Le château de Chamarande est un château français situé dans la commune de Chamarande, dans le département de l'Essonne en région Île-de-France.
Il est la propriété du département de l'Essonne. Le parc de est ouvert au public toute l'année et accueille un centre d'art contemporain, le dépôt principal des archives départementales de l'Essonne, le FDAC91 et un centre d'hébergement pour les « classes vertes » des écoles.
Situation Le château est situé à Chamarande, dans l'ancienne province de Hurepoix, aujourd'hui département de l'Essonne et la région Île-de-France, à trente-neuf kilomètres au sud-ouest de Paris et au nord-est d'Étampes.
Histoire Le château médiéval Un premier château aurait été établi à Bonnes (nom primitif de Chamarande) au (vers 811 ?) par Arteld, missus dominicus et frère du biographe de Charlemagne, Éginhard.
Le premier seigneur de Bonnes connu est Ursio de Bonnis, homme-lige du roi Philippe Auguste (1180 – 1223). Ensuite plusieurs familles sont propriétaires des lieux, dont en 1358 Jean Coquatrix, échevin de Paris ; en 1388 Jean de Montagu, seigneur de Marcoussis qui étend le domaine de Bonnes ; et vers 1450 la famille de Châtillon. La guerre de Cent Ans (1338–1453) a amené son lot de misères, suivie d'une accalmie avec la fin de règne de Charles V (1380), puis du renouveau des malheurs avec les guerres de religion.
Première moitié du
Un hôtel seigneurial y est bâti au probablement pour François Miron (1560-1609), prévôt des marchands de Paris et ami personnel du roi Henri IV, qui acquiert en 1603
Après le décès de François Miron en 1609, son fils Jean agrandit le domaine, mais le château souffre durant la Fronde (pillage des environs d'Étampes par les assiégeants royalistes d'Étampes en 1652). La famille Miron ne peut assurer les réparations et le château est en mauvais état lorsqu'il est vendu en 1654 à Pierre Mérault, ancien fermier des gabelles, aussi acquéreur du château de Villeconin-la Grange, enrichi et anobli par l'acquisition d'une charge d'écuyer, et futur secrétaire du roi Louis XIV.
Seconde moitié du right|thumb|Vue des douves du château. thumb|Vue du grand parterre du château de Chamarande, 1689.
Mérault fait construire le château actuel dans le plus pur style Louis XIII, attribué à Nicolas de L'Espine architecte du roi. Le quadrilatère entouré de douves comprend alors le logis, flanqué latéralement par les communsLes communs portent la date de 1654.. L'entrée de la cour d'honneur est cantonnée de deux pavillons, celui de gauche abritant la chapelle dotée d'une coupole de style baroque et dont la décoration en stuc est due au sculpteur Louis Lerambert ; elle conserve deux grands vitraux .
Le domaine est alors « orné de canaux, bassins et fontaines »Acte de vente de 1684. dans le goût des jardins à la française.
Acquisition du nom de Chamarande
Endetté, Mérault vend le domaine de Bonnes en 1684 à Clair Gilbert d'Ornaison, premier valet de chambre de Louis XIV, dit « Chamarande » (c'est-à-dire « La frontière sur le chemin » en celte ; du nom de son fief dans le Forez, sur les rives du Fillerin, aujourd'hui sur la commune de Saint-Germain-Lespinasse dans la Loire). C'est pour lui qu'en 1685 des lettres patentes de Louis XIV érigent Bonnes en comté de Chamarande. Sur Pierre Mérault, les d'Ornaison acquièrent aussi Villeconin.
vignette|Écuries du château.
