Johan Museeuw [mysew], né le à Varsenare, est un ancien coureur cycliste belge.
Surnommé « le Lion des Flandres », ce spécialiste des classiques du nord a remporté le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à trois reprises et été champion du monde de cyclisme en 1996. Son imposant palmarès lui vaut d'être considéré comme l'un des meilleurs coureurs des années 1990.
Il a été rattrapé par une affaire de dopage après avoir pris sa retraite en 2004 et suspendu deux ans par sa fédération.
Biographie Débuts chez AD Renting (1988-1989) Johan Museeuw devient professionnel en 1988 dans l'équipe AD Renting. Durant cette première année, il s'emploie avant tout à aider le leader Eddy Planckaert, qui remporte le Tour des Flandres et le maillot vert du Tour de France. Il remporte une première victoire (le GP Briek Schotte) et obtient quelques places d'honneur sur Paris-Bruxelles (), ou le Grand Prix d'Isbergues (). Toujours dans la même équipe l'année suivante, il participe à la victoire de Greg LeMond au Tour de France.Il remporte la du Tour de Belgique, sur lequel il termine au classement final. Il prend la même place sur Paris-Tours, À travers les Flandres et le Grand Prix Eddy Merckx.
Révélation chez Lotto (1990-1992) L'équipe AD Renting étant dissoute, Museeuw signe en 1990 pour l'équipe Lotto. Il use alors de ses talents de sprinter pour remporter onze victoires dans l'année, dont 2 étapes du Tour de France lors d'arrivées prestigieuses : au Mont Saint Michel () et à Paris sur les Champs-Élysées (). Il échoue néanmoins derrière Olaf Ludwig dans la conquête du maillot vert (256 points contre 221). Durant la saison il s'impose comme futur spécialiste des classiques, en terminant 2e des 3 jours de la Panne, 2e de Gand-Wevelgem (rare classique qu'il ne remportera pas dans sa carrière), 12e de Paris-Roubaix, 9e de l'Amstel Gold Race, 3e du GP de l'Escaut, 14e du Het Volk, 9e de Milan San Remo, 6e de Paris-Bruxelles. Il termine la saison à la du classement FICP (ancêtre du classement UCI), Belge du classement.
En 1991, pour sa deuxième année chez Lotto, il s'impose au Championnat de Zurich, ce qui constitue sa en Coupe du Monde. Il prend également la du Tour des Flandres, et la troisième de Paris-Bruxelles. Lors du Tour de France, il ne connaît pas la même réussite qu'en 1990 : en compétition avec Djamolidine Abdoujaparov pour le classement du maillot vert, et après deux , il abandonne lors de la , sur fond de polémique avec les commissaires de course. Il termine la saison 1991 à la du classement FICP.
En 1992, il remporte le Grand Prix E3, devient champion de Belgique et termine 2e de l'Amstel Gold Race, de Milan-San Remo et de Kuurne Bruxelles Kuurne et de Paris-Roubaix. Son succès lors du championnat de Belgique est entaché d'une polémique autour du sprint final, son dauphin Johan Capiot affirmant l'avoir laissé gagner. Au Tour de France, comme lors des deux éditions précédentes, Museeuw s'essaye à la conquête du maillot vert mais échoue encore à la , derrière Laurent Jalabert (devancé de 31 points). Le Belge se montre plus rapide lors de la plupart des sprints les opposant, mais la régularité du Français lors des étapes de moyenne montagne le condamnera arithmétiquement. Figurant parmi les favoris des Championnats du Monde de San Sebastian, il glisse à l'entraînement sur une plaque de goudron fondue et ne peut participer à l'épreuve. Il termine la saison 1992 à la du classement FICP et 8e de la Coupe du Monde.
