Gandahar, sous-titré Les Années-lumière, est un film d'animation français de science-fiction réalisé par René Laloux sur des dessins de Philippe Caza, sorti en 1987. Le scénario est une adaptation par René Laloux du roman de Jean-Pierre Andrevon Les Hommes-machines contre Gandahar, paru en 1969. Gandahar est le troisième long-métrage réalisé par René Laloux. Le film a donné d'abord lieu à un pilote réalisé en France en 1977, Les Hommes-machines, mais le long métrage proprement dit n'est concrétisé que dix ans plus tard.
Synopsis Sur la planète Tridan, dans le pays de Gandahar, dirigé par la reine Ambisextra et le Conseil féminin, les humains vivent en harmonie avec la nature, qu'ils ont génétiquement reprogrammée pour subvenir à tous leurs besoins (insectes géants servant de véhicules, pistolets à graines générant des ronces à croissance rapide, oiseaux-miroirs retransmettant les images vers des tours de surveillance). Un jour, des hommes de métal noir commencent à semer la terreur aux frontières de Gandahar, dévastant des villages entiers et progressant peu à peu vers la capitale, Jasper. La reine envoie alors en éclaireur un jeune servant, Sylvain LanvèreDans le livre d'Andrevon Les Hommes-machines contre Gandahar et ses suites, le prénom du héros est orthographié « Sylvin ». Dans la documentation liée au film d'animation, il est orthographié « Sylvain »., dit Syl. Ce dernier découvre des humains difformes et aux pouvoirs étranges, les Transformés, qu'il croit d'abord à l'origine des attaques avant de se rendre compte qu'il n'en est rien. Les Transformés ne sont pas hostiles, mais vivent en marge du royaume, rejetés à cause de leurs difformités ; ils parlent un dialecte dont le temps présent est banni, remplacé par un passé-futur. Sylvain découvre ensuite que les hommes-machines pétrifient les villageois avant de les enfermer dans de mystérieux œufs et de les emmener vers une destination inconnue.
Pétrifié et capturé par les hommes-machines, Sylvain se réveille à l'intérieur d'un de ces œufs, en compagnie d'une jeune femme, Airelle. Après quelque temps, tous deux sont libérés par un reptile géant qui prend les œufs pour sa propre couvée. Ils parviennent à s'échapper et découvrent le camp militaire des hommes-machines, ainsi qu'une mystérieuse porte qui n'ouvre sur rien et dont les hommes-machines semblent sortir. Embarqués furtivement sur le navire des hommes-machines, Sylvain et Airelle découvrent qu'ils révèrent une créature étrange, le Métamorphe, sorte de cerveau gigantesque. Paradoxalement, celui-ci ne semble pas hostile, et laisse Sylvain et Airelle regagner Jasper en promettant de réfléchir à la question des hommes-machines. Entre-temps, Sylvain et Airelle sont tombés amoureux.
De retour à Jasper, Sylvain fait son rapport. Les savants de Gandahar mènent des expériences grâce aux échantillons rapportés par Sylvain, et découvrent que le Métamorphe n'est autre, comme les Transformés, que le résultat d'une ancienne expérience génétique gandaharienne, qui a échappé à tout contrôle. Les cellules qui composent le cerveau des hommes-machines sont les mêmes que celles du Métamorphe, mais beaucoup plus âgées. Pendant ce temps, la guerre s'engage entre les Gandahariens et les hommes-machines, mais ces derniers progressent inexorablement. Sylvain repart seul pour parlementer avec le Métamorphe ; il est doté d'une seringue contenant une injection capable de tuer l'entité si nécessaire. Le Métamorphe lui apprend que les hommes-machines proviennent de mille ans dans le futur, d'une époque où le Métamorphe est devenu tyrannique. Le Métamorphe ordonne alors à Sylvain de le tuer dans mille ans, et l'enferme dans une capsule qui dérive au fond de l'océan et ne s'ouvrira pas avant le délai prescrit.
Pendant ce temps, les hommes-machines parviennent à Jasper ; au moment où les Transformés rejoignent les rangs gandahariens, la reine Ambisextra déclenche le dispositif de secours qui permet à la citadelle de Jasper de s'envoler dans le ciel, sauvant une partie des habitants.
Mille ans dans le futur, Sylvain s'éveille et découvre un monde changé en forteresse métallique, gouverné par les hommes-machines. Le Métamorphe, vieilli et rendu fou par la perspective de sa propre mort, a envoyé ses légions dans le passé pour en ramener des Gandahariens qu'il tue pour récupérer leurs cellules et rester éternellement jeune. Tandis que les Transformés libèrent les Gandahariens et entament un combat désespéré contre les hommes-machines, Sylvain se fraie un chemin jusqu'au Métamorphe et parvient finalement à le tuer. Sylvain et les Transformés rejoignent le présent par la porte temporelle juste avant qu'elle ne se referme. Dans le présent, les hommes-machines disparaissent, Gandahar est sauvé, et la citadelle de Jasper peut reprendre son emplacement d'origine.