À la mort de son fils Louis en 1737, le château, avec Villeconin, passe par héritage à son gendre et cousin germain, Louis de Talaru, marquis de Chalmazel, maître d'hôtel de la reine Marie Leszczynska. Celui-ci y fait travailler l'architecte réputé Pierre Contant d'Ivry, qui construit de nouvelles dépendances au-delà du chemin vicinal près du villageConstructions par Pierre Contant d'Ivry : auditoire, ferme et écuries, potager avec bassin rocaille., fait poser un fronton sculpté d'un casque et de guirlandes avec la maxime latine Pax huic domui (« la paix soit dans cette maison »), agrémente le parc d'une orangerie, d'un belvédère, d'une glacière, d'une cascatelle, d'un bosquet ovale et d'un « jeu d'oye » avec un « temple d'amour » en son centre. Il supprime le mur de la cour d'honneur le long des douves, place en avant du pont une grille de ferronnerie encadrée de deux lampadaires et rénove les décors intérieurs du châteauCréation du salon blanc..
Dans les années 1780, une pièce d'eau est créée avec en son centre une île bordée de cyprès chauves de Louisiane ; elle est traditionnellement attribuée au peintre paysagiste Hubert Robert.
Le , le comté de Chamarande est aboli. En 1794 la séquestre est mise sur le château et les meubles sont vendus aux enchères sauf la bibliothèque, quelques meubles identifiés par la Commission des Arts, les objets métalliques, et la literie et le linge réquisitionnés pour l'armée et les hôpitaux.
Première moitié du
Après la Révolution française, Louis-Justin-Marie, marquis de Talaru recouvre le domaine sous le Consulat. Il le fait remettre en état et fait redessiner le parc à l'anglaise. Maire de Chamarande, il réside au château jusqu'à sa mort en 1850.
Seconde moitié du
En 1852, le domaine est vendu à Pierre et René Robineau puis en 1857 à Jean-Gilbert Victor Fialin, comte puis duc de Persigny, ministre de l'Intérieur de Napoléon III (qui prit le pouvoir en partie grâce à lui et en récompense le fit sénateur et membre de son conseil privé), alors ambassadeur de France à Londres.
Persigny transforme le parc Persigny, crée au rez-de-chaussée du château une galerie qu'il meuble avec luxe, construit le mur d'enceinte du domaine, achève la transformation du parc à l'anglaise , et des essences exotiques. Près de la nouvelle grille d'honneur est placé un obélisque .
Persigny meurt en 1872; en 1876, le domaine est vendu à Anthony Boucicaut, fils du fondateur du Bon Marché, qui fait aménager une « salle à manger des Chasses » dans le goût néo-Renaissance, Boucicaut meurt l'année suivante.
Le à Paris deux grandes aquarelles en pendant (vers 1880) encadrées représentant des relevés des façades du château, ornées au centre d'un monogramme AB inscrit dans un cercle, figurèrent à une vente aux enchères publiques par l'étude Libert et Castor à Drouot (numéro 24 du catalogue).
En 1881, la veuve Boucicaut se remaria avec le docteur Laurent Amodru, qui fut maire de Chamarande jusqu'en 1922 et député de Seine-et-Oise.
Après 1913, la cascade est ornée de copies des statues des fleuves du parc de Versailles..
Première moitié du
En 1922 madame André Thome, veuve d’un député de Seine-et-Oise mort à la guerre, achète le domaine - le docteur Amodru continue cependant d'y habiter jusqu'à sa mort en 1930.
De 1922 à 1951, le château est un haut lieu de formation du scoutisme en France Pendant la guerre, dès , le château et le parc sont investis par les forces allemandes puis par les américains. Nombre de ses archives disparaissent.
Le château entre dans le domaine public vignette|Entrée. En 1957, le dernier propriétaire privé est Auguste Mione, directeur d'une grande entreprise de travaux publics La Construction moderne française. Mione fait restaurer le château et développe dans le domaine de nombreuses activités : il y fait aménager des bureaux et des logements dans les dépendances, une salle de cinéma, un centre social qui offre aux familles des employés et aux habitants une bibliothèque, un salon de coiffure, un sauna, une piscine un centre médico-social et de formation professionnelle.
En 1972, la construction moderne française est mise en liquidation judiciaire. Le site du domaine est classé en 1977, et le château en 1981. Entre-temps, le domaine a été racheté en 1978 par le conseil général de l'Essonne qui en fait un site culturel et le site de rassemblement des archives départementales.