Premier Tour des Flandres chez GB-MG (1993-1994) thumb|Johan Museeuw gagne son premier Tour des Flandres en 1993 À partir de 1993, Johan Museeuw court sous la direction de Patrick Lefevere, alors manager de l'équipe italienne GB-MG. Le coureur belge commence alors à se consacrer davantage aux classiques qu'aux sprints. Ce choix est vite couronné de succès, comme en témoignent ses victoires sur le Tour des Flandres en début de saison, puis sur Paris-Tours en fin de saison. Entre-temps il porte le maillot jaune du Tour de France durant 2 jours, après la lors de la à Châlons sur Marne. Il cède le maillot jaune au futur vainqueur Miguel Indurain lors du CLM individuel autour du Lac de Madine. Il remporte également avec ses équipiers le CLM par équipe lors de la . Comme en 1990 et 1992, il échoue encore à la du classement du maillot vert, dominé par Djamolidine Abdoujaparov. Lors des classiques, il s'illustre également lors de Paris-Roubaix, qu'il termine à la en jouant le jeu d'équipier pour Franco Ballerini (battu au sprint par Gilbert Duclos-Lassalle), puis à Liège-Bastogne-Liège qu'il termine à la . Aux championnats du monde d'Oslo, il remporte la . Sa plus grande régularité lui permet d'obtenir la de la Coupe du Monde, derrière l'Italien Maurizio Fondriest et la du classement UCI. thumb|Johan Museeuw manque le doublé pour , devancé en 1994 par Gianni Bugno En 1994, Museeuw réalise de nouveau une excellente saison marquée par un succès dans l'Amstel Gold Race, Kuurne-Bruxelles-Kuurne et 3 jours en jaune lors du Tour de France, mais également par quelques déceptions. Lors du Tour des Flandres, la Ronde, au terme d'un sprint serré avec Gianni Bugno, il est devancé de seulement , s'étant mal positionné à 300 mètres de l'arrivée. Une semaine plus tard, lors de Paris-Roubaix dont il est le grand favori, il part à la chasse d'Andrei Tchmil, préalablement échappé, revient à 6 secondes du Russe à 25 km de l'arrivée, puis craque complètement après un changement de vélo dans le secteur du Carrefour de l'Arbre. Il termine la course à la , accusant son vélo Bianchi à double suspension, défaillant, de l'avoir trahi au plus mauvais moment. Lors des autres épreuves de la Coupe du Monde, sa victoire lors de l'Amstel Gold Race lui permet de prendre le maillot de leader. Mais au mois d'août, il échoue à la du GP de Zurich derrière Gianluca Bortolami, pourtant moins rapide au sprint et voit l'Italien se rapprocher dangereusement au classement. Museeuw a l'occasion de conclure lors du Paris-Tours, dont il est le tenant du titre, mais hésitant sur la tactique à suivre, attaquer comme en 1993 ou attendre le sprint massif, il perd son maillot en échouant lors d'une tentative d'échappée, alors qu'un sprint massif lui aurait permis d'accumuler les derniers points dont il avait besoin. 2e de l'épreuve, Bortolami lui reprend le maillot de leader. Museeuw termine pour la deuxième fois consécutive 2e de la Coupe du Monde. Au Tour de France le Belge est plus en réussite puisqu'après un bon prologue () et un succès au CLM par équipe lors de la , il endosse le maillot jaune. Il le perd au profit de son équipier Vanzella à Brighton, mais par le jeu des bonifications il le retrouve au Futuroscope (). Il le porte deux journées supplémentaires avant, comme en 1993, de le céder au futur vainqueur Miguel Indurain lors du CLM individuel de Bergerac (). Il termine la saison 1994 à la du classement UCI.
