thumb|280px|L'Arbre à logorrhée, installation collective sur le thème de l'arbre à palabres (Gorée). thumb|280px|Familles linguistiques du Sénégal, d'après G. G. Beslier, Le Sénégal (1935).
La langue officielle de la république du Sénégal est le français, sur le site ConstituteProject.Org (2013).Selon l'article 1 de la constitution ., utilisé par l'administration, l'enseignement, les médias et le monde des affaires. En 2013, cinq millions de Sénégalais sont francophones, soit 37 % de la population du pays, ce qui en fait la la plus connue au Sénégal après l'autre lingua franca : le wolof. Bien que le wolof soit de loin la langue la plus parlée par la population, on constate une augmentation de 15 % des locuteurs francophones entre 2010 et 2014. Le wolof reste néanmoins la langue la plus comprise dans le pays (85 %.), y compris par d'autres ethnies, mais essentiellement en milieu urbain (elle n'est pas uniformément répartie sur le territoire national). (Richard Marcoux, 2012.).
Selon les régions, voire les villages, les populations s'expriment aussi dans près de 40 autres languesHarald Haarmann, Sprachenalmanach : Zahlen und Fakten zu allen Sprachen der Welt, Francfort-sur-le-Main, New York, Campus-Verl., 2002, , compte 39 langues ; 36 selon le site Ethnologue Langues du Sénégal.. Sur l'ensemble des vingt-et-une langues nationales codifiées, seuls le wolof, le peul, le sérère et le mandinka sont parlés par plus d’un million de locuteurs.
L'arabe est aussi présent dans le pays, car 94 % des Sénégalais sont musulmans. ; il est souvent utilisé par les dignitaires religieux. La plupart des sénégalais qui ont fait des études de théologie islamique, parlant cette langue.
Histoire thumb|left|Interprètes indigènes attachés aux commandements des colonnes du haut Sénégal (gravure de 1890)
Familles linguistiques Presque toutes les langues parlées au Sénégal appartiennent à la grande famille des langues nigéro-congolaises. La plupart se rattachent à la branche des langues atlantiques – c'est le cas du wolof, du peul, du sérère et du diola, mais aussi des langues cangin comme le saafi. D'autres font partie des langues mandées, comme le soninké, le mandingue et le bambara.
Parmi les exceptions figurent une langue indo-européenne, le français, une langue créole, le créole de Guinée-Bissau, ainsi qu'une langue afro-asiatique, l'arabe hassaniyya.
Politique linguistique du Sénégal Richard Marcoux dit en 2012 que le gouvernement sénégalais, tout comme l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), (Richard Marcoux, 2012).
La prise en compte des langues vernaculaires est un problème récurrent dans le monde actuel. Le Sénégal a affirmé cette priorité dès l'Article premier de sa Constitution du 7 janvier 2001 : « La langue officielle de la République du Sénégal est le Français. Les langues nationales sont le diola, le malinké, le pular, le sérère, le soninké, le wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée ».
Un ministère, celui de l'Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l'Alphabétisation et des Langues nationales (METFPALN) en est chargé, de même que d'autres organismes tels que la Direction de la promotion des langues nationales (DPLN). Des associations se sont également attelées à la tâche, comme l'Union nationale des associations de langues (UNAL), l'Union des écrivains sénégalais en langues nationales (UESLAN) ou la Coordination nationale des opérateurs en alphabétisation du Sénégal (CNOAS).
Wolof Le wolof, l'une des six langues nationales du Sénégal, est très répandu et est largement utilisé dans les activités quotidiennesLa langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, . C'est la langue véhiculaire et elle est en situation d'expansion au détriment des autres langues nationalesLa langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, . Le wolof est de loin la langue la plus parlée par la population : 93,2 % le déclarant comme première langue parlée en 2022 (88 % en 1988).
Place du français dans le Sénégal contemporain
Le français est parlé par 37 % des Sénégalais en 2013. En 2002, 9 % des Sénégalais le parlaient couramment, essentiellement à titre de deuxième langue (celle-ci restant une langue étrangère) et n'était la langue maternelle que d'une infime partie ne constituant que 0,6 % de la population du paysLa langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, . Fin 2013, Français étaient inscrits dans les registres consulaires (y compris les binationaux).. La grande majorité vit à Dakar.
On peut se demander pourquoi le Sénégal compte un si haut taux d'analphabètes en langue française. Il faut se rappeler que 55 % des jeunes Sénégalais vivent dans les régions rurales et que très peu d'entre eux fréquentent l'école, les enfants étant considérés comme des bras supplémentaires pour le travail dans les champs. C'est ce qui pourrait expliquer que nombre de jeunes ne parlent pas le français. Par ailleurs, 66 % des Sénégalais vivant en milieu rural ne savent ni lire ni écrire aucune langue.
En 2010, élèves étaient scolarisés en français dans le primaire, dans le secondaire, dans le supérieur. élèves (soit 4,0 %) bénéficient en primaire d'un enseignement bilingue dont l'une des langues est le françaisLa langue française dans le monde, Éditions Nathan, Paris, 2010, . La majorité des Sénégalais parle le français à différents degrés. Avec le wolof, le français est l'une des langues véhiculaires au Sénégal.
