J'ai pas sommeil est un film français de Claire Denis sorti le . Un des sujets de l'œuvre s'inspire largement de la vie du tueur en série Thierry Paulin, le « tueur des vieilles dames » qui fut actif dans le nord de Paris à la fin des années 1980.
Synopsis Daïga, jeune Lituanienne, arrive un matin au volant de sa vieille voiture dans le arrondissement de Paris. La peur règne dans le nord de Paris à cause de plusieurs assassinats de femmes âgées vivant seules. Camille Moisson, jeune homosexuel martiniquais se dispute avec son compagnon et le frappe dans la rue.
Daïga a fait la route d'une traite de Lituanie pour rejoindre sa tante Mina. Elle a très peu d'argent en poche et deux numéros de téléphone. Celui de Mina et celui d'un metteur en scène qui lui a fait miroiter un rôle. Camille passe la nuit chez son frère Théo, qui a un fils Harry. Théo veut repartir vivre en Martinique.
Mina reçoit Daïga chez elle et est heureuse de la revoir. Elle lui présente des compatriotes. Théo gagne un peu d'argent en occupant des emplois non déclarés. Mina présente Daïga à son amie Ninon qui tient un hôtel et enseigne des rudiments d'autodéfense à des femmes âgées. Ninon embauche Daïga comme femme de ménage. Elle est logée sur place. Camille habite à l'hôtel avec son compagnon.
La nuit, Camille danse en tant que travesti dans les boîtes de nuit homosexuelles. Théo a une relation instable avec Mona, mère d'Harry, car elle ne veut pas partir vivre en Martinique.
Fiche technique Réalisation : Claire Denis Scénario : Claire Denis et Jean-Pol Fargeau Musique originale : Jean-Louis Murat et John Pattison Image : Agnès Godard Montage : Nelly Quettier Son : Jean-Louis Ughetto Décors : Arnaud de Moléron et Thierry Flamand Producteur : Bruno Pésery Sociétés de production : Agora Films et France 3 Cinéma Durée : 110 minutes Sortie :
Distribution
Projet et réalisation
Le film s'inspire du parcours meurtrier de Thierry Paulin, surnommé « le tueur de vieilles dames » qui a tué 18 personnes en 1987, et est mort à l'âge de 25 ans en 1989, en prison, alors que son procès n'avait pas encore eu lieu. Si elle n'a pas été fascinée par le fait divers au moment des meurtres, Claire Denis est choquée par la manière dont la mort de Paulin a été traitée dans les médias : alors que les meurtres ont à l'époque fait l'objet des gros titres de la presse, entraînant un climat d'insécurité dans le nord de Paris, la mort du tueur n'est évoquée qu'en quelques lignes, La réalisatrice s'intéresse au fait que les meurtres n'avaient pour mobile que l'argent, sans aspect sexuel. Il semble n'avoir pas conscience de ses actes, ce qui est sensible dans la facilité avec laquelle il a avoué ses meurtres lors de son arrestation.
Le film est difficile à financer à cause du manque de succès commercial du film précédent de Claire Denis, S'en fout la mort. L'avance sur recettes lui est au départ refusée. C'est finalement Olivier Assayas qui présente à Claire Denis le producteur Bruno Pesery qui produit le film.
Musique
Le Lien défait par Jean-Louis Murat de (dans la boite de nuit homosexuelle, Camille, travesti, danse sous les regards admiratifs). J'ai pas sommeil par Jean-Louis Murat I Try par Basehead de . Relax-Ay-Voo par Dean Martin et Line Renaud African Music par Bille Omen-Thomas de . A Whiter Shade of Pale par Procol Harum de (Daiga et Ninon dansent). Canción par Machito. Racines par Kali.
Accueil critique En 1997, Jean-Michel Frodon dans Le Monde qualifiera ce film comme étant
Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film récolte 67 % d'opinions favorables pour neuf critiques..
Distinctions Le film est retenu dans la sélection Un certain regard du festival de Cannes 1994Fiche du film sur le site du festival de Cannes.
Analyse Thierry Jousse, dans le bilan qu'il écrit du Festival de Cannes 1994 pour les Cahiers du cinéma, considère que ce film est emblématique d'une tendance La première séquence du film, tournée en hélicoptère, fait dès le départ sentir que J'ai pas sommeil va Il le compare à d'autres films présentés à CannesExotica d'Atom Egoyan, 71 fragments d'une chronologie du hasard de Michael Haneke, Trois couleurs : Rouge de Krzysztof Kieślowski et Pulp Fiction de Quentin Tarantino où la ville est aussi considérée comme un et le lieu de la , notant que tous ces films voient la marque d'un ce à quoi s'ajoute Ce fait divers n'appelle selon lui, dans ces films, pas l'interprétation mais
Pour Luc Moullet, qui évoque J'ai pas sommeil quelques mois après sa sortie dans sa chronique des Cahiers du cinéma, , la réalisatrice donnant très peu d'informations sur l'intrigue nécessitant de la part du spectateur une importante implication pour comprendre l'histoire et suivre le récit. Il prend l'exemple de la scène de l'accident de voiture, pour lui dans un premier temps relativement obscure tant sur ses motifs que sur les liens respectifs des personnages impliqués : l'homme à peine vu une heure plus tôt dans le film n'est pas immédiatement reconnaissable, la réalisatrice n'ayant pas voulu lui donner de signe distinctif évident. Luc Moullet considère qu'avec cette manière de procéder (ne pas mettre les choses trop facilement à la portée du spectateur, lui tendre ) Claire Denis favorise la du spectateur . En cela, l'œuvre fait selon lui exception dans le cinéma français de l'époque, où les films se tiennent au sujet choisi et exposé et .
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Liste de films de tueurs en série
Liens externes
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