la Suisse. Il est composé de quatre districts et son chef-lieu est Delémont. Son drapeau porte une crosse épiscopale rouge sur fond blanc ainsi que sept bandes rouges et blanches représentant les sept districts historiques.

Créé le , le canton du Jura est le plus récent canton de Suisse. Il entre en souveraineté et dans l'alliance fédérale le . Il se situe dans le nord-ouest de la Suisse, dans le massif du Jura, au sein de la grande région suisse dénommée Espace Mittelland.

La population du canton du Jura représente moins d'un pour cent de la population suisse ce qui en faisait, en 2022, le pour ce classement avec . Le Jura était, en 2020 le le moins riche de la Confédération suisse.. Ses habitants se nomment les Jurassiens. La majeure partie de la population se situe dans le district de Delémont, avec soit 53,2 % de la population totale du canton du Jura. La plus grande commune est Delémont avec . La langue officielle est le français et depuis le , le franc-comtois est reconnu officiellement comme langue minoritaire au sein du canton.

Géographie

Généralités alt=Carte de l'Espace Mittelland|vignette|L'Espace Mittelland Le canton du Jura se situe dans le massif du Jura dans le Nord-Ouest de la Suisse et fait partie de l'espace Mittelland. Au sud-ouest se trouve le canton de Neuchâtel, au sud celui de Berne, à l'est ceux de Soleure et de Bâle-Campagne. À l'ouest et au nord, se trouve la frontière française et les départements français du Doubs, du Territoire de Belfort (région Bourgogne-Franche-Comté) et du Haut-Rhin (région Grand Est).

Le canton du Jura culmine au mont Raimeux, à d'altitude., et son point le plus bas se trouve à Boncourt, au bord de l'Allaine, à d'altitude.. Avec , le Jura est le treizième plus petit canton suisse.

Le canton fait partie de la région touristique Jura et Trois-Lacs et une partie du parc naturel régional du Doubs se trouve sur son territoire.

Monts thumb|Relief du canton du Jura vignette|Vue depuis le mont Raimeux. Mont Raimeux ( du côté jurassien.) Graitery . Schönenberg Le Point de Vue Rond Rochet Le Plaigneux Les Sommêtres Cras au Sauvage Les Ordons Montgremay Faux d'Enson Hasenschel Roc de Courroux Mont Terri Roc au Corbeau Montchaibeux

Cols Col de la Croix Col des Rangiers Col de Montvoie

Rivières et lacs

Bassin versant de l'Allaine L'Allaine La Coeuvatte La Cornoline Le Creugenat L'Erveratte Le Jonc La Vendline

Bassin versant de la Birse vignette|Lac de Lucelle. La Birse La Chèvre Le Folpotat La Gabiare La Lucelle La Scheulte La Sorne Le Tabeillon

Bassin versant du Doubs Le Doubs Lac de Biaufond

Étangs Étang de la Gruère Étang des Royes Étang de Plain-de-Saigne Étangs de Bonfol

Forêts En 2018 et 2019, la sécheresse et les températures élevées provoquent la mort en masse des hêtres, qui sèchent sur pied. D'après les spécialistes, le phénomène est aussi grave qu’inédit.

La cause en est principalement le réchauffement climatique qui accélère la mort de cette espèce d’arbres. La situation de « catastrophe forestière » est déclarée en . Les études ont en effet confirmé que plus de de bois étaient secs ou en passe de dépérir.

En outre, l’extrême rapidité du dépérissement a surpris les spécialistes et dépassé toutes les projections. En cas de répétition d’épisodes de sécheresse, le hêtre pourrait à terme disparaître en plaine.

Climat + Relevé météorologique du canton du Jura pour la période 1981-2010. Données Station jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année Températures moyennes max. (°C) Delémont. 4 22 24 Fahy. 23 18 13 Températures moyennes min. (°C) Delémont 3 12 Fahy Précipitations (mm) Delémont 54 52 63 67 101 92 93 94 80 74 67 70 908 Fahy 67 66 80 82 118 100 92 105 100 101 87 91 Ensoleillement (heures) Delémont − − − − − − − − − − − − − Fahy 63 81 116 151 174 201 233 214 149 108 68 50 Source : MétéoSuisse.

