Le berger allemand (aussi appelé berger d’Alsace, berger alsacien ou chien-loup d'Alsace).. est une race de chiens (Canis lupus familiaris) tirant son nom de son pays d'origine, l'Allemagne, où elle est apparue à la fin du . La Fédération cynologique internationale le reconnaît sous le nom de Deutscher Schäferhund, ce qui laisse à penser que durant des milliers d'années, des animaux proches des bergers allemands et de leurs cousins belge ou hollandais ont existé dans cette région d'Europe.

Histoire de la race thumb|left|Max Emil Friedrich von Stephanitz - le fondateur de la race de chien de berger allemand et le premier président de l'Association des amis du berger allemand (Der Verein für Deutsche Schäferhunde) (photo avec son chien: le premier berger allemand enregistré nommé Horand von Grafrath).

En 1878, les éleveurs allemands de chiens à aptitudes bergères réalisent une première tentative de regroupement dans le but d’améliorer leurs chiens.

Ceux-ci sont très variés d’un point de vue phénotypique, notamment selon les régions : par exemple, le type Wurtemberg porte les oreilles droites, alors que celui de Thuringe a les oreilles tombantes. Il existe également des chiens différents en Bavière ou dans la Hesse. Mais leur principal point commun est leur caractère qui fait d’eux de bons gardiens de troupeaux et de biens : intelligence, obéissance, vigilance, incorruptibilité. On retrouve également chez tous robustesse et rusticité, puisque jusqu’alors, la sélection empirique qui a été réalisée visait à obtenir de bons livres généalogiques — tentant d’établir une société, le Phylax, mais le projet n’aboutit pas.

C’est le capitaine de cavalerie Max Emil Frédéric von Stephanitz qui sera le véritable de la race. Après avoir longtemps admiré les aptitudes des chiens de berger, il décide d’en acheter un le . Son nom d'origine est Hektor von Linksrhein, qu’il rebaptisera ensuite Horand von Grafrath. Celui-ci est gris et jaune, plutôt de type berger de Thuringe (mais à oreilles droites). Von Stephanitz et Arthur Meyer créent ensuite le club de race le à Karlsruhe ( ou SV), le capitaine sera à sa tête pendant trente-cinq ans.

Le est publié le premier standard de la race, et en 1900, Horand inaugure le livre des origines du SV ().

Ce qui fera plus tard la force de la race, c’est la largesse de ses dirigeants dans la première définition du berger allemand : « tout chien de berger vivant en Allemagne qui, grâce à un exercice constant de ses qualités de chien de berger, atteint la perfection de son corps et de son psychisme dans le cadre de sa fonction utilitaire ». Les buts sont clairs, c’est donc par et pour le travail que la sélection du berger allemand commence.

Le club présente rapidement une activité importante et organisée. Dès 1902, un journal est édité pour tous ses membres, et en 1903 un registre de sélection voit le jour avec la compilation des performances des reproducteurs. Les progrès seront rapides car bien dirigés à l’échelon national et bien suivis par les efforts des éleveurs ( en 1906). On commence à rechercher des femelles du même type et à organiser des expositions pour uniformiser la race, et notamment une exposition nationale d’élevage qui permet à tous les éleveurs du pays de choisir des reproducteurs homogènes.

Peu à peu, on trouva au berger allemand d’autres utilités que la garde des troupeaux (ceux-ci ayant vu leur effectif diminuer). Ses qualités de robustesse, son flair hors pair et son obéissance à toute épreuve encouragèrent la police allemande à l’utiliser. En 1914, le SV et l’armée organisent une démonstration des possibilités du berger allemand en temps de guerre, à laquelle il paya ensuite un lourd tribut.

En 1922, l’examen de KörungL'examen de sélection pour obtention de la (Körung en allemand) est une série d'épreuves et de mesures permettant d'éliminer de la reproduction les sujets présentant des imperfections morphologiques, anatomiques, psychologiques, etc. Selon les résultats, les sujets sont répartis en deux classes ou éliminés. est mis en place pour la sélection des reproducteurs ; ceux qui sont déclarés aptes à la reproduction sont inscrits dans le registre Körbuch. En 1926, le livre des origines compte déjà inscrits. Dans les années 1950, l’épreuve du coup de feu et le test de caractère font leur apparition. Le SV est renommé pour le dirigisme qu’il impose à l’élevage : nombre de saillies limité, choix de l’étalon en accord avec le surveillant d’élevage, interdiction de faire saillir une femelle recommandée par un mâle non recommandé, etc. Toutes ces mesures visent à guider la sélection pour le mieux. C'est également ce dirigisme strict au sein du SV qui a conduit à l'éviction provisoire des individus à poil long (ou poil double long) de la reproduction officielle. Des éleveurs désireux de préserver cette morphologie ont alors fait scission pour fonder leurs propres clubs indépendants, perpétuant ainsi les lignées aujourd'hui reconnues sous le nom d'Altdeutscher Schäferhund. Il faudra d'ailleurs attendre 2010 pour que le SV et le standard officiel du berger allemand réautorisent la variété à poil long.

Katzmair et Funk succèdent à von Stephanitz, puis le Rummel en 1971. En 1974, est créée l’Union mondiale des Associations de Berger Allemand (WUSV), grâce à la volonté de regroupement du Rummel, qui encourageait « un dialogue fructueux, aussi bien pour l’élevage que pour l’utilisation ». En 1982, Hermann Martin (élevage von Arminius) devient président du SV. Le premier championnat de travail WUSV se déroule à Münster du 16 au . En 1994, Peter Messler prend la tête du SV jusqu’en ; lui succède alors Wolfgang Henke puis Heinrich Meßle en 2015. Les membres du club font preuve de beaucoup de motivation et de dynamisme pour voir évoluer leur race. Ils se retrouvent très fréquemment lors de réunions pour parler de leurs chiens.

