La Sittelle à poitrine blanche (Sitta carolinensis) est une espèce d'oiseaux de la famille des Sittidae. C'est une sittelle de taille moyenne, mesurant environ de longueur. La coloration varie quelque peu le long de la distribution de l'espèce, mais les parties supérieures sont bleu-gris clair, avec la calotte et la nuque noires chez le mâle, la femelle ayant la calotte gris sombre. Les parties inférieures sont blanchâtres, avec le bas-ventre teinté de roux. La Sittelle à poitrine blanche est un oiseau bruyant. Elle a une voix nasillarde, et émet souvent de petits cris, ou des vocalisations variées souvent composées de répétitions de petits sifflements invariants. En été, c'est un oiseau exclusivement insectivore consommant une grande gamme d'arthropodes, mais en hiver son alimentation est essentiellement constituée de graines. Le nid est situé dans la cavité d'un arbre. La ponte compte cinq à neuf œufs, incubés deux semaines par la femelle nourrie par le mâle, puis les deux adultes nourrissent les jeunes jusqu'à leur envol, et quelques semaines encore après celui-ci.

La Sittelle à poitrine blanche vit dans une grande partie de l'Amérique du Nord, à l'exception des zones les plus froides et les plus sèches. Elle se trouve principalement en basse altitude, dans les forêts de feuillus ou dans les boisements mixtes. Sept à neuf sous-espèces sont généralement distinguées, aux répartitions, vocalisations et colorations légèrement distinctes. L'espèce était rapprochée de la Sittelle à joues blanches (S. leucopsis) et de la Sittelle de Przewalski (S. przewalskii), deux espèces du Sud de l'Asie, mais serait en réalité liée à la Sittelle géante (S. magna), d'Asie du Sud-Est. L'espèce jouit d'une répartition très vaste et sa population serait en augmentation ; l'Union internationale pour la conservation de la nature la considère comme de « préoccupation mineure ».

Description Plumage et mensurations La Sittelle à poitrine blanche a du noir depuis le sommet de la tête (la calotte) jusque sur la nuque et le haut du dos, formant comme un collier partiel. La coloration du reste des parties supérieures varie quelque peu selon la sous-espèce, mais le dos et les ailes sont bleu-gris clair à sombre. Le bord des plumes contraste plus ou moins avec le reste des parties supérieures ; les plumes de vol sont noirâtres et bordées de gris et les grandes couvertures ont une légère barre alaire pâle. Les rectrices externes sont noires, mais les trois les plus extérieures sont traversées par une large bande diagonale blanche en leur bout. Les rectrices internes sont du même gris que le dos. Les parties inférieures sont globalement blanchâtres. La face est complètement blanche, ainsi que la poitrine et le ventre, mais le bas-ventre est roussâtre. Le bec est long et droit, ou légèrement recourbé vers le haut, et gris-noir ou noir, avec la base de la mandibule inférieure plus claire et le bord des mandibules blanchâtres. L'iris est brun foncé. Les pattes et les doigts sont brun foncé ou gris-brun foncé.

Le mâle adulte a la calotte et le haut du dos noirs avec de légers reflets bleu-verdâtre. En plumage usé, ses plumes de vol se teintent légèrement de marron et ses parties inférieures sont un peu plus ternes, teintées de gris-chamois. La femelle adulte ressemble au mâle adulte, mais sa calotte est gris-noirâtre et la bande noire en haut de son dos est généralement bien moins large. Ses parties supérieures sont légèrement plus ternes, et les parties inférieures moins blanches. Le jeune mâle est semblable à l'adulte, mais sa calotte est plus terne, sans reflet, ses parties supérieures sont plus claires et ses parties inférieures plus ternes. La jeune femelle ressemble au jeune mâle, mais sa calotte est d'un gris plus terne (gris foncé) et ses rémiges secondaires, ses grandes couvertures et ses parties inférieures sont plus lavées de chamois. Les adultes muent rarement avant la saison de reproduction (février-mars), mais une mue complète a lieu après la saison de reproduction (juin-septembre). Les juvéniles arrivés à l'envol (juillet-août) ont une mue partielle concernant les plumes de leurs grandes couvertures.