Mobilité et transports

Réseau routier vignette|L'A16 au niveau de Porrentruy.

Le canton du Jura possède une route nationale, l'autoroute A16 surnommée la « Transjurane », qui fait elle-même partie de la route européenne 27 (E27) reliant Belfort (France) à Aoste (Italie), longue de et entièrement ouverte depuis le . Le reste du réseau routier du canton du Jura est composé de de routes cantonales parmi lesquels on compte la route principale 18 () reliant La Chaux-de-Fonds à Bâle. Les routes communales, sauf celles bénéficiant d'un entretien cantonal ou bénéficiant de subventions, ne font pas partie du réseau cantonal..

Le col des Rangiers et le col de la Croix sont les deux cols du canton du Jura. Le Col des Rangiers est connu pour sa course de côte internationale Saint-Ursanne - Les Rangiers.

Réseau des transports publics vignette|Une automotrice ABt des CJ en gare du Noirmont.

Le canton du Jura dispose de de réseau ferré distribués sur cinq lignes.. Depuis 2025, plusieurs de ces lignes font partie du RER Jura, auquel s'ajoutent deux lignes des Chemins de fer du Jura (CJ) : Glovelier - Le Noirmont - La Chaux-de-Fonds et Le Noirmont - Tramelan - Tavannes.

Il dispose aussi de de lignes de bus régionales sur 27 lignes desservies par CarPostal et les Chemins de fer du Jura, ainsi qu'une ligne urbaine à Porrentruy et deux lignes urbaines à Delémont, ce dernier réseau comprenant le service de bus sur appel PubliCar. Ce réseau de jour est complété par de bus de nuit Noctambus circulant tous les samedis.

Le canton du Jura possède un système d'abonnements (mensuel et annuel) de transport unique, le « Vagabond », qui permet de circuler librement dans une ou plusieurs des géographiques couvrant le canton ; en revanche les autres titres (cartes pour un trajet ou à la journée par exemple) restent spécifiques à chaque réseau. En 2015, possédaient un abonnement « vagabond ».

Histoire Le canton du Jura trouve ses racines en 999, lorsque Rodolphe III de Bourgogne, roi de Bourgogne donne à l'évêque de Bâle l'abbaye de Moutier-Grandval et ses dépendances. À partir de 1032, l'évêché de Bâle est rattaché au Saint-Empire romain germanique. Au début du , l'évêque est progressivement écarté du pouvoir et doit quitter la ville de Bâle lorsque la Réforme y est adoptée. Il s'installera alors à Porrentruy, ville située en Ajoie et dépendant à cette époque du diocèse de Besançon. Le territoire restant, sur lequel il régnera jusqu'à l'éclatement de la Révolution française, correspond plus ou moins à ce qui est appelé aujourd'hui le « Jura historique » (composé du canton du Jura, du Jura bernois et de Laufon). Après 1648 et les traités de Westphalie, le Jura, séparé du reste du Saint-Empire, accroît ses liens avec la Confédération des XIII cantons.

La situation perdure jusqu'en 1792, quand le dernier prince-évêque de Bâle est chassé de sa résidence de Porrentruy par le vent de la Révolution française. Le est proclamée la République rauracienne, première république « sœur » de la République française. En , elle est annexée de fait par la France et devient un département sous le nom de Mont-Terrible avec pour chef-lieu Porrentruy. La région de Montbéliard y est rattachée le 1797 (11 ventôse an V). Par la volonté du Consulat, le département du Mont-Terrible est supprimé le par la loi du 28 pluviôse an VIII et est rattaché au Haut-Rhin, formant deux nouveaux arrondissements.

En 1815, par décision du congrès de Vienne, le territoire du ci-devant Évêché de Bâle est attribué à la Suisse par rattachement au canton de Berne, et ce pour compenser la perte par ce dernier du Pays de Vaud et de l'Argovie bernoise (Basse-Argovie), deux anciens ensembles de bailliages érigés en cantons à part entière de la Confédération à la suite de l'Acte de médiation de 1803.