Le , une partie du parc est inscrit au titre des monuments historiques et le , le château et les bâtiments annexes sont classés, entre autres spécimens, un platane du Moyen-Orient, un des 200 plus beaux de France.
Le domaine aujourd'hui Le parc labellisé vignette|Fontaine du parc.
Le parc de Chamarande couvre une superficie de . Le domaine départemental est labellisé Jardin remarquable.. Le parc de a été réaménagé par l'architecte paysagiste Jacques Sgard dans les années 1990.
Trois arbres remarquables : un platane du Moyen-Orient dont les branches tombent en terre pour un marcottage remarquable, un hêtre pourpre à l'entrée de la chapelle et l'ensemble de cyprès chauves avec leurs pneumatophores mais aussi de nombreux buis et ifs plus anciens mais moins spectaculaires.
Le parc a été restitué en partie dans l'esprit du jardin du . L'absence d'un mur d'enceinte (remplacé par un fossé appelé saut de loup) permet d'embrasser du regard un large paysage extérieur. Dans les années 1780, le parc avait été en partie transformé à l'anglaise par la création d'une île entourée d'une pièce d'eau, probablement sous la conduite du peintre paysagiste Hubert Robert. Dans la deuxième moitié du , les parties du parc inchangées depuis le milieu du prirent également un aspect à l'anglaise.
Un dépôt des Archives départementales de l'Essonne
La cour des communs abrite depuis 1999 le dépôt principal des Archives départementales de l'Essonne. Un silo creusé dans la cour du château, qui comprend huit étages en sous-sol, permet de stocker jusqu'à linéaires d'archivesEn 2010, quinze kilomètres linéaires sont utilisés pour les archives..
Un cinéma en plein air Chaque samedi, de la fin juillet à la fin août, le domaine départemental de Chamarande accueille une séance de cinéma en plein air dans le cadre du festival « cinéma Paradiso ». En 2018, la programmation était la suivante : « Annibal et ses éléphants », « Ave César ! », « Mune : le Gardien de la Lune », « Seul sur Mars » et « Le Petit prince »..
L'art contemporain au domaine
Un centre d'art contemporain En 2001, un centre d'art contemporain est installé à Chamarande à l'instigation de Dominique Marchès, fondateur historique du centre d'art de Vassivière. En saison, de mai à octobre, des festivals sur le conte, la musique, la danse, le cinéma ainsi que des rendez-vous autour des jardins et du patrimoine sont organisés dans le parc du domaine.
Après Dominique Marchès de 2001 à 2005, Judith Quentel lui succède à la Direction artistique du domaine, de 2005 à 2011.Sous son impulsion, de 2005 à 2011, l'ensemble du projet artistique de Chamarande se développe et se construit sur l'actualité de l'art français et international, sur le contexte d'exposition atypique : un château au décor très présent, un parc paysager, une orangerie - et sur la prise en compte d'un public aux pratiques diverses : promeneurs, amateurs d'art, scolaires. L'objectif du conseil général d'alors, était d'accompagner la création d'un centre d'art contemporain reconnu sur les plans national et européen. Le festival de danse acquiert une renommée nouvelle. En 2006, le domaine devient officiellement un centre d'art contemporain intégré aux réseaux professionnels TRAM (art contemporain en Île-de-France) et DCA (association nationale des centres d'art). Après les expositions de son prédécesseur qui ont fait date, dont Sportivement vôtre (2004) et A table ! (2005), ce sont près de trente expositions et une programmation de danse ambitieuse, qui font connaître le domaine de Chamarande en France et à l'étranger. Y participent alors Boris Charmatz, Olivier Dubois, Emmanuelle Huynh, Raimund Hoghe., Rachid Oumradane, Fanny de Chaillé, Yves-Noël Genod, Trisha Brown, et bien d'autres. La programmation s'étoffe et passe d'une seule à cinq expositions par an, l'enrichissement de la collection est considérable et la programmation de danse contemporaine attire un public nombreux..