La Sittelle à poitrine blanche est une sittelle de taille moyenne, mesurant environ de longueur. Les mensurations varient selon les sous-espèces, comme synthétisé dans le tableau ci-après, mais chez la sous-espèce nominale, S. c. carolinensis, l'aile pliée mesure environ 86 à pour le mâle et 85 à pour la femelle, la queue 44 à pour le mâle et 42 à pour la femelle, le bec 19,8 à et le tarse 17 à . L'adulte pèse 19,6 à .

Variations géographiques La Sittelle à poitrine blanche connaît de petites variations morphologiques clinales le long de son aire de répartition. Simon Harrap distingue neuf sous-espèces dans sa monographie de référence , mais la validité de deux d'entre elles est discutée et certains groupes de sous-espèces pourraient former des espèces à part entière (voir le paragraphe Taxinomie). Les sous-espèces aux morphologies et voix les plus proches sont parfois regroupées en trois groupes de sous-espèces, un couvrant l'Est de l'Amérique du Nord, le deuxième le grand Bassin des États-Unis et le centre du Mexique et le troisième la côte Pacifique. Les deux premiers groupes sont en contact dans les Grandes Plaines, où ils ne semblent pas s'hybrider. Le deuxième groupe peut également être subdivisé selon une ligne nord-sud passant par le milieu des montagnes Rocheuses.

+ Variations des neuf sous-espèces distinguées par Simon Harrap (1996) Sous-espèce Aile pliée du mâle Aile pliée de la femelle Culmen visible Plumage S. c. carolinensis Dos et calotte les plus clairs d'entre toutes les sous-espèces. S. c. nelsoni Parties inférieures plus gris foncé que la sous-espèce nominale, calotte plus foncée, moins de contraste sur les ailes. S. c. tenuissima Semblable à S. c. nelsoni, mais parties inférieures légèrement plus claires (mais plus sombres que S. c. carolinensis). S. c. aculeata Semblable à S. c. tenuissima, mais parties supérieures légèrement plus pâles (également plus pâles que S. c. nelsoni, mais plus sombres que S. c. carolinensis), parties inférieures teintées de chamois ou de brun-olive. Bec fin et court. S. c. alexandrae Semblable à S. c. aculeata, mais parties supérieures plus sombres, et taille plus grande. Sous-espèce au plus long bec. S. c. lagunae Semblable à S. c. alexandrae, mais plus petite, avec les parties supérieures plus sombres, ainsi que les parties inférieures chez le mâle. S. c. oberholseri Très semblable à S. c. nelsoni, avec les parties supérieures légèrement plus sombres, les parties inférieures légèrement plus sombres et plus grises. S. c. mexicana Semblable à S. c. oberholseri, en plus terne, et avec les parties inférieures chamoisées. S. c. kinneari Semblable à S. c. mexicana, mais plus petite ; la femelle a les parties inférieures chamois-orange, jusqu'à la poitrine et la gorge.

Espèces similaires Seules trois autres espèces de sittelles vivent en Amérique du Nord, la Sittelle à poitrine rousse (S. canadensis), la Sittelle pygmée (S. pygmaea) et la Sittelle à tête brune (S. pusilla), et leurs répartitions chevauchent toutes celles de la Sittelle à poitrine blanche. Elles sont cependant clairement distinctes et bien plus petites, puisque ce sont les plus petites sittelles, mesurant de long pour un poids avoisinant les . La Sittelle à poitrine rousse a des parties inférieures roussâtres et possède une bande noire sur l'œil. La Sittelle pygmée et celle à tête brune ont, quant à elles, la calotte brune avec une tache blanche sur la nuque.