L'homme de la Coupe du monde (1995-1996) thumb|Première victoire en solitaire pour Johan Museeuw au Tour des Flandres 1995 : il lâche Fabio Baldato dans le Mur de Grammont En 1995, Museeuw remporte dès le début de saison le Trofeo Laigueglia. Cependant, pour la première fois depuis 1991, il ne remporte aucune semi-classique pavée, terminant sixième de Het Volk et septième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, et prend la quatorzième place de Milan-San Remo. Sur le Tour des Flandres, malgré une crevaison à de l'arrivée, il attaque vingt kilomètres plus loin, rejoint Fabio Baldato échappé, le distance dans le mur de Grammont et remporte la course pour la deuxième fois. Cette victoire, la première en solitaire pour lui, lui offre la tête du classement de la Coupe du monde, qu'il conforte la semaine suivante en prenant la troisième place de Paris-Roubaix derrière son coéquipier Franco Ballerini et Andreï Tchmil. Au cours des deux manches suivantes de la Coupe du monde, il termine treizième de Liège-Bastogne-Liège, puis septième de l'Amstel Gold Race, toutes deux remportées par Mauro Gianetti. Museeuw perd alors la tête de la Coupe du monde au profit du Suisse, mais la retrouve à l'issue du Grand Prix de Francfort, où il prend la huitième place et Gianetti la dix-neuvième.
Dès le lendemain, Museeuw participe aux Quatre Jours de Dunkerque, où il termine troisième du contre-la-montre, remporte la au sommet du prestigieux Mont Cassel, et profite des bonifications qui lui sont accordées pour sa deuxième place dans la pour prendre à François Simon la victoire finale de l'épreuve. En juin, après avoir participé au Tour de Suisse, Museeuw prend la troisième place du championnat de Belgique, devancé au sprint par Wilfried Nelissen et Tom Steels. Il prend à nouveau part au Tour de France, mais avec moins de réussite que les années précédentes. Il est l'un des cinq coureurs impliqués dans la chute causant la mort de Fabio Casartelli. Il termine sans avoir pesé sur la course.
En août, Museeuw profite de la blessure de Gianetti pour accroître son avance au classement de la Coupe du monde. Il termine ainsi cinquième de la septième manche, la Leeds International Classic, devançant Laurent Jalabert au sprint. Lors de la Classique de Saint-Sébastien, la semaine suivante, son coéquipier Stefano Della Santa attaque à quelques kilomètres de l'arrivée, suivi par Lance Armstrong, qui le bat au sprint. Museeuw, mécontent du comportement de Della Santa, doit se contenter d'obtenir la troisième place au sprint, à nouveau devant Jalabert. Il est toujours en tête de la Coupe du monde avec 43 points d'avance sur Jalabert et 49 sur Gianetti. Une semaine plus tard, il attaque avec Gianni Bugno dans la dernière difficulté du Grand Prix de Zurich, bat Bugno au sprint et remporte la course pour la deuxième fois. Cette victoire lui donne un avantage décisif de 88 points sur Jalabert au classement de la Coupe du monde, après neuf manches sur onzeUne victoire rapporte 50 points. En grande forme, il remporte ensuite en Belgique le Grand Prix Eddy Merckx, course contre-la-montre dont il n'est pas spécialiste, la Course du Raisin et le Championnat des Flandres, mais décide de ne pas participer aux championnats du monde, dont il juge le parcours trop difficile pour lui.
Lors de Paris-Tours, avant-dernière manche de la Coupe du monde, Museeuw attaque dans la dernière côte avec Nicola Minali, Gabriele Missaglia et Maurizio Fondriest, mais est repris à de l'arrivée. Il termine de la course remportée par Minali et s'assure la victoire finale au classement de la Coupe du monde pour la première fois. Il devance Andreï Tchmil, qui n'a remporté aucune manche, et Gianetti. Museeuw est ainsi le premier coureur à terminer trois fois consécutivement sur le podium de la Coupe du monde. Il permet également à son équipe de remporter le classement par équipes de la compétition, et termine la saison à la quatrième place du classement UCI. À l'issue de la saison, il prolonge son contrat avec Mapei pour trois années supplémentaires, après lesquelles il envisage de prendre sa retraite.