Question jurassienne

vignette|Carte de la formation du canton du Jura 1979–2026

vignette|Le cortège des pro-jurassiens lors du résultat du vote communaliste du à Moutier, qui est favorable au canton du Jura.

Au cours du , le Jura parvient, malgré le centralisme bernois, à conserver sa langue et sa culture françaises à travers la Société jurassienne d'émulation créée en 1847.

Dès lors, les tensions entre le Jura bernois et le reste du canton de Berne s'intensifient et aboutissent en 1917 à la constitution du « Comité pour la création d'un canton du Jura ».

En 1947, à la suite de l'éviction du conseiller d'État jurassien Georges Moeckli de la direction cantonale des travaux publics, pour des raisons de langue (un département aussi important ne pouvant décemment pas être dirigé par un francophone aux yeux de la majorité alémanique), le « Comité de Moutier » est créé puis, en 1949, le « Mouvement séparatiste jurassien » (MSJ).

En 1951, le MSJ se transforme en « Rassemblement jurassien » et, en réaction, une association anti-séparatiste, l'« Union des patriotes jurassiens » (UPJ), est créée.

En 1963, est fondé le « Groupe Bélier » qui va lancer des opérations spectaculaires bientôt dépassées par celles du « Front de libération jurassien » (FLJ), allant jusqu'aux actions à l'explosif.

La lutte aboutit à l'organisation d'un plébiscite. Le , un référendum sur la création du canton du Jura recueille 51,93 % de oui, mais seuls trois districts sur sept votent favorablement.

Le , le canton de Berne organise un vote dit « en cascade », et trois districts du sud restent attachés au canton de Berne, le district de Laufon — qui avait d'abord opté pour Berne — demandant son rattachement au demi-canton de Bâle-Campagne. Mais les mouvements de lutte, notamment le Groupe Bélier, le Mouvement autonomiste jurassien et le Mouvement indépendantiste jurassien poursuivent l'idéal d'une réunification du « peuple jurassien francophone ». Seules quelques communes du district de Moutier décident de rejoindre le canton du Jura. Comme leurs frontières sont communes à l'un des trois districts du nord, elles peuvent être rattachées au district concerné. Seule la commune de Vellerat, qui a décidé de rejoindre le canton du Jura, ne peut être rattachée à ce dernier qu'en 1994, puisqu'elle ne possède pas de frontières communes avec une commune d'un des trois districts du nord.

En 1976, le peuple jurassien (c'est-à-dire les habitants des trois districts septentrionaux francophones du canton de Berne) nomme les députés à la Constituante, dont la tâche est d'élaborer la constitution (loi fondamentale) du nouvel État cantonal.

La nouvelle constitution cantonale est approuvée par le peuple jurassien en date du . Cette constitution comporte , dont le dernier n'a pas obtenu la garantie fédérale.

Bien que né à la suite du plébiscite, c'est le que le canton est officiellement créé par le vote positif des cantons suisses. Le peuple suisse accepte le la création du nouveau canton par 82,3 % de oui. La République et Canton du Jura entre en souveraineté le . QuestionPourContreInvalide/ blancTotalInscritsPartici- pationRésultatVotes%Votes%EntiersDemiEntiersDemiCréation d'une République et Canton du Jura82,317,742,04 %19600 source : Chancellerie fédérale.

« Acceptez-vous la création d'une République et Canton du Jura ? » Votes« Oui »(82,3 %) Votes« Non »(17,7 %) ▲ Majorité absolue

En 1993, une commission indépendante est chargée de trouver une solution à la Question jurassienne, et conclut en faveur des séparatistes jurassiens : à savoir la réunification des citoyens et ex-citoyens bernois francophones au sein d'une même entité. Après la signature de l'accord du entre Berne, le Jura et la Confédération, une Assemblée interjurassienne est créée dans ce but la même année. En , cette Assemblée entame les travaux en vue d'étudier la faisabilité d'une telle entité à six districts.