Entre les recensements de 1988 et 2002, on constate que le français est en train de devenir progressivement la principale langue dans les villes où domine une langue nationale autre que le wolof.
Le Sénégal est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie depuis 1967. et est membre fondateur de l'Organisation internationale de la francophonie dès 1970..
Alphabétisation Les résultats du recensement du pays de 2013 révèlent que près d’un Sénégalais sur deux (45 %) âgé d’au moins dix ans sait lire et écrire dans une langue quelconque (54 % chez les hommes et 38 % chez les femmes), soit 4 millions d'individushttp://www.ansd.sn/ressources/rapports/Rapport-definitif-RGPHAE2013.pdf, page 79.. Les jeunes sont de plus en plus alphabétisés : le taux d’alphabétisation progresse avec la jeunesse et atteint un maximum de 61 % entre 15 et 19 anshttp://www.ansd.sn/ressources/rapports/Rapport-definitif-RGPHAE2013.pdf, page 80.. Inégalement repartis selon le sexe, l’âge et le milieu de résidence, la grande majorité des analphabètes est constituée de femmes (59 %) et de ruraux (63 %). Le taux d’alphabétisation est plus élevé en milieu urbain où on enregistre 58 % contre 34 % en milieu rural ; les régions de Ziguinchor (62,3 %) et de Dakar (61,9 %) disposant des meilleurs taux d’alphabétisationhttp://www.ansd.sn/ressources/rapports/Rapport-definitif-RGPHAE2013.pdf, page 81..
Avec 37 % d’alphabétisés, le français reste la langue d’alphabétisation dominante et en forte progression (29 % en 2002), suivi de l’arabe, langue de la religion musulmane, avec 11 %, et loin derrière le wolof avec 2,0 %. La région de Kaffrine étant la seule ayant une langue devant le français, nommément l'arabe, avec 25 % contre 15 %.
Langues nationales
Concernant les langues nationales, – c'est-à-dire reconnues parce que codifiées –, la politique gouvernementale s'est mise en place par étapes successives, après des études approfondies ayant porté sur 28 langues DPLN, État des lieux de la recherche en/sur les langues nationales.
On peut donc distinguer trois statuts linguistiques : Le premier groupe est celui des 6 langues reconnues en 2001 : wolof, pulaar ou peul, sérère, mandingue, soninké et diola. Elles sont considérées comme suffisamment outillées pour pouvoir être introduites à l’école, même si des travaux complémentaires et l’édition de manuels scolaires appropriés seront nécessaires. Ces langues ont des orthographes officielles. Le deuxième comprend de nouvelles langues, également promues au rang de langues nationales car codifiées dans l'intervalle. Ce sont le hassaniyya, le balante, le mancagne, le noon, le manjaque, l’onyan, le saafi. Pour celles-ci, l’introduction à l’école n’est pas envisageable pour le moment. Des recherches complémentaires devront encore être menées. Ces langues ont des orthographes officielles. Le troisième inclut les autres langues de l'étude : baïnouk, badiaranké, ndut, jalonké, bédik, bambara, coniagui, bassari, léhar, palor, bayotte, papel, malinké, khassonké, jaxanke et ramme. Pour celles-ci, il faudra en passer d’abord par un programme spécifique de description, de codification et d’outillage. Mais certaines, telles que le saafi, viennent déjà d'accéder à leur tour au statut de langue nationale, qui pourrait être octroyé à une vingtaine de langues au total.
(Emmanuelle Raybaut, 2014).
Depuis le , les propos des parlementaires sénégalais sont traduits en simultané grâce à un système d'interprétation dans les six langues nationales (peul, sérère, wolof, diola, mandingue et soninké) en plus du français, permettant à la majorité des députés de s'exprimer dans leur langue maternelle..
Langues rares D'autres langues, non concernées par l'étude, ont pourtant des locuteurs dans le pays, par exemple le mlomp, le karone, le kwatay ou encore le cobiana, une langue en danger selon les critères de l'UNESCO.
Médias Le français est grandement présent sur les chaînes de télévision et occupe presque totalement l’espace des médias écrits du Sénégal.
Le wolof est très poussé en radio au Sénégal, mais il ne l’est ni à la télévision (bien qu'il soit présent sur certaines chaînes), ni dans la presse écrite. Il n'existe pas de presse écrite en wolof : (Richard Marcoux, 2012).
Dakar
Situation linguistique actuelle de Dakar Aujourd’hui, Dakar est devenu un véritable carrefour interethnique et interlinguistique. Le wolof et le français sont les deux langues les plus usitées pour communiquer dans diverses situations. La langue française est actuellement employée de plus en plus en dehors du domaine de l’enseignement, notamment dans l’administration, mais également dans le monde de la justice. La langue est également largement diffusée par les médias. Quant au wolof, il est la langue la plus largement utilisée pour communiquer, et ce même dans des situations familières ou familiales parmi des personnes de langues maternelles différentes. Le wolof a donc tendance à évincer les autres langues africaines présentes au sein du Sénégal, mais aussi celles venues d’autres pays africains, ou de pays européens (comme l’anglais, assez présent dans le secteur du commerce).