Écologie et comportement Mode de vie En vol, les plumes blanches de chaque côté de la queue sont visibles. La Sittelle à poitrine blanche a un vol rapide. Pour traverser une rivière ou un grand champ, elle s'envole haut, avec des mouvements réguliers. Mais pour passer d'un arbre à l'autre, elle vole en formant des courbes. C'est un oiseau diurne. Elle ne migre pas, et défend son territoire toute l'année. Celui-ci est dominé par le mâle, mais les deux sexes vivent sur le même territoire. Pendant l'hiver, la Sittelle à poitrine blanche se déplace souvent au sein de volées mixte d'alimentation. Ces groupes d'oiseaux sont menés par des mésanges, la sittelle et le Pic mineur (Picoides pubescens) s'associant communément à ces volées. Les individus participant à de tels groupes bénéficient probablement tous de l'association en nourriture et en vigilance face aux prédateurs ; les espèces s'associant aux mésanges arrivent probablement à exploiter, dans une certaine mesure, les cris de ces oiseaux et réduisent leur vigilance en conséquence.

Voix

Comme les autres sittelles, la Sittelle à poitrine blanche est un oiseau bruyant, et possède toute une gamme de vocalisations, variables avec la géographie. Le chant reproducteur du mâle est un qui-qui-qui-qui-qui-qui-qui nasal et rapide. Le cri de contact ressemble à un yank nasal et bas, répété. Au sein d'un couple, les oiseaux restent en contact durant l'automne et l'hiver par un nit aigu et couinant, répété jusqu'à 30 fois par minute. Quand la Sittelle à poitrine blanche est inquiétée ou excitée, elle émet également un kri strident, caractéristique, rapide, répété en série en kri-kri-kri-kri-kri-kri-kri-kri. Les populations des montagnes Rocheuses et du grand Bassin des États-Unis ont un cri plus fort en yididitititit, alors que les oiseaux de la côte Pacifique produisent un beeerf nasal.

Reproduction La sittelle à poitrine blanche est monogame, et les couples se forment lors d'une parade nuptiale au cours de laquelle le mâle s'incline devant la femelle, étale sa queue, laisse tomber ses ailes sur les côtés en balançant d'avant en arrière, et lui fait des offrandes de nourriture. Le territoire du couple couvre dans les bois, et jusqu'à dans les habitats semi-ouverts. Les couples restent unis jusqu'à la mort ou la disparition de l'un des deux partenaires. Le nid est généralement placé dans une cavité naturelle d'un vieil arbre, et parfois dans le trou d'un pic.

La Sittelle à poitrine blanche niche dans des trous, utilisant des cavités naturelles. Le nid est construit par la femelle. C'est une coupe douce faite de fibres d'écorce, d'herbe, de poils et de plumes. Elle peut ajouter de la boue à l'entrée, pour la protéger des plus grands prédateurs, et étale également des Meloidae (coléoptères) autour de l'entrée de son nid, dont l'odeur désagréable pourrait dissuader les écureuils, ses principaux concurrents pour les cavités naturelles. La femelle dépose 5 à 9 œufs blanc terne, tachetés de brun sur la partie la plus large, et mesurant en moyenne. L'incubation dure environ 12 à 14 jours, assurée par la femelle nourrie par le mâle. Les deux parents nourrissent les jeunes, et nettoient le nid en emmenant au loin les sacs fécaux, généralement à plusieurs dizaines de mètres du nid.

Les jeunes quittent le nid entre le et le . Les deux adultes nourrissent les jeunes au nid et pendant les deux semaines suivant leur envol. Une fois indépendants, les jeunes quittent le territoire de leurs parents et établissent le leur, ou errent en solitaires, sans territoire établi. Ces oiseaux erratiques sont probablement ceux qui contribuent le plus aux dispersions irrégulières de l'espèce. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle à un an. Cette espèce produit une seule couvée par an. Le taux de survie annuel (la proportion d'individus passant l'année) est de 35 % dans le Maryland et de 12 % en Arizona. En dehors de la saison de reproduction, le couple se repose dans un trou d'arbre ou sous des écorces décollées, et nettoie son site de repos de ses fèces dans le matin. Durant les hivers les plus froids, jusqu'à 29 oiseaux ont été observés ensemble au repos. L'espérance de vie de cette sittelle est estimée à deux ans mais le record est de douze ans et neuf mois.

Alimentation thumb|Sittelle à poitrine blanche qui se nourrit.