Radio publique africaine est une station de radio privée du Burundi, fondée en 2000 par le journaliste Alexis Sinduhije.

Diffusée en FM et sur ondes courtes, elle émet en français, en kirundi et en swahili. Elle est connue pour son positionnement indépendant et pour les tensions récurrentes qui l'opposent aux autorités burundaises.

Historique

Fondation La station est fondée en mars 2000 par Alexis Sinduhije, journaliste qui souhaite en faire une « radio des sans-voix ». Elle diffuse en français, en kirundi et en swahili, en FM, dont la fréquence 93.7 à Bujumbura, ainsi que sur ondes courtes.

Relations avec les autorités Dès ses premières années, Radio publique africaine fait l'objet de pressions de la part des autorités burundaises. Le , Alexis Sinduhije est arrêté, frappé et insulté par la police.

En 2002, la Commission nationale de la communication adresse un avertissement à la station, l'accusant d'avoir violé le secret-défense après la diffusion d'informations relatives à une opération militaire dans la province de Bubanza. En août de la même année, ses émissions sont suspendues temporairement pour taxes impayées.

Le , la maison du fondateur de la station est mitraillée et son veilleur de nuit est tué. Le , le procureur général Gérard Ngendabanka accuse Radio publique africaine d'entraver la marche de la justice dans une affaire liée au meurtre de l'ancien représentant de l'Organisation mondiale de la santé au Burundi, l'Ivoirien Kassi Manlan.

Le , la station est suspendue par la Commission nationale de la communication après la diffusion d'une interview de Pasteur Habimana, porte-parole des Forces nationales de libération, un mouvement rebelle burundais. La Commission revient sur sa décision le .

Suspensions et poursuites dans les années 2000 Le , Radio publique africaine est suspendue par la Commission nationale de la communication, officiellement pour non-respect du pluralisme dans sa couverture des élections municipales et législatives de juin et juillet 2005. La station reprend ses émissions le , puis est de nouveau fermée le lendemain sur ordre du président Domitien Ndayizeye. Elle est autorisée à reprendre ses émissions le .

Après l'élection de Pierre Nkurunziza à la présidence de la République le , les relations entre les autorités et les radios privées restent tendues. Le , l'antenne de Radio publique africaine située à Ngozi est fermée par l'Agence de régulation et de contrôle des télécommunications, au motif que la durée d'exploitation de la fréquence prévue par la licence aurait été dépassée.

Le , les journalistes Serge Nibizi et Domitile Kiramvu sont arrêtés pour atteinte à la sûreté de l'État. Ils sont accusés d'avoir autorisé la diffusion d'informations portant atteinte à la sécurité publique et à celle de l'État, dans le contexte d'une tentative présumée de coup d'État. Leur procès débute le et s'achève par leur acquittement le . Ils sont libérés le . Récompenses

2004: Prix international sur la liberté de la presse décerné à Alexis Sinduhije, directeur de la Radio publique africaine, par le Comité pour la protection des journalistes. 2016: Prix de la lutte pour la liberté de la presse en Afrique décerné à Bob Rugurika, directeur de la Radio publique africaine, par la télévision américaine CNN

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des radios au Burundi Médias au Burundi Liberté de la presse

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