La Grande Retraite ou Retraite de la Marne est le nom donné à la lente retraite, menée par les forces alliées jusqu'à la Marne, sur le Front Ouest au début de la Première Guerre mondiale, à la suite de leur défaite contre les troupes de l'Empire allemand lors de la bataille de Mons le . Les Alliés sont poursuivis de près par les Allemands, qui appliquent le plan Schlieffen.
Le Cateau
Après avoir retenu les Allemands par la résistance de la ceinture fortifiée construite en avant de Liège, l'armée belge fait retraite vers sa base, l'importante place forte d'Anvers, la plus grande d'Europe. Ce faisant, elle distrait de troupe allemands en remportant sur eux une victoire tactique à Halen (bataille de la Gette) sur la cavalerie allemande appuyée de l'infanterie équipée de mitrailleuses. Pendant ce temps, les Alliés se retirent de Mons, dépassent Maubeuge (qui tombe le après le siège de la ville), et arrivent au Cateau.
Le , le commandant du Corps britannique, le général Horace Smith-Dorrien ordonne à ses hommes de s'arrêter et de combattre. Les Alliés établissent des positions défensives autour de la ville et se préparent à une attaque inévitable. Dans la matinée du , les Allemands lancent un assaut massif sur les positions britanniques, qui ne tardent pas à chanceler. Les lignes alliées ne sont conservées que par l'arrivée de la cavalerie française.
Sur les ayant combattu au Cateau, furent tués, capturés ou blessés. De nombreuses unités britanniques disparurent complètement ce jour-là. Environ sont faits prisonniers, bien qu'un rapport officiel allemand parle de ce jour-là. Les Alliés perdent également d'artillerie.
Dans la nuit, les Alliés se retirent à Saint-Quentin.
Guise
Avec cette retraite tout le long de la ligne de front, le commandant en chef des armées françaises, Joseph Joffre, essaie de contenir l'avance allemande en contre-attaquant. Cette contre-attaque est réalisée par la Armée du général Lanrezac à la bataille de Guise.
Le , la armée française s'embusque sur la rive sud-est de l'Oise devant Guise avec la totalité de ses hommes. La armée allemande avec sa direction de marche vers le sud-ouest doit alors défiler devant elle sur une route parallèle à l'Oise. Cependant, Bülow est déjà au courant de la contre-attaque, grâce aux ordres retrouvés sur un officier capturé ; il a le temps de préparer ses défenses. Sur l'aile gauche française, l'attaque du CA a pour résultat de lourdes pertes pour un succès limité. Côté droit, les et CA sont rejoints par le commandant du CA, Franchet d'Espérey, sur la profondeur du dispositif de von Bülow vers Saint-Quentin. L'avancée sur le côté droit est plus réussie et oblige le général allemand à réorienter son dispositif vers le sud-est pour contre-attaquer Lanrezac le lendemain. Le jour suivant, les Français décrochent durant la nuit et quittent les rives de l'Oise. L'effort de von Bülow tombe dans le vide, Guise est prise mais les troupes allemandes perdent une journée. La poursuite de la armée change définitivement sa route vers le sud-est. Les Français continuent à se retirer vers la Marne, les Allemands les suivant à distance.
La Marne
Les Alliés arrivent finalement sur la Marne où ils prennent position pour défendre Paris, prélude à la première bataille de la Marne, qui a lieu du au . Cette bataille est un tournant majeur de la Première Guerre mondiale, elle prive les Allemands d'une victoire rapide.
Le Field Marshal Sir John French, commandant du corps expéditionnaire britannique, commence à établir des plans pour une éventuelle retraite totale vers les ports de la Manche suivie par une évacuation immédiate des forces britanniques. Le gouverneur militaire de Paris, le général Joseph Gallieni, prépare la défense de la ville. Il veut organiser les armées françaises et britanniques pour contrer l'avancée allemande. Aussi, après avoir consulté Lord Kitchener, Gallieni reçoit le commandement du corps expéditionnaire britannique, et ordonne au maréchal French de ne pas se retirer davantage.
Environ six cents taxis, désormais connus sous le nom de « taxis de la Marne », principalement des Renault AG, sont réquisitionnés par Gallieni pour transporter sur le Front appartenant à des unités d'infanterie de réserve.
Le plan de Joffre est simple : toutes les unités alliées contre-attaquent les Allemands sur la Marne, espérant stopper leur avance. Au fur et à mesure des combats, les unités de réserve alliées sont envoyées pour remplacer les pertes et attaquer les rangs allemands. À midi, le , la bataille commence lorsque la armée française, commandée par le général Maunoury, frappe le flanc de la armée allemande du général Alexander von Kluck.
Les Britanniques ne rejoignent la bataille que le , lorsque von Kluck ( armée allemande) commet une grave erreur stratégique. Il cherche à vaincre la armée française en orientant ses forces vers l'ouest pour la fixer pendant que des éléments, retirés de la liaison avec Von Bülow, doivent l'envelopper par le nord. Alors que la armée française se retire toujours vers le sud-est pour s'établir sur la Marne, von Bülow ( armée allemande) ordonne à ses forces de la poursuivre et de l'anéantir. Ce faisant, il ouvre un espace de entre les et Armées allemandes sur son flanc droit On peut estimer que l'absence de plus de retenus par les Belges retranchés dans l'énorme place forte d'Anvers (plus importante forteresse d'Europe, d'où ils lancent des contre-attaques) se fait alors sentir. Du fait de l'imprudence de Von Kluck, la trouée entre les et armées allemandes constitue une faiblesse grave. Celle-ci est rapidement découverte par l'aviation d'observation alliée. Voyant une telle opportunité, le général Joffre lance à l'attaque la armée française ainsi que les trois corps d'infanterie et deux divisions de cavalerie du corps expéditionnaire britannique. Ils s'engouffrent rapidement dans la trouée ouverte entre les armées allemandes pour menacer les flancs des deux armées avec toutes leurs forces.
Le chef d'état-major allemand Helmuth von Moltke entrevoit immédiatement les dangers auxquels doivent faire face ses armées. Ses subordonnés prennent le commandement des et armées allemandes et leur ordonnent de se retirer jusqu'à l'Aisne afin de se regrouper. On raconte que Von Moltke est allé voir le Kaiser et lui a dit :
Les rôles sont à présent inversés et c'est au tour des Alliés de poursuivre la retraite allemande. Le prochain affrontement majeur aura lieu lors de la première bataille de l'Aisne, après quoi chaque camp creusera des tranchées dans lesquelles il s'enterrera pour les quatre années de combats à venir. Cette retraite allemande, menée entre le 9 et le , signifie l'abandon du plan Schlieffen.
La défaite de l'armée allemande sur la Marne est décisive. Le plan consistant à vaincre rapidement la France avant de consacrer tous les efforts à la Russie n'a pas donné les résultats escomptés, malgré les énormes moyens déployés. Certains historiens affirment que l'Empire allemand ne pouvait plus remporter la guerre après sa défaite lors de la première bataille de la Marne.
Notes et références
Voir aussi Sources et bibliographie . . .
Isselin, Henri. La Bataille de la Marne, éditions B. Arthaud, 1964. Perris, G. H. The Battle of the Marne. Londres, Methuen, 1920
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