En France thumb|alt=Chienne couchée avec des petits chiots de couleur plus ou moins noire, en train de dormir ou de téter|Chienne avec ses six petits âgés de deux jours.

Dès 1910, l’importation de bergers allemands commence en France et augmente d’année en année : arrivent en France au cours du premier semestre 1912. C’est Georges Barais (élevage de Beauchamps) qui tiendra une place capitale pour le berger allemand en France. Il crée en 1913 le club du berger d’Alsace puis, en 1920, la Société du Chien de Berger d’Alsace (SCBA) qui structure réellement l’élevage. Dès sa constitution, celle-ci édite un bulletin mensuel malgré les faibles moyens de l’époque. Le une première exposition de berger d’Alsace a lieu à Bordeaux, jugée par Georges Barais, et le compte-rendu de la journée est déjà disponible dans le bulletin du .

Ce n’est que le que les Français reconnaissent officiellement l’origine allemande de leur chien favori (ils considéraient auparavant que cette race française avait été volée par les Allemands en 1870) et la SCBA devient la Société du Chien de Berger Allemand. Elle tient son livre d’élevage et publie des pedigrees jusqu’en 1958 (création de la SCC). Lorsque Georges Barais disparaît en 1955, c’est Marcel Olive (élevage de Fort-Réal) qui lui succède.

La SCBA a été et reste le premier club de race français. Elle aligne sa politique d’élevage sur le pays d’origine pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

En France, la première exposition nationale d’élevage a lieu en 1958 à Vichy, avec rapidement l’instauration des tests au coup de feu et des dépistages de la dysplasie de la hanche. Depuis 1978, un test de caractère est également mis en place. Ce rassemblement fut d’abord dénommé , avant de devenir en 1987 l’ (définition de la SCC). Depuis 1989, elle a lieu chaque année en un lieu différent.

En Italie En Italie, le premier berger allemand s’appelait Olaf von Hoharen Fichte, et fut importé en 1949 par Danzio Gobbi (titulaire de l’élevage de l’Alta Quercia, il importa aussi par la suite le célèbre Mutz von Pelztierfarm). À la même date, Leonardo Gatto Roissard (élevage di Casa Gatto) et le Ignazio Barbieri fondèrent le club du berger allemand à Milan, transféré ensuite à Modène en 1969 par le Walter Gorrieri (élevage di Val del Tiepido). Ce dernier constitua en 1977 le SAS (Società Amatori Schaferhünde), qui est le club de race actuel. Le nombre d’inscription au LOIhttp://www.kidiwah.com/download/lexique_cynophile.pdf Livre des Origines Italien passa de en 1949 à en 1969. C’est dans les années 1970 que les chiffres explosent : ( en 1976. Ce nombre record a ensuite subi une diminution et s’est stabilisé depuis les années 1990.

Les élevages cités sont ceux qui ont le plus marqué les années de 1965 à 1975 ; plus tard on peut noter l’importance des affixes : di Cà San Marco (F. Dolci), del Catone (S. Capetti), di Casa Mary (W. Pagin), d’Ulmental (Francioni). Le président du SAS en 2003 est Ezio Roman, presque y sont inscrits.

L’Italie a vu naître plusieurs grands champions et même plusieurs « AusleseLe qualificatif « Auslese » est attribué tous les ans lors des Nationales d’Élevage des différents pays aux meilleurs chiens des classes "ouverte" mâles et femelles, sur décision du juge qui décèle en eux des qualités plus qu’excellentes, voire exceptionnelles » allemands, le plus célèbre étant certainement Max della Loggia dei Mercanti. L’élevage italien le plus présent actuellement au niveau international est certainement della Valcuvia de Luciano Musolino, surtout grâce au chien Dux, qui a obtenu le titre d’« Auslese » en Allemagne en 2001.

Aux États-Unis thumb|right|upright|alt=Un homme en uniforme avec un chien en laisse assis à ses pieds|Berger allemand dans la marine américaine. Aux États-Unis, la légende raconte que le premier berger allemand ait été ramené sur ce continent par le caporal Lee Duncan, qui avait vu les exploits de ce chien pendant la Première Guerre mondiale. Cette légende est démentie par l'histoire du club, qui fut fondé avant cette guerre. La race atteint toute sa notoriété grâce au succès de son chien dans la série Rintintin.

Le club fut fondé en 1913 par S. Hastead Yates. Il mena une politique différente de celle des Européens en privilégiant la beauté au travail. Avec ( au livre des origines en 1926 et plus de en 1970, on peut dire que le berger allemand y tient aussi une place très importante.

Description thumb|left|Berger allemand allongé. thumb|alt=Chiot ébouriffé noir et beige, oreilles pliées, langue rose pendante|Chiot berger allemand âgé de cinq semaines.

Le berger allemand est un chien à la fois très sportif et élégant, grâce à sa taille souple. Son pelage est dense, rude et droit. Sa robe est noire-marron-fauve, noire ou encore grise. Sa truffe est foncée (noire), ses yeux en amande de couleur brune et ses oreilles droites. Sa queue est tombante, touffue. Il existe deux variétés également reconnues : à poils courts ou à poils longs.

Les bergers allemands sont des chiens très polyvalents composés de deux lignées :

la lignée dite de travail : elle est morphologiquement faite pour être plus à l’aise avec des sauts et des exercices sollicitant son endurance, la vitesse de déplacement et la tonicité. La ligne de dos est plus droite que la ligne dite de beauté et le gabarit est de taille moyenne et athlétique. Il est de couleur grise, noir ou black et tan. Le berger allemand de travail excelle dans les disciplines à haut niveau comme l’IPO ou IGP, le RING, le Mondioring, le troupeau, etc.