Fiche technique Titre original : Gandahar, les années-lumière Réalisation : René Laloux Assistants à la réalisation : Philippe Leclerc, Sylvaine Pérols Scénario : René Laloux et Raphaël Cluzel, d'après le roman Les Hommes-machines contre Gandahar de Jean-Pierre Andrevon Dialogues : Raphaël Cluzel Musique : Gabriel Yared Dessins : Philippe Caza Recherche graphique des machines : Philippe Gauckler Couleurs : Madeleine Camolli Photographie : Pierre Biecher Montage : Christine Pansu Bruitages : Jérôme Lévy Direction de l'animation : Li Ha Gyu Production : Léon Zuratas Studio d'animation : Studios SEK (Pyongyang) Sociétés de production : Col.Ima.Son et Films A2, en association avec Revcom Télévision Sociétés de distribution : Acteurs auteurs associés (France ; sortie en salles) ; Miramax (États-Unis ; sortie en salles de la version doublée) ; Arte Vidéo (France ; vidéo, 2006) Pays de production : , Langue originale : français Format : couleurs - 1,33:1 - Dolby Durée : 83 minutes Dates de sortie : France : États-Unis : Japon :
Distribution des voix Pierre-Marie Escourrou : Sylvain Catherine Chevallier : Airelle Georges Wilson : Métamorphe Anny Duperey : Ambisextra Jean-Pierre Ducos : Blaminhor Christine Paris : Porte-parole Zaïra Benbadis : Voix enregistrées Claude Degliame : Voix enregistrées Olivier Cruveiller : Homme-métal Jean-Pierre Jorris : Transformés Dominique Maurin : Transformés Jean-Jacques Scheffer : Transformés Jean Saudray : Transformés Frédéric Witta : Transformés Philippe Noël : Transformés
Production Pilote animé à Angers : Les Hommes-machines La production de Gandahar commence en France en 1977, après la création par René Laloux d'un studio d'animation à Angers en collaboration avec André-Marc Delocque-Fourcaud et le producteur Michel GilletLivret René Laloux, l'extra-terrestre, 15.. René Laloux contacte Jean-Pierre Andrevon pour lui proposer de réaliser une adaptation en long-métrage d'animation de son roman Les Hommes-machines contre Gandahar paru en 1969 ; Andrevon, qui avait d'abord imaginé Gandahar comme une bande dessinée avant d'en faire un roman, est aussitôt intéressé par une adaptationInterview de Jean-Pierre Andrevon dans le documentaire Il était-sera une fois... l'aventure de Gandahar (2006), sur le DVD de Gandahar (Argos Films et Arte Video, 2006).. René Laloux prend alors une option sur les droits d'adaptation du livre, et choisit de contacter le dessinateur Philippe Caza qui accepte de travailler avec lui sur le film. Laloux fait lire très vite à Andrevon un état du scénario pratiquement définitif, que l'auteur juge très fidèle au romanInterview de Jean-Pierre Andrevon par Alain Schlockoff, L'Écran fantastique, , mars 1988.. Par la suite, Laloux ne fait plus participer Andrevon à la suite du projet et Andrevon ne cherche pas à être impliqué à toute force ; Caza, qui est de ses amis, le tient cependant informé en lui montrant régulièrement ses croquis préparatoires.
Le projet prend d'abord la forme d'un pilote, Les Hommes-machines, qui est réalisé à Angers. Ce court métrage en couleurs est la première collaboration entre Laloux et Caza ; les décors sont réalisés par le dessinateur Philippe Adamov, et la bande-son utilise une musique de Brian Eno. Le rendu visuel est assez différent de la forme qu'il prend par la suite pour le long métrage proprement dit, et l'ensemble dure environ sept minutes. Le pilote relate le début des aventures de Sylvain au pays de Gandahar, dans une ambiance que Caza qualifie d'assez « baba coolInterview de Caza dans le documentaire Il était-sera une fois... l'aventure de Gandahar (2006), sur le DVD de Gandahar (Argos Films et Arte Video, 2006) ». Le pilote ne parvient pas à convaincre les producteurs, et le projet ne va pas plus loin faute de financements suffisants.
Production en Corée du Nord Dix ans plus tard, le producteur Léon Zuratas, ami de René Laloux, apprend via la société de production COL-IMA-SON l'existence en Corée du Nord de studios d'animation susceptibles de réaliser le film à meilleur marché : le projet est alors relancé et l'ensemble de la production a lieu en Corée du NordLivret René Laloux, l'extra-terrestre, 18..
Adaptation américaine Une adaptation du film est produite par Bob Weinstein pour une sortie aux États-Unis sous le titre Light YearsFull cast and crew, Internet Movie Database (consulté le 22 janvier 2012).. Le montage du film est notablement modifié, principalement dans la première demi-heure, et la fin du film est modifiée à l'aide du matériau coupé dans le début du film. L'adaptation anglaise des dialogues est écrite par l'écrivain Isaac Asimov, dont une citation est ajoutée comme épigraphe au début du film. Dans le doublage anglais, John Shea double Sylvain, Jennifer Grey Airelle, et Glenn Close prête sa voix à la reine Ambisextra ; le duo d'illusionnistes Penn & Teller participe également au doublage. La musique originale de Gabriel Yared est remplacée par une bande originale différente, composée par Bob Jewett et Jack Maeby. Dans cette adaptation, c'est Harvey Weinstein, président de Miramax, qui est crédité en tant que réalisateur à la place de René Laloux, bien qu'il n'ait eu aucun rôle dans la réalisation du filmFiche du film, site Moria (consulté le 22 janvier 2012)..
Accueil critique Le film sort en France en . Dans Le Monde, Jacques Siclier apprécie l'univers visuel du film, avec . Il juge le scénario, avec sa part de voyage dans le temps, , mais estime qu'.
Dans un entretien paru dans L'Écran fantastique au moment de la sortie du film, Jean-Pierre Andrevon indique que . Il juge le scénario très fidèle, malgré une fin un peu abrupte, et apprécie beaucoup l'univers visuel conçu par Caza, ne regrettant que quelques divergences de détail, principalement la forme du Métamorphe, plus simple et moins proche des descriptions du roman que les dessins préparatoires de Caza. Il déplore en revanche que l'animation ne soit pas toujours à la hauteur, en particulier pour les scènes de foule ou d'action, et que les deux personnages principaux paraissent un peu mièvres, notamment en raison de leurs voix qu'il juge .